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Posts Tagged ‘d’elizabeth à teresa marian izaguirre’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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La mystérieuse Teresa Mendieta, gérante d’un hôtel situé sur la Costa Brava, a disparu sans laisser de traces. Philippe, son ancien maître d’escrime, tente désespérément de la retrouver et interroge ses proches, tissant au fil des témoignages le portrait d’une femme complexe. 
Sa disparition pourrait-elle être liée au passé de l’hôtel et de ses premiers habitants ? Car Teresa a précieusement gardé un journal intime rédigé sous forme de lettres, celui d’Elizabeth Babel, une jeune anglaise muette et isolée, qui habita dans le même lieu cent ans plus tôt. Malgré le siècle qui les sépare, plusieurs secrets et expériences communes semblent étrangement unir les deux femmes…

Quelque part sur la Costa Brava, Teresa Mendieta, gérante de lhôtel restaurant Les quatre horloges, proche de la faillite, donne congé à ses employés pour l’hiver, n’ayant plus les fonds nécessaires pour les payer au-delà de la saison estivale.

Elle a rompu avec Xavier, l’homme marié qu’elle retrouvait parfois à Perpignan, et s’ennuie ferme. Elle renoue avec Philippe, son vieux maitre d’armes et Gabriel, un ami qui voudrait bien devenir plus que cela pour elle.

Cent ans auparavant, Elizabeth Babel débarque à la maison des Quatre horloges, propriété de son beau-père, qui vient d’épouser sa mère. Bien que mécontente que sa mère est si vite remplacé son défunt père, elle s’attache peu à peu à lui et à ses enfants Gertrude et Pye.

La jeune fille, très intelligente, est aussi sourde et muette, et condamnée en ce début de siècle, à vivre aux crochets de sa famille. Elle couche sur des lettres son quotidien, ses espoirs ses déceptions.

Ce journal intime d’un genre particulier, Teresa va le trouver et y trouver un propre écho à sa vie…

Mes rendez-vous avec la littérature espagnole ont souvent été décevants voire ennuyeux, il n’en fut rien avec D’Elizabeth à Teresa de Marian Izaguirre qui m’a beaucoup intéressée.

Il faut dire que sur le papier il avait tout pour me plaire : un récit à deux voies et à double temporalité, vous savez que c’est mon dada. Un siècle en effet sépare Teresa, la muette, passionnée par la cuisine, et Elizabeth, propriétaire d’un hôtel en faillite. Pourtant lorsque Teresa disparaît, les lettres d’Elizabeth pourraient bien offrir la clef de ce mystère.

Si dans la première moitié du roman, l’autrice plante son décor, dessine ses personnages, leurs failles, leurs passés, la seconde moitié du récit s’attache à découvrir ce qu’il a pu advenir à Teresa.

J’ai beaucoup aimé ces deux héroïnes qui permettent à Marian Izaguirre de retracer la condition féminine tout au long du XXè siècle, dans un pays profondément catholique, qui va connaître bien des bouleversements politiques.

Le rythme du roman est enlevé, les chapitres courts et j’ai lu en deux jours seuelemnts cette petite brique, tant j’ai été happée par l’histoire d’Elizabeth et de Teresa.

La construction que nous propose la romancière est également très intéressante : on fait des sauts de puce dans le présent d’Elizabeth, enfermée dans le silence, qui va successivement perdre son père et sa mère, et se retrouver l’unique occupante de la maison aux quatre horloges qui va devenir plusieurs décennies plus tard, l’hôtel de Teresa.

On suit son histoire grâce à ses lettres qu’elle adresse à elle-même et qu’elle a caché dans une boite en fer que va trouver Teresa lors de son emménagement. Bien que n’ayant aucun lien de parenté, elle va se sentir plus proche d’elle que de sa mère, une femme libre et fantasque qui s’est peu occupée d’elle.

Parallèlement à l’histoire d’Elizabeth, on découvre celle de Teresa, son présent mais aussi son passé à travers certains évènements marquants de son existence marquée par un certain nombre de drames.

Les deux femmes ont en commun une vie solitaire et sans attache, leur lot de souffrances et un amour de la cuisine qui va pousser la seconde à ouvrir son propre hôtel restaurant.

D’Elizabeth à Teresa est un très bon roman d’apprentissage, bouleversant et tendre que je vous conseille vivement !

Un grand merci aux éditions Les escales et à l’agence Anne & Arnaud pour cette belle lecture, j’ai adoré.

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