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Posts Tagged ‘geneviève senger’

Geneviève Senger a notamment publié aux Presses de la Cité Un coeur entre deux rives, Le Roman d’Elsa, L’Air de l’espoir, La Première Amie, des romans à la rencontre de belles héroïnes.

Parisienne de toujours, Ariana vit dans une attique à Montmartre avec son mari Edouard et leurs deux enfants depuis vingt ans. Elle est bloggeuse, influenceuse dans le domaine de la mode et mène une vie tambour battant. Elle a une vie de couple très heureuse avec son cardiologue de mari de vingt ans son aîné et partage un lien très fort avec sa demi-soeur Sophia, bibliothécaire bientôt à le retraite.

Sa grande-tante Adèle vient de rendre l’âme et de lui léguer sa propriété sise à Cahors. Qu’en faire ? Ariana de se voit pas y vivre, citadine jusqu’au bout des ongles, jusqu’à ce que son mari soit victime d’un infarctus. Une fois remis sur pied, Edouard ne veut plus rester dans la capitale et parvient à convaincre Ariana de changer de vie.

Cap sur Cahors : nouvelle vie plus saine, nouvelles priorités ! Sophia décide de les suivre et prend un appartement dans la vieille ville. Ariana, elle, est quelque peu bousculée par ces changements, d’autant que son père se joint à eux sous prétexte de mieux connaître ses petits-enfants.

Un jour, Sophia qui a ouvert une bibliothèque pour tous avec son immense collection de livres lui apprend qu’elle a vu Mansour, le premier amour d’Ariana. Chrétien d’orient, demandeur d’asile, journaliste devenu ouvrier agricole, ils s’étaient rencontrés à l’âge de quinze ans et séparés par le père d’Ariana qui la trouvait trop jeune pour s’engager dans une histoire d’amour.

Alors Ariana a oublié. Maintenant tout lui revient en mémoire…

Le premier amour est-il éternel ? signe mes retrouvailles avec Geneviève Senger dont je n’avais lu jusqu’alors que des titres historiques. Dans ce roman très contemporain, l’autrice aborde dans ce roman des thèmes très actuels : le changement de vie, le veganisme, l’adultère, le deuil, la retraite, l’amour, les réfugiés, l’homosexualité, la précocité, les violences conjugales, le harcèlement.

Autant de thématiques intéressantes, certes parfois un peu survolées, mais qui s’intègrent très bien au récit par petites touches. Le thème de fond ici c’est bien sûr le titre du roman : Le premier amour est-il éternel ?

C’est à cette question que devra répondre Ariana, installée et semble-t-il heureuse et épanouie avec son mari, quand resurgit dans sa vie et totalement par hasard, son premier amour.

Tout lui revient alors : la rencontre en Syrie alors que son père est diplomate dans ce pays, les premières étreintes, leur séparation de force car trop jeunes. Le thème du premier amour, amour adolescent, n’est pas neuf bien sûr, on l’a déjà croisé dans bien des romans, mais il est joliment traité ici, avec beaucoup d’émotion.

Globalement, j’ai beaucoup aimé cette histoire que j’ai quasiment lu d’une traite, bien ferrée par la plume enlevée de l’autrice et par l’ambiance chaleureuse de ce récit.

Les personnages sont intéressants, plutôt bien dessinés et permettent à l’autrice d’aborder ces différentes thématiques. Dans l’ensemble, ils sont sympathiques et on a plaisir à les suivre tout au long du roman.

On pourrait reprocher à Geneviève Senger d’avoir voulu faire trop actuel en casant plein de thématiques qui sont souvent esquissés mais cela ne m’a pas dérangé car comme je l’ai dit plus haut, ils s’intègrent bien dans le trame du récit et ne tombent jamais comme un cheveu sur la soupe.

Au-delà de ces thèmes, je trouve que c’est une lecture détente idéale à faire en vacances. L’histoire est agréable, elle nous fait sourire mais nous émeut aussi, nous questionne également et cerise sur le gâteau, l’autrice nous fait voyager jusqu’à Cahors, une ville que je ne connais pas mais en refermant ce roman, j’ai vraiment envie d’y séjourner.

Une bonne surprise en ce qui me concerne et si ce que je vous en dis vous tente, n’hésitez pas à le découvrir à votre tour !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture pleine de soleil, j’ai beaucoup aimé !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Près de Colmar, berceau du vignoble alsacien, l’Occupation et la révélation de secrets familiaux ont emporté les rêves d’amour de la jeune Viviane.
En 1944, un soldat venu d’ailleurs fera-t-il enfin renaître les élans de sa jeunesse malmenée ?

Viviane a la fougue et la sincérité de ses vingt ans. Mais en cette lumineuse journée d’été 1940, jour de son anniversaire, lorsque Viviane voit arriver les soldats allemands, au pied des vignes, envahissant sa terre, son village alsacien, ses illusions s’envolent. L’Alsace est annexée au IIIème Reich et aussitôt germanisée.

Elle doit céder sa chambre à un général de la Luftwaffe, francophile, fin lettré et amateur de musique, et doit s’installer chez mémé Madeleine. Entre compromis et résistance, sa famille, jusqu’alors soudée autour de la grand-mère Madeleine et du vignoble, ne risque-t-elle pas de voler en éclats ?

Sa mère Juliette, qui vit désormais dans la peur de l’occupant, semble lui cacher quelque chose de terrible. Et Mado, sa cousine dont elle admire tant la beauté séductrice, qui s’étourdit de plaisir avec des soldats allemands, ne joue-t-elle pas avec le feu à Colmar ?

Tout au long de sa vie, Viviane s’est confiée par bribes à sa fille Jeanne. Mais, c’est en 1980, le jour de son soixantième anniversaire, lorsque sa cousine Mado, qu’elle a refusé de voir depuis la fin de la guerre, fait son apparition, qu’elle lui relate sa vie pendant l’Occupation et celle de sa famille.

J’avais beaucoup aimé Le roman d’Elsa de Geneviève Senger qui retraçait le parcours d’une jeune femme de 1900 à 1914, dans sa volonté de devenir médecin. Et bien que n’ayant pas demandé à recevoir L’air de l’espoir, j’étais toutefois ravie de retrouver l’auteure, hélas pour moi, ce roman ne m’a pas intéressée autant que je l’espérais.

Geneviève Senger s’empare d’un thème moult fois débattu : l’occupation. Ce qui est plus original ici, c’est que l’histoire se passe en Alsace, un territoire tour à tour français ou allemand, au gré des guerres.

L’autrice s’attache à nous décrire la vie en Alsace pendant la guerre, l’Allemagne nazie considère cette terre allemande et souhaite rallier ses habitants à son idéologie. Il leur est interdit de parler français et leurs prénoms doivent être germanisés. Cet aspect historique est très bien montré, nul doute que Geneviève Senger s’est bien documentée pour nous broder une toile de fond historique convaincante.

Comme partout en France, les juifs, les communistes et tous ceux qui ne correspondent pas aux critères des nazis, ou qui s’opposent à eux, sont arrêtés. Il y a bien sûr les résistants et les collaborateurs, qui profitent de l’Occupation pour s’enrichir.

Rien de nouveau donc d’un point de vue historique exceptée la germanisation : il y a les collabos, les résistants, les filles qui ont des liaisons avec l’occupants et qui seront tondus à la libération et la grande majorité de la population qui subit sans être dans un camp ou dans un autre.

Quant à la fiction proprement dite, elle a clairement un air de déjà-vu. Les personnages qui traversent ce récit sont stéréotypés et caricaturaux : l’héroïne, Viviane, est sage, lisse, à la limite de la bigoterie et se révèle totalement ennuyeuse à suivre. Sa mère, Juliette, on le comprend très vite, est une juive qui a fui sa famille pour épouser le père de Viviane et a gommé toute judaïcité en elle. Quant à Mado, la cousine, sans doute la plus intéressante à suivre, elle est montrée comme une délurée qui ne vit que pour ses 5 à 7 avec son général alors que je vois surtout une jeune femme éprise de liberté, fuyant les conventions sociales, qui va sincèrement tomber amoureuse. C’est d’ailleurs le personnage que j’ai préféré suivre mais elle apparaît assez peu hélas.

Trop de points négatifs pour moi et une déception que ce roman qui manque d’intérêt, de profondeur et d’originalité à mes yeux. Dans le même registre et la même collection, je vous conseille plutôt Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren de Karine Lebert.

Merci aux Editions Presse de la Cité pour leur confiance.

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De sa beauté, Elsa Samuelson n’est pas consciente. De sa détermination, elle sait qu’elle peut tirer le meilleur. En ce début du XXe siècle, l’époque sied aux pionnières. Mais comment convaincre son père, riche banquier parisien, de sa volonté d’être médecin ? Elle accepte d’épouser Adrien de Longeville, un aristocrate désargenté ; en contrepartie, elle poursuivra ses études. Dans un domaine où il y a tant à faire pour les futures mères, et particulièrement celles des quartiers populaires, Elsa se sent investie d’une mission. Sa vocation est là, auprès d’elles, en souvenir d’une douleur jamais cicatrisée…
Au point de sacrifier sa vie de femme, de renoncer à l’amour, à Théo, cette rencontre qui tient du miracle, à la maternité ?

Paris, juin 1900. Elsa est la fille de Salomon Samuelson, un riche banquier de confession juive dont le père a fui les pogroms de Russie. Portrait craché de sa mère défunte dont elle a hérité la beauté, la jeune fille qui ne veut pas se contenter d’être belle et de se taire, veut devenir médecin.

Un projet ambitieux qui ne rencontre pas l’assentiment paternel. Salomon a bien accepté que sa fille préférée passe le baccalauréat mais après cela, elle devra épouser un beau parti et tenir salon comme ses sœurs aînées déjà mariées. Elsa a beau refuser une telle destinée, elle est prisonnière de son époque et de la toute puissance qu’ont les hommes sur les femmes.

Heureusement pour elle, l’homme sur lequel son père a jeté son dévolu est Adrien de Longeville, un aristocrate normand désargenté, qui a une vision moderne du monde et qui accepte contre toute attente qu’elle fasse médecine…

Comme vous le savez déjà si vous avez l’habitude de me lire, j’adore les romans historiques et lorsqu’ils se passent à une période que j’aime beaucoup et qu’ils nous promettent un beau portrait de femme, je dis oui !

C’est le cas ici avec Le roman d’Elsa qui retrace le parcours d’Elsa de 1900 à 1914. Geneviève Senger ancre bien son récit dans la Belle Époque, cela ne fait aucun doute que l’auteure connaît sur le bout des doigts la condition féminine du début du 20è, une période de l’histoire où les avancées techniques et scientifiques sont très importantes mais où les femmes sont toujours aussi mal loties.

L’auteure a cœur de montrer toutes les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées à cette époque récente de notre histoire : sous l’emprise des hommes (père, frère ou mari), en proie à la maltraitance, aux dures labeurs et aux grossesses successives qui font qu’elles ont une espérance de vie moindre que celle des hommes.

Une période où les femmes sont les grandes absentes de l’éducation nationale. Très peu de jeunes femmes ont accès aux études et encore moins aux examens tels que le baccalauréat, alors la faculté de médecine, n’en parlons même pas !

Tout au long du roman Elsa et Gretchen, sa confrère allemande, sont en butte à la moquerie des professeurs et des autres étudiants qui vont jusqu’à perturber leur soutenance et à saborder leurs premiers pas de médecins.

Quant aux patients masculins, ils refusent d’être auscultés et soignés par des femmes. Qu’importe, Elsa tient bon et souhaite avant tout soigner des femmes qui souvent refusent elles aussi de se faire ausculter par des médecins hommes. Là encore, elle déchainera la violence des hommes et des ligues de vertu, soupçonnée de faire des avortements clandestins ou de la contraception.

Parallèlement à l’histoire d’Elsa, il y a Théo, un imprimeur féministe qui milite pour l’égalité salariale homme / femme.

Un récit qui aborde aussi la place de la religion dans la vie des femmes et des maternités successives que subissent les femmes, usant leur corps prématurément mais contre lesquelles elles peuvent difficilement lutter sans se voir exclure de la communauté catholique.

Une très bonne lecture donc avec un bémol tout de même : le fait que l’héroïne soit lisse, d’une beauté à couper le souffle et d’une telle sagesse, qu’elle filerait des complexes à n’importe qui. Je trouve dommage qu’on ne sorte pas de ce schéma terriblement classique et déjà vu mais mis à part ça, j’ai adoré Le roman d’Elsa et je ne peux que vous le conseiller si le sujet vous intéresse.

Merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presse de la Cité pour ce très beau portrait de femme !

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