Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘gwenaële barussaud’

Gwenaële Barussaud vit à Saint-Malo où elle enseigne le français. Elle a quatre filles. Entre deux bains de mer, elle écrit des séries historiques et a publié une douzaine de romans.

Paris, 1926. Dans le plus bel hôtel du monde, Suzon, 11 ans, s’affaire. Cela fait déjà quelques mois qu’elle y est femme de chambre sous la houlette bienveillante de Françoise Lebrac, l’une des trois gouvernantes du palace.

Princesses, ladies et riches Américaines qui sont la clientèle habituelle du Ritz la réclament pour choisir une robe de soirée, faire couler leur bain, satisfaire un caprice car ils le savent tous très bien, leurs désirs sont des ordres.

À minuit, le mystérieux client de la suite 112 exige du champagne et… des crêpes Suzette ! Hélas, les cuisines sont fermées. Tant pis. Suzon s’y précipite. Mais quelqu’un l’a précédée à la lueur des bougies. Une fille très chic du nom de Rose…

Le plus bel hôtel du monde est le premier opus de la toute nouvelle série signée Gwenaële Barussaud à destination des 11 ans et plus : Le palace de Rose et Suzon.

Vous le savez peut-être si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Gwenaële Barussaud est mon autrice préférée en jeunesse pour les romans historiques, pour moi c’est sans conteste la meilleure tant au niveau des intrigues que du contexte historique.

Chacun de ses romans est admirablement bien construit, très bien écrit, très bien documenté, et éclaire la condition féminine de l’époque. En bref, à chaque lecture, je me régale. Et ce nouveau roman ne fait pas exception à la règle.

Avec cette série, Gwenaële Barussaud plonge ses lecteurs au cœur des Années Folles et au sein d’un palace connu dans le monde entier : le Ritz ! Aux manettes de cette histoire, nous retrouvons Suzon, âgée de onze ans et déjà au travail. Sa mère est gouvernante pour une riche famille en Suisse et la jeune fille était jusque là confiée à son oncle et à sa tante, fleuristes.

Bien que récemment embauchée, elle se plait beaucoup au Ritz et aime son métier même si elle se verrait bien en devenir la directrice plus tard, au grand dam de Madame Lebrac qui lui rappelle que c’est un métier réservé aux hommes !

Avec elle, nous découvrons le palace côté coulisses avec le travail des femmes de chambres, des gouvernantes, des cuisiniers… On pénètre dans les suites, on découvre la clientèle cosmopolite qui compose les fidèles du palace.

Lors d’une nuit dans les cuisines du palace pour satisfaire l’appétit d’un mystérieux client, elle va faire la connaissance de Rose, fille unique du sous-directeur du Ritz qui a un rêve : devenir pâtissière à une époque où seuls les hommes sont coiffés d’une toque !

Gwenaële Barussaud met ici à l’honneur les années folles qui voient l’émancipation des jeunes filles, qu’elles soient venues de la campagne sans beaucoup d’instruction ou qu’elles soient nées dans une famille bourgeoise voire noble.

Les jeunes lectrices pourront mesurer le chemin parcouru par les femmes en près d’un siècle, et même si tout n’est pas acquis, loin de là, on peut reconnaître qu’il y a tout de même eu de sacrés progrès.

Des métiers jusqu’alors réservés aux hommes se sont ouverts aux femmes, les mariages de raison ne sont plus à l’ordre du jour et des personnes d’origine modeste peuvent grimper l’échelle sociale, même si là encore, il y a des progrès à faire.

L’écriture fluide et érudite de Gwenaële Barussaud, son sens des anecdotes et de la répartie, la personnalité très attachante des deux héroïnes feront mouche auprès du jeune lectorat qui pourront facilement s’identifier à Rose et Suzon.

Le travail éditorial de Rageot est à souligner : l’objet livre est très beau, la police de caractère est bien lisible et les illustrations vintage de Lucie Doubiano sont un vrai plus et donnent un charme fou au roman.

Cerise sur le gâteau, Gwenaële Barussaud précise à la fin de l’ouvrage les apports faits par les femmes en cette année 1926 dans plusieurs domaines : la mode (Coco Chanel), la littérature (Colette), la gastronomie (la tarte Tatin), la recherche (Irène Curie), le spectacle (Joséphine Baker et Mistinguett)…

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement Le plus bel hôtel du monde, un roman historique à mettre entre les mains des enfants et des plus grands !

Un grand merci à Gwenaële Barussaud pour cette charmante lecture, sa dédicace qui m’a touchée et sa confiance.

Read Full Post »

Daisy Dashwood, nurse anglaise formée à la très réputée Perfect Children Academy, croyait avoir tout vu avec les enfants Godefroy et Charlotte de Grandville. Mais lorsqu’elle est appelée auprès de la Duchesse de Rochebelle pour s’occuper de la jeune Marie-Printemps, la voilà confrontée à des obstacles inattendus : l’enfant vit sous la férule d’une mère hantée par la peur des « microzoaires » et se croit constamment malade ou en danger.

Adieu jeux de plein air, jardinages et autres excursions champêtres pourtant recommandées par la célèbre pédagogue Mrs Stenford : désormais pour Daisy Dashwood ce sera sirop, pansements et broderies dans l’atmosphère confinée de la chambre. Heureusement, l’espiègle Léon, fils du gardien du domaine, vient mettre un peu d’animation au château. Mais d’animation à révolution, il n’y a qu’un pas que le duc et la duchesse de Rochebelle ne veulent surtout pas franchir. A moins qu’il en aille de la santé de Marie-Printemps…

Daisy Dashwood est une jeune nurse anglaise formée au sein de la prestigieuse école de nurses londonienne, la Perfect Children’s Academy. Ses vertus pédagogiques et ses prouesses auprès de Godefroy et Charlotte de Grandville ont fait le tour des châtelains normands.

C’est ainsi que le duc et la duchesse de Rochebelle font appel à ses services pour venir s’occuper de leur nièce Marie-Printemps, venue de Paris en convalescence. Voilà notre Miss Dashwood contrainte de quitter ses chers petits et Rodolphe Aiglefin, le professeur de piano de Charlotte pour lequel la nurse a le béguin.

Elle est accueillie par un colosse et son chien et conduite auprès de la duchesse, bavarde comme une pie et du duc, passionné de cactus. Elle fait ensuite la rencontre avec Marie-Printemps, assise dans son lit dans la pénombre la plus complète.

Prétendument de santé fragile, la jeune fille totalement hypocondriaque, ne doit pas voir le jour sous peine de migraines ni sortir de son lit de peur d’attraper microbes et maladies, abonnée à un régime à base de jus et de soupes en tous genre mitonnés par Arlette Lepic, sa cuisinière, qui suit à la lettre les préceptes du docteur Larivoisier.

Miss Dashwood va-t-elle convaincre Marie-Printemps de sortir faire des ricochets avec Léon Talbot, le fils du gardien, salir ses vêtements et essayer la nouvelle invention qui fait fureur à la cour de Napoléon III, le vélocipède ?

Comme vous le savez j’affectionne particulièrement la plume de Gwenaële Barussaud découverte à la lecture de sa série pour les adolescentes, Les lumières de Paris, une série pour laquelle j’ai eu un immense coup de cœur et dont j’attends avec impatience le quatrième tome.

J’étais donc ravie de retrouver sa série à destination des enfants entre 9 et 12 ans, Miss Dashwood nurse certifiée dont j’avais beaucoup aimé le premier opus, De si charmants bambins. Nous retrouvons donc dans ce deuxième volume notre nurse rousse so british, désormais épicurienne et grande amatrice de cuisine et de produits normands aux prises avec Marie-Printemps, une enfant intelligente et futée, très instruite en pharmacopée.

Attention enfant fragile ! est un vrai bonheur de lecture qui ravira les jeunes lectrices mais aussi celles qui ont gardé leur âme d’enfant et qui aimaient lire les charmants romans de la comtesse de Ségur dont Gwenaële Barussaud est sans aucun doute la digne héritière.

Ce second volume est tout aussi réussi que le premier, l’intrigue est menée tambour battant par Miss Dashwood avec des quiproquos linguistiques, de l’humour, des retournements de situation à la clé, impossible de s’ennuyer.

Un roman pertinent, joliment illustré, virevoltant et drôle, porté par des personnages ô combien attachants, avec pour toile de fond la Normandie de Napoléon III, comme toujours très bien restituée.

Gwenaële Barussaud montre bien à travers ce roman les différences entre Paris et la province dans les comportements et les us et coutumes, nous dévoilent les jeux en vogue sous Napoléon III ainsi que les avancées scientifiques de ce règne, de ce point de vue, c’est tout à fait passionnant et instructif pour les enfants.

Vous l’aurez compris Miss Dashwood est un roman délicieux et pétillant avec une vraie qualité littéraire et une jolie plume, je vous recommande cette série assurément.

Un grand merci à Flora et aux éditions Fleurus pour cette charmante lecture !

Read Full Post »

Au fond de leur château normand, monsieur et madame de Grandville sont désespérés : leurs charmants bambins, Godefroy et Charlotte, multiplient les bêtises et font fuir les gouvernantes. Heureusement, la célèbre école de nurses anglaises, la prestigieuse Perfect Children Academy, a promis de leur envoyer une demoiselle à la hauteur de la situation, et c’est l’excellente Daisy Dashwood qui a été choisie pour cette périlleuse mission. Avec ses connaissances toute fraîches en matière d’éducation, ses diplômes flambants neufs et son réputé flegme britannique, Daisy Dashwood semble effectivement dotée des qualités requises pour corriger les insupportables descendants de la famille Grandville ! Mais il ne faut jamais sous-estimer l’incroyable résistance des enfants français, ni leur extrême inventivité…. Caprices en pleine rue, batailles de mottes de terre, odeurs de camembert, pianiste myope et dressage de marcassin réussiront-ils à déstabiliser la célèbre nurse anglaise ?

Daisy Dashwood est une jeune anglaise destinée à devenir nurse. Pour se faire, elle suit avec assiduité et un certain brio depuis trois ans déjà les cours dispensés par Mrs Stenford au sein de la célèbre école de nurses londonienne la Perfect Children’s Academy.

Mrs Stenford la trouve tellement parfaite qu’elle lui propose de finir sa formation de manière accélérée afin de venir en aide à Godefroy et Victoire Granville qui cherchent une nurse qualifiée pour leurs deux enfants Godefroy et Charlotte.

Bien qu’épouvantée à l’idée de vivre au pays des mangeurs de grenouilles, elle accepte la proposition de la directrice.

Voilà donc Miss Dashwood, dument chapitrée par Mrs Stenford sur toutes les situations auxquelles elle pourrait être confrontée dans le difficile exercice de son métier de nanny, en partance pour la Normandie où la famille Granville l’attend dans son château.

Pleine de confiance dans sa mission, elle est accueillie avec soulagement au château et comprend vite pourquoi. Les deux charmants bambins dont on lui confie l’éducation sont venus à bout en quelques jours de leurs précédentes gouvernantes et se révèlent bien plus récalcitrants que prévu…

J’aime beaucoup la plume de Gwenaële Barussaud découverte à la lecture de sa série pour les adolescentes, Les lumières de Paris. Une série pour laquelle j’ai eu un immense coup de cœur et dont j’attends avec impatience le quatrième tome, j’étais donc ravie de découvrir sa toute nouvelle série à destination des enfants entre 9 et 12 ans, Miss Dashwood nurse certifiée.

Dans ce premier tome De si charmants bambins, nous faisons donc la connaissance de Daisy Dashwood, une nurse qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot et qui fait preuve d’une grande inventivité pédagogique et des deux enfants dont elle s’occupe.

Ce roman se révèle tout à fait charmant, j’aurai adoré le lire petite fille et j’ai franchement pris beaucoup de plaisir à le lire alors que j’ai largement dépassé la tranche d’âge auquel il est destiné.

La plume de Gwenaële Barussaud est toujours aussi agréable et ce premier volume très bien écrit tout en étant à la portée des jeunes lecteurs. L’histoire est bien évidemment d’une simplicité biblique mais elle est fraiche avec des pointes d’humour, de dérision et des passages rocambolesques à souhait, juste ce qu’il faut pour que les enfants acquièrent du vocabulaire et aient le goût de la lecture historique car le récit est bien ancré dans le 19è siècle.

Le travail éditorial autour du livre est une réussite : la couverture est jolie, les en-têtes de chapitre tout à fait délicieux, la typographie bien ronde et bien lisible, l’éditeur aurait pu ajouter quelques illustrations de-ci de-là pour ajouter un charme supplémentaire et aérer la lecture pour les plus jeunes, cela aurait été un plus bienvenu.

Vous l’aurez compris Miss Dashwood est un roman pétillant et drôle avec une vraie qualité littéraire et une jolie plume, je vous le recommande dès 9 ans assurément.

Un grand merci à Flora et aux éditions Fleurus pour cette charmante lecture !

Read Full Post »

Lorsque Lucille Bordier revient à Paris en ce mois de septembre 1868, elle éprouve beaucoup de peine à reconnaître Paris. Partout la ville s’illumine, s’agrandit, se dote d’hôtels luxueux, de magasins superbes, de salles de spectacle… Mais Lucille n’a pas le coeur à se réjouir de ces changements. Une saison passée à Dinard, petite cité balnéaire de la côte d’Emeraude, l’a dépossédée de ses illusions et de ses rêves. Séduite puis abandonné par Charles Singleton, un entrepreneur anglais sans scrupule, Lucille a perdu ses ressources et sa place de domestique. Elle peut heureusement compter sur l’amitié de sa soeur Pauline et sur celle de sa tante Victorine qui tient désormais seule le Café Normand, rue d’Enfer. Mais depuis la mort subite de l’oncle Gaston, le café périclite… C’est alors que Lucille a une idée. Pourquoi ne pas transformer le café en un lieu de réunion pour les femmes, une sorte de salon où l’on pourrait boire du thé, déguster des gourmandises et bavarder sans craindre l’oreille indiscrète des domestiques ?heart_5lucille-a-l-heure-gourmande-gwenaelle-barussaud

A seize ans, Lucille Bordier ne veut plus se contenter d’être la femme de chambre de Mathilde de Gisors, une demoiselle du grand monde, dont le père est proche de l’empereur Napoléon III. Elle rêve d’être indépendante, de s’élever socialement et décide de prendre son destin en mains, car, sous le règne de Napoléon III, les opportunités ne manquent pas. Elle décide alors de quitter sa place pour s’associer avec un anglais, qui se révèle être un escroc.

Elle rentre alors à Paris et trouve une place de femme de chambre dans un Palace mais au décès de son oncle, elle convainc sa tante d’ouvrir un café pour dames…

Les lumières de Paris est pour moi une série bonheur, oui un véritable bonheur de lecture que je déguste à chaque fois, à chaque tome, je me délecte de l’histoire contée par Gwenaële Barussaud et surtout de sa plume élégante et raffinée qui m’embarque à chaque fois dans ce fascinant Paris de Napoléon III.

Si vous ne connaissez pas cette romancière ni cette série, je n’ai qu’une chose à vous dire : foncez ! Car si comme moi vous avez aimé Au bonheur des dames, si vous vous délectez à la lecture des romans historiques et si cette période de notre hsitoire vous intéresse, chaque volume des Lumières de Paris va vous plaire : Pauline demoiselle des grands magasins, Juliette la mode au bout des doigts et Lucille à l’heure gourmande.

A chaque tome, son héroïne et son histoire : après Pauline et le grand magasin de L’élégance parisienne d’Aristide Boucicaut, après son amie Juliette férue de mode avec qui on assiste à la naissance de la haute couture, place à Lucille qui nous fait connaître les premiers bains de mer à Dinard mais aussi la création des premiers palaces et celui des salons de thé.

La création de ce lieu typiquement féminin qu’est un salon de thé est un sujet véritablement passionnant et formidablement restitué ici. Comme toujours, Gabrielle Barussaud connaît parfaitement son sujet et sait à merveille nous immerger dans ce Paris foisonnant du règne de Napoléon III qui vit tant de bouleversements.

Au-delà de ce sujet qui pourrait apparaître comme frivole, Gwenaële Barussaud n’a pas son pareil pour décrire le petit monde des domestiques et des employés, mettre en lumière les valeurs de travail, de courage, de fierté, de persévérance, sans oublier de faire connaître aux plus jeunes la place des femmes dans cette société du milieu du 19è régie par les hommes à tous les niveaux et dans toutes les classes sociales.

Outre l’histoire et le contexte, je prend beaucoup de plaisir à lire cette romancière, j’aime son style fluide et dynamique, son vocabulaire riche et recherché, qui font que ce roman, bien que destiné aux adolescentes, est un vrai régal pour l’adulte que je suis.

Cerise sur le gâteau, comme Pauline et Juliette, Lucille est une héroïne bien attachante, courageuse et qui sait saisir des opportunités, on a plaisir à suivre son parcours semé d’embûches et qu’une envie : qu’elle réussisse.

Autre point positif : on retrouve Pauline et Juliette au fil du récit, dans de courtes apparitions certes, mais ces clins d’œil aux deux précédents volumes sont bien amenés et on a plaisir à les retrouver ici.

En résumé, encore un coup de coeur pour ce roman historique pour adolescents mais pas que vous l’aurez compris, totalement réussi, vivement le tome 4 !

Read Full Post »

Paris ! En déchiffrant les lettres qui annoncent son entrée dans la capitale, Juliette sent son coeur se gonfler de rêves et d’espérance. Après quinze ans passés dans l’atelier de son père, canut à la Croix-Rousse, la jeune Lyonnaise accède enfin à la vie brillante et tumultueuse de la capitale. Employée à l’Elégance parisienne, Juliette se révèle bientôt meilleure pour créer des robes que pour les vendre… Lancée dans la haute société du Second Empire, au service d’une demoiselle frivole qu’elle entend sublimer par ses modèles, la jeune styliste assiste à la naissance de la Haute-Couture. Mais le monde de la mode a ses règles et ses pièges… Beaucoup de courage et un peu d’audace suffiront-ils à Juliette pour accrocher son nom au firmament des étoiles parisiennes ? A moins que la rencontre extraordinaire d’un jeune journaliste à l’âme noble et romantique ne vienne bouleverser son destin…

heart_5auteur-editeur-pagesjuliette-la-mode-au-bout-des-doigts-gwenaele-barussaud

Juliette Renard est une jeune lyonnaise de 15 ans qui monte à Paris sous la pression familiale. Ses parents, canuts, qui peinent déjà à joindre les deux bouts, rêvent d’un avenir meilleur pour leur fille. Ça tombe bien, l’oncle de Juliette travaille à L’Elégance parisienne, le temple de la mode fondé par Emile Bauvincard, qui connaît un succès fulgurant. Grâce à lui la jeune fille est engagée comme vendeuse où elle devient une employée modèle.

Vendeuse efficace car elle connaît parfaitement les étoffes, notamment les plus précieuses, les soies tissées par les canuts, elle est aussi une passionnée de mode et une dessinatrice hors pair. Un carnet et un crayon toujours en main, elle montre aux clientes les robes qu’elles pourront faire tailler selon les tissus choisis.

Ce talent et son goût très sûr séduisent Madame de Montenclerc et sa fille Cordélia. La jeune fille fait ses débuts dans le monde et elle souhaite que Juliette devienne sa styliste personnelle. La famille, récemment fortunée, souhaite que leur fille fasse un beau mariage et entendent bien ne pas lésiner pour que Cordélia accède à la noblesse. Juliette quitte alors L’élégance parisienne pour l’Hôtel Montenclerc…

Vous vous souvenez peut-être que j’avais eu un gros coup de cœur il y a quelques mois déjà à la lecture de Pauline, demoiselle des grands magasins, premier tome de la série Les lumières de Paris de Gwenaële Barussaud, j’attendais donc avec une certaine impatience ce second opus et à ma grande satisfaction, il a tenu toutes ses promesses.

A chaque tome, son héroïne et son histoire : après Pauline, place à Juliette, son amie de L’élégance parisienne, férue de mode et à l’instinct très sûr. Avec elle, on assiste à l’ascension de Worth, le célèbre couturier anglais du second Empire, et à la naissance de la haute couture.

Un sujet qui me passionne et formidablement restitué ici. Gwenaële Barussaud connaît sans nul doute le monde de la mode à cette époque et sait à merveille rendre vivant ce Paris foisonnant du règne de Napoléon III qui vit tant de bouleversements.

Au-delà des étoffes et d’un sujet qui pourrait apparaître comme frivole, Gwenaële Barussaud n’a pas son pareil pour décrire le petit monde des employés, mettre en lumière les valeurs de travail, de courage, de fierté, de persévérance, sans oublier une touche de romantisme qui ravira les plus fleurs bleues.

Outre l’histoire et le contexte, je prend beaucoup de plaisir à lire cette romancière, j’aime son style fluide et dynamique, son vocabulaire riche et recherché, qui font que ce roman, bien que destiné aux adolescents, est un vrai régal pour l’adulte que je suis.

Cerise sur le gâteau, comme Pauline, Juliette est une héroïne bien attachante, courageuse et qui sait saisir des opportunités, on a plaisir à suivre son parcours semé d’embûches et qu’une envie : qu’elle réussise.

En résumé, un roman historique pour adolescents mais pas que vous l’aurez compris, totalement réussi, vivement le tome 3 !

Un grand merci à Amanda et les éditions Fleurus pour ce nouveau coup de cœur !

Lu en lecture commune avec Claire (avis à venir)

Read Full Post »

1866, Paris est en ébullition. Napoléon III a juré de faire de la ville « la capitale la plus brillante d Europe ». Pauline et ses soeurs, fraîchement débarquées du Havre, découvrent ébahies les boulevards, les théâtres et les grands magasins. Mais lorsqu’on a seize ans, plus de mère et peu de fortune, les lumières de la vie parisienne semblent inaccessibles… Pauline est pourtant déterminée à prendre sa part dans la marche du siècle. Séduite par le luxe de l’Élégance parisienne, le grand magasin édifié par le célèbre Émile Bauvincard, elle réussit à s’y faire embaucher et grimpe peu à peu les échelons. Mais lorsque ses soeurs réclament son aide, sa carrière se trouve menacée.

pauline-demoiselle-des-grands-magasins-gwenaele-barussaudauteur-editeur-pages

Pauline a 16 ans. Orpheline de mère et dotée d’un père marin toujours absent, quitte Rouen et le commerce de parapluies de son oncle pour la capitale, avec ses deux sœurs Lucille et Ninon âgées de quatorze et six ans. Lorsqu’elles arrivent à Paris, elles découvrent et s’extasient devant la vitrine du grand magasin dont tout le monde parle : L’Élégance parisienne créé par Emile Bauvincard.

Dès le lendemain, les deux aînées confient leur petite sœur à leur tante, en quête d’un emploi dans ce temple de la mode. Pauline est embauchée sur le champ mais Lucille, trop jeune, devra se contenter d’un emploi de domestique tandis que Ninon se verra confier à une nourrice en attendant d’avoir l’âge d’aller à l’école.

Pauline va commencer tout en bas de l’échelle, comme simple vendeuse au rayon confection grâce au renvoi d’une jeune femme pour vol. Les nouvelles doivent faire leur place et jouer des coudes faces aux anciennes et aux chefs de rayon et aux désirs rois de la clientèle.

Comme Aristide Boucicaud, Emile Bauvincard a connu une ascension rapide et a su faire preuve d’audace. Son magasin n’en finit plus de s’agrandir et son génie des affaires lui permet de devancer les envies des clientes, mieux encore, de les susciter et Pauline va être aux premières loges pour nous faire vivre cette ascension.

Vous connaissez ou pas mon intérêt pour cette période du second Empire et pour la série des Rougon-Macquart aussi dès que Pauline demoiselle des grands magasins est sorti, j’ai eu envie de le lire et je dois dire que je ne suis pas déçue, bien au contraire ce roman d’apprentissage est un vrai coup de cœur.

Comme Denise dans Au bonheur des dames d’Emile Zola, Pauline va travailler A l’élégance parisienne, un de ces fameux grands magasins, symboles du luxe et de l’opulence, dans ce Paris du Second Empire, transformé par les travaux du baron Haussman.

Grâce à cette héroïne très attachante, persévérante et courageuse, on fait connaissance de ce temple de la mode, on emprunte ses couloirs, on traverse ses rayons. On en apprend beaucoup sur la vie des vendeuses de cette époque, sur leurs journées de travail sans fin et leur unique jour de repos.

Corvéables à merci, les jeunes filles ne cessent de porter des rouleaux de tissus, de marcher, piétiner… un travail qu’on imagine harassant. Le soir venu, elles regagnent leur mansarde au dernier étage de l’immeuble dans laquelle elles n’avaient bien sûr droit à aucune visite, elles n’avaient même pas le droit de parler en elles pour se détendre, une fois leur journée terminée !

La fougue du modernisme de l’époque, les idées novatrices qui prennent vie, les possibilités de progression sociale par le travail et l’ambition, sont très bien rendues même si l’auteure nous démontre bien aussi que faire carrière pour une femme est impossible à moins de se destiner au célibat : les vendeuses qui souhaitaient prendre époux étaient automatiquement renvoyées, chaque employée appartenait en quelque sorte au magasin et était logée sur place.

Gwenaële Barussaud est passionnée par son sujet et connaît bien cette époque qu’elle couche sur le papier et nous fait découvrir un Paris fiévreux et ses alentours bucoliques avec beaucoup de talent, dans un style très évocateur que j’ai pris grand plaisir à lire. Et quel bonheur de sillonner cette ville et les coulisses de L’Elégance Parisienne dans les pas de Pauline.

Son style est très fluide, le vocabulaire est accessible, Pauline plaira sans aucun doute aux adolescentes à partir de 14 ans comme aux adultes, personnellement j’ai lu ce livre d’une traite.

En résumé, un roman historique totalement réussi et captivant que je n’ai pas réussi à lâcher dès le premières pages, vivement la suite !

Un grand merci à Amanda et les éditions Fleurus pour ce coup de cœur !

heart_5

Read Full Post »