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Posts Tagged ‘hubert ben kemoun’

« Teddy s’assit, le sac rouge cadenassé, bien posé sur le siège à côté de lui. Interdit d’ouvrir et d’ausculter ce bagage, il connaissait la règle. Un mulet transporte son chargement sans se préoccuper de ce qu’on lui a posé sur le dos. Il était 14h23 quand il prit place dans le wagon du train à destination de Toulouse. Celui-ci s’arrêterait à Bordeaux à 17h42. A peine plus de trois heures. Une affaire vite pliée.  » Mais ce qui semblait tranquille, devient très vite un enfer… Quand le hasard se met à nous jouer des tours, il ne sert à rien de chercher à lui échapper.

Teddy est un invisible, c’est bien pour ça qu’il a été recruté. Teddy trempe dans une sale affaire : il doit transporter un sac de Paris à Bordeaux. A priori, rien de bien particulier et il est bien payé pour transporter ce cas rouge dument cadenassé : 350 €, ça valait coup de sécher le collège !

Bien sûr, rien ne se passe comme prévu, il est surveillé par deux petites frappes aussi dangereuses que stupides, l’un dans un costume de chef d’entreprise et l’autre dans son jogging flambant neuf.

Dans son compartiment, une vieille dame qui lit, un monsieur qui tape sur son ordinateur, un ado arrivé sur le fil, deux touristes et une femme avec un bandana rouge. Mais quelques kilomètres avant La Rochelle, rien ne va plus et Teddy se retrouve pris dans un terrible engrenage dont il ne sait pas s’il en sortira vivant…

Le précédent roman de Hubert Ben Kemoun, La fille quelques heures avant l’impact, avait croupi dans ma PAL un an et m’avait beaucoup plu, je n’ai donc pas fait traîner Piégés dans le train de l’enfer : 3H pour t’en sortir, alléchée par la quatrième de couverture.

Alléchée aussi par le concept de cette toute nouvelle collection de Flammarion jeunesse : des romans dont l’aventure se déroule sur trois heures pour une lecture de trois heures. Je trouve le principe excellent pour les jeunes lecteurs dès 12 ans qui ne veulent pas s’embarquer dans une brique ou pour qui la lecture n’est pas forcément un plaisir.

J’ai lu ce roman d’une traite, en un peu moins de trois heures, le contrat est rempli de ce point de vue là. Par contre, si l’histoire est menée tambour battant et avec de nombreuses péripéties, je n’ai pas trouvé pour autant que ce roman était un huit-clos haletant.

J’espérais une tension, récit montant crescendo, dans un climat angoissant mais il n’en a rien été, sans doute en partie à cause de la multiplicité de personnages que l’on suit tour à tour, chacun à son rôle, on perd en intensité.

Il y a bien des moments de réel suspens, bien aidés par la plume fluide et dynamique de Hubert Ben kemoun, le rythme est bien dosé mais au final je suis plutôt déçue de ma lecture, je m’attendais à une lecture à compte à rebours, forte en intensité dramatique.

Ceci mis à part, Hubert Ben Kemoun tisse son récit de façon très habile et ce roman plaira sans nul doute aux jeunes collégiens qui pourront se mettre davantage dans la peau de Teddy et tressaillir avec lui.

Je m’attendais à plus de suspens et de tension, le format très court de ce roman n’a sans doute pas permis à l’auteur de faire monter la pression puisque la moitié du récit sert à présenter les nombreux personnages qui interviennent.

On ne s’ennuie néanmoins nullement pendant cette lecture et l’auteur arrive malgré tout à surprendre par son dénouement et ce n’est déjà pas si mal.

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture pleine de rebondissements !

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Annabelle est une collégienne en classe de 3e, dont la situation familiale est sombre. Dans sa classe, les tensions entres les élèves sont devenues insupportables : racisme, violence et trahison font désormais partie de leur quotidien. Mais cet après-midi, les événements s’enchaînent : la colère pousse un de ses camarades à mettre en danger la vie de centaines de personnes. Prise dans la tourmente, la vie d’Annabelle en sera à jamais bouleversée.heart_4

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En ce chaud vendredi de mai, veille du week-end de la Pentecôte, Annabelle, son amie Fatoumata et les autres élèves de leur classe de 3è, assistent au dernier cours de la semaine.

Isabelle, leur professeur de français, surnommée « Et chérie chérie » tentent de les intéresser au roman sulfureux de Raymond Radiguet, Le diable au corps. Dans la torpeur de cette dernière heure de cours avant le week-end, les esprits s’échauffent entre Mokhtar et Fabien, dont le père est conseiller municipal et raciste notoire.

Les jeunes gens sont sommés par Isabelle de les attendre dans le couloir, une sanction approuvée par plusieurs camarades qui en ont assez de voir leurs cours parasités par leurs échanges haineux…

Avant de commencer La fille quelques heures avant l’impact qui m’attendait bien sagement dans ma PAL depuis sa parution il y a près d’un an déjà, je ne savais pas quel était le sujet si ce n’est qu’un concert serait le décor d’un drame.

J’avais bien entendu en tête les attentats du 13 novembre 2015 du Bataclan et j’avoue avoir repoussé cette lecture à cause de cela.

Alors si vous êtes dans mon cas, n’attendez plus car Hubert Ben Kemoun ne revient pas sur ce qui s’est passé au Bataclan car il a écrit ce roman un an plus tôt mais il traite de racisme et de violence scolaire.

Une violence qui s’exprime entre les élèves mais aussi envers les professeurs, bien traitée ici, de façon totalement crédible par l’auteur qui, par sa plume rythmée, rend ce récit très addictif.

J’ai lu ce roman très rapidement, prise par l’histoire haletante comme je le disais même si je n’ai pas compris l’intérêt des flash-backs des deux personnages à l’agonie et qui m’ont semblé superflus ici.

Ceci mis à part, Hubert Ben Kemoun tisse son récit de façon très habile, faisant monter la tension crescendo jusqu’au dénouement dramatique. Un roman qui plaira aux 14 ans et plus et que leurs parents devraient lire aussi afin de mieux appréhender la vie des adolescents d’aujourd’hui car il aborde, outre la violence, l’amour chez les ados et les relations parents/enfants.

Même si le sujet est sombre et que le collège apparaît comme un environnement hostile, Hubert Ben Kemoun n’oublie pas de mettre l’accent sur l’espoir, l’amitié et la solidarité et c’est surtout ça que je veux retenir de ce roman

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture dure mais réaliste !

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Arlequin, le meilleur accordeur de Venise. Guitares, pianos, luths et violons, aucun instrument n’a de secret pour lui. Son ouïe est aussi fine que ses oreilles sont grandes : ce qui lui vaut bien des moqueries. Un jour, un musicien très particulier lui confie son bien le plus précieux…

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Encore une très belle découverte au rayon album jeunesse de la médiathèque grâce à Claire qui a vraiment le don de dénicher des merveilles !

Arlequin, accordeur dans la ville de Venise, entend tout. Il a l’oreille absolue, l’ouïe la plus fine de la ville grâce à ses immenses oreilles qui lui permettent de trouver les défauts des instruments qu’il doit réparer. Ses attributs particuliers lui sont donc très utiles mais sont aussi une source de moqueries.

Un jour, il est appelé dans le palais de Don Marco qui souhaite lui confier son instrument le plus précieux. Un instrument particulier puisqu’il s’agit de Colombine, sa fille bien aimée.

J’aime beaucoup la ville de Venise, ses monuments et ses canaux, son carnaval et les personnages de la commedia dell’arte, en particulier Arlequin que l’on retrouve dans de nombreuses pièces de théâtre de Molière à Marivaux en passant par Goldoni. Cet album avait donc de grandes chances de me plaire et ce fut le cas car aussi bien l’histoire tricotée par Hubert Ben Kemoun, pleine de poésie, et les illustrations de Mayalen Goust toutes en délicatesse, tout m’a plu dans ce très bel album.

Hubert Ben Kemoun revisite avec brio les personnages d’Arlequin et de Colombine pour leur donner de nouvelles personnalités, toutes en retenues. La ville de Venise est elle aussi revisitée par Mayalen Goust qui lui donne des allures andalouses et qui fait ici un travail remarquable sur les couleurs, ses dessins sont d’une finesse exceptionnelle.

Je ne peux que vous conseiller ce merveilleux album, tout en finesse et en subtilité, un gros coup de cœur ! A mettre entre toutes les mains dès 8 ans.

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