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Posts Tagged ‘edith Ayrton Zangwill’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Edith Ayrton Zangwill est née au Japon en 1874, où travaillaient ses deux parents. Elle est la fille de William Edward Ayrton, ingénieur électrique, et de sa femme, Matilda Chaplin, pionnière en médecine, décédée quand Edith avait 8 ans. Deux après sa disparition, son père se remarie avec la scientifique Hertha Marks Ayrton.
Edith Ayrton est élève de l’université de Bedford (1890-1892), membre de la Women’s Social and Political Union (WSPU), et encourage notamment la création de la Jewish League for Woman Suffrage. Son engagement pour le droit de vote est tel, qu’on la considère comme l’une des leaders du mouvement United Suffragists.
En 1903, elle épouse l’écrivain Israel Zangwill, qui s’est souvent exprimé publiquement en faveur du droit de vote féminin. Il encourage par ailleurs Edith à écrire, et cette dernière publie son premier livre pour enfant en 1904, avant de composer six romans. Forte tête, paru en 1924 chez Allen & Unwin et jusqu’alors inédit en France, est son cinquième titre.

Dans le Londres de 1909, Ursula Winfield est ce qu’on appelle une « forte tête ». Elle a vingt-trois ans et vit toujours chez sa mère et son beau-père, à une époque où les jeunes femmes de son âge sont déjà mariées et mères de plusieurs enfants.

Là où toutes les autres filles de la bonne société courent les régates et les
afternoon tea, cette belle et brillante jeune femme passe ses journées à multiplier les expériences dans son laboratoire, avec l’espoir d’intégrer un jour la Société de chimie.

Elle ne rate aucune des séances publiques de l’académie et devient l’amie du professeur Smee, qui est secrètement amoureux d’elle. Sa mère, délicieuse créature avec laquelle elle entretient de charmants rapports, accepte la passion de sa drôle de fille même si elle regrette de courir les réceptions, seule.

Et rien ne peut détourner Ursula de sa mission, ni les conventions sociales ni son amour balbutiant pour le beau Tony Balestier. Jusqu’au jour où la voilà entraînée, bien malgré elle, dans le combat des suffragettes, ces terribles  » viragos  » qui mettent Londres sens dessus dessous afin d’obtenir le droit de vote…

Livre culte en Angleterre, considéré comme l’un des premiers romans de suffragettes, Forte tête d’Edith Ayrton Zangwill, paru en 1924 et encore inédit en France, est avant tout un inoubliable portrait de femme. Impossible de résister au charme drolatique d’Ursula, à son courage et à sa folle liberté !

Ce roman aborde la condition féminine en Angleterre au début du XXè siècle, une époque où les femmes de la bourgeoisie comme Ursula se cantonnent à un rôle d’épouse et de mère. A ce titre, leur éducation est limitée et les domaines scientifiques leur sont interdits.

Mais comme Miss Charity ou Calpurnia, Ursula est férue de sciences et possède son propre laboratoire, payé sur ses deniers personnels. Un domaine où elle règne en maître, elle y mène ses études et expériences sous l’œil bienveillant de sa mère et de son beau-père, qui ne la comprennent pas mais la laissent faire.

Toute entière à la science, elle ne se préoccupe pas du combat des femmes pour le droit de vote et voit même d’un mauvais œil celui que mène les suffragettes, à l’instar de son entourage, qu’elle trouve ridicules !

Jusqu’à une rencontre où elle change radicalement d’avis et délaisse alors la science pour se dévouer corps et âme à la cause, au grand dam de son beau-père et de son fiancé !

Ce qui est intéressant avec ce roman, c’est que Edith Ayrton Zanwill était elle-même féministe et membre du Women’s Social and Political fondé par Emmeline Pankhurst et Christabel Pankhurst, association pour laquelle milite son héroïne Ursula, elle sait donc particulièrement bien de quoi elle parle.

L’autrice nous dépeint la condition féminine au début du XXè siècle : des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’autrice met en lumière le combat des suffragettes face aux politiques qui leur refusait ce qu’elles leur demandait, le droit de vote.

On y voit toute la répression mise en œuvre à l’encontre de ces femmes qui manifestent de façon tout à fait pacifique et qui se font charger par la police avec une violence inouïe et sévèrement condamnées par les juges.

Avec Ursula, nous sommes au plus près du combat suffragiste, on assiste aux meetings, aux manifestations, aux procès, aux séjours en prison et aux gavages de celles qui avaient recours à la grève de la faim, afin d’attirer encore plus l’attention sur leur combat.

Il y a certes quelques longueurs et le combat suffragiste apparaît tardivement mais le personnage d’Ursula est foncièrement sympathique et on a plaisir à la suivre dans ses combats même si son histoire d’amour avec Tony Balestier m’a parfois, lassée…

Si comme moi, le combat des femmes pour le droit de vote est un thème qui vous intéresse particulièrement et que vous aimez le retrouver dans vos lectures, je vous conseille ce roman mais également : L’assassin du Marais, Les heures indociles, Le récital des anges et Evelyn, May et Nell pour un monde plus juste si vous ne les avez pas encore lus.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Belfond pour cette lecture !

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