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Posts Tagged ‘guy de maupassant’

Le roman retrace l’ascension sociale de Georges Duroy (ou Georges Du Roy de Cantel), homme ambitieux et séducteur sans scrupule (arriviste et opportuniste), employé au bureau des chemins de fer du Nord, parvenu au sommet de la pyramide sociale parisienne grâce à ses maîtresses et à la collusion entre la finance, la presse et la politique.

Georges Duroy est un ancien sous-officier du 6e régiment des hussards ayant passé des années en Algérie, qui travaille dorénavant dans les chemins de fer à Paris. Très dépensier, il peine à joindre les deux bouts, mais retrouve par hasard un ancien camarade de régiment, Charles Forestier.

Attristé par la situation de Duroy, Forestier, rédacteur au journal La Vie Française, l’engage comme journaliste et l’invite à une soirée mondaine chez lui. Duroy s’y fait remarquer par ses récits sur la vie en Algérie, en particulier par Clotilde de Marelle, une amie de Forestier. Étant incapable d’écrire le jour suivant un article sur l’Algérie comme requis, il va demander de l’aide à Forestier, qui le fait aider par sa femme, Madeleine Forestier.

Georges gravit peu à peu les échelons, commence une relation avec Clotilde de Marelle, dont le mari est presque toujours absent. Cette femme charmante va l’affubler du charmant sobriquet de Bel-Ami et louer un meubler pour leurs 5 à 7.

Trouvant que Charles Forestier ne le traite pas avec suffisamment de respect, Duroy commence à le haïr et souhaite le faire cocu. Cependant, Madeleine Forestier le rejette, et ils concluent un simple pacte d’amitié.

La santé de Charles Forestier, affaibli par une mauvaise toux, se détériore rapidement, et il meurt peu après avoir invité Georges à le rejoindre dans le sud de la France. Celui-ci demande alors la veuve en mariage. Après un long temps de réflexion, Madeleine Forestier accepte, en insistant pour garder son indépendance…

Guy de Maupassant fait partie du petit cercle très resserré de mes auteurs préférés, l’homme était certes misogyne, mais surtout à mes yeux, il reste et demeure un très grand écrivain.

Bel-Ami est présenté comme une œuvre incontournable de son siècle et pour son auteur qui disait, à l’instar de Flaubert pour Madame Bovary, « Bel-Ami, c’est moi ». Georges Duroy est pourtant l’anti-thèse de Guy de Maupassant qui va se moquer de son personnage tout au long du récit.

Ce roman paru en 1885 est d’une modernité folle dans son écriture comme dans ses thématiques. Il raconte l’ascension sociale de Georges Duroy et démontre comme réussir dans le milieu de la presse parisienne quand on est sans fortune, qu’on a échoué au baccalauréat à deux reprises et qu’on ne possède aucun talent particulier ?

Par le hasard d’une rencontre, assurément… mais aussi le charme, la séduction, autant d’atouts qui vaudront à Georges Duroy le surnom de « Bel-Ami ».

Comme la Nana de Zola, c’est par son physique avantageux, que ce journaliste sans talent, gravit les échelons. Le succès va de préférence aux crapules, c’est tout le propos du roman qui démontre que la réussite, les honneurs et le pouvoir sont dévolus aux arrivistes aux dents longues dotés d’un joli minois. Plus d’un siècle plus tard, rien n’a changé !

Roman du courant réaliste, il n’épargne pas la presse de son époque qui mange dans la main des puissants. Maupassant était lui-même journaliste, c’est ce qui rend son propos intéressant. Les reporters sont volontiers décrits comme arrogants, suffisants, fainéants et inféodés à l’argent et au pouvoir, faisant et défaisant les carrières ministérielles.

Ce roman tire aussi à boulets rouges sur les politiques montrés comme magouilleurs et prêts à tout pour conquérir le pouvoir, c’est aussi une satire d’une société d’argent minée par les scandales politiques de la fin du XIXe siècle.

Au-delà de toutes ces thématiques et critiques de son époque, j’ai comme toujours, adoré la plume addictive de Maupassant, son regard sur son époque, la société dans laquelle il évoluait.

Comme dans ses contes et nouvelles, sa description souvent grinçante, satirique et parfois comique de la société parisienne de la fin du xixe siècle, est un pur régal.

Un coup de cœur pour ce roman magistral, la confirmation que Maupassant est un immense auteur dont l’œuvre n’a pas pris une ride et qu’il faut lire encore et toujours, que ce soit ses romans, ses contes et nouvelles mais aussi ses récits de voyage, tout est toujours passionnant chez Maupassant.

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A 20 ans tout juste, Guy de Maupassant est emporté dans le chaos de la guerre de 70. Son oeuvre en gardera de multiples traces. La plus célèbre, Boule de suif, écrite dix ans plus tard, en 1880, le lancera dans la vie littéraire « comme un météore ». Entre-temps, il aura connu, de 22 à 29 ans, la rigueur et la générosité de la formation flaubertienne. L’auteur de Madame Bovary va inculquer à son disciple des principes littéraires qui le guideront longtemps.

Marqué par la négligence d’un père volage et la séparation du couple parental alors qu’il a onze ans, Guy a grandi auprès d’une mère lettrée, sensible à l’excès, soucieuse de prodiguer à ses deux fils (Hervé est de six ans son cadet), la meilleure des éducations.

Seule figure féminine immuable dans la vie de ce séducteur, Laure restera jusqu’au bout sa conseillère et sa confidente. Jusqu’à l’âge de treize ans Maupassant grandit en « poulain échappé », comme dit Laure, au milieu d’une nature qu’il parcourt et hume jusqu’à l’ivresse. Son inscription à l’institution ecclésiastique d’Yvetot le rendra à jamais allergique à la religion, et à ses représentants. De même, après le baccalauréat et l’épreuve de la guerre, se sent-il étouffer au Ministère de la Marine, où les maigres revenus paternels l’obligent à tenter de gagner sa vie. heart_4auteur-editeur-pagesguy-de-maupassant-a-20-ans-francoise-mobihan

Guy de Maupassant fait partie de ces auteurs que j’affectionne tout particulièrement mais dont je ne connais rien de la vie ou presque. Ecrivain prolifique mort très jeune à 43 ans de la syphillis, sa carrière d’homme de lettres est très courte, de 1880 à 1890 mais importante comme je le disais. L’homme, avant de vivre de sa plume, va souffrir de la misère et de la faim en tant que simple fonctionnaire, gratte-papier malmené par ses supérieurs du ministère de la Marine.

Plus de 300 contes et nouvelles que j’ai tous lu, des romans et des récits de voyage qu’il me reste encore à connaître, Maupassant nait en Normandie en 1850 au sein d’un couple désuni. Il noue une relation très forte avec sa mère Laure, la seule figure féminine immuable dans la vie de ce bel homme, collectionneur de femmes à l’appétit sexuel vorace et insatiable, il aura des rapports détestables avec Gustave son père.

Un autre Gustave fera office de figure paternelle : Gustave Flaubert, un ami d’enfance de sa mère, ils seront très proches au point que certains biographes n’hésiteront pas à écrire qu’ils étaient réellement père et fils, ce dont on a aucune preuve mise à part l’affection mutuelle qu’ils se portaient.

Françoise Mobihan nous livre dans Guy de Maupassant à 20 ans, plus qu’une simple biographie, un portrait intime du jeune Guy depuis l’internat jusqu’au ministère, juste avant qu’il ne connaisse la gloire littéraire méritée qu’il a eu de son vivant.

L’auteure nous dévoile les années de formation de Maupassant et nous montre comment il a puisé dans le détail de sa vie ses idées de pièces de théâtre, nouvelles et romans, mais également son goût pour la poésie.

On découvre également un Maupassant farouchement indépendant, jouisseur et très sportif qui affectionne l’aviron et canote volontiers sur la Seine chaque week-end. Ses rapports difficiles également avec l’écriture, la plume le démange mais elle n’est pas facile à dompter et il va souffrir pendant toutes ces années des fiascos qui émailles sa carrière d’homme de lettres avant de connaître la gloire dès la parution de Boule de suif.

Françoise Mobihan nous dévoile également ses rapports parfois houleux avec le mouvement naturaliste dont il se réclame et les fameuses soirées de Médan chez le maître Zola.

C’est une biographie passionnante, détaillée et fort bien documentée que nous proposent Françoise Mobihan et son éditeur Au diable Vauvert qui s’inscrit dans toute une collection de portraits d’écrivains à l’âge de 20 ans comme Balzac, Colette, Flaubert, Duras… un concept qui me parait très intéressant.

Je vous le conseille si vous souhaitez connaître la vie de cet homme survolté et tourmenté et la genèse de son œuvre et remercie Au diable vauvert pour m’avoir permis de mieux connaître Guy de Maupassant.

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