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Posts Tagged ‘la princesse de clèves catel claire bouilhac’

Catel Muller, dite Catel, diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, démarre en 1990 une fructueuse carrière de dessinatrice de presse et d’illustratrice jeunesse, avec une centaine d’ouvrages à son actif auprès de la plupart des éditeurs spécialisés. Son dernier album dessiné pour les enfants, « Le monde de Lucrèce », écrit par Anne Goscinny, vient de paraître chez Gallimard. En parallèle, depuis 2000, Catel s’adresse à un public adulte. Sa « Lucie » (Casterman, 2003) a ouvert la voie à une certaine bande dessinée féminine, volontiers féministe, aux préoccupations contemporaines.

Formée aux arts appliqués et au dessin d’animation, Claire Bouilhac accompagne les débuts des éditions Cornélius en créant, en 1994, le personnage de « Francis Blaireau Farceur » avec Jake Raynal au scénario. Sept albums ont été publiés à ce jour. Toujours avec Jake Raynal, elle est la première dessinatrice à intégrer l’équipe du mensuel ?Fluide Glalcial’, pour lequel les deux complices signent les exploits d’une flamboyante espionne rousse, « Melody Bondage ».

Paris, sous le règne d’Henri II. Mademoiselle de Chartres est très belle. Les hommes les plus nobles de la cour d’Henri II souhaiteraient en faire l’élue de leur cœur, mais la demoiselle est d’une trop petite noblesse aux yeux de leurs pères !

Qu’à cela ne tienne, Madame de Chartres veut un beau parti pour sa fille unique et elle l’aura. Son choix va se poser sur le Prince de Clèves, de nombreuses années l’aîné de mademoiselle de Chartres.

La jeune fille consent à l’union, en même temps elle n’a pas trop le choix, l’époque n’est pas au mariage d’amour.

Monsieur de Clèves est fort amoureux de sa belle épouse qui lui voue beaucoup de reconnaissance, mais d’amour point. Elle est assez heureuse ainsi, son mari est galant et prévenant.

Sa vie se partage entre la cour, la Maison de la Dauphine et ses appartements, châteaux. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si son chemin n’avait pas croisé celui du plus bel homme de France, le Duc de Nemours, dont elle tombe sitôt amoureuse…

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves est un roman fondateur, directement inspiré du premier courant féministe de la littérature : la préciosité. C’est aussi l’un des classiques les plus célébrés et lorsque l’on fait des études de lettres, on y vient forcément un jour.

Dans cette histoire, la jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II. Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l’amour dans un univers pétri de conventions.

En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l’époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse de Clèves expose une forme de féminisme inédit, basé sur l’estime de soi où la raison triomphe de la passion et où l’amour reste platonique.

Hélas pour moi, je suis assez hermétique aux romans du XVIIè siècle, à deux ou trois exceptions près telles que La guerre amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, Le page disgracié de Tristan L’hermite ou Le roman comique de Scarron..

Et si j’admire beaucoup le courant de la préciosité, les titres issus de ce courant (L’astrée d’Honoré d’Urfé, les romans de Mademoiselle de Scudéry…) me sont toujours tombés des mains, la faute à leur style, tournures de phrases…

Ce roman de Madame de Lafayette m’était donc tombée lui aussi des mains mais comme j’étais curieuse de découvrir le fin mot de cette histoire, je me suis tournée vers son adaptation graphique par Catel et Claire Bouilhac.

Et comme j’ai bien fait car non seulement, les autrices sont restées éminemment fidèle au texte écrit par Madame de La Fayette mais elles nous proposent en sus, un prologue et un épilogue signés Catel où l’autrice est présentée avec La Rochefoucauld d’une part, et Madame de Sévigné d’autre part.

L’histoire est magnifiquement mise en dessin par Claire Bouilhac, de la première page à la dernière, j’ai été émerveillée par la qualité de son travail, tant au niveau des personnages que des costumes, des décors, des châteaux… tout est sublime !

La mise en couleurs est également magnifique et on en prend plein les yeux pendant plus de deux cent pages.

L’histoire, quant à elle, est celle d’un amour entre deux jeunes gens beaux et bien nés, fréquentant la cour d’Henri II, on le sait car l’autrice le mentionne et les costumes sont très fidèles à cette époque, pour autant ce récit pourrait avoir pour décor un autre siècle, une autre cour, qu’on ne verrait pas la différence.

Aucune référence en effet à la politique ni aux remous religieux de ce siècle qui a connu plusieurs guerres entre catholiques et protestants, ainsi l’a voulu Madame de La Fayette…

Je vous recommande vivement ce roman graphique, que vous ayez aimé le roman ou non, la qualité de l’ouvrage mérite grandement qu’on le découvre !

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