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Janvier 1936. Alors que Georges V vient de mourir, son fils Édouard, prince de Galles, s’apprête à devenir le prochain roi d’Angleterre. Le premier réflexe, inattendu, du futur souverain est d’appeler sa maîtresse : Wallis Simpson, une nord-américaine à la réputation sulfureuse qui ne cache pas sa sympathie pour le régime nazi en Allemagne…

Janvier 1936, le roi Georges V rend son dernier soupir, permettant l’accession au trône de son fils aîné Edward, comme le veut la tradition. Le prince de Galles, très populaire dans l’opinion publique, considéré comme moderne et progressiste par son peuple, n’a pourtant pas la cote auprès de l’aristocratie au sein de laquelle il traine une réputation sulfureuse.

Pire encore, son propre père craignait de le voir devenir roi, le jugeant dilettante, noceur et peu porté sur les affaires du royaume. Mais tradition oblige, Edouard VIII devient roi le 20 janvier 1936.

Son règne sera très court puisqu’il sera roi du Royaume-Uni et des autres dominions du Commonwealth britannique et empereur des Indes du 20 janvier 1936 jusqu’au 11 décembre 1936.

La légende dorée voudra que l’on présente l’abdication de Edouard VIII comme une preuve d’amour et que le couple qu’il formera jusqu’à mort avec Wallis Simpson, roturière américaine deux fois divorcée, comme l’une des plus belles histoires d’amour du 20è siècle.

Depuis plusieurs années cette belle légende est mise à mal par certains historiens qui révèlent que si abdication il y a eu, c’est sous la contrainte des politiciens britanniques de l’époque, horrifiés par les sympathies nazies de leur monarque.

C’est cette version que nous proposent Jean-Claude Bartoll (scénariste) et Aurélien Morinière (dessinateur) en nous dévoilant un roi dans son intimité et dans celle de sa maîtresse. Un homme sympathique par certains égards puisqu’il refuse le protocole rigide de la cour en s’habillant d’une façon moderne et par son mépris des conventions établies, en considérant son personnel avec bonté comme faisant partie de sa famille.

C’est un germanophile, passionnément amoureux d’une femme, qu’il a littéralement dans la peau, au point de ne penser qu’à elle, d’être incapable de vivre sans elle. Un amour mal payé en retour car Wallis est une femme froide et cassante, qui ne l’aime pas et le traite sans égard. Elle l’a littéralement sous sa coupe, l’infantilisant par le biais de jeux sexuels pendant lesquels elle le brutalise sans vergogne.

Elle est par ailleurs la maîtresse de Joachim von Ribbentrop l’ambassadeur allemand en Grande Bretagne, ce que Edouard VIII ignore. Il est ici montré comme faible, négligeant dans les affaires du royaume, au point que Wallis a accès aux dossiers confidentiels et qu’elle aurai espionné pour le compte des nazis, c’est le parti pris de Jean-Claude Bartoll ici.

Avec un règne de 326 jours, Édouard VIII est l’un des monarques ayant eu le règne le plus cours de l’histoire de la monarchie britannique, il ne fut même jamais couronné. Un roi qui malgré ses sympathiques nazies est tout de même touchant dans son besoin d’amour et sa modernité.

Le scénario respecte donc la réalité historique et le récit de ce premier volume nous est raconté par Nadège, l’une des domestiques de Wallis Simpson qui nous dévoile un portrait sans fard des deux amants.

Les illustrations graphiques d’Aurélien Morinière s’accordent avec le récit, avec un choix judicieux de couleurs sombres pour mieux nous relater la noirceur de cette histoire mais je n’y ai pour ma part pas été sensible. Je trouve les traits trop épais, notamment au niveau des visages mais tout cela est bien évidemment subjectif.

Si le règne de Edouard VIII vous intéresse, je ne peux que vous conseiller Le choix du roi qui me semble tout à fait bien documenté et au plus près de la vérité historique.

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