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Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle :  » On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile.  » L’Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ?  » Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante.  » Étranglée par la misère, Maude postule… Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal.

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Paris 1889. La ville lumière s’apprête à recevoir l’Exposition Universelle et la Tour Eiffel vient de s’achever. Maude Pichon, une jeune bretonne de 16 vient de fuir saint Pallan sur mer et le mariage arrangé que s’apprête à conclure son père, l’épicier du village, avec le boucher.

Maude débarque avec un peu d’argent, celui qu’elle a volé dans le tiroir-caisse de l’épicerie mais ce qui lui apparaissait comme un véritable trésor fond comme neige au soleil de la capitale. Si elle veut conserver sa mansarde de Montparnasse, il est urgent qu’elle trouve un emploi et lorsqu’elle tombe sur l’annonce de l’agence Durandeau, elle se présente avenue de l’Opéra sans savoir de quoi il retourne.

Là, elle fait la connaissance de M. Durandeau qui l’engage aussitôt comme repoussoir et repart avec cinq francs en poche, une petite fortune. Seulement voilà, l’idée d’être un ornement, un faire-valoir pour la fille de la comtesse Dubern ne l’enchante guère et elle songe à refuser avant de se rendre à l’évidence, elle a trop besoin de ce travail même si elle en a honte.

J’avais très envie de lire ce roman depuis sa sortie il y a près d’un an. Tout m’intéressait : l’époque tout d’abord, j’adore cette période de l’histoire et surtout le thème du roman, celui des repoussoirs. Elizabeth Ross a eu l’idée de ce roman suite à sa lecture d’une nouvelle éponyme d’Emile Zola, les repoussoirs, une nouvelle que je ne connaissais pas et que l’on peut lire à la suite du roman.

Une idée excellente et qui ici est très bien exploitée. Tout d’abord qu’est-ce qu’un repoussoir ? C’est une personne laide ou affligée d’un visage quelconque, qui est engagée comme ornement pour mettre en avant la beauté de la personne qui l’emploie. Le principe est cruel, mais Durandeau a trouvé là un concept vendeur puisque son agence connaît un joli succès auprès de la noblesse et de la bourgeoisie. Le thème est plus que jamais d’actualité d’ailleurs ! Si les repoussoirs semblent accepter leur sort, Maude est loin d’être dans cet état d’esprit, elle ne se voit pas laide même si elle concède que son visage est quelconque et ne veut pas être réduite à cela !

Elizabeth Ross retranscrit très bien l’atmosphère de l’époque et s’attache particulièrement à décrire la condition féminine de cette fin du 19è siècle à travers les différents protagonistes du roman. La petite provinciale suffisamment instruite pour se rêver vendeuse dans l’un des temples de la mode de la capitale mais dont l’accent breton l’en empêche. La très belle comtesse Dubern qui ne rêve que d’une chose : caser au plus vite Isabelle avec un très beau parti et compte bien sur la saison et la présence de Maude pour décrocher le mariage de l’année pour sa fille. Isabelle enfin, qui ne rêve que d’études et qui travaille dur pour réussir l’examen d’entrée à la Sorbonne, en cachette de ses parents. Sans oublier la galerie des repoussoirs bien sûr avec en tête l’inénarrable Marie-Josée !

Les hommes sont aussi présents : L’affairiste Durandeau qui méprise ses repoussoirs et leur fait bien sentir quelle place est la leur, les nobles plein de morgue qui font valoir leurs droits de cuissage et le musicien sans le sou, Paul Villette, qui vit la vie de bohème et joue dans les cafés concerts tout en abusant un peu trop de l’alcool.

L’auteure réussit aussi formidablement bien à nous immerger dans le Paris de 1889, ses ruelles pavés, ses cafés concerts mais aussi ses soirées à l’opéra, sans oublier la mode, très présente tout au long du roman.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Maude et d’Isabelle, l’amitié et la complicité qui vont naitre entre elles, elles forment un duo touchant qu’on a plaisir à suivre.

On pourra certes reprocher à Elizabeth Ross d’avoir doté Maude d’un visage quelconque et non d’une laideur repoussante comme certaines de ses collègues et d’un certain manichéisme, avec les méchants riches d’un côté et les gentils pauvres de l’autre, mais pour le reste, Belle Epoque est un très bon roman historique.

heart_4Lu dans le cadre du cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

 

 

 

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