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Posts Tagged ‘ce feu qui me dévore paul couturiau’

A tout juste dix-huit ans, Bernard Bertin est désigné coupable de l’incendie criminel qui a tué sa mère et laissé pour mort son père. Depuis toujours, un feu contenu brûle en lui : une sensibilité à fleur de peau, une posture solitaire et secrète ont fait de lui un enfant incompris. Après sa peine de prison, il revient vivre sur les lieux du drame, à Metz. Il est devenu écrivain et n’a jamais levé le voile sur son histoire. La vraie et insoupçonnée. Celle qui se tramait derrière la façade bourgeoise de la maison familiale. A la faveur de ses retrouvailles avec Alexandra, son amour de jeunesse, Bernard est poussé dans ses derniers retranchements.
Parviendra-t-il, enfin, à panser les plaies du passé, à révéler les souvenirs douloureux d’une enfance qui n’en fut jamais une ?

Metz, juillet 2000. Bernard Bertin assiste aux funérailles de son père. Les deux hommes se sont beaucoup rapprochés ces dernières années, depuis que Bernard est sorti de prison.

A tout juste 18 ans, il a été reconnu coupable de l’incendie criminel de la maison familiale au cours duquel sa mère a trouvé la mort et son père, a été grièvement brûlé. A l’issue de son procès, le jeune homme a écopé de quinze années de prison alors qu’aucune preuve ne l’a jamais incriminé.

Seule, l’ébauche de son premier roman, a fait de lui le coupable tout désigné. Bernard y raconte l’enfance maltraitée d’un petit garçon, qui une fois adulte, décide de punir ses parents en mettant le feu à sa maison.

Mais ce roman est-il la confession d’un enfant martyr ou une œuvre de fiction ? Bernard assure au juge d’instruction que ce roman n’est que pure invention mais qu’en est-il exactement ?

Il y a un peu plus de deux ans j’avais découvert la plume de Paul Couturiau à l’occasion de son roman Je meurs de ce qui vous fait vivre qui avait pour héroïne la première femme journaliste, Séverine. J’avais adoré ce magnifique portrait de femme, j’étais impatiente de découvrir cet auteur dans un registre plus contemporain, ce qui est chose faite avec Ce feu qui me dévore et je ressors de ce roman, totalement bouleversée.

Après une figure historique, Paul Couturiau met en scène un personnage totalement fictif : Bernard Bertin que l’on découvre trente après l’incendie criminel qui a coûté la vie à sa mère et handicapé son père.

Comme tout l’accusait : son côte fuyant, son mutisme, ses écrits d’adolescent, il est condamné sans l’ombre d’une preuve. Depuis sa cellule, il est devenu romancier à succès sans jamais révéler la vérité sur son enfance.

C’est un roman triste, émouvant mais tellement réaliste que mon cœur s’est serré à de nombreuses reprises. L’auteur construit son récit à la manière d’un polar : le narrateur distille au compte goutte les éléments de son histoire et les nombreux rebondissements induits par ces révélations, tiennent le lecteur en haleine jusqu’au bout tout en nous invitant à réfléchir sur la maltraitance infantile, sujet fort douloureux qui malheureusement reste toujours tabou de nos jours…

Cet enfant unique victime à la fois de sa mère qui mettait la barre tellement haut qu’il la décevait sans cesse et par son père qui s’en prenait physiquement à lui, encouragée par son épouse qui réclamait des raclées pour son fils.

Sans ami, le garçonnet devenu adulte se réfugiait dans la littérature et cherchait la compagnie de son grand-père à qui il a pourtant toujours tu la violence dont il était victime, même pendant toutes ses années d’emprisonnement.

Paul Couturiau, avec sa plume rythmée, nous propose une histoire qui ne tombe jamais dans le pathos, qui sonne terriblement juste, bien construite, ponctuée d’allers et retours dans le passé et des écrits de Bernard, et qui nous dévoile dans toutes les dernières pages le fin mot de l’histoire.

Un très bon moment de lecture malgré cette thématique grave mais qu’il est important aussi de retrouver dans des romans, surtout lorsqu’elle est aussi bien traitée, comme c’est le cas ici, avec pudeur et délicatesse.

Un grand merci à Laëtitia et aux Editions Presse de la Cité pour ce roman très touchant !

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