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Posts Tagged ‘Catherine hermary vieille’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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 » D’un œil expert, Le Bel, premier valet de chambre du roi, avait examiné Jeanne de la tête aux pieds. Cette femme était d’une rare beauté. D’emblée on discernait sa force vive, son charme, son tempérament, une volonté de fer qui faisaient les grandes maîtresses royales. Et d’elle se dégageait une lumière presque soyeuse :  » Sa Majesté va être satisfaite « , pensa-t-il.  » Satisfaite, elle le fut au-delà de ses espérances. Car personne, en cette année 1769, n’aurait pu soupçonner l’amour fou qui allait bientôt unir Jeanne du Barry à Louis XV le monarque libertin et tout-puissant qui un jour lui déclara :  » C’est à moi de me mettre à vos pieds, et pour le reste de ma vie.  » Dans ce superbe roman d’amour, Catherine Hermary-Vieille ressuscite la figure controversée de cette femme qui a marqué l’Histoire et a régné sans partage à la cour et dans le cœur du roi. Avec la rigueur historique d’une biographe et le talent sensuel d’une grande romancière, elle rend à cette exquise comtesse, autrefois fille du peuple, la place qu’elle mérite : celle d’une femme exceptionnelle.

Née le 19 août 1743, Jeanne Bécu est la fille naturelle d’une couturière et semble-t-il d’un moine nommé Frère Ange, qui grâce à sa très grande beauté, va franchir toutes les sphères de la société et être propulsée dans le lit du roi Louis XV.

Le duc de Richelieu et ses proches, ennemis de Choiseul et de la marquise de Pompadour, veulent jouer un rôle de premier plan auprès du roi et vont parvenir à leurs fins après la mort de la favorite. Richelieu, son neveu d’Aiguillon et Jean-Baptiste Dubarry vont faire l’éducation libertine de celle qui sera la dernière favorite du Bien-Aimé vieillissant et retrouver par la même occasion, l’oreille du roi.

Dotée d’une solide culture générale acquise au convent Saint-Aure, elle saura s’attacher l’affection et la personne du roi, qui semble avoir connu le bonheur les dernières années de sa vie grâce à elle.

Catherine Hermary-Vieille, en fine connaisseuse de l’Ancien Régime et notamment du XVIIIè siècle, période qui me passionne entre toutes, nous propose avec La bourbonnaise, une biographie romancée et passionnante de Jeanne Bécu, plus connue sous le nom de Comtesse du Barry.

De sa naissance à ses derniers instants au pied de l’échafaud, place de la nation, l’auteure nous conte le destin exceptionnel de cette femme de basse extraction, nommée dans les pamphlets vilipendant le roi, du sobriquet de Bourbonnaise, d’où le titre éponyme de ce roman biographique.

Si comme moi, le règne de Louis XV et plus généralement les favorites vous passionnent, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman complet qui m’a permis de découvrir une femme certes avide de richesses mais également bienfaitrice du peuple qui vivait à Louveciennes, son château légué par le roi et qu’elle aimera habiter jusqu’à la fin de sa vie.

J’avoue qu’avant de commencer ce roman qui croupissait dans ma PAL depuis près de six ans et faisait même partie du tout premier book-haul du blog, je connaissais fort mal la Comtesse du Barry qui souffre tout de même d’une très mauvaise réputation car on parle volontiers de catin royale pour la désigner et de la comparaison que l’on peut faire avec la Marquise de Pompadour, bien plus instruite et fine politique, défenseure des philosophes et de l’Encyclopédie.

La Comtesse, quoique l’on puisse lui reprocher, à la différence de Madame de Pompadour, s’adapta parfaitement aux usages de la cour, ne s’intéressa guère aux affaires et ne chercha pas à jouer de rôle politique mais a régné sur les plaisirs du roi, de 1769 à 1774, date où le monarque a rendu l’âme.

Malgré cela, elle a subi une véritable campagne de dénigrement, beaucoup attaquée par le clan Choiseul et méprisée par la dauphine Marie-Antoinette qui la jettera au couvent dans les semaines suivant l’accession au trône de Louis XVI et lui vouant une haine tenace, qui prendra fin lors de la Révolution.

J’ai donc découvert une favorite plus nuancée, bien moins intrigante que je ne le pensais et une personnalité attachante, qui bien qu’aimant beaucoup les diamants, faisait aussi le bien autour d’elle et qui connut une fin tragique, comme une grande partie de la noblesse, sous la Terreur. Ses derniers instants où elle espère encore sauver sa tête contre sa fortune, sont très touchants.

La bourbonnaise est à tout point de vue un roman historique passionnant, très bien documenté et le portrait que nous dresse Catherine Hermary-Vieille de la Comtesse du Barry est finement ciselé et véritablement intéressant.

Bien sûr, l’auteure a beaucoup de tendresse pour son héroïne et l’on peut reprocher à Catherine Hermary-Vielle de nous proposer une image bien lisse de la Comtesse parfois un peu trop proche de l’hagiographie mais ceci mis à part, j’ai passé un excellent moment en compagnie de cette jolie Jeanne et je ne peux que vous conseiller cette lecture si cette figure de l’Histoire vous intéresse.

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Les dernières décennies du règne des Valois, de la mort d’Henri II au règne d’Henri III : une fin de XVIe siècle chaotique et barbare trouvant son apogée sanglant dans la Saint-Barthélemy. heart_4d-or-et-de-sang-catherine-hermary-vieille

Ils ont été les derniers rois de la Renaissance. Violents, cruels, dégénérés, soumis à la férule de Catherine de Médicis, mère abusive, régente ambitieuse, qui tiendra jusqu’au bout un pouvoir que ses fils étaient incapables d’assumer. François II, Charles IX, Henri III, le duc d’Anjou… tous disparaitront dans la fleur de l’âge, assassinés, emportés par la maladie ou la folie.

Catherine Hermary-Vieille, en fine connaisseuse de l’Ancien Régime délaisse les faits divers historiques comme l’affaire des poisons qui a secoué le règne de Louis XIV avec La marquise des ombres, ou la bête du Gévaudan avec La bête, pour revenir à l’Histoire avec un grand H comme on dit à travers la fin des Valois.

De François II à l’assassinat d’Henri III, du règne sanglant de Charles IX à la mort de la Margot, la perle des Valois, l’auteure nous plonge dans une atmosphère particulièrement sombre et cruelle, au cœur même de la malédiction des Valois.

Cette famille a une image sulfureuse depuis quatre cent ans, en partie à cause de leur mère, la florentine Catherine de Médicis, que l’on disait férue d’astrologie mais aussi de poisons. A cause aussi des guerres de religion qui ont endeuillé les règnes successifs de François II, Charles IX et Henri III avec notamment le massacre de la Saint Barthélémy, quelques jours seulement après les noces de Henri de Navarre, futur Henri IV et de Marguerite sa cousine issue de germain.

A cause aussi enfin de leur mauvaises santé : des dix enfants conçus par Henri II et Catherine, seuls Margot et Henri III vont dépasser la quarantaine et enterrer leur mère.

Si comme moi, cette seconde partie du 16è ne vous est pas familière, D’or et de sang, va être une mine d’or pour vous. Catherine Hermary-Vieille revient donc sur le règne de chacun des derniers Valois, très brièvement sur François II qui n’a régné qu’une année, et plus longuement sur ceux de Charles IX et Henri III.

Mais elle n’en oublie pas la reine Margot, la célèbre perle des Valois, qui va servir de fil rouge à l’histoire. Femme libre et sensuelle, elle nous plonge dans les fastes et les horreurs d’une cour de France hantée par les espions, les empoisonneurs et les spadassins, gouvernée par des fauves sanguinaires qui s’entredéchireront jusqu’à la mort de leur dynastie.

Et oui car c’est là qu’est le drame, tous ces frères vont se détester et n’attendre qu’une chose : monter sur le trône à leur tour. Henri III, tellement chéri de sa mère, guette le moindre signe de faiblesse de son frère de roi et espère bien que la mort va bientôt le délivrer pour ceindre la couronne. Idem pour François d’Anjou, le petit dernier, qui va sceller une alliance avec sa sœur et son beau-frère Henri pour régner à son tour.

Les rois vont se succéder et la dynastie s’éteindre puisqu’aucun d’entre eux n’aura de fils légitime, laissant la voie royale à leur cousin et beau-frère, le roi de Béarn. Catherine Hermary-Vieille n’en oublie pas non plus le contexte politique de l’époque et la famille rivale des Valois : les Guise qui se verraient bien conquérir le trône grâce à l’intransigeante Ligue qu’ils ont créé.

D’or et de sang : La malédiction des Valois est un très bon roman historique qui éclaire et revient sur les évènements marquants des derniers rois Valois, à lire absolument si vous souhaitez vous familiariser avec cette époque.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture instructive et passionnante !

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