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Posts Tagged ‘la délicatesse david foenkinos’

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… – Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

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Nathalie est une jeune femme discrète, employée dans une société suédoise. Elle peine à rebondir après le décès accidentel de son mari François mais peut compter sur le soutien de Charles, son patron, qui est totalement fou d’elle. Un sentiment amoureux auquel elle ne répond pas, elle n’a de toute façon plus goût à rien et se jette à corps perdu dans son travail, multipliant les heures de présence au bureau et ramenant ses dossiers chez elle, histoire d’occuper son week-end.

Nathalie n’a plus droit au bonheur et à la joie, c’est tout du moins ce qu’elle pense, jusqu’à ce que Markus, le seul suédois de la boite, réveille tout doucement la vie en elle.

Le grand battage autour du dernier livre de David Foenkinos, Charlotte, m’a donné envie de découvrir sa plume, et comme la vie est parfois bien faite, j’avais justement dans ma PAL La délicatesse qui attendait sagement son tour.

L’histoire de cette veuve et de cet homme laid et brute de décoffrage m’a immédiatement rappelé Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti, un roman suédois qui m’avait particulièrement ennuyé. Bien que le sujet soit sensiblement le même, le traitement de Foenkinos est tout autre, l’histoire est feutrée, racontée sur la pointe des pieds et avec une bonne dose d’humour.

Le texte et les chapitres sont courts, écrits dans un style fluide qui se lit très bien mais empli de métaphores qui ne sont pas toutes justes et parfois too much mais qui ont souvent le mérite d’être drôles, et entrecoupé d’intermèdes (recettes de cuisine, titres de tableau, discographie de John Lennon et j’en passe) qui pour moi n’apportent absolument rien au récit mais tiennent davantage du remplissage.

L’histoire est cependant tendre et réconfortante. Cette femme qui peu à peu guérit de ses peines, reprend goût aux plaisirs et s’autorise enfin à vivre fait du bien.

L’intérêt du roman tient aussi grâce aux personnages bien développés, l’héroïne gagne en épaisseur tout au long du récit et Markus, un vrai ovni, est totalement attendrissant.

Certes c’est loin d’être un chef d’œuvre et j’ai du mal à comprendre comment il a pu remporter dix prix, mais c’est un roman délicat et simple, agréable à lire et ce n’est déjà pas si mal même si je ne garderai sans doute pas un grand souvenir de cette délicatesse.

heart_3Lu dans le cadre du challenge A tous prix (Prix Orange du livre 2010) :

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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