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Posts Tagged ‘elizabeth speller’

Lu dans le cadre du Mois anglais

Après avoir consacré une grande partie de sa jeunesse à élever ses trois enfants, Elizabeth Speller a décidé de reprendre ses études. Diplômée d’histoire antique à Cambridge, elle a ensuite enseigné cette matière dans de nombreuses universités, dont Cambridge, Bristol, Birmingham et Warwick. Auteur d’ouvrages de non-fiction historique et de poésie – pour lesquels elle a été primée plusieurs fois –, Le Retour du capitaine Emmett est son premier roman. Elizabeth Speller vit entre le Devon et l’île grecque de Paxos.

C’est une lettre qui, par un matin d’août 1921, va bousculer la vie de l’ancien officier Laurence Bartram. Un appel à l’aide de Mary, la sœur d’un de ses vieux amis.

La jeune femme veut comprendre ce qui a conduit son frère, le capitaine John Emmett, à mettre fin à ses jours quelques mois plus tôt. Interné depuis son retour du front, John semblait pourtant aller mieux. Et si Laurence pouvait lui apporter des réponses ?

Après tout, les deux hommes ont partagé les mêmes horreurs en France et ils étaient très amis alors qu’ils étaient étudiants.

Secondé par Charles, dandy féru de romans policiers, Laurence accepte de jouer les détectives.

Et les zones d’ombre ne manquent pas : qui sont ces trois inconnus inscrits sur le testament du défunt ? Qui est cette sublime rousse qui venait lui rendre visite ? Quel lien existait entre John et Hart, un jeune officier poète exécuté pour lâcheté ?

Et quelle est cette malédiction qui emporte un à un les anciens camarades d’Emmett dans la tombe ? A mesure que les pièces du puzzle s’assemblent, les secrets de John se dévoilent.

Mais Laurence n’est pas le seul à chercher des réponses…

Le retour du capitaine Emmett est le premier roman d’Elizabeth Speller, qui a pour cadre l’Angleterre au lendemain de la première guerre mondiale. Elle évoque le douloureux destin des hommes fusillés pour l’exemple mais aussi les rescapés de ce conflit mondial.

En mettant nos pas dans ceux de Laurence, on découvre les familles endeuillées qui ont perdu des fils, frères, fiancés ou maris, fauchés sur les champs de bataille français.

Et les survivants, ceux qui s’en sont sortis sans dommage physique ou mentaux comme notre narrateur et son ami Charles, et les moins chanceux qui ont perdu des membres ou victimes de stress post traumatiques.

Formidable roman à suspens absolument captivant, il a tout pour plaire aux lecteurs et lectrices féru(e)s de récits historiques : une plume fluide, une histoire très bien documentée, portée par des personnages complexes et attachants que sont Laurence, Charles, Mary, Eleanor et tous les autres protagonistes.

Elizabeth Speller nous livre ici un drame passionnant, bien documenté et structuré, tout en sensibilité et pudeur, qui revient sur les conséquences dramatiques de la première guerre mondiale.

L’Angleterre est alors à genoux et pleure ses 800 000 enfants étendus pour toujours dans les champs des Flandres et autres lieux du front. Pour certains, une vie d’invalidité commence pour d’autres le retour à la vie civile est impossible. Laurence est veuf, sa femme est morte en couches avec leur fils, et il erre seul dans son appartement, incapable d’avancer, de mener une vie normale.

Cette enquête va lui permettre de déterrer bien des secrets et de renouer avec la vie.

Même si ce livre est édité dans la collection « Grands détectives » de 10 18, il n’est pas réellement un roman policier mais davantage un roman à suspens, l’intrigue « policière » ne constitue en effet pas l’intérêt principal de ce roman.

Pour moi, c’est le contexte historique, les suites de la guerre 14-18, les traumatismes de l’après-guerre qui sont importants et décrits très finement.

L’autrice place sur le devant de la scène ceux que l’Histoire a minimisé : les déserteurs, les hommes brisés moralement, handicapés, qui ne peuvent trouver leur place dans la société de l’époque.

Un très bon roman que j’ai trouvé convaincant de la première à la dernière page, je vous le recommande vivement !

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