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Posts Tagged ‘james et talia’

Béatrice Shalit est née à New York. Après des études en France et aux États-Unis, elle devient productrice, scénariste et réalisatrice de télévision. Elle a par ailleurs publié une dizaine de romans dont, aux Éditions Bernard Barrault, L’Année de Louise (1984), Le Plus Jeune Frère (1986), Lisa, Lisa (1990) et, chez Julliard, Famille et autres supplices (2000), Ne m’appelez plus Varsovie (2003), Merci d’être venu (2006), Qui veut tuer Rosa Hoffmann ? (2011), Vingt-sept fois de mes nouvelles (2013), Je te vois (2015), Le Complexe d’Eos (2017) et James et Talia (2020).

Rue La Fayette, à Paris Xème arrondissement, au fond d’un jardin, s’élève un charmant hôtel particulier un peu décati que ses habitants nomment affectueusement la « Roulotte ».

Annette Rahbani son mari Maurice en sont les heureux propriétaires, Annette y est même née et ne l’a jamais quitté depuis !

Ils y accueillent quelques résidents farfelus qui ne sont pas toujours à jour dans leur loyer : Monsieur Achab, un retraité sans ressources, Maryline, une actrice dont la carrière stagne, Yacek, un jeune peintre amateur de poker, Bintou, une Afghane sans papiers et un mystérieux Libanais, cousin de Maurice Rahbani, qui paye sans rechigner un loyer conséquent.

La dernière venue, une jeune Israélienne prénommée Talia, s’est installée là dans un but bien précis : récupérer l’immeuble qui appartenait à ses arrière-grands-parents et que le père d’Annette, a récupéré gratuitement, après les avoir raflés et envoyés dans les camps.

Son arrivée va provoquer une cascade d’événements cocasses ou dramatiques. James, le chat de la maison, ne perd pas une miette de ces imbroglios qu’il nous raconte avec délectation, d’autant qu’un nouveau personnage fait son entrée : Colin Marlowe, lieutenant de police.

James et Talia est un court roman que j’ai lu d’une traite, il faut dire qu’en une centaine de pages, il s’en passe des choses, qu’il est difficile de le lâcher !

Et puis, on a plaisir à suivre James, le très curieux chat roux de la Roulotte, qui passe d’un appartement à l’autre et grâce à qui on apprend tous les évènements qui jalonnent ce récit.

Avec un roman aussi bref, Béatrice Shalit réussit à aborder un bon nombre de thématiques, à dévoiler quelques secrets de famille, à nous offrir des rebondissements et à nous proposer un narrateur pas comme les autres, puisque l’histoire nous est contée de bout en bout par un chat !

Entre drames et comédie sentimentale, l’autrice saute d’un personnage à l’autre, ce qui lui permet d’aborder la shoah, les pillages de guerre, le suicide, la misère, la religion, le handicap, les migrants…

Forcément, sur un format aussi court, tout est esquissé et manque de profondeur, il n’empêche que la plume de l’autrice est bien agréable à lire et que j’ai passé un bon moment avec tous ces protagonistes même si je regrette les nombreux raccourcis et un dénouement sympathique mais, pour moi, tiré par les cheveux : difficile en effet de comprendre les réactions assez improbables de ces héros.

Un roman, néanmoins, qui délivre de beaux messages de tolérance et de multi culturalité que je vous encourage à découvrir si ces thèmes vous interpellent.

Un grand merci aux éditions Julliard pour cette lecture bien agréable !

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