Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘des graines sous la neige’

Dans le Paris de 1914, on tourne un film. Le cinéaste recherche des survivants de la Commune. Dans son petit appartement, Nathalie Lemel se souvient… Les grèves, les réunions interdites, les premières revendications féministes, le siège de la ville après Sedan, la famine et surtout : l’insurrection de mars 1871 ! Un épisode historique exceptionnel. Un court printemps où seront semées, en ces temps rigoureux, de précieuses graines. Des graines appelées à germer bien des années plus tard.

Après Communardes ! Les éléphants rouges, Communardes ! L’aristocrate fantôme, Communardes ! Nous ne dirons rien de leurs femelles et Jacques Damour, je poursuis ma découverte en bande dessinée des grandes figures réelles ou fictives de la Commune, cette semaine sanglante de 1871 qui a secoué Paris.

Des graines sous la neige retrace la vie de Nathalie Lemel, une militante de l’Association internationale des travailleurs et féministe qui a participé, sur les barricades, à la Commune de Paris de 1871.

A ce titre, elle sera condamnée à la déportation et sera la compagne de captivité en Nouvelle-Calédonie de Louise Michel. Sa longue vie commencée à Brest le 24 août 1826 et achevée le 8 mai 1921 à Paris, sera consacrée au militantisme.

Elevée dans le café de ses parents, elle quitte les bancs de l’école à 12 ans pour devenir relieuse, un métier qu’elle exercera pendant de longues années. Après son mariage avec Jérôme Lemel, relieur lui aussi, elle s’installe à Brest et donne naissance à trois enfants tout en travaillant dans la boutique de Lemel.

En 1861, ils font faillite et rejoignent la capitale pour trouver du travail. Elle avait déjà une conscience politique mais c’est en rejoignant Paris qu’elle devient réellement militante. Nathalie adhère alors à l’Internationale et devient déléguée syndicale, fait exceptionnel à l’époque.

Elle se bat notamment pour la parité des salaires entre hommes et femmes, fréquente des clubs et se révèle une opposante farouche au Second Empire. Elle participe à la création de La Ménagère, une coopérative d’alimentation et de La Marmite, un restaurant ouvrier (qui comptera au total 4 établissements pour 8 000 ouvriers). Elle y est employée à la préparation des repas.

Nathalie Lemel fréquente alors celles et ceux qui vont devenir les grandes figures de la Commune : Louise Michel, Elisabeth Dmitrieff, Eugène Varlin…

Cette bande dessinée retrace fidèlement ce destin de femme hors du commun. Bien qu’on en sache assez peu sur Nathalie Lemel, Roland Michon s’est formidablement bien documenté sur cette époque et sur la semaine sanglante. Le scénario restitue le parcours militant d’une ouvrière impliquée dans la première internationale socialiste et dans la commune de Paris, son combat pour le féminisme et l’égalité homme / femme.

Personnellement je ne connaissais absolument pas cette grande figure du féminisme qui a dédié toute sa vie aux causes qui lui tenaient à cœur et je suis heureuse que cet ouvrage la mette ainsi dans la lumière.

Si le scénario m’a beaucoup plu, cela n’a pas été le cas des dessins de Laëtitia Rouxel qui alternent de crayonnés en noir et blanc pour l’année 1914 où Nathalie Lemel se confie au réalisateur socialiste Estivalis qui tente de la convaincre d’apparaître dans son film consacré à la Commune, et des planches en couleur qui relatent tous les évènements de la vie de l’héroïne. Elle a une très jolie maîtrise des couleurs et des décors mais pour moi c’est au niveau des visages que ça se gâte, les traits sont grossiers, comme déformés, je n’ai pas aimé du tout.

Vous l’aurez compris, même si je n’ai pas aimé les dessins de Laëtitia Rouxel, je ne peux que vous encourager à découvrir cette féministe totalement oubliée que fut Nathalie Lemel, à travers Des graines sous la neige !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Locus Solus pour m’avoir permis de découvrir cette figure du féminisme !

Read Full Post »