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Posts Tagged ‘jean-michel payet’

Jean-Michel Payet est né un 1er mai à Paris, en 1955. Après des études d’architecture, il a illustré une trentaine de romans, d’albums et de documentaires avant de se tourner vers l’écriture en 2004. Depuis, il a publié des romans pour la jeunesse et les jeunes adultes aux éditions des Grandes Personnes, Milan, Rageot, Bayard… Enfant, il ne se voyait pas devenir « auteur », mais plutôt « héros ». En attendant, il continue à écrire. Et à dessiner.

Paris, décembre 1920. Balto, quatorze ans, vit dans la Zone près de la roulotte de madame Gambette, ancienne gloire du Moulin Rouge, tombée dans la pauvreté, qui l’a pris sous son aile depuis qu’il a été abandonné tout bébé. Elle l’a élevé avec son fils Victor, parti à la guerre en 1914. Héros en 1916 et devenu caporal avant d’être condamné à mort pour avoir giflé son supérieur.

Juste avant le peloton d’exécution, il est parvenu à s’échapper et depuis il s’est évaporé. Balthazar et madame Gambette ont parfois de ses nouvelles et un matin, caché dans un gros pain de campagne déposé devant sa roulotte, Balto découvre un billet de Victor qui l’invite à le retrouver rue des Batignolles à minuit pile.

A l’heure du rendez-vous, en lieu et place de Victor, un macchabée et une journaliste, Émilienne, qui prend Balto pour le meurtrier et lui tire le portrait. L’adolescent parvient à s’enfuir mais son visage fait la une de l’Excelsior ! Qui a tué Timoléon Escartefigue, modeste réparateur de vélos du boulevard des Batignolles à Paris ?

Que s’est-il passé sur le front, en pleine guerre de 14, dans les décombres d’une maison en ruine ? Qu’est devenu Victor, le condamné à mort qui a disparu avant son exécution ?

Quel secret cache Émilienne Robinson, jeune journaliste fraîchement engagée au journal L’Excelsior ? Et pourquoi, dans ce Paris de 1920, alors que la guerre est terminée, d’anciens poilus sont-ils assassinés les uns après les autres ? Et par qui ?

Balto, qui vit dans la Zone, cette bande de misère entourant la capitale, va devoir enquêter afin de prouver l’innocence de son frère Victor.

Pour cela, il lui faudra découvrir qui est le dernier des Valets-de-Cœur… avant qu’il ne soit trop tard.

Balto le dernier des valets de coeur signe mes retrouvailles avec Jean-Michel Payet dont j’avais beaucoup aimé Mademoiselle Scaramouche et Dans la nuit blanche et rouge. Changement de registre et d’ambiance avec ce roman historique pour adolescents qui nous entraîne dans une histoire mêlant aventures, enquête, meurtres, secrets et chasse au trésor dans le Paris de l’après première guerre mondiale.

Comme toujours, l’auteur s’est très bien documenté et nous propose un récit pour les quatorze ans et plus qui sait également séduire les adultes. Balto est le narrateur de cette histoire. Gamin de la Zone, il est resté peu de temps sur les bancs de l’école, fabrique des paniers mais se rend coupable aussi de quelques rapines pour améliorer le quotidien.

Pour coller au plus près de la réalité, Jean-Michel Payet, a fait le choix de l’argot, un très bon choix, qui rend le récit très vivant d’autant qu’il est entrecoupé de nombreux dialogues, de beaucoup de péripéties, de révélations en cascades et de suspens.

Impossible de s’ennuyer avec Balto et les valets de coeur tant l’intrigue, très bien construite, nous happe dès les premières pages. Pour ma part, j’en suis venue à bout en 24 heures tant j’avais envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

La gouaille de Balto, le contexte historique très bien développé par l’auteur avec l’émancipation féminine, la vie des puissants qui a continué de mener grand train pendant la guerre, la dureté des combats dans les tranchées, les condamnations à mort, le dur retour à la vie civile des poilus, les gueules cassées… tout y est !

Ajoutez une bonne trame policière avec du suspens, de l’humour et de l’émotion, vous obtenez un roman historique de qualité pour les ados et pour les adultes ! Les personnages sont intéressants et bien dessinés, j’ai aimé les suivre et les découvrir au fil de ma lecture.

Un petit bémol tout de même pour la fin, un peu trop expéditive mais ceci mis à part je vous recommande ce très bon roman, vous ne vous ennuierez pas une seconde avec Balto !

Bravo à L’école des Loisirs pour le très beau travail éditorial : l’objet livre est superbe avec ses dorures et ses décors qui se poursuivent de la couverture à la quatrième en passant par le dos. Je les remercie pour l’envoi de cette lecture, j’ai adoré !

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Pétrograd, février 1917. Dans une Russie épuisée par des années de guerre, où grondent la famine et le mécontentement, où sévit la police secrète du tsar, la comtesse Tsvetana Kolipova, 17 ans, rêve d’un monde qu’elle voudrait plus juste, moins arbitraire.

Éprise d’indépendance et de liberté, la jeune fille contribue à une revue clandestine et, par ce biais, déclenche une avalanche de révélations qui, en l’espace de quelques mois, vont balayer ses repères et, avec eux, les vestiges d’un empire qui vit ses derniers instants. Des contreforts de l’Oural à la Sibérie Occidentale, des rives de la Douma aux wagons du transsibérien, des premières émeutes populaires à l’exécution sommaire des Romanov, Tsvetana cherchera inlassablement à retrouver la trace de sa demi soeur Natacha, dont tout la sépare ; à mettre la main sur un étrange bijou aux vertus surnaturelles pour lequel certains seraient capables de tuer ; à rejoindre Roman Vrabec, enfin, ce jeune homme sans âge dont le destin semble irrémédiablement lié au sien, et dont elle tombe au fil des mois éperdument amoureuse…

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Petrograd, février 1917. Alors que la Russie est en guerre contre l’Allemagne, le peuple russe crie famine et se soulève contre son tsar Nicolas II. Cette nouvelle tentative contre le régime sera la bonne, la Révolution est en marche et elle va tout balayer sur son passage.

Tsvetana Koliva, une jeune comtesse de 17 ans, ballerine au théâtre Mariinsky est très rebelle. Elle agit dans l’ombre pour éditer une revue de poésie interdite par le régime et méprise sa caste dont sa famille est l’un des fleurons. Elle n’aspire pas à vivre dans l’ombre du tsar mais à plus de justice sociale pour le peuple russe qui vit dans une misère terrible.

Son destin va croiser celui de Roman Vrabec, un personnage mystérieux en quête d’une bague au pouvoir incroyable dont elle va tomber éperdument amoureuse. Pris dans le tourbillon de histoire, ils n’auront de cesse de chercher cette bague aux trois anneaux à travers toute la Russie en proie à la guerre civile.

Vous connaissez mon intérêt pour l’histoire de la Russie et particulièrement cette période où le tsarisme est anéanti et où le destin des Romanov bascule dans l’horreur et comme j’avais beaucoup aimé le précédent roman de Jean-Michel Payet, Mademoiselle Scaramouche, je n’ai pas hésité une seconde à emprunter Dans la nuit blanche et rouge.

Mettre à la portée des plus jeunes cette période si troublée de la révolution russe c’était un pari osé mais réussi par l’auteur qui immerge le lecteur au cœur de l’histoire. La trame historique est véritablement passionnante et très bien dépeinte par Jean-Michel Payet qui s’est sans conteste bien documenté pour tisser son récit de façon la plus crédible possible historiquement parlant. Son style est simple mais toujours agréable et fluide à lire.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Tsvetana et de Roman et les nombreux rebondissements qui émaillent le roman, nous entrainant de Petrograd à la Sibérie en passant par Iekaterinbourg et la célèbre maison Ipatiev.

Néanmoins, je trouve que l’auteur en fait trop, à l’image des poupées russes, il encombre son récit de détails et de bien trop d’histoires parallèles à celle de la principale qui suffisait amplement à capter l’intérêt du lecteur. La quête de la bague recherchée par nos héros me semble aussi trop rocambolesque pour qu’on y croie vraiment mais cela plaira sans nul doute aux jeunes lecteurs épris d’une touche de fantatique, qui sont le public visé par l’auteur.

Un bon roman historique empli d’un souffle romanesque et où la petite et la grande histoire se mêlent à merveille, que je conseille à celles et ceux que le sujet intéresse.

heart_3Lu dans le cadre du cadre des challenges 1 pavé par mois, et Première guerre mondiale :

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Lorsqu’elle assiste à la mort de son père, tué en duel, Zinia Rousselières est loin d’imaginer qu’elle est à l’aube d’un singulier tour du destin. Dans le caveau familial repose en effet déjà un cercueil, le sien, ou plutôt celui de celle qu’elle croyait être… En un instant, le monde de la jeune fille vole en éclats, et elle n’aura désormais de cesse de découvrir sa véritable identité. Des bas-fonds de la capitale au faste de Versailles, de la cour des Miracles au Trianon de porcelaine, Jean-Michel Payet nous propulse dans une aventure rocambolesque, où Zinia, afin de percer le mystère qui entoure sa naissance, devra porter un temps le masque de Mademoiselle Scaramouche !

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Prenez une cuillérée de Lagardère, un zeste de Capitan, une pincée de Trois mousquetaires, un soupçon de Bossu, un nuage de Capitaine Fracasse, saupoudrez le tout de La fille de D’Artagnan, et vous obtiendrez Mademoiselle Scaramouche, un très bon roman de cape et d’épée. Destiné aux jeunes lecteurs à partir de 11 ans, il a néanmoins beaucoup distrait la lectrice adulte que je suis. Une intrigue menée tambour battant par une jeune fille aux cheveux roux, fine lame au caractère bien trempée, Zina Rousselières fuit son village natal pour la capitale après avoir tué en duel l’assassin de son père, le baron de Villarmesseaux. Fille d’un ancien mousquetaire et présentement maitre d’armes, elle découvre après la mort de son père, tué en duel par le baron de Villarmesseaux donc, sous ses yeux, qu’elle n’est pas celle qu’elle croyait être. Son seul indice, un seul mot prononcé par son père juste avant de rendre l’âme : Scaramouche, un personnage célèbre de la Commedia dell’Arte !

Passionnant, mené sans répit et sans temps mort, le roman est à l’image de son héroïne intrépide et attachante, un vrai bonheur de lecture. Jean-Michel Payet nous fait revivre le Paris de Louis XIV, à travers quatre cents pages pleines de rebondissements, de complots et d’intrigues. Il nous emmène sur les traiteaux des saltimbanques avec la troupe du Soleil de France qui accueillera Mademoiselle Scaramouche et l’aidera dans sa quête, à La Salpetrière,  dans les geôles du Châtelet, dans les galères, sur la place de Grève, parmi les malandrins de l’ancienne Cour des Miracles, mais aussi à Versailles.

L’auteur connaît bien l’époque et s’est remarquablement documenté, j’ai été très séduite par son style, le vocabulaire employé par Jean-Michel Payet et j’ai renoué avec un genre cinématographique et littératire que j’aime particulièrement. Enfant, je ne ratais pas un seul film de cape et d’épée, j’ai regardé, émerveillée par tous ces films de cape et d’épée que je citais plus haut et mon héros absolu en la matière, était Jean Marais que je trouvais super beau (que je trouve toujours super beau d’ailleurs).

Mademoiselle Scaramouche a su me prendre par la main et me faire déambuler dans les méandres de Paris, j’étais à ses côtés, tout près de son épée, pour déjouer le complot qui a détruit sa famille, mais aussi à la rencontre des comédiens, des passages qui m’ont rappelée Le roman de monsieur de Molière de Mikhaïl Boulgakov, Molière rencontrera d’ailleurs Zinia et la troupe à l’occasion d’une représentation. Les personnages de fiction se mêlent aux personnages historiques comme La Reynie, le lieutenant général de police de Paris, Madame de Montespan, la favorite, Louis XIV, Bontemps, le premier valet de pied du roi, Mademoiselle des Œillets, dame de compagnie de Madame de Montespan…

L’intrigue est aussi très bien ficelée et se tient jusqu’à la fin, Zinia va devoir batailler dur pour savoir qui elle est vraiment et faire éclater la vérité sur le complot qui a couté la vie à son père biologique.

Jean-Michel Payet rend ici un hommage réussi aux romans de cape et d’épée, on croit lire Dumas, Gautier ou Féval. Destiné à un jeune public, je compte bien le mettre dans les mains de mes garçons dès qu’ils en auront l’âge, il sera aussi très apprécié des adultes qui aiment cette période ou ce genre, je recommande et je remercie Syl de m’avoir fait connaître ce roman et donné envie de le lire, je n’ai pas été déçue !

Lu dans le cadre des challenges Le règne de Louis XIV et Paris

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