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Posts Tagged ‘hubert de maximy’

Ce jour de rentrée, c’est seule qu’elle est arrivée à l’institution Sainte-Jeanne. Adolescente introvertie, Juliette a quitté son village minier et sa mère pour suivre ses études. Toujours sur ses gardes, mal à l’aise, elle ne comprend rien aux conversations blasées et superficielles des élèves  » bien nées « . Aussi s’efforce-t-elle de passer inaperçue. Ce monde tranche tellement avec le sien ! Elle qui travaillait avec sa mère au tri dans la mine où elle a vécu tant d’expériences, des traumatismes même, où elle côtoyait de près l’univers rude des mineurs, comment a-t-elle pu être inscrite dans ce prestigieux établissement ?
Ariane, quatorze ans également, affiche, elle, l’assurance des enfants de son milieu. Elle retrouve ses amies, ses habitudes. C’est juste une rentrée de plus pour elle, malgré tout endeuillée par la disparition de son père,  » mort pour la France  » dans la Somme.

Saint-Etienne, 1917. Ariane et Juliette font leur rentrée dans la très chic institution Sainte-Jeanne, réservée aux jeunes filles de la bourgeoisie locale. Les deux jeunes filles, âgées de 14 ans sont pourtant on ne peut plus différentes. L’une est brune tandis que l’autre est blonde, l’une est extravertie, l’autre s’enferme dans le mutisme.

Mais surtout Ariane est issue d’une grande famille dont le père vient de perdre la vie au front alors que Juliette vient du village minier et n’a que très peu vu son père.

Au fil des mois, elles vont pourtant se rapprocher au point de devenir inséparables et découvrir qu’un secret de famille les unit…

Vous savez combien j’aime les secrets de famille et le début du 20è siècle, j’ai donc été ravie de recevoir Ariane et Juliette de Hubert de Maximy dont j’avais beaucoup aimé son précédent roman Olympe.

Changement de lieu et d’époque pour ce récit, bye bye la Révolution et le Puy en Velais, place à 1917 et à Saint-Etienne. J’ai rarement lu des histoires qui avaient pour cadre des pensionnats et je viens d’en lire deux quasiment coups sur coups mais ici nous sommes très loin de Hanging Rock et de l’Appleyard College, l’atmosphère est très différente.

Au-delà de l’amitié entre les deux adolescentes Ariane et Juliette bien attachantes au demeurant et le quotidien immuable de l’institution Sainte-Jeanne, qui ne sont pas forcément d’un grand intérêt, l’auteur fait la part belle à deux beaux personnages féminins que j’ai beaucoup aimé découvrir : Clémence Dignac et Séverine Garand.

Clémence Dignac a fait un joli mariage mais s’en ai trouvé fort malheureuse. Son mari, Armand, ne cessait de la rabaisser et de se moquer d’elle, au point d’en être devenue distante avec leur fille Ariane. Lorsque celui-ci trouve la mort au front, elle tombe dans une profonde dépression jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle est au fond, bien heureuse de son sort.

Ce veuvage va la libérer et elle va oser sortir du carcan imposé aux veuves de guerre de la grande bourgeoisie. Lors d’une visite à l’hôpital, elle va faire une rencontre qui va changer sa vie en la personne de Ferdinand Fraisse, un chirurgien orthopédique.

A partir de là, elle se révèle, au grand dam de son beau-père qui estime qu’elle déshonore la mémoire de son fils mais pour le plus grand plaisir de sa fille, comblée de voir sa maman enfin heureuse.

Grâce à ses deux personnages, Hubert de Maximy va faire rentrer les blessés de guerre dans son récit, véritables laissés pour compte de l’Histoire car revenus vivants du front et surtout porteurs des traces indélébiles laissées par l’ennemi : membres amputés, parties du visage arrachées, gazés, victimes de troubles psychiatriques…

Autre figure féminine très intéressante : Séverine Garand, professeure à l’institution Sainte-Jeanne, une jeune femme déçue par son premier amour et qui a reporté cette déception sur ses études afin de devenir professeure et surtout indépendante de sa famille et d’un homme.

Militante socialiste, elle va s’intégrer au groupe d’éclopés de la guerre que Ferdinand Fraisse a sauvé d’une mort certaine. Confidente de Juliette et d’Ariane, elle va dénouer avec elles les zones d’ombre qui entourent leurs vies.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec ce roman grâce à son tissu historique que Hubert de Maximy, en fin connaisseur, nous rend à merveille, au contexte social très présent avec une lutte des classes et des préjugés qui ont la vie dure chez les pauvres comme chez les riches, et surtout grâce à la belle brochette de personnages bien dessinés que j’ai eu plaisir à suivre jusqu’au dénouement même si pour moi les secrets de famille dont il est question ici sont facilement décelables, c’est le seul point négatif à mon sens.

Un grand merci à Laëtitia et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture bien agréable !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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L’an II. La Terreur. Un accident de chasse débarrasse Olympe de son barbon de mari et la propulse à la tête de la tannerie familiale. A vingt-huit ans, elle doit affronter l’avidité de la bourgeoisie locale prête à tout pour faire main basse sur son patrimoine. Aidée d’un avocat retors et d’un notaire amoureux, mais aussi de deux gamins dont son fils aîné, Olympe est bien décidée à en découdre pour préserver l’avenir de ses quatre enfants.heart_4olympe-hubert-de-maximy

Mars 1793, Olympe Chambeyrac et son barbon de mari sont à la chasse au sanglier en compagnie de leur piqueur Poudu, lorsqu’une femelle, pour protéger ses petits nouvellement nés, charge Nicolas Chambeyrac, le blessant mortellement.

Impuissante à sauver son époux, Olympe ramène le corps de son mari défunt ainsi que la dépouille de l’animal jusqu’au Puy-en-Velay, afin de relater l’accident au commissaire Philippot Philiot, qui accepte sa version des faits, les blessures du tanneur correspondant bien aux crocs de l’animal.

Olympe rejoint ensuite la tannerie et ses quatre enfants ainsi qu’Anaïs, sa plus fidèle amie, qui sert déjà de mère aux deux garçons et aux jumelles d’Olympe. Désormais veuve, Olympe veut prendre les rênes de la tannerie mais les hommes de la confrérie et l’oncle apothicaire de son défunt mari, ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Heureuement, Olympe est bien entourée : ses anciennes compagnes de couvent Anaïs, la boiteuse, et Euphrasie, l’aristocrate déchue vont l’aider à spéculer sur les biens nationaux, s’attirant les foudres du comité de salut local. Mais à jouer ainsi avec le feu, n’est-ce pas la prison, voire la guillotine, qui attend nos aventurières ?

Vous savez combien j’affectionne les destins de femmes et les romans historiques, je ne pouvais donc pas passer à côté d’Olympe qui joue son destin en pleine tourmente révolutionnaire, un roman qui allie avec talent les deux, grâce à la plume fluide et enlevée d’Hubert de Maximy qui fait revivre cette période troublée de notre histoire.

L’histoire d’Olympe, élevée au couvent depuis sa naissance et vendue (il n’y a pas d’autre mot !) à son mari prospère et gras est typiquement celle des femmes sous l’Ancien Régime qui ne pouvaient faire autrement que consentir aux unions décidées par leur famille ou ici par la mère supérieure du couvent du Puy-en-Velay où elle était pensionnaire.

Elle accepte ce mariage de raison sans regimber et va se couler dans le rôle de l’épouse dévouée et obéissante pendant douze ans, jusqu’au décès de son mari. Mais lorsqu’elle devient veuve et gagne le droit d’être indépendante, sans avoir de compte à rendre à quiconque, elle va prendre sa destinée en main et tracer sa route dans un monde d’hommes qui préféreraient la voir retourner à sa broderie et à ses enfants.

Ajoutez à cela la période sanglante à laquelle se passe ce récit, vous obtenez un roman passionnant de bout en bout avec ce qu’il faut de justesse historique, Hubert de Maximy connaît très bien son sujet cela ne fait pas de doute, de rebondissements et d’amour.

Une lecture très agréable donc avec une belle brochette de personnages bien dessinés : Olympe bien sûr mais aussi ses deux amies Anaïs et Euphrasie, sans oublier les deux garçons d’Olympe et leur ami La Belette, futés et courageux.

Si comme moi, vous aimez les romans historiques et les beaux personnages féminins, je ne peux que vous conseiller Olympe, vous passerez un très bon moment en sa compagnie.

Un grand merci à Laëtitia et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture passionnante, j’ai adoré !

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