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Posts Tagged ‘jérémie moreau’

En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant : un chimpanzé, mascotte de l’équipage portant l’uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d’Angleterre, où personne na jamais vu de Français, l’animal correspond assez bien à l’idée qu’on se fait de l’ennemi. Aussitôt, le singe est traîné en justice, et accusé d’espionnage.

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1814, au large des côtes du petit village anglais de Hartlepool, un navire de la flotte napoléonienne est pris dans la tempête et fait naufrage sur les plages. Au petit matin, les autochtones, totalement antifrançais, découvrent un morceau d’épave et un survivant parmi les débris.

Ce survivant n’est pas un homme mais un singe qui jouait le rôle de mascotte à bord du vaisseau, qui porte chapeau et uniforme français. Les villageois rustres et ignares le prennent pour un français et décident de le pendre illico.

Mais le maire, craignant une invasion de l’armée napoléonienne, décide de traduire le singe en justice pour tenter d’en savoir plus…

C’est une fois de plus chez ma copinaute Céline que j’ai trouvé cette idée de lecture. Le scénario de Wilfrid Lupano s’inspire d’une légende tristement célèbre du Nord de l’Angleterre, on ne sait aujourd’hui si elle est réelle ou inventée mais elle n’est pas sans rappelée le lynchage de Hautefaye en 1870, raconté par Jean Teulé dans son roman Mangez-le si vous voulez.

Le Singe de Hartlepool est une fable tragi-comique qui parle du nationalisme va-t-en-guerre et du racisme ignorant qui ne connaît pas de frontières. Cette histoire met particulièrement mal à l’aise le lecteur passif face à cet acharnement et cette barbarie qui pousse les habitants à raser le pauvre singe afin de lui donner figure humaine !

Les dessins signés Jérémie Moreau aux teintes à la fois sombres et pastel sont très beaux et se prêtent parfaitement à la cruauté de l’histoire.

Même si Lupano parsème le récit de traits d’humour très réussis et signe ici une critique virulente du nationalisme aveugle qui mène à la xénophobie, à la haine et au meurtre, je referme Le singe de Hartlepool avec un goût amère et un malaise qui ne m’a pas lâché pendant toute ma lecture.

Une bande dessinée sombre qui donne à réfléchir sur la bêtise humaine qui ne connaît ni limites ni frontières.

heart_4Lu dans le cadre du challenge A tous prix (24e Prix des Libraires de Bande Dessinée 2013) :

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