Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘enfant 44’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Tom Rob Smith est né à Londres en 1979, d’une mère suédoise et d’un père anglais. Diplômé de l’université de Cambridge, il a passé un an en Italie dans un atelier d’écriture. Il a ensuite travaillé comme scénariste pendant cinq ans. Tom Rob Smith vit à Londres. Après Enfant 44, il a écrit Agent 6 et Kolyma.

Moscou, hiver 1953. Le corps d’un petit garçon est retrouvé nu sur une voie ferrée. Leo, agent du MGB, police d’État chargée du contre-espionnage, reste fidèle à la ligne du parti : le crime n’existe pas sous le parfait régime socialiste, il s’agit d’un accident, l’enfant a été tué par la locomotive alors qu’il jouait imprudemment sur les voies.

L’affaire est classée mais le doute s’installe dans l’esprit de Leo qui se rend compte que le dernier homme qu’il a arrêté, un vétérinaire moscovite, n’est coupable de rien, seulement d’avoir soigné le chien d’un employé de l’ambassade américaine.

Tombé en disgrâce, Leo est contraint à l’exil avec sa femme, Raïssa. Et, dans une petite ville des montagnes de l’Oural, il va faire une troublante découverte : un autre garçonnet mort dans les mêmes conditions.

Leo et Raïssa vont se lancer dans une terrible traque, qui fera d’eux des ennemis du peuple…

Vous connaissez mon intérêt pour l’histoire de la Russie et mon goût pour les polars historiques, c’est ainsi qu’Enfant 44, le premier roman de Tom Rob Smith, est entré dans ma pal… voilà maintenant dix ans !

Heureusement, ma copinaute Belette qui l’avait elle aussi depuis des lustres m’a proposé de le lire et bêtes que nous avons été de le laisser croupir autant d’années, car nous l’avons littéralement dévoré en deux jours, à la fois enthousiasmées et écoeurées.

Passionnant de bout en bout, ce roman nous plonge avec brio dans la Russie soviétique où Staline règne sans partage depuis trois décennies déjà. Le petit père des peuples se maintient au pouvoir grâce à la terreur et le système qu’il a mis en place.

Les soviétiques sont affamés, s’entassent dans des appartements collectifs, arrêtés, condamnés à la mort ou à la déportation dans un goulag, sans preuve aucune, sur simple dénonciation, après avoir été dument torturés dans les sous-sols de la Loubienka.

Comme l’Etat est infaillible, les traitres à la patrie doivent faire la preuve de leur innocence, ce qui est tout bonnement impossible. Ils sont donc inexorablement condamnés et leur famille avec eux.

Tout au long de ma lecture, j’ai oscillé entre envie de dévorer ce récit et besoin de faire des pauses, tant ce qu’on lit donne la nausée. Comme dans tout régime totalitaire, il ne fait pas bon de poser des questions ni de sortir des clous imposés par le régime : les malades mentaux et les homosexuels sont accusés de tous les maux dans cette nouvelle Russie où le crime n’existe plus, seuls les actes de ceux considérés comme antisoviétiques, que je viens de citer, existent encore et sont condamnés pour l’exemple.

Au-delà de l’enquête policière bien construite et haletante, Tom Rob Smith nous propose un roman très politique où il ne nous épargne jamais les horreurs commises par le régime stalinien.

C’est à une plongée réussie et instructive au cœur de cette époque trouble, que nous invite l’auteur qui met l’accent sur le chaos sur la terreur, l’absurdité du système soviétique et le contexte politique qui fait littéralement froid dans le dos.

Ce roman de Tom Rob Smith est un très bon cru, bien documenté, plein de rebondissements, un peu trop même sur la fin avec des situations trop tirées par les cheveux à mon goût et un mobile qui ne m’a pas convaincue, qui constitue un formidable page-turner que l’on a du mal à lâcher une fois qu’on l’a commencé, une réussite donc ! Belette est bien de cet avis aussi !

Read Full Post »