Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘grands détectives 10/18’

L’inspecteur Grant s’ennuie. Cloué au lit après une chute, il ne sait comment meubler son temps. Une amie lui apporte des portraits de personnalités dont la vie comprend une part d’ombre. Grant croit voir dans l’un des visages un homme responsable et intègre. Son amie lui révèle qu’il s’agit de Richard III, accusé des pires atrocités pour accéder au trône d’Angleterre. Sûr de son fait, après de longues années passées à étudier les visages des criminels auxquels il était confronté, Grant entreprend une investigation dans le passé afin de prouver que le souverain n’est pas coupable de l’assassinat de ses neveux, les enfants du roi Edouard IV.

la-fille-du-temps-josephine-teyauteur-éditeur-pagesLe roi Richard III a fait récemment la une des journaux puisque le squelette déterré il y a plusieurs mois sous un parking de Leicester est bien celui de ce roi à la mauvaise réputation, mort depuis cinq siècles. Monarque éphémère (il n’a régné que deux ans), il est accusé d’avoir fait assassiner les deux fils de son frère ainé pour s’emparer du trône d’Angleterre. Il laisse à la postérité l’image d’un homme méchant et d’un assassin. S’il était, en effet, un homme ambitieux, il n’a pourtant pas commis tous les crimes qu’on lui attribue. La pièce Richard III, que Shakespeare lui a consacrée, a largement contribué à immortaliser cette funeste réputation. C’est justement le sujet du roman policier écrit par Josephine Tey qui attendait dans ma PAL depuis très longtemps et que l’actualité m’a donné envie de lire.

C’est un roman captivant de bout en bout que propose ici Joséphine Tey, qui sous couvert d’un roman policier, se révèle en fait comme une remise en cause de l’histoire de l’Angleterre. Véritable plaidoyer pour l’innocence de Richard III, ce roi totalement inconnu en France, dont on se souvient à peine qu’il est aussi le héros d’une pièce de Shakespeare (Richard III), est l’un des personnages les plus détestés des britanniques. Accusé d’avoir fait assassiner les enfants de son frère pour voler le trône, il est depuis lors honni, principalement à cause de Thomas More, sous la plume duquel il est décrit comme un monstre.

La Fille du temps, est la plus célèbre enquête de l’inspect Grant de Scotland Yard, qui, cloué sur son lit d’hôpital, s’ennuie ferme. Forcé par l’inactivité, il se met en tête de résoudre un mystère historique : le roi Richard III d’Angleterre a-t-il assassiné ses neveux, les princes Édouard V d’Angleterre et Richard de Shrewsbury ? Il demande à ses amis de faire des recherches dans des ouvrages et des documents d’époque afin de découvrir la vérité et nous découvrons les indices en même temps que lui puisque le récit se déroule entièrement dans la chambre du convalescent. L’auteur démonte la vérité historique en confrontant entre elles d’autres sources que les seules sources officielles et nous prouve que les ragots et les préjugés peuvent faire passer un mensonge pour la vérité.

Ce roman policier d’un nouveau genre, sans cadavre ni meurtre, qui met l’Histoire au premier plan, original et érudit, allié à une plume fluide et efficace, est un livre à découvrir absolument. J’ai beaucoup aimé et je vous recommande ce livre, surtout si vous aimez l’histoire.

heart_4Lu dans le cadre des challenges God save the livre édition 2013 et ABC Babelio 2012-2013 :

Challenge-anglais     critiquesABC2013

Read Full Post »

Le 17 janvier 1793, à Paris, la Convention s’apprête à rendre son verdict quant au sort qui sera réservé au roi. Célie Laurent, une jeune blanchisseuse, assiste aux débats. Dans la soirée, la sentence de mort est prononcée. Dès lors commence pour un petit groupe de républicains, dont fait partie la jeune femme, une haletante course contre la montre : ils ont quatre jours pour sauver Louis XVI de la guillotine et lui faire quitter le pays afin d’éviter les conséquences dramatiques qu’aurait son exécution sur une France au bord du chaos. En ces temps troublés, Célie ne devra bientôt compter que sur elle-même pour mener l’évasion royale jusqu’à son terme…

a-l-ombre-de-la-guillotine-anne-perryauteur-éditeur-pagesVoilà une lecture faite il y a plusieurs mois mais que je n’avais pas eu le temps de chroniquer jusqu’ici et qui me permet de valider ma première participation au challenge Anne Perry organisé par Syl. Ce n’est pas mon premier Anne Perry puisque j’ai fait la connaissance de cette brillante romancière anglaise il y a un moment déjà, enfin de ses livres entendons-nous bien ! Et c’est avec la série des Charlotte et Thomas Pitt que je me suis familiarisée avec le style et l’univers victorien d’Anne Perry. Lorsque j’ai vu que Syl consacrait un challenge à Anne Perry, cela m’a donné envie de reprendre mes lectures à zéro, et j’ai voulu pour ma première participation, commencer avec cet ouvrage que je connaissais pas et qui a pour toile de fond la Terreur, plus précisément les quatre jours qui précèdent l’exécution du roi Louis XVI, de l’annonce de sa condamnation jusqu’à la guillotine.

Le point de départ m’a tout de suite rappelé L’enfant léopard de Daniel Picouly, l’un de mes coups de cœur de 2012, mais il s’agissait alors de sauver Marie-Antoinette, quelques mois plus tard. La ressemblance s’arrête là, puisqu’Anne Perry nous livre un roman policier comme elle sait si bien les écrire, avec deux intrigues parallèles : l’assassinat de Bernave et le projet de sauvetage du Roi mis au point par le dit Bernave.

Et c’est une blanchisseuse, Célie Laurent, aussi intelligente que perspicace, qui se retrouve à jouer les détectives pour à la fois découvrir le meurtrier de son employeur Bernave et mener à bien le projet du défunt, à savoir faire évader Louis XVI avant qu’il ne se fasse couper la tête. Le personnage de Célie est attachant et n’est pas sans rappeler d’ailleurs Charlotte Pitt. L’érudition d’Anne Perry ne fait ici aucun doute, notamment sur la politique et le Paris de l’époque, c’est un roman historique intéressant à ce titre et plutôt captivant mais qui pêche par une fin abrupte et des rebondissements qui n’en finissent plus.

L’atmosphère est en revanche bien rendue et Anne Perry en profite même pour nous familiariser avec la Convention et les Girondins : Marat qui demande des torrents de sang, Danton plus mesuré, Camille Desmoulins, Robespierre, Fabre d’Eglantine… on retrouve tous les personnages emblématiques de cette période trouble. La tension qui régnait à cette époque est également très bien rendue, tout le monde espionne tout le monde et sur une simple parole, un homme comme une femme peut prendre le chemin de l’échafaud, bien pratique pour se débarrasser de gêneurs, et les protagonistes du roman vivent eux aussi dans la peur des dénonciations !

Un roman policier somme toute plutôt bien ficelé et que je vous recommande si vous aimez la Révolution Française ou si vous souhaitez vous familiariser avec cette période troublée de notre histoire. A l’ombre de la guillotine a bien la patte d’Anne Perry mais je lui préfère nettement les aventures victoriennes de Thomas et Charlotte Pitt.

heart_3

Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin, God save the livre, Anne PerryParis, Au service de et Polars Historiques :

           anneperry2-copie-1    camille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pont     3225364373.2     

Read Full Post »

Dans le quartier de Chelsea, à Londres, les Jardins de Cremorne sont un lieu de plaisirs très prisé. Malgré une réputation sulfureuse, les Londoniens s’y pressent chaque soir pour oublier la grisaille quotidienne, dans un tourbillon d’alcool, de musique et de lumière. Mais au printemps 1875, un sinistre personnage surnommé «La Cisaille» fait régner la terreur en s’attaquant à de jeunes clientes. Par ailleurs, un homme d’église en croisade contre le vice en général et Cremorne en particulier est victime de menaces signées : «La Cisaille». Lorsqu’une de ses domestiques meurt assassinée, le plus fin limier de Scotland Yard, l’inspecteur Decimus Webb et son équipier, le zélé sergent Bartleby, sont chargés de l’enquête. Loin des conclusions hâtives, armé de son imperturbable flegme et de son ironie mordante, Webb se lance dans une chasse à l’homme patiente et déterminée qui lui réserve bien des surprises…

Troisième volet de la trilogie Decimus Webb, le jardin des plaisirs se déroule en 1875, soit 11 ans après le cadavre du Métropolitain et un an après les bienfaits de la mort. Si le premier tome m’avait peu emballé, le second relevait le niveau, quand serait-il du troisième ? Et bien, Lee Jackson relève le défi et ce troisième opus est bien meilleur que les précédents. La narration s’attarde un peu moins sur la dissection de la vie à l’époque victorienne et se concentre davantage sur l’histoire policière.

Le livre s’ouvre sur un banal fait divers : la cisaille s’en prend aux jeunes femmes qui fréquent les jardins de Crémorne la nuit, au grand dam de l’institution religieuse voisine et du révérend Featherstone ! La canaille coupe une mèche de cheveux à ses victimes, qui en sont quittes pour une belle frayeur. L’affaire se corse lorsqu’une jeune femme, Jane Budge, bonne du révérend Featherstone, meurt brûlée vive, quelques jours seulement après que George Nelson, condamné pour le viol de la jeune femme 5 ans auparavant, soit libéré.

L’ancien violeur a-t-il fait le coup ? Veut-il se venger de Charles Perfitt, témoin à charge et ex-employeur de Jane Budge ? A-t-il au contraire été victime d’un complot ? Les fausses pistes se multiplient, les rumeurs et mystères aussi. Comme dans les autres volets de la trilogie, une jeune femme se détache du lot des personnages, Rose Perfitt, 18 ans tout juste et qui vit sa première saison, son entrée dans le monde.

A vrai dire, j’ai beaucoup aimé l’intrigue et eu l’impression de lire du Anne Perry. J’ai aimé le suspens distillé avec deux histoires parallèles, si la première se devinait sans trop de peine, la seconde s’est révélée nettement plus surprenante. On retrouve l’inspecteur Decimus Webb, toujours aussi antipathique, flanqué du sergent Barttleby que je trouve très attachant. Le fin limier de Scotland a toutefois du retard à l’allumage et on ne peut pas dire qu’il soit très versé dans la psychologie criminelle, il se plante de suspect à chaque fois, et en profite pour houspiller son sergent à tord et à travers.

Le suspens est bien mené jusqu’au bout et fait de ce livre, un bon moment de lecture, que je vous recommande, si vous êtes fan de roman policier victorien !

Lu dans le cadre du challenge Polars Historiques, du challenge God save the livre, du challenge Victorien

   

Read Full Post »

Deux jeunes prostituées sont retrouvées sauvagement assassinées dans une maison close de Londres.

Dans la main de l’une des victimes, un morceau de papier sur lequel est inscrite une énigmatique citation biblique. Quelques jours plus tard, un cadavre est volé dans un cimetière de la capitale. L’inspecteur Decimus Webb de Scotland Yard suspecte rapidement un lien entre ces deux macabres affaires. Si Webb connaît par cœur les dédales crasseux et les maisons cossues de la capitale britannique, il est aussi aguerri aux turpitudes de l’âme humaine.

Ses investigations vont bientôt le mener jusqu’à un honorable homme d’affaires et bon père de famille, Jasper Woodrow. Au cœur des faux-semblants de la société victorienne, Webb devra user de sa légendaire perspicacité s’il veut empêcher un nouveau meurtre…

Second volet de la trilogie ayant pour héros l’inspecteur Decimus Webb de Scotlard Yard, l’histoire se déroule en 1874, soit 10 ans après Le cadavre du Métropolitain. Decimus Webb est le seul personnage rescapé dans ce nouveau volume, et cette fois-ci il mène l’enquête, secondé du Sergent Bartleby. Il a remisé au garage son vélo sans lequel il ne se déplaçait pas dans sa précédente enquête. Ce second volume est en tout cas meilleur que le premier et s’ancre bien dans le genre du polar historique, contrairement au premier qui tenait davantage de l’histoire de mœurs.

Lee Jackson plante toujours son décor en pleine époque victorienne, cette fois-ci au sein d’une famille bourgeoise de commerçants ayant fait fortune dans les habits de deuil. L’atmosphère se rapproche de celle que l’on retrouve chez Anne Perry, et si l’inspecteur Webb n’est pas attachant comme peut l’être Thomas Pitt, son héroïne, l’américaine Annabel Krout se révèle nettement plus intéressante. Chaque chapitre est d’ailleurs centré soit sur la progression de l’enquête soit sur ce qu’il se passe dans la famille Woodrow, chez laquelle est logée la jeune femme, jusqu’au dénouement final, un peu trop précipité à mon goût.

L’ensemble est néanmoins bien construit et l’histoire, prenante. Le suspens est là et les pièges tendus au lecteur, nombreux, Lee Jackson nous balade allègrement et pour tout vous dire, je n’ai pas résolu l’affaire avant le fin limier de Scotland Yard. Je l’ai dévoré en deux jours et je vais retrouver avec beaucoup de curiosité l’inspecteur dans le dernier tome de la trilogie. Decimus Webb n’a toutefois aucun charisme, il est même plutôt antipathique et horripilant et si je n’avais pas acheté les 3 en même temps, je n’aurais sans doute pas poursuivi ses aventures tant je préfère le style d’Anne Perry à celui de Lee Jackson.

Lu dans le cadre du challenge Polars Historiques, du challenge God save the livre, du challenge Victorien

   

Read Full Post »

A la fin du XIXe siècle, Londres est une cité tentaculaire aussi monstrueuse que fascinante où le crime s’épanouit sans vergogne. Cette capitale est le terrain de chasse de Decimus Webb, inspecteur de Scotland Yard au flegme tout britannique… Lorsqu’une jeune femme est étranglée dans le métro fraîchement inauguré, la presse s’empare de l’affaire et le public en émoi réclame l’arrestation du  » meurtrier du métropolitain « . L’ inspecteur Webb aura besoin de toute sa clairvoyance pour progresser dans cette enquête qui va l’entraîner des taudis londoniens jusqu’au  » Foyer d’Holborn pour femmes repenties « , dirigé par l’intraitable Miss Philomena Sparrow.

Premier volet d’une trilogie, le cadavre du Métropolitain se déroule en 1864, l’année où est inaugurée la ligne 1 du métro londonien, et dès cette première année, un meurtre est commis. Inspiré par un fait réel, Lee Jackson plante son décor en pleine époque victorienne et en profite pour disséquer la société qui est en plein bouleversement avec la révolution industriel. Il met en scène ici un inspecteur bien ancré dans son époque puisqu’il se déplace en vélocipède, une rareté à l’époque. Ce moyen de transport, surnommé casse-patates, apparaît pour le moins comme incongru et fait passer son propriétaire pour un original.

L’auteur est comme Anne Perry un spécialiste du roman policier victorien et cet ouvrage, s’il a comme un point de départ un meurtre, n’est pas vraiment un roman policier, enfin pas assez à mon goût, l’enquête est surtout un prétexte qui permet à Lee Jackson d’explorer les bas-fonds de Londres et en particulier le sort réservé aux femmes pauvres qui n’ont comme autre choix qu’être bonne dans une maison, esclave serait un meilleur terme, ou prostituée.

Roman choral, il met en scène une foule de personnages, tous divers, mais dont les noms se ressemblent et j’ai eu du mal à entrer dans l’intrigue et surtout à repérer qui était qui. Il y a aussi beaucoup de mise en scène et un procédé narratif qui peut irriter par moments, dans un même chapitre, on saute de lieux en lieux et de personnages en personnages et on est par moment pris à témoin, cela m’a un peu décontenancé je l’avoue. Les personnages de Clara White, ancienne voleuse repentie, et de Mr Phibbs alias Henry Cotton, écrivain naturaliste en herbe, sont en revanche attachants. L’inspecteur Decimus Webb n’est là qu’en filigrane, Lee Jackson ne lui donne pas d’épaisseur alors qu’il est censé mener l’intrigue.

La lecture reste néanmoins agréable et intéressante mais j’espère que les volumes 2 et 3 (que j’ai déjà achetés) seront d’une verve plus policière que celui-ci.

Si vous recherchez un roman policier victorien, je vous conseille plutôt la série des Thomas et Charlotte Pitt d’Anne Perry.

Lu dans le cadre du challenge Polars Historiques, du challenge God save the livre, du challenge Victorien

   

Read Full Post »