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Après son adaptation d’Au revoir là haut, Christian de Metter s’est attelé à l’adaptation de Couleurs de l’incendie avec la collaboration de Pierre Lemaitre.

Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille unique, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement.

Le jour de ses obsèques qui réunit le Tout-Paris dont le président de la République, Gaston Doumergue, elle assiste, impuissante, à la chute de son fils Paul qui se défenestre et atterrit sur le cercueil de son grand-père. Cet accident laisse l’enfant âgé de sept ans, paralysé.

Unique héritière d’un immense empire, elle doit prendre la tête de la banque familiale alors qu’elle ne possède aucune compétence dans ce domaine. Divorcée du lieutenant Pradelle emprisonné pour escroquerie, elle se retrouve entourée de conseillers peu scrupuleux dont Gustave Joubert, le bras droit de son père, et Charles Péricourt, son oncle.

Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Rue de Sèvres continue d’adapter de grands romans au format graphique et c’est tant mieux car à chaque fois, la qualité est au rendez-vous et je me régale de chacune de mes lectures. Celle-ci n’a pas fait exception.

Après mon coup de cœur pour le roman éponyme signé Pierre Lemaitre en décembre dernier, j’ai eu envie de découvrir Couleurs de l’incendie par Christian de Metter.

L’histoire étant encore très fraiche dans ma mémoire, je peux d’ores et déjà vous dire que si le dessinateur a fait des impasses sur certains aspects de l’histoire, ce qui est inévitable lorsque l’on adapte une brique, cette bande dessinée est respecte néanmoins la trame du roman brillamment écrit par Pierre Lemaitre.

On suit ici plus particulièrement Madeleine et c’est par elle que l’on découvre l’histoire alors que dans le roman, elle est certes l’héroïne, mais Pierre Lemaitre donne la parole à toute une galerie de personnages, ici simples figurants.

Madeleine, ruinée par trois hommes en qui elle avait confiance, va mettre en place leur chute que sa ruine a projeté au firmament des affaires, du journalisme ou de la politique.

Christian de Metter s’est donc vraiment concentré sur Madeleine et sa vengeance à la Edmond Dantès pour construire son adaptation, laissant de côté de grands pans de l’histoire originelle.

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Couleurs de l’incendie est un grand roman historique, flamboyant et jubilatoire.

Avec l’adaptation, on perd cette intensité, la complexité des personnages et de l’intrigue, tout est forcément plus concentré et raccourci à l’essentiel puisque le roman graphique compte quatre cent pages de moins que le récit initial.

J’ai néanmoins beaucoup apprécié ce roman graphique, j’ai aimé le travail de Christian de Metter sur les couleurs autour du sépia, les fonds et les décors que j’ai trouvé très réussis.

Nettement moins goûté, en revanche, la façon dont il croque les visages que je trouve trop épais mais c’est totalement subjectif bien sûr.

Si vous avez adoré le roman et que vous êtes curieux de découvrir son adaptation, je ne peux que vous encourager à le faire. Si vous n’avez pas encore lu le roman, il n’est jamais trop tard pour le lire d’autant qu’il est disponible au format poche ou numérique commencez tout de même par Au revoir là haut, le premier tome de la trilogie même si les deux volumes peuvent se lire séparément.

Un grand merci à Rue de Sèvres pour m’avoir permis de découvrir cette belle adaptation !

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