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Posts Tagged ‘féminisme’

Après une formation de journaliste, puis quelques années de travail dans la communication d’entreprise, elle publie ses premiers livres à l’École des loisirs (« Rude samedi pour Angèle », 1994; « Le Sac à dos d’Alphonse », 1993), puis rencontre un premier succès avec, pour les plus grands, la publication d’un recueil de nouvelles « Trop sensibles » (1995). « Verte », Prix Tam-Tam 1996, et « Sans moi » (1998) lui permettent d’atteindre un public plus large.

Si son patron ne la battait pas, si elle était justement payée, si on ne lui comptait pas son assiette et son lit, Louise adorerait la terre sur laquelle elle travaille.

Une terre incroyablement fertile, qui peut donner huit récoltes par an ! Qui exporte ses légumes jusqu’à Londres, et même jusqu’en Russie.…

Une terre qui n’est qu’à une dizaine de kilomètres de Paris, sur un petit village de maraîchers nommé Bobigny. Le jour où vient la raclée de trop, Louise s’enfuit.

Direction Paris, où vivent et travaillent sa mère Clémence, et son indéfectible protectrice, Bernadette, génie de la cuisine et de la voyance réunies.

Mais Louise a treize ans, et à cet âge, même si l’on rêve de liberté, encore faut-il gagner sa vie…

La capucine est le troisième tome de la série écrite par Marie Desplechin, Les filles du temps. Chaque tome met en scène des jeunes filles de treize ans dans le Paris de 1885. C’est aussi ma découverte de la plume de cette autrice pour la jeunesse que l’on m’a tant vanté !

Ici, nous faisons la connaissance de Louise, surnommée La scarole, à cause de ses cheveux crépus. Sa mère, enceinte d’un soldat noir de passage, a fui la province pour s’établir à Bobigny. Mais depuis deux ans déjà, Clémence est domestique à Paris et Louise a pris sa place chez leur voisin le maraicher.

Plus grande et plus forte que sa mère, elle travaille comme une bête de somme et reçoit en échange de son travail, non point une rémunération sonnante et trébuchante, mais un mauvais galetas, de la soupe claire et des coups en veux-tu en voilà !

Mais si Louise se plaint, à juste titre, de son triste sort, personne autour d’elle ne s’en émeut, car à l’époque, les coups font partie de tout apprentissage. On mesure tout le chemin parcouru en une centaine d’années !

Avec elle, on découvre la condition féminine de cette époque, le quotidien des domestiques, celui des maraichers qui vont vendre leurs produits aux Halles en plein coeur de Paris. L’autrice met aussi l’accent sur les différences entre les classes sociales au XIXè siècle, plus marquées qu’aujourd’hui.

Mais aussi, un thème plus surprenant : le spiritisme avec Bernadette qui voit les morts et fait tourner les tables. On y croise même Alexandre Dumas fils, adepte des soirées spiritisme.

Il y a aussi quelques clins d’oeil à la Commune, avec l’un des chants composé par Jean-Baptiste Clément en 1868, Dansons la capucine, et popularisé à cette époque :

1.
Dansons la capucine
Y a pas de pain chez nous
Y en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
Youh!

2.
Dansons la capucine
Y’a pas de vin chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
Youh!
3.
Dansons la capucine
Y’a pas de feu chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
Youh!

4.
Dansons la capucine
Y’a du plaisir chez nous
On pleur’ chez la voisine
On rit toujours chez nous
Youh!

J’ai pris plaisir à suivre Louise dans sa volonté d’émancipation et la poursuite de ses rêves. Le récit est bien écrit, les personnages sont attachants, il y a des touches d’humour et les thématiques abordées sont intéressantes et bien traitées.

Le petit bémol tient en l’histoire en elle-même qui manque de développement et qui s’achève bien trop vite à mon goût.

Néanmoins, je conseille ce roman aux adolescent.e.s qui verront leurs attentes pleinement exaucées. Pour ma part, je compte bien découvrir les autres tomes de cette trilogie : Séraphine et Satin-Grenadine !

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette chouette lecture.

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Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

Illana Cantin a commencé à écrire à l’âge de onze ans, sur le vieil ordinateur familial, et ne s’est pas arrêtée depuis. En 2016, son premier roman est sorti en version numérique aux Éditions Arrow. Pendant ce temps, en parallèle de ses études d’anthropologie, elle publie ses textes sur Wattpad. L’histoire de Georges et de Priam est son premier roman édité en format papier.

Ameline Brillant. Cette élève de terminale a été renvoyée du lycée Olympe de Gouges pour avoir ouvert l’arcade sourcillière d’un de ses camarades après que celui-ci lui ai mis une main aux fesses.

Ameline Brillant : un nom, une personne, qui pourtant incarne tout ce que les filles de l’établissement doivent vivre chaque jour. Des remarques sexistes allant jusqu’au harcèlement sexuel, sans jamais qu’un enseignant lève le petit doigt pour le sanctionner.

Ameline Brillant, c’est une fille qui a défié le silence. Celle qui a riposté à des mains sur les fesses et à des commentaires plus dégoûtants les uns que les autres. Mais Ameline Brillant à été renvoyée. Et ses agresseurs ? L’école a pansé leurs petites plaies.

Pour Rachèle, à la tête du journal du lycée, il est impossible de laisser faire une chose pareille. Elle appelle toutes les filles, toutes les femmes de l’établissement à faire grève, jusqu’à ce qu’un réel changement s’opère. Le système du lycée doit changer, du tout au tout. Pour qu’Ameline ne soit pas la seule mais la première à parler !

Rose Rage d’Illana Cantin est un roman pour adolescents pile dans l’air du temps. Il traite en effet de féminisme, de harcèlement sexuel, de harcèlement sur les réseaux et du fait que ces harcèlements faits par les garçons sont communément acceptés voire absous.

Les filles ont souvent honte, n’osent pas parler et préfèrent adopter des attitudes neutres, un habillement masculinisé pour ne pas donner prise à leurs harceleurs. C’est décidément bien difficile de vivre son adolescence de nos jours, je n’aurai pas aimer vivre la mienne à l’heure des réseaux sociaux.

L’autrice ne tourne pas autour du pot et nous fait entrer directement dans le vif du sujet. Elle s’est incontestablement bien renseignée, documentée sur ce sujet d’actualité et j’ai trouvé qu’ici c’était bien traité.

En tant que lectrice, femme et maman de deux garçons, on ne peut qu’être révoltée par ce genre de comportement. Mais pas que les femmes, évidemment. Certains hommes ne comprennent pas que les leurs puissent avoir de tels comportements, l’un des héros est dans ce cas et se dit volontiers féministe, ce qui fait bondir nos activistes qui ont beaucoup de mal à l’accepter parmi elles.

J’ai trouvé Rachèle et celles qui vont l’aider à mener ce combat bien touchantes et attachantes, la solidarité entre filles tourne à plein et ça fait du bien. Rachèle est parfois un peu trop naïve car elle a été élevée dans un cocon, un milieu privilégié et n’a jamais eu à se battre pour trouver sa place mais c’est ce qui la rend attachante.

J’ai aimé voir toutes ces jeunes filles combattre, mettre en place des actions pour faire réintégrer leur camarade mais aussi faire bouger les mentalités, sensibiliser professeurs et direction de l’établissement à leur cause.

C’est le genre de roman qui fait bondir, dénonce, donne la parole aux jeunes filles qui en ont assez de devoir faire attention à leur façon de s’habiller, de se maquiller, de parler, de s’exposer sur les réseaux sociaux.

Un roman à découvrir et à mettre dans les mains des filles et des garçons dès maintenant. Je remercie Babelio et Hachette pour cette lecture très actuelle, je vous la recommande.

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Voilà les histoires que nous devrions lire à nos filles et à nos garçons. Un Best seller international au rayon jeunesse. Plus d’un million d’exemplaires vendus dans le monde entier ! 100 portraits de femmes extraordinaires 100 histoires pour rêver en grand

Elles sont pirates, scientifiques, espionnes, sportives, chanteuses, guerrières, reines, romancières… 100 femmes aux vies extraordinaires qui ont brisé les stéréotypes et encouragent filles et garçons d’aujourd’hui à suivre leurs rêves.

Elena Favilli & Francesca Cavallo, aidées de nombreuses illustratrices, nous racontent donc en un peu plus de 200 pages 100 destins de femmes extraordinaires à travers l’histoire et le monde : Rosa Parks, Marie Curie, Serena Williams, Malala Yousafzai, Anna Politivskaïa, les soeurs Brontë, Mary Anning, Florence Nightingale, Michelle Obama, les sœurs Williams…

Ces femmes du monde entier, de l’Europe à l’Amérique en passant par l’Asie, l’Afrique ou l’Océanie, toutes époques confondues, connues ou inconnues, jeunes et moins jeunes, ont toutes un parcours étonnant.

Dans la même veine que Culottées tome 1 et tome 2, les auteures mettent en lumière des femmes qui, pour la plupart, sont restées dans l’ombre. Elles font aussi la part belle aux jeunes héroïnes contemporaines qu’elles soient militantes, sportives ou rappeuses.

Comme cet album est à destination des jeunes lecteurs, les portraits sont très succins et synthétiques, abordent très brièvement la vie de leurs sujets et leur domaine de prédilection. Des biographies rapides qui donneront sans nul doute envie aux lecteurs d’aller voir au-delà des quelques lignes qui sont consacrées aux personnes qui les auront le plus intéressés.

Jeunesse oblige, les auteures ont édulcoré les fins parfois tragiques de ces héroïnes du féminisme pour ne retenir que le positif de chacune de ses vies, essayant d’insuffler un exemple à suivre pour les enfants.

Vous n’êtes pas sans savoir que j’adore les destins de femmes, l’histoire des femmes m’intéresse beaucoup, je me devais donc de découvrir Histoires du soir pour filles rebelles : 100 Destins de femmes extraordinaires et cet opus s’est révélé instructif à bien des égards bien qu’il laisse aussi l’adulte que je suis sur sa faim mais je ne peux que saluer l’initiative de ces deux auteures italiennes de mettre en lumière des femmes restées dans l’ombre de l’Histoire avec une grand H.

D’autant plus que Elena Favilli & Francesca Cavallo ont fait l’effort louable de balayer les époques pour nous proposer des héroïnes de toutes les époques ou presque et sur tous les continents, ne se contentant pas de mettre le focus sur les européennes et les américaines des 19è et 20è siècles.

En conclusion, que vous connaissiez ces femmes ou pas, je vous recommande cet ouvrage et vous encourage à le feuilleter et à lire sans modération, surtout si vous vous avez des enfants autour de vous !

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