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Posts Tagged ‘la lettre volée’

1644, alors que la France gronde contre le Mazarin, pourquoi Paul de Gondi, coadjuteur de Paris est-il autant terrifié par le vol d’une lettre qu’il conservait dans sa chambre du Petit Archevêché ?

Un an déjà que Louis XIII et son fidèle premier ministre le cardinal de Richelieu sont passés de vie à trépas lorsque le coadjuteur de Paris, Paul de Gondi, fait appel à son ancien condisciple du collège de Clermont, Louis Fronsac.

Le notaire établi à Mery près de Chantilly est de passage à Paris avec son épouse Julie pour soigner la duchesse de Rambouillet. Ses talents d’enquêteur aussi discret que hors pair auprès du cardinal Mazarin en font l’homme idéal pour mettre la main sur une mystérieuse lettre volée au coadjuteur et lever le voile sur son ravisseur.

Aidé de son ami Gaston de Tilly, commissaire, et de soldats chevronnés tels que Gaufredi et Bauer, il va mener à bien cette enquête épineuse dans le cercle que fréquente le futur cardinal de Retz.

Louis Fronsac est un personnage ayant réellement existé auquel Jean d’Aillon redonne vie dans une série d’une dizaine de polars historiques qui, si je me fis à La lettre volée, une courte nouvelle, doivent être particulièrement passionnants, formidablement bien écrits, sur des bases historiques indéniablement sérieuses.

Cet ancien notaire anobli par Louis XIII, marquis de Vivonne, conduisait donc des enquêtes criminelles au XVIIe siècle, sa vie a d’ailleurs été racontée par Aurore Laforêt dans La vie de Louis Fronsac, en 1709.

Paul de Gondi, cet ecclésiastique qui n’avait pas la foi et qui avait été jeté dans la carrière religieuse par volonté familiale, s’entourait volontiers de libertins et de poètes tels que Gilles Ménage, Vincent Voiture ou Gédéon Tallemant des Réaux, autant de noms qui sont familiers aux amateurs de littérature du début du 17è mais totalement inconnus du grand public, que Jean d’Aillon nous fait côtoyer tour à tour.

C’est pour ma part une période littéraire que j’aime beaucoup et que j’ai étudié à la fac, j’étais donc en terrain de connaissance, et cette nouvelle policière m’a plongé avec délice dans ce Paris de la première moitié du 17è siècle que Jean d’Aillon connaît fort bien et dans il rend à merveille l’atmosphère et les intrigues politiques entre Mazarin et ses adversaires.

Une première incursion, trop brève hélas, dans cet univers qui me donne envie de découvrir les autres enquêtes de Louis Fronsac. Si elles sont du même acabit, c’est-à-dire aussi remarquablement écrites et documentées, elles me promettent de belles heures de lecture.

Et dire qu’il m’aura fallu quatre années avant de sortir ce court opus de ma PAL…

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