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Posts Tagged ‘françoise bourdon’

Ardennaise, Françoise Bourdon a enseigné le droit et l’économie avant de se consacrer à l’écriture. Après Les Dames du Sud, paru en 1986, elle rencontre un grand succès avec La Forge au loup, premier d’une série de romans prenant pour cadre les Ardennes et leur histoire, succès qui ne se démentira pas par la suite. Vivant aujourd’hui dans le Midi, elle puise désormais son inspiration dans son pays d’adoption, la Provence.

Qu’elle ait pour horizon une rivière, la montagne Saint-Victoire, la garrigue, une bastide, la Méditerrannée ou un champ de lavande, la Provence n’en finit pas de faire rêver.

Sa langue, presque chantée et portée par le mistral, transmet depuis la nuit des temps un riche héritage et des trésors d’histoires, de légendes, de personnages pittoresques.

Dans cette anthologie, Françoise Bourdon, provençale de coeur, convoque les déambulations et les souvenirs d’auteurs emblématiques de cette région comme Marcel Pagnol, Frédéric Mistral, Alphonse Daudet, Jean Giono, Emile Zola, Henri Bosco, Paul Arène, Jean Aicard

Mais aussi de véritables amoureux de cette si belle région tels que Colette, William Durell, George Sand, Gustave Flaubert, Joseph Conrad, Pétrarque ou René Char pour ne citer qu’eux.

Et tout naturellement, des peintres ont été attirés par ce pays de cocagne et de soleil. Ainsi Vincent Van Gogh, Auguste Renoir, Paul Cézanne et bien d’autres ont su restituer les couleurs franches, les lumières d’un ciel d’été, la beauté des champs de lavande ou d’oliviers sous le soleil implacable de juillet, la Méditerrannée et ses lieux emblématiques.

Des extraits de correspondance ou de romans, des poèmes rassemblés et entrecoupés de peintures par Françoise Bourdon en cinq thématiques : D’azur et de soleil, En chemin, Un feu intérieur, La gloire de nos pères et Sous l’infinité des cieux.

La Provence comme ils l’ont aimée , mêlant habilement grands écrivains et grands peintres qui célèbrent tous à leur manière la Provence est un beau cadeau à offrir aux amoureux de cette région.

Le travail éditorial fait par les éditions Omnibus est à souligner : il est très qualitatif avec une belle mise en page, un papier glacé épais et une richesse iconographique qui vient merveilleusement illustrer les propos des écrivains.

Une très belle promenade en Provenance, voilà le pari réussi de cette anthologie que je vous recommande vivement. D’autres anthologies sont déjà parues sur le Nord, la Normandie et la Bretagne pour les amoureux d’autres régions.

Un grand merci aux éditions Omnibus pour ce voyage provençal !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l’enfance, elle a le goût de l’écriture et rédige son premier roman à l’âge de dix ans. Professeur de droit et d’économie, elle décide, après dix-sept ans d’enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l’écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s’est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c’est en Provence, sa terre d’adoption, qu’elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers.

1879, Tourrettes-sur-Loup. Rosine, cueilleuse de violettes et fille de modestes paysans d’origine italienne, succombe aux avances d’Emmanuel Moulins, le fils du domaine de la Fontaine aux Violettes.

Persuadée que son amant est amoureux d’elle, elle découvre qu’elle est enceinte et la réaction du futur père est sans équivoque.

Elle n’a plus qu’à quitter son village pour ne pas jeter l’opprobre sur sa famille et gagne la capitale. Après avoir donné naissance à une fille, elle devient la Lionne aux violettes, une courtisane en vue de la capitale.

Sa fille, Eloïse, mène une vie plus rangée près de Lyon auprès de son mari instituteur. Suivront Emma aux amours ardentes, créatrice de mode qui traverse intensément les Années folles, et sa fille Béatrice,  » nez  » de talent dans la ville de Grasse.

La fontaine aux violettes signe mes retrouvailles avec la romancière provençale Françoise Bourdon après La maison du Cap, Les chemins de Garance et A travers la nuit et le vent qui avaient respectivement pour cadre le bassin d’Arcachon, la Provence et Berlin.

Retour en Provence avec cette fresque qui nous raconte de 1879 aux années 1940, de Tourrettes-sur-Loup, sur les hauteurs de Nice, à Paris, le destin de quatre générations de femmes volontaires et indépendantes.

Dans ce nouveau roman, découpé en quatre parties, on suit successivement Rosine et ses descendantes, Eloïse, Emma et Béatrice. A travers elles, on voit l’évolution de la société française et celle de la place des femmes de la fin du XIXè siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale, c’est ce qui m’a surtout plu ici.

Tout commence par une histoire classique et banale, celle d’une fille-mère qui va devenir une horizontale à une époque où les courtisanes connaissent leur heure de gloire. La vie de ses descendantes sera plus sage mais elles ne seront pour autant pas épargnées mais toutes se battront en dépit des coups du sort pour mener la vie qu’elles entendent.

Outre la plume toujours fluide et agréable de François Bourdon qui fait que les pages se tournent toutes seules, l’aspect historique véritablement bien rendu se révèle intéressant. Je ne me suis pas forcément attachée aux personnages mais j’ai aimé suivre leurs trajectoires qui épousent parfaitement la condition féminine de leurs époques.

On traverse la Belle Époque, deux guerres mondiales et on croise des peintres aux côtés de Rosine, on découvre la mode avec Emma et la création des parfums avec Béatrice, autant de sujets qui ne manquent pas d’attraits à mes yeux et que j’ai aimé retrouver sous la plume de Françoise Bourdin.

Petit bémol toutefois pour moi : on suit chaque héroïne durant une centaine de pages, un format un peu trop court pour moi qui aurait préféré plus de développement, m’attarder davantage sur certains évènements, notamment avec Rosine.

Un roman historique néanmoins de qualité, très bien documenté, et un très bon moment de lecture comme toujours avec cette autrice. Un titre que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Dans les années 1920 à Berlin, David Steiner et Hannah Ritter grandissent, en voisins, dans le quartier résidentiel de Schlossstrasse. A l’adolescence, leur amitié se transforme en amour tendre et sincère. Mais, dès 1933, la montée de l’antisémitisme rend le quotidien des Steiner de plus en plus éprouvant. Ils partent alors pour la France en quête d’un avenir plus serein. Des cousins leur ont parlé du sud de la Drôme, une terre d’accueil, protestante, où des terrains et des fermes sont à acquérir… Les Steiner, accompagnés d’une autre famille, les Levin, commencent une nouvelle vie dans le Nyonsais où ils sont bien accueillis. Les années passent ; les lois s’intensifient à l’encontre des Juifs en Allemagne, où Hannah, tout en poursuivant ses études s’investit avec courage dans l’aide aux familles persécutées.
En France, David, lui, s’enrôle dans la Résistance, fortement implantée dans la région drômoise. Séparés par les épreuves de ces années de guerre, David et Hannah, rescapés de tout, pourront-ils se retrouver et offrir une nouvelle chance à leur amour ?

Années 20 à Berlin, David Steiner et Hannah Ritter sont voisins et très amis mais lorsque survient leur adolescence, ce sont des liens d’amour qu’ils tissent et ils se promettent mutuellement le mariage.

C’était sans compter, l’arrivée au pouvoir du parti national socialiste et la montée de l’antisémitisme. Martin, l’époux de Renata, le patriarche des Steiner, sentant venir le danger, décide de s’exiler en France, dans la région de la Drôme et supplie ses enfants de venir les rejoindre.

Walter, leur fils, jusqu’alors médecin, espère convaincre son épouse Ruth de quitter Berlin mais celle-ci préfère divorcer et se jeter dans les bras des officiers du nouveau régime. Il prend alors la route de la France avec ses enfants.

Hannah reste avec ses parents, tout comme la tante de David, Philippa, son mari Thadée et leurs jumeaux. Ils ne peuvent se résoudre à quitter leur vie et refuse de rejoindre les Steiner en France…

A travers la nuit et le vent est ma troisième incursion dans la bibliographie de Françoise Bourdon après La maison du Cap et Les chemins de Garance, qui avaient respectivement pour cadre le bassin d’Arcachon et la Provence.

Dans ce nouveau roman, on suit de 1920 à 1970, une famille juive allemande, les Steiner, qui se réfugie dans le Nyonsais, terre d’accueil et de résistance active. Tous auront, un temps, l’espoir d’une vie meilleure. Parmi eux, David, séparé d’Hannah qu’il aime depuis l’enfance, par la guerre et la folie des hommes…

A travers la fresque familiale des Steiner, Françoise Bourdon retrace la montée du nazisme et l’antisémitisme, les lois qui s’intensifient à l’égard des juifs mais aussi la résistance lorsque la guerre éclate avec David qui prend le maquis, les lois du régime de Vichy, les rafles…

L’auteure ne se contente pas de ce seul versant de l’histoire, car on suit parallèlement à ce qui se passe en France, ce qui se passe à Berlin grâce à Hannah qui vient en aide aux plus démunis et qui entre en résistance également. La jeune femme, bien qu’aryenne, ne sera pas épargnée et sa famille, bienveillante à l’égard des juifs, durement frappée.

Françoise Bourdon nous rappelle ainsi que si l’Allemagne était nazie, l’intégralité des allemands ne l’étaient pas et que les opposants au régime ont monté des actions en vue de renverser Hitler ou tout simplement résisté à leur échelle, notamment l’élite intellectuelle, qui a connu un destin tout aussi tragique que les juifs.

Berlin est aussi une figure centrale du roman, l’autrice s’attache à nous montrer le sort de la capitale allemande véritablement éventrée lorsque la guerre a pris fin et que les alliés ont fondu sur elle.

Outre l’aspect historique véritablement bien rendu et qui ne manque pas d’intérêt loin de là car j’ai appris certaines choses, j’ai beaucoup aimé les personnages et j’ai souffert avec eux, happée par le récit familial et intime très juste au point que j’ai dévoré ce roman en quelques heures, pressée d’en connaître le dénouement.

Un roman historique de qualité, très bien documenté, porté par une plume fluide et avec un véritable souffle romanesque que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture passionnante !

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Dans le Comtat venaissin. Augustin Vidal a prospéré grâce à la culture de la garance, plante qui fournit aux teinturiers un rouge incomparable. Il a transmis sa passion à sa petite-fille, Camille. En 1829, lors de la foire de Beaucaire, celle-ci rencontre Félix, qu’elle éblouit par sa  » beauté du diable « . Mais quel avenir commun peuvent espérer l’héritier d’un indienneur avignonnais bonapartiste et la petite-fille d’un garancier élevée dans les valeurs républicaines? 
Hantée par le secret de sa naissance, Camille va envers et contre tout aller au bout de son destin, se consacrer à la garance, et épouser l’homme qu’elle aura choisi…

En 1829, dans le Comtat Venaissin, bien peu s’aventurent jusqu’au mas de la Buissonne. Moins par superstition que pour éviter le maître des lieux, Augustin Vidal, un républicain farouche dont la fortune n’a pas tempéré l’humeur.

Car Vidal est riche. Riche de la garance, cette racine qui fournit aux teinturiers d’Avignon un rouge sans égal. Sa passion pour cette plante est d’ailleurs la seule chose que l’homme a en commun avec Camille, sa petite-fille, à qui il voue une haine féroce.

Ignorant tout de sa mère et du secret de sa naissance, cette belle jeune fille sait ce qu’elle veut : cultiver la garance et épouser l’homme de son choix. A la foire de Beaucaire, elle rencontre Félix, dont les parents, indienneurs, possèdent une fabrique d’impression de tissus en Avignon.

Bonapartistes, ils condamnent la relation de leur fils avec Camille, élevée selon les principes républicains. Tiraillée entre son amour pour Félix et la révélation inattendue de ses origines, Camille se consacre alors avec passion à la culture de la garance…

En 2016, j’avais beaucoup aimé La maison du Cap qui retraçait l’histoire de la station thermale d’Arcachon, j’ai donc été ravie de recevoir cet automne Les chemins de garance, qui cette fois-ci, nous entraine au cœur de la Provence.

A travers la fresque familiale des Vidal, Françoise Bourdon retrace l’histoire des cultivateurs de la garance, cette plante vivace qui fut largement cultivée pour la teinture rouge extraite de ses rhizomes. Elle est alors appelée communément garance ou rouge des teinturiers, qui donne un rouge incomparable et qui va connaître son apogée lors de l’exposition universelle de 1855 jusqu’à son déclin vers 1868.

Avec Félix, ce sont les indienneurs qui sont mis en lumière, leur métier était de produire des indiennes en imprimant des motifs sur l’étoffe. Ces étoffes de coton peintes ou imprimées, qui à l’origine venaient d’Inde, étaient très en vogue dans la première moitié du XIXè.

Les chemins de Garance, c’est aussi l’histoire du comtat Venaissin qui connaît bien des bouleversements tout au long du XIXè siècle, secoué par des querelles, voire des combats entre bonapartistes, royalistes et républicains.

Outre l’aspect historique qui ne manque pas d’intérêt loin de là, j’ai aussi appris beaucoup de choses sur la garance. Les secrets de famille et les histoires d’amour qui parsèment cette histoire, raviront aussi les amateurs de romance et de romans historiques.

Françoise Bourdon nous propose donc ici un roman du terroir de qualité, plaisant à lire, grâce à la plume fluide de son auteure et riche d’enseignements, porté par une héroïne bien attachante, une battante qui connaît des débuts dans l’existence bien difficiles mais qui saura prendre sa revanche en réussissant sa vie de femme.

Un grand merci à Laetitia et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture provençale !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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1849, Léonie fille de modestes résiniers, grandit blessée par le désamour de sa mère, qui un jour, lui assène : « Tu n’es pas faite pour le bonheur, tout comme ta dernière fille ». Elle deviendra ramasseuse de sangsues. Sa benjamine, Margot, refuse cette existence de labeur et de honte : à elle la Ville d’Hiver, à elle le choix d’une autre vie. Par amour, un homme bâtira pour elle la Maison du Cap…

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Milieu du 19è, bassin d’Arcachon. Léonie Darzac, fille de modestes résiniers, détestée par sa mère qui lui promet les pires maux, attend le retour de son mari bien-aimé Pierre Marquant, pécheur de son état, parti en mer. Elle aime sa vie dans sa cabane au fond de la forêt avec ses deux enfants Marie et Germain et n’en changerait pour rien au monde.

Quelques mois après la naissance de Margot, c’est hélas le drame : Pierre ne revient pas de sa campagne de pêche et Léonie reste seule avec ses petits et reprend l’activité de son père, résinier. Farouchement indépendante, elle refuse l’aide de quiconque et ne se remariera pas.

Margot, elle, est d’une toute autre trempe. Une fois adulte, la belle refusera cette vie de misère et rêve d’une vie dans une belle villa de la Ville d’hiver, là où les bourgeois de Bordeaux et de Paris, viennent prendre la cure. Elle a en tête les belles toilettes et une vie aisée, sans contrainte.

Alors qu’elle est bonne dans un hôtel, elle fait la connaissance de James Desormeaux, un architecte bordelais venu prendre le bon air. Il tombe tombe fou amoureux d’elle et lui construira La maison du Cap. Margot espère le mariage et mener enfin grande vie mais le négociant Anthelme Desormeaux, le père de James, ne l’entend pas de cette oreille et a bien d’autres projets pour son fils…

Arcachon est une cité balnéaire bien connue de nos jours, mais qui au milieu du 19è siècle n’était habitée que par les pécheurs. C’est sous le second Empire qu’Arcachon a gagné ses lettres de noblesse et a vu accourir la bourgeoisie des environs.

A travers la fresque familiale des Marquant, Françoise Bourdon retrace les bouleversements qu’a connu ce coin perdu de l’océan Atlantique pour devenir cette station balnéaire tant prisée.

De Léonie à Margot, fil rouge du roman, en passant par Charlotte, Marie, Dorothée et Violette, l’auteure montre à travers les destins de ces femmes, les mutations des femmes pendant un siècle. Elle fait donc la part belle aux femmes de cette famille Marquant, toutes des personnalités affirmées et des féministes avant l’heure.

Pendant près d’un siècle, nous suivons les péripéties de ces héroïnes, tour à tour attachantes ou irritantes, mais qui ont toutes un point commun, celui de ne pas se laisser abattre par l’adversité et de tracer leur route quoiqu’il advienne et quoique ça leur coûte.

La maison du Cap est donc une fresque familiale réussie, portée par le style fluide et agréable de Françoise Bourdon que je découvre ici.

L’auteure fait revivre l’Arcachon du 19è avec d’un côté ses pécheurs, ses parqueurs, ses ostréiculteurs et ses jambes rouges et de l’autre, la ville d’hiver où les belles demeures et les hôtels se construisent afin d’accueillir les riches curistes venus de toute la région et même de Paris et de la France entière.

Outre l’aspect historique qui ne manque pas d’intérêt loin de là, il y a aussi plusieurs histoires d’amour qui raviront les amateurs de romance et qui font de ce récit, un roman décidément bien agréable à lire.

Un grand merci à Laetitia et aux Editions Presses de la cité pour m’avoir permis de lire cette belle fresque familiale comme je les aime, un vrai bonheur !

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