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Posts Tagged ‘la kermesse du diable’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Tout semble signe de bonheur à la jeune Renelde en ce jour de mai 1657. Elle quitte enfin le couvent des Ursulines de Lille. Les Van Eyck, brasseurs établis au coeur de la cité, l’ont élevée dans l’honorabilité, la richesse. Et une certaine liberté… Jusqu’à son mariage arrangé avec un noble désargenté qui lui fera vivre l’enfer. Avec courage et obstination, Renelde décide alors de prendre son destin en main. Elle crée une « chambre de dentelle » pour orphelines, espérant trouver la sérénité auprès de ses apprenties dentellières.
Mais elle croise le regard de l’étrange monsieur Grégoire, soupçonné d’hérésie…

Obstinée et courageuse, la jeune et jolie Renelde Van Eyck, fille d’un brasseur réputé de Lille, a pris sa destinée en main, envers et contre tous. Après le couvent, et une descente aux enfers auprès d’un mari qui lui répugne, elle a assisté au siège de Lille par les troupes de Louis XIV, a connu une épidémie de peste et la honte des pestiférés, elle a vu la mort l’effleurer.

Après son veuvage, alors que son frère et sa belle-sœur lui enjoignent de s’enfermer au couvent, elle créée une chambre de dentelle. Dans ce lieu féminin, elle va recueillir de petites filles qu’elle va former à devenir dentellières et pour qui elle va endosser le rôle de mère.

Célibataire et indépendante, elle vit avec ses filles et sa marraine le plus tranquillement du monde jusqu’au jour où Monsieur Grégoire, un homme secret soupçonné d’hérésie va faire naître en elle une petite étincelle qu’elle pensait à jamais éteinte.

La kermesse du diable signe mes retrouvailles avec Annie Degroote dont j’avais beaucoup aimé Les perles de la Moïka et un peu moins apprécié Le moulin de la Dérobade.

L’auteure prend une fois de plus pour toile de fond sa région natale, le Nord et la Flandre, et l’amour qu’elle lui porte transparaît tout au long de la lecture. La ville de Lille sert d’écrin à l’histoire de Renelde Van Eyck, une femme indépendante et courageuse qui a osé prendre son destin en main, contre l’avis de sa famille.

La plume d’Annie Degroote, est toujours agréable à lire, et le récit à deux voix a fait l’objet de recherches historiques indéniables, rendant le roman crédible, d’un point de vue purement documentaire.

D’un point de vue historique, ce roman est tout simplement passionnant, j’ai appris une foule de choses sur l’histoire de Lille au 17è siècle, sur la dentelle et les dentellières.

Autre point fort : la condition féminine à cette époque. Renelde est une femme de la bourgeoisie qui va se battre pour mener la vie qu’elle souhaite. Son père ne voulait pas qu’elle prenne mari et va lui choisir l’un de ses amis qui va se révéler un piètre époux. Puis après son décès, c’est son frère et sa belle-sœur qui vont souhaiter la voir prendre le voile.

J’ai beaucoup aimé qu’Annie Degroote opte pour une héroïne courageuse, qui va trouver sa voie et vivre en femme libre, bien aidée par sa marraine, qui avait fait le choix de demeurer célibataire elle aussi. L’autrice insiste aussi sur l’importance de la dentelle à cette époque et sur le travail minutieux que ses femmes accomplissaient pour l’embellissement d’autres femmes.

La place de la religion est également bien traitée, la société est à cette époque très croyante, la religion rythme les journées par ses offices et l’année par ses fêtes. Bien que l’on soit sous Louis XIV, les bûchers sont toujours là et la chasse aux sorcières, les soupçons d’hérésie, la peur de Satan… sont encore très présents.

Seulement voilà pour moi il y a un petit hic : je ne suis pas parvenue à m’attacher à Renelde et à me passionner pour sa vie. Reste que ce roman féministe vaut la peine d’être lu, ne serait-ce que pour cette mise en lumière de la place des femmes dans la société du 17è siècle.

Merci aux éditions Presses de la cité et à Marie-Jeanne pour leur confiance et pour cette lecture très intéressante.

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