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Posts Tagged ‘Francis Scott Fitzgerald’

Sous la fantaisie et la légèreté perce une ironie désenchantée qui place Fitzgerald au rang des plus grands écrivains américains. heart_4l-etrange-histoire-de-benjamin-button-francis-scott-fitzgerald

En 1860, Mr et Mrs Roger Button s’apprêtent à accueillir leur premier enfant et ces jeunes gens épris de modernité, décident que leur premier-né verrait le jour à la clinique, rompant ainsi avec la tradition familiale.

Le jour tant attendu de la naissance arrive, Mr Button découvre hélas que loin d’être un beau poupon joufflu, son fils Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Cette naissance scandalise le personnel qui les enjoint à emporter leur progéniture loin d’eux immédiatement.

Les Button, qui ne comprennent pas ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter ça, deviennent la risée de la haute société à laquelle ils appartiennent. Et, Mr Button qui n’admet pas que son fils marche avec une canne et fume le cigare, l’oblige à se vêtir d’habits de bébé à sa taille et à jouer avec un hochet…

L’étrange histoire de Benjamin Button et La lie du bonheur sont deux nouvelles issues du recueil Les enfants du jazz paru en 1922. Quel bonheur de retrouver Francis Scott Fitzgerald découvert dans son chef d’œuvre Gatbsy le magnifique, une lecture marquante qui m’avait donné envie de découvrir le reste de son œuvre, découverte que je poursuis avec ces deux nouvelles.

La première histoire est forte et très marquante, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette nouvelle très originale avec ce héros qui mène une existence à rebours de la nôtre et qui se retrouve en but toute sa vie aux médisances et au dédain, comme si cette vie en forme de malédiction était uniquement de sa faute !

Cette histoire aurait d’ailleurs mérité plus de développement de la part de Francis Scott Fitzgerald qui aurait pu privilégier un format plus long comme le roman puisque nous restons ici en surface alors qu’un peu de profondeur supplémentaire n’aurait pas nui à l’ensemble.

La seconde nouvelle, La lie du bonheur, peut sembler plus fade et plus mièvre car elle est nettement moins originale puisqu’il s’agit ici d’un bonheur frappé en plein vol par la maladie, celui d’un jeune couple. Mais en réalité la plume de Fitzgerald se fait poétique et cette seconde histoire est finalement toute aussi marquante que la première.

Roxane et Jeffrey Curtain sont en effet de jeunes mariés très amoureux qui découvrent au bout de quelques mois que Jeffrey a un caillot de sang dans le cerveau et il va peu à peu perdre la vue, la parole, la mobilité de ses membres pour vivre une existence de « légume » sans que Roxane ne l’abandonne à aucun moment.

Deux courtes nouvelles, l’une fantastique et l’autre poétique, qui sont deux petits bonbons à savourer et qui confirment mon intérêt pour cette grande figure des années 20 et 30 que fut Francis Scott Fitzgerald. Je vous les recommande !

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Cette biographie très alerte fait fi des clichés qui accompagnent la vie de Francis Scott Fitzgerald. D’un côté, un jeune écrivain talentueux, beau, marié à une femme excentrique, emblématique de toute une époque, qui, à l’âge de 24 ans publie un premier roman, L’envers du paradis, au succès foudroyant. De l’autre, la chute vertigineuse, qui passe par l’alcool, l’argent, la folie.

Celui que Philippe Sollers appelle le « vaincu exemplaire » et Eric Neuhoff le « romantique absolu » est avant tout un écrivain un des meilleurs de sa génération qui, toute sa vie, tente de régler le conflit fondamental qui le détruit, entre son besoin irrésistible d’écrire et « un concours de circonstances acharnées à l’en empêcher ». Fitzgerald ne ment jamais ni quand il se saoule, ni quand il se bat, ni quand il fait face aux humiliations, ni quand il revendique son goût du travail bien fait, ni quand il erre de casinos en hôtels. On le découvre ici, personnage attachant, dans son intimité, en bon père attentif qui s’occupe de sa fille Scottie, ne délaisse jamais Zelda, et se ruine la santé pour gagner l’argent nécessaire à l’entretien de son petit monde. Au moment de sa mort, en 1940, à 44 ans, alors qu’il s est remis au travail et écrit Le dernier Nabab, il n’a plus un sou et on ne trouve plus un seul exemplaire de ses livres en librairie…

fitzgerald-liliane-kerjeanauteur-éditeur-pagesLorsque j’avais vu cette biographie de Francis Scott Fitzgerald dans la sélection ELLE de novembre reçue par mes co-jurées, j’ai croisé très fort les doigts pour qu’elle passe ce premier cap et qu’elle arrive jusqu’à moi, heureusement ce fut le cas. De ce grand auteur américain, je n’ai lu qu’une seule œuvre, son plus grand succès, Gatsby le Magnifique, que j’ai beaucoup aimé et dont j’ai seulement regretté qu’il fut trop court tant je serai bien restée immergée dans ce New-York des années 20 avec Nick Carraway et Gatsby ! Il me tardait donc d’en savoir plus sur sa vie et son oeuvre.

Liliane Kerjean nous relate ici la vie de Fitzgerald de sa naissance à sa mort, et pour moi qui ne la connaissais pas du tout, j’ai appris énormément de choses, l’auteure m’a semblé très bien documentée aussi bien sur la vie et l’oeuvre de Fitzgerald que sur l’époque. Elle nous brosse ici le portrait d’un jeune homme doué et très talentueux, qui aura souffert toute sa vie de n’être pas riche, et qui n’aura de cesse de courir après l’argent. Très tôt il est attiré par l’écriture, le théâtre et la mise en scène et connaitra de jolis succès dès l’université avec ses pièces. Après la guerre de 1914-1918, il mettra un an avant de se faire éditer et de vivre de sa plume, parfois chichement, à son grand dam car il a besoin d’argent pour épouser son grand amour, Zelda, qui ne veut mener grand train. Fitzgerald va rapidement devenir un écrivain célèbre, notamment grâce aux nouvelles publiées dans les journaux qui le paient à prix d’or, et fêté de son vivant, grâce à cette folle décennie des années 20 qu’il va peindre comme personne et qu’il va vivre aussi pleinement. L’homme est intelligent et fin lettré, très grand connaisseur de la littérature de son époque aussi bien américaine qu’européenne et notamment française puisqu’il aura l’occasion de côtoyer le gratin littéraire de notre pays au cours de ses nombreux séjours à Paris et sur la Côte d’Azur.

Au sortir de la première guerre mondiale, il épousera sa perle du sud, Zelda, qui sera son bonheur mais aussi son malheur. L’auteure ne voue pas Zelda aux gémonies mais elle penche un peu du côté de Scott tout de même. Les amoureux seront en fait un poison l’un pour l’autre, jaloux l’un de l’autre. Zelda est dépensière et il faut toujours plus d’argent pour des vêtements, des bijoux, des maisons, des voyages, rien n’est trop beau. Désireux de briller au yeux du monde et de s’enivrer chaque nuit davantage, le couple pourtant parent d’une petite Scottie dont son père est très proche, n’aura de cesse de brûler la chandelle par les deux bouts, poussant Zelda dans la folie et Scott dans un alcoolisme qui lui coûtera la vie. Liliane Kerjean dépeint admirablement la vie de ce couple infernal, pris dans le tourbillon des années 20, qui va se retrouver K.O debout dès le début des années 30. Adieu alors à la vie de rêve, place à la longue descente aux enfers : l’asile pour Zelda et le tarissement de la sève littéraire pour Scott, qui, lorsqu’il dresse le bilan des années écoulées, a l’impression de n’avoir rien fait. Il a moins de succès, ses livres ne se vendent plus et c’est son grand ami Ernest Hemingway qui règne désormais au sommet des lettres américaines, il en aura beaucoup d’amertume. Heureusement, Le dernier nabab, lui permettra de renouer un court moment avec le succès et apaisera sa crainte de ne pas rester dans l’histoire littéraire de son pays.

Fitzgerald le désenchanté est sans conteste une bonne entrée en matière pour celles et ceux qui souhaitent connaitre la vie et l’oeuvre de Fitzgerald mais aussi les passionnés des années 20 car Liliane Kerjean restitue cette époque brillamment. L’ouvrage semblera peut-être trop succinct pour les inconditionnels de l’auteur qui connaissent sa vie sur le bout des doigts. Cette biographie, passionnante, se lit en tout cas très bien et je vous la recommande si le sujet vous intéresse.

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Lu dans le cadre du Grand prix ELLE des lectrices 2014 et du challenge La plume au féminin édition 2013   :

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Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby. Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu’il génère, est réputé pour les soirées qu’il donne dans sa somptueuse propriété. L’opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C’est pourquoi l’illusion ne peut être qu’éphémère. Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées.

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auteur-éditeur-pagesVoilà un roman culte, très tendance en ce moment puisque comme vous le savez déjà, il fait l’objet d’une adaptation par Baz Luhrmann, le réalisateur, entre autres, de Moulin Rouge !, Roméo + Juliette, avec dans le rôle clé de Gatsby, Leonardo DiCaprio, qu’on ne présente plus. Ce film, qui fait l’ouverture du festival de Cannes le 15 mai prochain, m’a donné envie de lire le roman le plus connu de son auteur, Francis Scott Fitzgerald. Aussi lorsque que Claire et Fanny m’ont proposé de le lire avec moi, j’étais ravie. J’ai appris depuis qu’Adalana faisait aussi une lecture commune le 15 mai, alors si vous souhaitez la rejoindre, elle vous accueillera avec plaisir ! En tout cas, cette nouvelle adaptation remet au goût du jour le roman, qui arbore désormais de nouvelles couvertures rendant hommage au film. C’est aussi un roman extrêmement difficile à chroniquer, je vais essayer de vous donner envie de le lire sans déflorer l’histoire qui ressemble pour moi à une poupée russe, on ôte un mystère ou un drame, il en surgit un autre.

Je vais tuer le suspens d’emblée : j’ai beaucoup aimé et j’ai même regretté qu’il soit si court, je serais volontiers restée avec Gatbsy et Nick Carraway, le narrateur pendant quelques pages encore. Il faut dire que j’aime tout particulièrement cette époque pleine de liberté et de joie de vivre que sont les années 20. Plantons le décor : New York, les années folles, la jeunesse dorée américaine, celle qui s’enivre de champagne ou de gin sans compter, qui passe son temps à danser sur du jazz, à fumer et aussi à s’ennuyer. Nous sommes dans la torpeur de l’été, il fait excessivement chaud et dans sa somptueuse demeure de Long Island, Jay Gatsby organise de fastueuses réceptions où les invités se pressent en nombre. Personne ne se soucie de Gatsby, d’ailleurs peu le connaissent, seule l’ivresse de la fête et la promesse de s’amuser comptent. Mais leur hôte si raffiné et généreux ne cherche à éblouir qu’une seule personne : Daisy Buchanan. Elle est élégante, riche, séduisante, superficielle, mais elle est aussi la femme d’un héritier millionnaire…

Francis Scott Fitzgerald dresse ici le portrait de ces nantis, imbus d’eux-mêmes, et nous immerge totalement dans cette période si particulière, propre aux Etats-Unis, où la prohibition, l’alcool frelaté et les gangsters règnent en maitres. Nick Carraway, fréquente de riches amis, mais lui est obligé de travailler et vit dans une modeste maison voisine de l’immense propriété avec piscine de Gatsby. Cousin de Daisy Buchanan, dont Gatsby est très amoureux, il va insister, impuissant, à la montée du drame que je sentais arriver et redoutais tout à la fois. Il pourrait s’agir d’une banale histoire d’amour et d’adultère, de l’histoire d’un parvenu, d’un récit mondain et superficiel, mais il n’en est rien. Gatbsy, qui côtoie les habitants chics et huppés de Long Island, est un homme seul, sans ami et dont l’unique amour est marié à un abruti, qui ne se gêne pas pour la tromper. Triste constat d’un homme, à l’aube de la trentaine, qui a socialement réussi, mais qui reste une coquille vide. Gatsby le Magnifique est un grand roman sur les apparences, un drame qui m’a ému aux larmes, avec un final qui m’a fait enragée.

Comme Carraway, j’ai eu beaucoup d’empathie et de tendresse pour Jay Gatsby et j’aurais préféré que l’objet de son amour soit une autre femme que Daisy Buchanan, qui bien que mal mariée à l’ennuyeux, raciste et sanguin Tom Buchanan, est une personne trop frivole et superficielle, incapable d’aimer quiconque à part elle. Je dévorais les pages, brûlant d’envie de connaître la suite, charmée par le style de Fitzgerald, tout en retenue et en pudeur. Paru en 1925, Gatsby le Magnifique est d’une incroyable modernité et fait totalement écho à notre vie du 21è siècle, avec d’un côté les riches à qui tout est permis et les pauvres qui doivent se contenter de ce qu’ils sont. A travers le personnage de Tom Buchanan, on voit déjà la montée de cette idéologie de la suprématie blanche, qui va se ranger une décennie plus tard derrière Hitler.

Vous l’aurez compris, je vous encouragement vivement à lire Gatsby le Magnifique, le premier chef-d’oeuvre de Francis Scott Fitzgerald, chef de file de la Génération perdue et représentant de L’Ère du Jazz. J’espère avoir été convaincante et je compte bien lire aussi Tendre est la nuit.

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Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Claire et Fanny et des challenges Les 100 livres à avoir lu, Thursday Next Challenge et Romans Cultes : challenge-des-100-livres-chez-bianca    707219090    challenge-romans-cultes

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