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Posts Tagged ‘david foenkinos’

Enfant et fille unique d’Albert Salomon et de Fränze Grunwald, Charlotte Salomon grandit dans une famille aisée de la communauté juive berlinoise, son père étant médecin et professeur à l’université Humboldt de Berlin. Sa mère reste marquée par le suicide de sa sœur et s’enferme au fil des ans dans une profonde dépression jusqu’au jour où en 1926, échappant à la vigilance de son infirmière, elle saute dans le vide.Charlotte ignore tout du suicide de sa mère, on lui dit qu’elle est morte de la grippe. Son père épouse ensuite la chanteuse lyrique Paula Lindberg. Mais avec l’arrivée de Hitler au pouvoir, les premières persécutions commencent et le monde de Charlotte s’effondre…

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande.

Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France avec ses grands-parents, installés en zone libre. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante.

Vivant son art comme une urgence, elle s’enferme pendant deux ans pour coucher toute sa vie sur des toiles. Puis, se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. »

Charlotte, c’est le portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste et qui part à sa recherche. David Foenkinos le dit lui même, il est obsédé (dans le bon sens du terme) par Charlotte Salomon et n’a qu’une envie avec son roman : faire découvrir cette artiste peintre pour laquelle il voue une admiration sans borne.

De l’auteur, je n’avais lu jusqu’à présent que La délicatesse, un roman agréable à lire mais qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, ce ne sera pas le cas de celui-ci que j’ai beaucoup aimé et qui m’a profondément émue.

Je ne connaissais pas Charlotte Salomon avant d’entamer ma lecture et grâce à David Foenkinos, cette erreur est réparée. Dans ce roman à deux voix (je pour l’auteur, elle pour Charlotte) écrit en vers libres, l’auteur se mue en détective en se rendant sur tous les lieux emblématiques de la vie de son héroïne, pour s’imprégner des murs mais aussi découvrir le moindre détail de son existence, essayer de retrouver des témoins qui l’auraient connu.

Il retrace la rencontre de ses parents au cœur de la première guerre mondiale, sa naissance, son enfance, ses amours et les évènements marquants de sa courte vie, jusqu’à sa mort en déportation alors qu’elle était enceinte et âgée de 26 ans seulement.

Il explique à merveille le contexte historique de l’époque, j’ai appris d’ailleurs bon nombre de choses que j’ignorais totalement, mais aussi le contexte familial de Charlotte : sa famille maternelle est marquée par un certain nombre de suicides depuis plusieurs générations, ce qu’elle apprendra très tardivement mais qui la marquera sans aucun doute.

C’est aussi un témoignage d’amour, celui de David Foenkinos pour Charlotte Salomon, le regard de l’auteur est bienveillant, passionné, admiratif, sa plume, sobre et pudique. Alors forcément, l’histoire racontée est triste, j’ai versé quelques larmes, mais elle est forte aussi et me restera longtemps en mémoire.

Un roman bouleversant, sous forme d’un long poème, que je vous conseille vivement et qui me donne envie de continuer d’explorer l’œuvre de David Foenkinos, si vous avez un titre à me suggérer, je suis toute ouïe !!

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« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… – Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

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Nathalie est une jeune femme discrète, employée dans une société suédoise. Elle peine à rebondir après le décès accidentel de son mari François mais peut compter sur le soutien de Charles, son patron, qui est totalement fou d’elle. Un sentiment amoureux auquel elle ne répond pas, elle n’a de toute façon plus goût à rien et se jette à corps perdu dans son travail, multipliant les heures de présence au bureau et ramenant ses dossiers chez elle, histoire d’occuper son week-end.

Nathalie n’a plus droit au bonheur et à la joie, c’est tout du moins ce qu’elle pense, jusqu’à ce que Markus, le seul suédois de la boite, réveille tout doucement la vie en elle.

Le grand battage autour du dernier livre de David Foenkinos, Charlotte, m’a donné envie de découvrir sa plume, et comme la vie est parfois bien faite, j’avais justement dans ma PAL La délicatesse qui attendait sagement son tour.

L’histoire de cette veuve et de cet homme laid et brute de décoffrage m’a immédiatement rappelé Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti, un roman suédois qui m’avait particulièrement ennuyé. Bien que le sujet soit sensiblement le même, le traitement de Foenkinos est tout autre, l’histoire est feutrée, racontée sur la pointe des pieds et avec une bonne dose d’humour.

Le texte et les chapitres sont courts, écrits dans un style fluide qui se lit très bien mais empli de métaphores qui ne sont pas toutes justes et parfois too much mais qui ont souvent le mérite d’être drôles, et entrecoupé d’intermèdes (recettes de cuisine, titres de tableau, discographie de John Lennon et j’en passe) qui pour moi n’apportent absolument rien au récit mais tiennent davantage du remplissage.

L’histoire est cependant tendre et réconfortante. Cette femme qui peu à peu guérit de ses peines, reprend goût aux plaisirs et s’autorise enfin à vivre fait du bien.

L’intérêt du roman tient aussi grâce aux personnages bien développés, l’héroïne gagne en épaisseur tout au long du récit et Markus, un vrai ovni, est totalement attendrissant.

Certes c’est loin d’être un chef d’œuvre et j’ai du mal à comprendre comment il a pu remporter dix prix, mais c’est un roman délicat et simple, agréable à lire et ce n’est déjà pas si mal même si je ne garderai sans doute pas un grand souvenir de cette délicatesse.

heart_3Lu dans le cadre du challenge A tous prix (Prix Orange du livre 2010) :

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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