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Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby. Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu’il génère, est réputé pour les soirées qu’il donne dans sa somptueuse propriété. L’opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C’est pourquoi l’illusion ne peut être qu’éphémère. Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées.

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auteur-éditeur-pagesVoilà un roman culte, très tendance en ce moment puisque comme vous le savez déjà, il fait l’objet d’une adaptation par Baz Luhrmann, le réalisateur, entre autres, de Moulin Rouge !, Roméo + Juliette, avec dans le rôle clé de Gatsby, Leonardo DiCaprio, qu’on ne présente plus. Ce film, qui fait l’ouverture du festival de Cannes le 15 mai prochain, m’a donné envie de lire le roman le plus connu de son auteur, Francis Scott Fitzgerald. Aussi lorsque que Claire et Fanny m’ont proposé de le lire avec moi, j’étais ravie. J’ai appris depuis qu’Adalana faisait aussi une lecture commune le 15 mai, alors si vous souhaitez la rejoindre, elle vous accueillera avec plaisir ! En tout cas, cette nouvelle adaptation remet au goût du jour le roman, qui arbore désormais de nouvelles couvertures rendant hommage au film. C’est aussi un roman extrêmement difficile à chroniquer, je vais essayer de vous donner envie de le lire sans déflorer l’histoire qui ressemble pour moi à une poupée russe, on ôte un mystère ou un drame, il en surgit un autre.

Je vais tuer le suspens d’emblée : j’ai beaucoup aimé et j’ai même regretté qu’il soit si court, je serais volontiers restée avec Gatbsy et Nick Carraway, le narrateur pendant quelques pages encore. Il faut dire que j’aime tout particulièrement cette époque pleine de liberté et de joie de vivre que sont les années 20. Plantons le décor : New York, les années folles, la jeunesse dorée américaine, celle qui s’enivre de champagne ou de gin sans compter, qui passe son temps à danser sur du jazz, à fumer et aussi à s’ennuyer. Nous sommes dans la torpeur de l’été, il fait excessivement chaud et dans sa somptueuse demeure de Long Island, Jay Gatsby organise de fastueuses réceptions où les invités se pressent en nombre. Personne ne se soucie de Gatsby, d’ailleurs peu le connaissent, seule l’ivresse de la fête et la promesse de s’amuser comptent. Mais leur hôte si raffiné et généreux ne cherche à éblouir qu’une seule personne : Daisy Buchanan. Elle est élégante, riche, séduisante, superficielle, mais elle est aussi la femme d’un héritier millionnaire…

Francis Scott Fitzgerald dresse ici le portrait de ces nantis, imbus d’eux-mêmes, et nous immerge totalement dans cette période si particulière, propre aux Etats-Unis, où la prohibition, l’alcool frelaté et les gangsters règnent en maitres. Nick Carraway, fréquente de riches amis, mais lui est obligé de travailler et vit dans une modeste maison voisine de l’immense propriété avec piscine de Gatsby. Cousin de Daisy Buchanan, dont Gatsby est très amoureux, il va insister, impuissant, à la montée du drame que je sentais arriver et redoutais tout à la fois. Il pourrait s’agir d’une banale histoire d’amour et d’adultère, de l’histoire d’un parvenu, d’un récit mondain et superficiel, mais il n’en est rien. Gatbsy, qui côtoie les habitants chics et huppés de Long Island, est un homme seul, sans ami et dont l’unique amour est marié à un abruti, qui ne se gêne pas pour la tromper. Triste constat d’un homme, à l’aube de la trentaine, qui a socialement réussi, mais qui reste une coquille vide. Gatsby le Magnifique est un grand roman sur les apparences, un drame qui m’a ému aux larmes, avec un final qui m’a fait enragée.

Comme Carraway, j’ai eu beaucoup d’empathie et de tendresse pour Jay Gatsby et j’aurais préféré que l’objet de son amour soit une autre femme que Daisy Buchanan, qui bien que mal mariée à l’ennuyeux, raciste et sanguin Tom Buchanan, est une personne trop frivole et superficielle, incapable d’aimer quiconque à part elle. Je dévorais les pages, brûlant d’envie de connaître la suite, charmée par le style de Fitzgerald, tout en retenue et en pudeur. Paru en 1925, Gatsby le Magnifique est d’une incroyable modernité et fait totalement écho à notre vie du 21è siècle, avec d’un côté les riches à qui tout est permis et les pauvres qui doivent se contenter de ce qu’ils sont. A travers le personnage de Tom Buchanan, on voit déjà la montée de cette idéologie de la suprématie blanche, qui va se ranger une décennie plus tard derrière Hitler.

Vous l’aurez compris, je vous encouragement vivement à lire Gatsby le Magnifique, le premier chef-d’oeuvre de Francis Scott Fitzgerald, chef de file de la Génération perdue et représentant de L’Ère du Jazz. J’espère avoir été convaincante et je compte bien lire aussi Tendre est la nuit.

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Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Claire et Fanny et des challenges Les 100 livres à avoir lu, Thursday Next Challenge et Romans Cultes : challenge-des-100-livres-chez-bianca    707219090    challenge-romans-cultes

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