Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘feel-good book’

Fanny Vandermeersch est née dans le Nord de la France où elle enseigne.
Elle a été deux fois finalistes du prestigieux concours d’écriture « E-crire au féminin ». « Lucy et Chloé », le prequel du roman « Aux livres exquis » s’est déjà vendu à plus de 17 000 exemplaires !

Chloé est mère d’un petit garçon de six ans, Rudy, mariée à Clément qu’elle ne voit jamais, et depuis quelques mois, faute d’emploi, elle est une femme au foyer qui attend son mari. Et ça, Chloé en a assez.

Aussi, quand elle lit dans le journal qu’un café littéraire, Aux Livres Exquis, cherche une serveuse en CDD, elle se dit que c’est le job idéal pour elle.

Mais en rencontrant son patron, David, un homme dur et fermé, elle ment pour avoir la place, lui assurant qu’elle est célibataire et sans enfants et elle est embauchée. Si elle s’entend à merveille avec Tristan, le comptable et frère de David, les débuts sont difficiles avec son patron, qui ne lui passe rien.

Dans le même temps, son couple prend l’eau : son mari lui avoue qu’il est amoureux d’une autre et qu’il veut le divorce, elle comprend alors qu’elle arrive à un tournant de sa vie. Entre muffins brûlés, énigmes, crises de larmes, de rire, voyage au Maroc, révélations sur sa mère et découverte de ses origines, la vie de Chloé ne sera plus la même…

Vous le savez si vous me lisez régulièrement, j’aime bien de temps en temps lire un feel-good book et avec Aux livres exquis, j’étais sûre de passer un bon moment. Hélas pour moi, si ce roman se lit vite et bien, il y a clairement tromperie sur la marchandise.

C’est davantage une romance assez plate qu’un feel-good book pour les amoureux des livres, d’où ma déception ! Car le fameux café littéraire, Aux livres exquis, est surtout présent dans le titre, dans l’histoire nettement moins : Chloé aurait pu travailler chez un fleuriste ou dans une boutique de vêtements, qu’on n’aurait pas vu la différence !

Le style de Fanny Vandermeersch est fluide, de ce côté-là rien à redire, mais l’histoire qu’elle nous propose sent clairement le réchauffé : une femme sans emploi qui en trouve un en claquant des doigts, qui se fait plaquer par son mari et tombe amoureuse de son patron, qui ne cherche pas ses origines marocaines mais qui les trouve comme par magie, ça fait beaucoup.

D’autant qu’avec moins de 200 pages, difficile de prendre le temps d’installer une histoire ou de développer la psychologie de ses personnages : tout reste survolé. Les personnages sont clichés au possible : le veuf inconsolable beau comme adieu qui tombe amoureux de son employée au premier regard, le frère homo favorisant l’idylle, la meilleure amie qui endosse le job de nounou de l’année en plus de son travail pour que l’héroïne ait le job…

Et puis surtout : l’idée du café-littéraire, bonne au demeurant et originale, n’a pas été développée, au détriment de sujets communs à toutes les romances.

En bref, une romance banale dont on devine vite le dénouement, sympathique à lire mais décevante dans son développement. Vite lu et aussi vite oublié !

Read Full Post »

Née en 1978, Anne Michel enseigne les lettres à Toulon. Elle est l’auteur de Matin d’écume, son premier roman (prix Terres de France-Ouest-France 2018), paru aux Presses de la Cité.

Sabrina et Capucine étaient inséparables au lycée. La première a pu compter sur la seconde lorsque ses parents sont morts dans un accident de voiture. Mais le bac en poche, leurs vies ont pris un chemin différent : une école hôtelière pour Sabrina et celle de design pour Capucine et elles se sont perdues de vues.

Vingt ans plus tard, Sabrina vit plutôt heureuse sous le soleil de Toulon, dans le restaurant où elle travaille avec Samuel et Eric, un couple d’amis, qui connaît un joli succès. Elle s’accomode comme elle peut de son célibat même si, lors des soirées d’hiver, son chien Biplan et son chat Tranxène ne suffisent pas à combler sa solitude.

A Stockholm, Capucine s’épanouit entre son métier d’illustratrice et la famille qu’elle a fondée avec Jon, heureux parents de Louise, Mélanie et Soren. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle compte sur son amitié retrouvée avec Sabrina, et les réseaux sociaux, pour faire face à l’épreuve. Et ce, malgré la distance.

Sabrina comprend alors, en soutenant son amie dans son combat, que c’est le rapport à son propre corps qu’elle va affronter, elle qui souffre, depuis l’enfance, de ne pas se sentir belle.

Le temps est au bilan pour ces deux amies à l’aube de la quarantaine, dans leurs vies, dans leurs relations avec les autres, leur féminité.

Elles vont apprendre à faire confiance à leur force intérieure… et à la vie !

Avec Pour quelques bulles de bonheur, Anne Michel signe un roman sur le pouvoir de l’amitié et des liens du coeur. Cette jolie couverture pourrait faire croire à une comédie pour l’été mais il n’en est rien, c’est davantage un feel-good book plein d’espoir, de sensibilité et de douceur.

Même si je ressors de ma lecture plutôt charmée par l’histoire et les personnages, je dois vous avouer que c’est surtout Capucine, son quotidien à Stockholm, le couple et la famille qu’elle forme avec Jon et ses enfants, et bien évidemment son combat contre le cancer qui m’ont surtout touchée et intéressée.

La façon dont, malgré sa peur, elle fait face au crabe, ses réactions m’ont plu et m’ont paru crédibles, j’espère que si un jour j’étais confrontée à la même situation, je saurai faire preuve d’autant de courage et de pugnacité que cette héroïne et que je pourrai compte sur un homme aussi génial que son mari Jon !

Tous ses chapitres liés à Capucine m’ont beaucoup plu. Sabrina n’est pourtant pas un personnage inintéressant : elle a du faire face très jeune à la mort de ses parents, a souffert de grossophobie et même si, grâce au sport, elle a su se sculpter une belle silhouette, elle se sent toujours aussi moche et sa vie sentimentale est désertique.

Pour autant, les chapitres où elle apparait m’ont paru plus plats, plus monotones, en un mot : moins captivants et je n’ai pas réussi à m’attacher à elle, alors que je me suis attachée à Capucine dès les premières pages !

Il n’empêche que ce roman traite avec beaucoup de réalisme des thématiques dures sans jamais tomber dans le pathos ou le larmoyant et que de point de vue-là, il m’a bien plu même si c’est un peu trop survolé à mon goût.

L’amitié est également bien mise à l’honneur, ce que j’ai apprécié aussi. Tout va néanmoins un peu trop vite dans ce récit et je crains qu’il ne me reste pas longtemps en mémoire mais si ces thématiques vous intéresse, je ne peux que vous encourager à le découvrir à votre tour.

Un grand merci aux Editions Presses de la Cité pour cette lecture pleine de douceur.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Mois anglais

et du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Keith Stuart est spécialiste des jeux vidéo. Il écrit des chroniques dans la presse et est éditeur de jeux pour le Guardian depuis dix ans. En 2012, l’un de ses deux fils a été diagnostiqué autiste. Lorsque Keith a initié ses fils aux jeux vidéo, il s’est rendu compte que ces moments privilégiés leur permettaient de partager une expérience unique et de tisser des liens puissants au sein de la famille. Les Mondes de Sam (A Boy made of Blocks) est librement inspiré de son histoire.

A Bristol. Avant, Alex et Jody s’aimaient. Mais leur couple est mis à rude épreuve depuis la naissance de Sam huit ans auparavant. Leur fils, atteint d’autisme, n’est pas un enfant comme les autres.

A force de fuir ses responsabilités de père, Alex condamne Jody à porter un fardeau trop lourd : s’occuper de Sam à temps plein, gérer ses crises, ses colères et ses angoisses. La séparation devient alors inévitable et Alex se retrouve à squatter le canapé de son meilleur ami Dan.

Quelques jours plus tard, Alex se retrouve au chômage et se sent totalement démuni quand il doit assumer la garde de son fils avec qui il a été incapable jusque là de tisser le moindre lien.

Heureusement, Sam découvre un nouveau jeu vidéo sur sa console : Minecraft. Grâce à son imagination, le garçon donne naissance à un monde parallèle qu’il peut partager avec son père. Sur les ruines du passé, ils construisent ensemble les bases de leur avenir.

Inspiré de la relation de Keith Stuart avec son fils autiste, Les mondes de Sam, est un premier roman drôle, touchant et incroyablement juste, un véritable hymne à la différence.

Vous le savez si vous me lisez régulièrement, l’autisme est un sujet qui m’intéresse et me touche beaucoup, raison pour laquelle ce roman a rejoint ma PAL.

Et comme je connais très bien le jeu Minecraft auquel s’adonne mes garçons depuis des années, j’étais bien au fait du but de ce jeu, des modes (créatif, survie) je n’étais pas perdue avec le vocabulaire (redstone, miner, l’ender, le nether…) et les actions lors des temps de jeux qui occupent un certain nombre de pages.

Ce jeu est un formidable terrain de jeux pour les enfants et les adultes et il ne fait aucun doute que les autistes y trouvent particulièrement bien leur compte car ils peuvent construire un monde auquel ils n’ont pas à s’adapter, mais qui s’adapte à eux. Un monde qu’ils peuvent enfin partager avec les autres, qui leur permet de se socialiser à travers les phases de jeux et hors écran, trouvant enfin un sujet de discussion à partager avec les autres.

Tous ceux qui croient que le jeu permet d’échapper à la réalité comprendront qu’ils ont fait fausse route : l’approche ludique du réel que propose le jeu vidéo permet justement de se réconcilier avec la réalité. Et c’est là tout le propos du livre inspiré par la propre expérience de l’auteur avec son fils.

Par le biais du jeu vidéo, on voit l’évolution de Sam qui acquiert du vocabulaire, se met à la lecture de guides et de livres sur son jeu préféré et commence à s’ouvrir aux autres.

On assiste également au rapprochement entre un père et son fils. Alex, au début du roman, fuit l’autisme de son fils dont il a peur, il ne sait jamais comment réagir aux accès de colère de Sam et laisse sa femme gérer, préférant prendre la tangente au moindre problème.

Les personnages sont attachants et crédibles et l’histoire permet de sensibiliser à ce trouble, de mieux connaître les personnes autistes, prouver que ces enfants / adultes sont différents mais qu’il est possible de nouer des relations avec eux et montrer l’impact positif de ce jeu vidéo.

Un bon feel-good book que je vous recommande si cette thématique vous intéresse !

Read Full Post »

Anne-Gaëlle Huon a travaillé pour une grande chaîne de télévision avant de se tourner vers l’écriture. Elle aime rendre les gens heureux et rit parfois un peu trop fort. Elle vit désormais à New-York où elle écrit des romans et sculpte des citrouilles. Elle a déjà publié un premier roman, Buzz (City, 2016).

Le plan de Paulette, quatre-vngt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils unique, Philippe, la maison de retraite cinq étoiles de ses rêves dans le sud de la France.

Manque de chance, sa belle-fille Corinne a d’autres projets pour elle et Paulette échoue dans une auberge de campagne tenue par monsieur Yvon, un géant au grand cœur, au milieu de nulle part.

La nouvelle pensionnaire n’a plus qu’un objectif : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidents, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle.

Que contiennent en effet les mystérieuses lettres cachées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans sa bibliothèque ?

Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

J’avais découvert l’été dernier Anne-Gaëlle Huon avec son troisième roman Même les méchants rêvent d’amour, que j’avais bien apprécié même si j’avais quelques réserves, il était donc temps pour moi de découvrir Le bonheur n’a pas de rides, présent dans ma PAL depuis plusieurs mois.

Ces dernières années, il y a plusieurs parutions autour des personnages âgées qui me sont passées entre les mains avec plus ou moins de bonheur, souvent sur le thème « il n’est jamais trop tard pour profiter de la vie » celui-ci ne fait pas partie des meilleurs pour moi, il m’a même, je dois le dire bien déçue.

L’histoire est gentillette, elle dégouline de bons sentiments et elle est un peu trop éculée et bourrée de clichés pour moi, elle manque vraiment d’originalité que ce soit dans son développement, dans les thématiques abordées ou dans les personnages, rien de nouveau sous le soleil ! Pour résumer : je n’ai pas aimé !

Madame Paulette, l’héroïne, est une mamie acariâtre en apparence mais qui possède un cœur d’or (bonjour le cliché), elle va tomber sous le charme de monsieur Georges, encore meurtri par une histoire d’amour avorté avec une célèbre danseuse du début des années 50 (encore un cliché et difficilement crédible).

Tous les personnages ont connu des drames et ont des difficultés à les surmonter : Noor, la cuisinière d’origine marocaine a quitté son mari violent, monsieur Yvon peine à se remettre de la mort de son jumeau il y a plusieurs décennies, Hippolyte est autiste (ce n’est pas dit mais on le comprend vite), Marceline, Juliette (est en deuil de sa grand-mère) et les autres ne servent que de faire-valoir à l’intrigue principale, c’est-à-dire, l’histoire d’amour qui va naître entre Paulette et Georges.

Je vous avoue que j’ai été déçue par cette histoire qui ne m’a pas intéressé, ne m’a fait ni rire ni sourire, je l’ai même trouvé finalement assez sombre. Je ne me suis attachée à aucun des personnages, j’ai même trouvé Paulette assez antipathique, ce qui ne m’a pas aidé à apprécier ce roman.

L’écriture d’Anne-Gaëlle Huon est fluide et plaisante, on sent qu’elle a mis tout son cœur dans ses personnages, qu’elle a beaucoup de tendresse pour le 3è âge mais comme je l’ai dit plus haut, ce récit sent vraiment le réchauffé et le déjà-vu.

Un roman qui ne correspond pas à mes attentes et que je vais vite oublier en tout cas ! Je pense lire Les demoiselles, le prochain roman d’Anne-Gaëlle Huon car il a pour décor le pays Basque dans les années 20 mais si il ne me plait pas, j’arrêterai avec cette autrice. Et vous, vous l’avez aimé ?

Read Full Post »

Née en 1977, Laura Dave est une romancière américaine traduite dans quinze pays. Après Dernières vendanges (2016), Hello, Sunshine est son second roman publié en France. Elle vit à Santa Monica en Californie.

À trente-cinq ans, Sunshine Mackenzie est à la tête de la chaîne YouTube la plus trendy du moment. Entre sa célèbre émission de cuisine  » A Little Sunshine « , ses millions de followers, son loft à Tribeca, ses livres de recettes qui s’arrachent comme des petits pains et son amoureux parfait, la vie de la jeune femme a tout d’un conte de fées.

Jusqu’au jour de son anniversaire où la chantilly retombe : un troll révèle que la belle est une usurpatrice, elle a menti sur tout ! Non, elle n’a pas grandi dans une ferme mais dans une maison cossue des Hamptons. Non elle ne sait pas cuisiner : la  » chef  » est tout juste capable de faire cuire un œuf.

Pire encore : des photos d’elle occupée à tromper son époux avec son producteur enflamment la toile… Les tweets de haine s’enchaînent aussitôt et bye-bye les followers, les sponsors, le mari et le loft à crédit !

Devenue persona non grata à New York, Sunshine n’a plus qu’à rentrer piteusement au bercail, à Montauk dans les Hamptons, auprès de sa sœur aînée Rain qui lui en veut à mort de l’avoir laisser tomber.

Elle compte bien entamer sa quête de rachat afin de regagner tout ce qu’elle a perdu. Apprentissage auprès du chef Z, aussi étoilé qu’intransigeant, mea culpa familial, tentative de reconquête amoureuse : Sunshine trouvera-t-elle enfin la recette magique ?

Avec Hello, Sunshine Laura Dave nous montre l’envers du décor des réseaux sociaux à travers son héroïne Sunshine, une top chef en carton made in YouTube qui devient le plus gros bad buzz de l’histoire de la cuisine !

En une journée, notre héroïne perd tout ce qu’elle a mis quatorze ans à construire : son travail, son argent, sa vie confortable, son mari… il ne lui reste plus rien. Car tout son empire, sa vie entière repose sur le paraître et un tissu de mensonges qu’un troll a décidé de dévoiler au monde entier.

Tout en émotion et en humour, ce récit montre les travers des réseaux sociaux, la course aux followers, comment les personnalités publiques mais aussi les personnes comme vous et moi, scénarisent leur quotidien, s’inventent une vie, des compétences ou des qualités qu’elles n’ont pas pour être le plus populaire possible.

L’autrice prône avec ce roman le retour au vrai, à l’authenticité, à la famille et au goût des bonnes choses face à la superficialité des réseaux. En perdant tout, Sunshine va faire un retour aux sources qui lui fait prendre conscience de ce qui a vraiment de la valeur dans sa vie.

Au-delà de cette thématique, Laura Dave aborde aussi les relations familiales compliquées. Sushnine et Rain sont brouillées depuis de nombreuses années et Sunshine ne connaît même pas sa nièce de 6 ans, Stéphanie.

Avec ce dernier personnage, elle aborde la thématique des enfants surdoués qui n’arrivent pas à se socialiser mais qui sont à l’aise avec les adultes.

Le style enlevé de l’autrice, son ton corrosif mêlé à une bonne dose d’humour donnent un rythme très vif à ce roman que j’ai lu quasiment d’une traite. Il y a certes de bons sentiments, un peu de facilité dans la narration, ce n’est pas le roman de l’année mais si vous êtes à la recherche d’une bonne lecture détente mais qui fait aussi réfléchir, Hello, Sunshine est pour vous !

Read Full Post »

Sophie Horvath fait partie des « vieilles » blogueuses ; à force de parler des livres des autres sur son site « C’est quoi ce Bazar ? », ça devait arriver : est venu le temps de coucher à son tour des histoires sur le papier.
D’abord disponible en numérique, « La Fleur de Clémentine » devient « Le Quartier des Petits Secrets », paru le 10 avril 2019 chez Flammarion. Dans « A l’Ombre du Grand Marronnier » (toujours disponible en numérique) il sera question du quotidien d’un petit village atteint par les remous de l’Histoire.

Clémentine est fleuriste à Bordeaux, dans un quartier en retrait de l’effervescence urbaine. Sa plus proche amie, Nicole, tient le café sur la place et, ensemble, elles s’amusent à observer les habitudes de chacun.

De cet homme qui commande exactement les mêmes bouquets chaque semaine. De ce bouquiniste qui ne sort jamais. De « L’Inspectrice » qui passe en faisant claquer son parapluie…

Et puis il y a Viviane, bien sûr, qui s’échappe régulièrement de sa maison de repos pour venir passer un moment dans son jardin imaginaire, la boutique de Clémentine, où elle coupe, tranche, éventre…

Viviane est adorable mais ses pertes de repères ne favorisent pas le commerce. Pourtant, lorsque cette dernière ne se présente plus, Clémentine s’inquiète et se rend à sa maison de retraite. Une mauvaise chute empêche la charmante massacreuse de venir ratiboiser ses bouquets. Malgré sa faiblesse, elle trouve la force de dessiner une fleur étrange que Clémentine ne parvient pas à identifier.

Quelle est donc cette variété qui semble tellement importante pour la dame âgée ? Il n’en faut pas plus pour que Clémentine commence son enquête.

Le quartier des petits secrets est le premier roman de Sophie Horvath qui nous propose ici un récit bien agréable dans la droite lignée de Virginie Grimaldi, Lorraine Fouchet et Aurélie Valognes.

L’histoire est toute douce, tendre, pleine de poésie et de fleurs, portée par des personnages attachants avec en fil rouge une enquête botanique bien agréable. Le style de Sophie Horvath est simple mais efficace, elle décrit formidablement bien le quotidien des commerçants bordelais qu’elle a pris pour héros, et je me suis bien sentie en leur compagnie tout au long des deux cents pages que dure ce roman, enveloppée par une douceur et une tendresse bien sympathiques.

Dans ce roman, on suit plus particulièrement Clémence et Viviane, deux femmes liées par l’amour des fleurs, et issues de la bonne bourgeoisie. La jeune femme a des relations tendues avec ses parents, spécialement avec sa mère, qui attendent d’elle une bonne situation familiale et professionnelle.

Hélas pour eux, leur fille demeure célibataire et a opté pour les fleurs plutôt que la médecine ou le barreau, ce qui est une faute de goût évidente pour eux. Madame mère n’a de cesse de lui répéter qu’elle est une fille décevante et en dépit de ses reproches continuels, Clémence continue à honorer de sa présence les déjeuners dominicaux, en jeune fille bien élevée qu’elle est.

Viviane est en maison de retraite, choyée par un infirmier bâti comme une armoire à glaces, en rupture avec sa famille bourgeoise qui l’a rejetée pour avoir choisi d’être une femme libre plutôt qu’une femme au foyer docile.

Entre elles d’eux, de nombreux points communs et quelques secrets de famille que Clémence va mettre au jour.

L’intrigue n’est pas nouvelle et ne sort guère des sentiers battus, l’histoire est un peu trop légère pour moi, je ne la garderai pas longtemps en mémoire c’est certain. Mais Le quartier des petits secrets est un roman doudou réconfortant qu’on lit avec plaisir et ce n’est déjà pas si mal.

Un sympathique feel-good book que je vous recommande si vous appréciez ce genre, vous passerez un bon moment en compagnie de Clémence et de tous les autres.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

Ève Borelli vit dans le sud de la France, où elle est professeure de lettres. Elle est notamment l’auteure de La Lanceuse de couteaux (Charleston, 2017). Sa Majesté des fèves, présenté lors du premier Mazarine Book Day en 2016, a remporté la faveur du jury grâce à son univers fantasque et ses personnages émouvants.

Lucien Bigorneau est au bout du rouleau. Dernier fabricant de fèves de France, il se désespère : l’âge d’or des féviers est révolu, il vient de mettre la clef sous la porte et pour couronner le tout, sa petite amie choisit ce moment-là pour plier bagage.

Heureusement, sa sœur Cristalline ne l’entend pas de cette oreille. Pour une lanceuse de disque de son niveau, la défaite n’est pas une option. Elle met donc au point un plan follement insensé pour sauver son frère et pour cela, destination Londres pour rencontrer la reine Élisabeth, grande adepte de galettes des rois et la convaincre d’engager Lucien comme févier officiel !

Commence alors un périple rocambolesque en compagnie de Roméo, le fils de Cristalline, qui traîne un vague à l’âme inexplicable, mais aussi de son terrible caniche Micheline Ostermeyer. Sans oublier Twix, un ex-détenu au cœur d’artichaut et Maguelonne, une danseuse boiteuse à la beauté renversante.

Drôle d’équipe aussi tendre que dépareillée ! Mais ces êtres cabossés par la vie ont une revanche à prendre et comptent bien parvenir à leurs fins…

Sa majesté des fèves est un feel-good book réussi, road-movie à la fois tendre et désopilant qui nous mène d’un petit village près de Montpellier jusqu’au cœur de la monarchie anglaise.

Menée par une truculente équipe de bras cassés, cette histoire fait la part belle à la famille, aux relations humaines (amitié, amour, amour fraternel) et à l’entraide. Au fil des chapitres, Eve Borelli dévoile les passés, fêlures, espoirs, doutes, colères et rêves de ses personnages et au fur et à mesure, on s’attache à l’ensemble de ses protagonistes.

Et même si je me doutais du dénouement, j’ai été jusqu’au bout de ce roman avec beaucoup de plaisir, entrainée par la plume fluide et légère d’Eve Borelli qui construit habilement son histoire de la première à la dernière page.

Si le projet de Lucien semble fou et rocambolesque et qu’il amène à beaucoup d’humour, il y a aussi de jolies touches d’émotions liées à la reconstruction de chaque personnage cabossé par la vie : Maguelonne, qui ne peut plus danser, Twix, qui après la perte d’une partie de ses doigts et son séjour en prison, ne trouve plus de travail, Lucien, qui ne s’imagine pas faire autre chose que des fèves.

Des tranches de vie touchantes, des confidences émouvantes, des personnages hauts en couleur, une histoire farfelue et légèrement barrée font de cette comédie un chouette moment de lecture.

L’autrice aborde des thèmes de façon habile et plus profonde que l’on s’en attendrait dans ce genre de roman. Dommage que le dénouement soit si prévisible et qu’elle ait affublé ses personnages de prénoms aussi invraisemblables, je ne m’y suis jamais faite tout au long de ma lecture.

Reste que si vous êtes à la recherche d’un feel-good book réconfortant, Sa majesté des fèves est fait pour vous !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

Jenny Colgan est une romancière britannique auteur de nombreuses comédies romantiques, et d’autant de délicieuses recettes de cuisine. Après La Petite Boulangerie du bout du monde (2015), Jenny Colgan a publié, chez Prisma, Une saison à la petite boulangerie (2016), puis Noël à la petite boulangerie (2017). En 2017, elle a entamé une nouvelle série avec la parution de Rendez-vous au Cupcake Café chez le même éditeur. Le second tome, Le Cupcake Café sous la neige, a paru en 2018. Une saison au bord de l’eau inaugure une troisième série, et Une rencontre au bord de l’eau, la suite, a paru en 2019 chez le même éditeur.

Depuis qu’elle a ouvert son Cupcake Café à Londres, Izzy est heureuse mais elle n’a plus une seconde de répit. À l’approche de Noël, quand la ville scintille de guirlandes colorées et que flotte dans l’air un doux parfum de gingembre et de cannelle, les commandes affluent et c’est encore pire.

Alors qu’elle comptait sur son petit ami Austin pour la réconforter, celui-ci lui apprend qu’il a décroché un poste à New York. La jeune femme voit son univers douillet et gourmand se fissurer.

Comment ignorer les milliers de kilomètres qui séparent le couple ? Une chose est sûre : armée de sa bonne humeur et de sa poche à douille, Izzy est prête à tout pour que la magie de Noël opère une fois encore…

Vous le savez si vous êtes fidèle à ce blog, j’aime beaucoup les romans Jenny Colgan à la fois réconfortants et gourmands. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai découvert Le cupcake café sous la neige qui correspond en tout point à ce que j’attends d’un roman de Noël.

Ce titre est la suite directe de Rendez-vous au cupcake café, je vous conseille donc de lire d’abord en premier même si les deux peuvent se lire indépendamment d’autant que l’autrice nous rappelle les grandes lignes du tome un en début d’ouvrage, heureusement d’ailleurs car je ne me souvenais plus de grand chose.

L’histoire se passe à Londres à quelques semaines de Noël et les protagonistes de ce roman sont confrontés à des situations délicates. Pearl manque d’argent et son petit Louis veut absolument le cadeau à la mode, hors de portée de son budget. Caroline se débat toujours dans les modalités de son divorce et a du mal à se faire à l’idée de réduire son train de vie.

La banque qui emploie Austin souffre de la crise économique et lui offre une porte de sortie en lui proposant d’intégrer leur succursale new-yorkaise. Et pour ne rien arranger, son petit frère Darny est sur le point de se renvoyer de son collège, une fois de pls.

Quant à Izzie, elle se retrouve seule à Londres avec la peur terrible de perdre Austin. Quant à sa meilleure amie Helena, elle sature de son rôle de femme au foyer.

Heureusement, malgré les écueils qu’ils traversent, le roman se révèle plutôt joyeux et surtout, il nous plonge dans une atmosphère noëlique à souhait.

Chaque début de chapitre s’ouvre sur une recette qui nous met l’eau à la bouche et Jenny Colgan met l’accent sur la solidarité, l’amitié et la chaleur humaine tout au long du récit.

J’ai adoré retrouver tous ces personnages à Londres et à New-York à une période de l’année qui fait particulièrement rêver. L’ambiance est bien rendue, on arrive au point final, le sourire aux lèvres et on passe clairement un chouette moment bien cocooning.

Vous l’aurez compris, une lecture parfaite de détente en ce mois de décembre, je ne peux que vous inviter à découvrir Izzy et ses amis si ce n’est pas encore chose faite !

Read Full Post »

Jeanne s’apprête à fêter ses 49 ans, seule dans son appartement parisien, avec un macaron beurre salé en guise de gâteau d’anniversaire. Mais sa vie monotone et bien rangée est bousculée par le décès de sa tante.
Elle quitte Paris pour assister aux obsèques dans son village natal, en Bretagne. Un lieu où elle n’était pas retournée depuis 26 ans, après avoir coupé les liens avec sa famille. Jeanne voulait que rien ne lui rappelle Pierre, son fiancé décédé brutalement la veille de leur mariage. Là, elle croise des amis d’enfance et respire des parfums qui lui rappellent tant de souvenirs… Sans oublier Gabin, le frère de son ancien fiancé, aujourd’hui propriétaire d’une chocolaterie qui sait si bien éveiller les sens. Jeanne, qui ne croit plus guère au bonheur, va découvrir qu’on a tous droit à une deuxième vie…

Paris, Jeanne va fêter ses 49 ans et compte bien souffler son unique bougie plantée sur son macaron Ladurée préféré (caramel au beurre salé) lorsqu’elle apprend le décès de sa tante Euphrasie qu’elle surnommait affectueusement tante Ronchon. Sur un coup de tête, elle décide de laisser ses classes de prépa littéraire pour assister aux obsèques de la vieille dame en Bretagne.

Elle retrouve à Plémey-Les-Grèves sa famille très étonnée qu’elle ait fait le déplacement alors que depuis 26 ans, elle se contente de venir trois jours à Noël. Depuis le décès de son fiancé dans un tragique accident la veille de leur mariage, elle a quitté sa famille, ses amis et son village pour refaire sa vie à Paris.

Elle a repris ses études, passé son agrégation, poussée par sa chère tante Ronchon. Depuis, elle a intégré un prestigieux établissement parisien, adopté une chatte persane mais sa vie amoureuse est un véritable désert car Jeanne ne veut pas oublier Yannick.

Dans la foule rassemblée sur le parvis de l’église, elle aperçoit la famille de son défunt fiancé et Gabin, son petit frère, qui est fou d’elle depuis toujours. Et si la vie lui offrait enfin une seconde chance…

Vous le savez, j’aime beaucoup lire les romans qui ont pour cadre ma région la Bretagne, c’est la raison principale pour laquelle j’ai accepté de recevoir Chocolat et fleurs de sel et aussitôt reçu, aussitôt lu !

Pour son second roman, Joëlle Loeuille nous propose un feel-good book comme je les aime avec de l’humour, de l’émotion et un sourire aux lèvres lorsqu’on le referme. Alors certes, l’histoire n’est pas follement originale mais quelques petites choses sont tout de même à souligner.

L’âge des protagonistes : Jeanne, l’héroïne, flirte avec la cinquantaine, un âge sous représenté dans les romans d’une manière générale et Gabin a quarante-quatre ans.

Il est beaucoup question de deuil dans ce roman, celui de son premier amour pour Jeanne, un deuil impossible qui l’empêche de vivre réellement. Depuis vingt-six ans, elle vit dans le souvenir de son amour perdu : elle met les sweats de Yannick pour se réconforter et elle passe chaque nouvel an à Venise avec son fantôme. Là-bas, elle se fait belle et sensuelle, parcourt la ville, dîne dans de grands restaurants et imagine la vie qu’ils auraient pu avoir si ils avaient vécu.

Ces passages sont extrêmement émouvants et m’ont beaucoup touchée, j’ai eu la larme à l’œil plusieurs fois pas parce que Joëlle Loeuille tombe dans le pathos, mais parce que ça sonne vrai.

Ce qui m’a beaucoup plu aussi, c’est la double vie de Jeanne : madame travail et sévérité pour ses élèves qui en ont une trouille bleue la semaine et le week-end, elle écrit des polars à la sauce M.C Beaton avec lesquels elle rencontre un certain succès mais dans l’anonymat le plus complet car elle ne veut pas que ses prépas le sachent.

Il y a aussi la relation très touchante qui unit Jeanne à l’une de ses élèves qui l’a prend pour modèle et qu’elle va épauler du mieux qu’elle peut pour la sortir de son anorexie mentale.

Autres points forts : les personnages, celui de Jeanne bien sûr mais aussi Gabin, l’ancien baroudeur reconverti en chocolatier, les parents de Jeanne, sa chatte persane obèse, la tante Ronchon qui intervient depuis le paradis…

Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment avec Chocolat et fleurs de sel, j’ai ri, j’ai pleuré et j’ai aimé. Si vous aimez ce genre, les thématiques abordées, le chocolat et la Bretagne, car il en est aussi beaucoup question, je ne peux que vous le recommander et remercier les éditions City pour cette lecture iodée !

Read Full Post »

Un roman breton où la tendresse ne reste pas poste restante, où les liens du sang n’accusent pas réception, où le bateau du courrier est porteur de bien des surprises, où les boites aux lettres recèlent de lourds secrets.

Élevée dans le culte d’un père mort par accident, Chiara, 25 ans, apprend fortuitement que son père biologique vit n’est peut être pas celui qu’elle croit. Quelques jours après le décès de son mari, sa mère Livia, a passé une nuit avec un marin venu de Groix en Bretagne.

Chamboulée par cette révélation, Chiara part à sa recherche sur l’île aux grenats. Sur place, elle se lie d’amitié avec Urielle, une jeune groisillonne, qui ne supporte plus le stress de Paris, et Perig, un vieux correspondant de presse dont le fils a disparu en mer.

Hébergée par Didier et Rozenn, les parents d’Urielle, elle en vient à remplacer la factrice, en congé maladie, pour s’intégrer à la communauté groisillonne et mener son enquête. Car sur place, Chiara se rend compte que les Tonnerre, nom de famille de son possible géniteur, sont légion à Groix et en distribuant le courrier, elle l’espère les approcher.

Mais tout se complique lorsque la jeune femme apprend que deux frères Tonnerre étaient sur l’île en même temps que sa mère vingt-cinq ans plus tôt. Alors que l’île l’envoûte et l’invite à rester, elle rencontre Gabin, un écrivain Corse qui prête sa plume à des romanciers célèbres…

Aussitôt acheté, aussitôt lu, c’est assez rare pour être souligné ! Il faut dire que cette couverture estivale est un véritable appel à la lecture et que je ne me voyais pas lire Poste restante à Locmaria en plein hiver.

Cette lecture m’a permis de retrouver Lorraine Fouchet que j’avais découverte dans L’agence et Les couleurs de la vie. Médecin généraliste de profession, auteure d’une dizaine de romans, elle prend volontiers pour cadre la Bretagne et notamment l’île de Groix, qu’elle aime tant.

L’auteure nous propose ici un joli roman sur la place du père. Les deux héros, Chiara et Gabin, ont grandi sans la présence d’un père. Si Alice, la mère de Gabin, a été une maman pleine d’amour trop tôt disparue, celle de Chiara, Livia, a été distante, reprochant sans cesse à sa fille d’être née « J’aurais préféré l’avoir, lui, plutôt que t’avoir, toi. », incapable de toucher sa fille, de l’aimer.

Sur ce bout de terre où tout le monde se connaît, Chiara va mener son enquête, croiser la route de personnes authentiques, avec leurs failles et leurs forces. J’ai eu plaisir à retrouver l’île de Groix, à quelques kilomètres de chez moi, et à suivre les différents personnages de ce roman.

C’est d’ailleurs la force de cette autrice : nous proposer des personnages attachants et complexes, une histoire touchante même si elle est loin d’être originale, et un cadre qui devient un personnage à part entière.

Lorraine Fouchet s’attarde bien évidemment davantage sur Chiara et Gabin dont elle nous raconte la vie passée et présente, mais les personnages secondaires sont bien esquissés.

L’intrigue nous interroge sur la force et la place des liens du sang avec des chapitres assez tristes et poignants où l’on mesure la souffrance qu’ont enduré nos deux héros, sevrés d’amour et de tendresse.

L’auteure manie à la fois l’humour et l’émotion tout au long de son roman, nous donne aussi matière à réflexion et je serai volontiers restée sur l’île de Groix encore un peu même si j’ai parfois levé les yeux au ciel.

Car s’il y a de jolies trouvailles, il y a également des facilités en pagaille, c’est ce qui m’a un peu déçue, tout est tellement facile pour Chiara qui, en ne connaissant personne sur lîle, trouve un hébergement le jour même de son arrivée, un travail et un amoureux, en l’espace de quelques jours seulement !

Un roman avec des secrets de famille, qui, bien que traversé par des thématiques sombres, est résolument optimiste et chaleureux. Il ne me restera pas longtemps en mémoire car il manque de force et d’évènements marquants mais il se révèle idéal pour une lecture de vacances !

Read Full Post »

Older Posts »