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Posts Tagged ‘cherchez la femme’

Serge est brillant, entreprenant, narcissique. Marianne est sincère, ardente, déterminée au bonheur. Cherchez la femme raconte « l’histoire totale » de leur couple. Sous les yeux du lecteur, il se forme, s’établit, procrée, s’épanouit, subit l’épreuve du temps et la déchirure de l’infidélité… Nos destinées affectives sont-elles libres ? De quel poids pèsent les rêves et les échecs de la génération précédente ? Quelles forces obscures (le passé, l’enfance, l’origine sociale, l’argent, la carrière professionnelle, les convictions, les valeurs) sont à l’oeuvre dans la vie conjugale et menacent cet entrelacs fragile de deux solitudes engagées l’une envers l’autre ? En forme d’étude de caractères, Cherchez la femme est un livre captivant, plein d’intelligence et d’humour, qui démonte a posteriori les mécanismes délicats d’un mariage et, ce faisant, dévoile à ses personnages les secrets de leur modeste épopée. Avec une écriture passionnée, Alice Ferney observe le stupéfiant voyage du couple, ses ravissements et ses dépressions, ses défenses et ses décompositions. Elle retrouve les mots de l’illusion et ceux de la querelle, ceux du rapprochement et ceux de la défaite. Ceux surtout qui permettent de répondre à la question que l’état de grâce renvoie toujours aux lendemains : qu’est-ce que « s’aimer » veut dire ?

cherchez-la-femme-alice-ferneyauteur-éditeur-pagesTroisième lecture pour le prix ELLE, celle du dernier roman d’Alice Ferney, Cherchez la femme. Je ne vous avais pas caché à la réception de la sélection de novembre, que ce roman ne me disait rien qui vaille, je l’ai donc gardé pour la fin, tellement que je ne l’ai entamé que lundi et je ne pensais même pas être en mesure de le terminer avant la date butoir. Aussi j’ai été la première surprise de le dévorer comme un fruit juteux et mûr et de lire en deux jours seulement les 550 pages brillamment écrites par l’auteure. C’est pourtant un roman très différent de ce que je l’ai l’habitude de lire, comme quoi sortir des entiers battus réserve parfois de belles surprises.

Alice Ferney nous livre ici une étude de couple sur deux générations, celle de l’après-guerre et celle des années 60 et l’évolution de leur amour. Le roman démarre par l’histoire d’amour de Vladimir et Nina, d’origine slaves. Nina est chanteuse et danseuse, a quinze ans à peine, et fait partie du même orchestre que Vlad, qui a 27 ans. Il est ingénieur des mines et fils de médecin. Elle, issue d’une famille de prolétaires, est élevée par sa grand-mère Sacha, en manque d’enfant, qui l’a ravit à ses parents, son père n’est qu’un simple ouvrier dans la mine où travaille aussi Vlad. Ce dernier reste traumatisé par la mort de sa mère alors qu’il n’avait que 10 ans et voit en Nina, plus qu’une femme, la future mère de ses enfants. Nina a été mise sur un piédestal par sa grand-mère, qui règne toute puissante sur sa famille, elle veut que sa petite-fille ait un travail et ne soit pas une femme au foyer. Vlad et Nina sont amoureux, ils se marient et fondent dans la foulée une famille, ils auront deux fils, Serge et Jean, et Nina, qui n’a aucune volonté, fera une croix sur ses rêves d’indépendance. Elle a tout pour être heureuse mais elle ne l’est pas, elle voulait devenir secrétaire mais elle ne le sera pas, de là un flot d’amertume va naitre, sans jamais se tarir. Reproduisant le schéma familial qui est le sien, elle va se révéler, comme son aînée, toute puissante dans sa maison. Le couple qui s’aime malgré tout, va vouer un culte à l’aîné, Serge, qu’ils jugent d’emblée, brillant, le monde lui appartiendra, tandis que le cadet, Jean, est rangé dans la catégorie des idiots.

Vingt ans plus tard, Serge, cynique et manipulateur, est le produit parfait de l’éducation que ses parents lui ont donné, il est brillant et en représentation permanence. Il ne vit que pour être admiré et pour gagner un maximum d’argent. Il va tomber amoureux de Marianne, elle aussi pur produit de l’éducation bourgeoise de ses parents bon chic bon teint. Sa mère, Brune, règne elle aussi sur sa maisonnée et personne n’a voix au chapitre, pas même le père, Henri. Entre les deux amoureux, il y a aura le mariage, des enfants, de l’amour et du désamour. L’auteure va autopsier le couple Serge et Marianne de ses prémices à sa fin, elle sait très bien analyser les rapports humains, et décortiquer les rouages de cet amour. Le narrateur omniprésent, décortique, dissèque, examine à la loupe les moindres détails de la personnalité des différents protagonistes à travers le prisme de leur héritage familial et de leur éducation, leurs paradoxes, leurs pensées profondes, leurs humeurs, leurs failles, leurs forces, leurs faiblesses, en un mot leur psychologie, de façon très poussée et fouillée. J’ai trouvé cette approche très intéressante, vivante et réaliste, et bien qu’il ne se passe pas grand chose, j’étais avide de savoir jusqu’où l’auteure allait nous emmener.

L’histoire est au fond plutôt classique mais exploitée avec talent et l’écriture d’Alice Ferney m’a séduite, je l’ai trouvé belle et forte, de la bonne littérature vraiment. J’ai tout de même des bémols : la fin m’a déplu, j’en attendais une autre, les personnages ne sont pas attachants et il y a des longueurs, trop à mon goût, l’auteure prend son temps pour installer ses personnages. C’est un roman dense et foisonnant, impossible à traduire ici, les mots me manquent, mais si un roman psychologique ne vous déplait pas, je ne saurai que trop vous conseiller ce titre. Je suis pour ma part sous le charme et la première surprise de l’être !

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Lu dans le cadre du Grand prix ELLE des lectrices 2014 et du challenge La plume au féminin édition 2013   :

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