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Posts Tagged ‘Le crucifié de Farrier’s Lane’

Londres 1884. La capitale est le théâtre d’émeutes anti-juives après la découverte du cadavre d’un homme crucifié sur la porte d’une écurie, dans Farriers’ Lane. Tout accuse un jeune acteur juif, Aaron Godman. Celui-ci est condamné à mort et pendu, après avoir fait appel.

Cinq ans plus tard, l’un des juges d’appel, Samuel Stafford meurt dans une loge de théâtre, alors qu’il s’apprêtait à rouvrir le dossier. L’autopsie prouve qu’il est mort empoisonné par une dose massive d’opium. Pitt, soupçonnant que les deux meurtres sont liés, se retrouve avec deux enquêtes criminelles à mener, et doit ménager les susceptibilités de la police et de la magistrature, qui ne semblent guère disposer à l’aider. Et puis survient un nouveau rebondissement : l’agent de police qui avait découvert les preuves qui accablaient Aaron Godman est retrouvé pendu.
C’est donc à Pitt, toujours aidé de sa charmante épouse Charlotte, qu’il appartient de démêler les fils afin de faire éclater la vérité.

le-crucifie-de-farrier-s-lane-anne-perry auteur-éditeur-pagesAprès L’incendiaire de Highgate, plutôt décevant et le très bon Belgrave Square, place au 13è tome de la série Thomas et Charlotte Pitt, et on peut dire que mon intérêt pour notre couple d’enquêteurs victoriens ne faibilt pas, bien servi par le talent d’Anne Perry qui signe ici un excellent volume, une fois de plus.

Mais commençons par le début, les Pitt passent, pour une fois, la soirée au théâtre. C’est Caroline Ellison, la mère de Charlotte, qui les a conviés à voir une pièce avec des acteurs qu’elle connait bien : Joshua Fielding et Tamar Macaulay. Désormais veuve depuis 5 ans du père de Charlotte, Caroline Ellison pourtant volontiers donneuse de leçons à ses filles, retrouve une seconde jeunesse auprès du comédien Joshua Fielding dont elle est très amoureuse. Comédien, de 15 ans plus jeune qu’elle et juif de surcroit, quel scandale en cette fin du 19è siècle et quelle source de préoccupations pour Charlotte qui refuse que sa mère puisse être amoureuse.

A quelques loges des Pitt, le juge Samuel Stafford meurt empoisonné sous l’oeil impuissant de sa jeune épouse Juniper et du galant de celle-ci, Adolphus Pryce, avocat à la cour. Aussitôt notre inspecteur accourt et se voit confier l’enquête dès le lendemain par son supérieur, Micah Drummond. Il s’avère en effet que le juge, empoisonné à l’opium, souhait rouvrir le dossier d’un condamné à mort exécuté quatre ans plus tôt, Aaron Godman, un comédien juif condamné pour le meurtre et la crucifixion post-mortem de Blaine et que sa mort pourrait être liée à ce qui ressemble bel et bien à une erreur judiciaire.

L’enquête a été à l’époque rondement menée, voire précipitée, le tout dans un climat d’antisémitisme et de haine populaire et l’on a traduit en justice Godman, faut de mieux et sans preuve. L’homme a toujours clamé son innocence, même au pied du gibet, malgré un passage à tabac destiné à le faire avouer. Godman et Blaine se connaissaient bien, la victime étant l’amant de Tamar, soeur de Godman. Le défunt, déjà marié, avait promis le mariage à l’actrice alors même que son épouse attendait leur premier enfant. Godman aurait tué l’amant de sa soeur afin de préserver la pureté de sa soeur. Pour la justice en tout cas, il ne fait aucun doute que seul un juif aurait pu ajouter l’infamie d’une crucifixion à un meurtre car ce sont les juifs qui ont supplicié ainsi Jésus ! Tamar, certaine de l’innocence de son frère, ne cesse depuis lors, de harceler les juges d’appel afin qu’ils réexaminent le dossier et Samuel Stafford avait semble-t-il décidé d’accéder à sa demande.

Il sera donc beaucoup question de justice, de juge, d’avocat et de système judiciaire dans son ensemble, dans Le crucifié de Farrier’s Lane mais il sera aussi beaucoup question de religion et de préjugés entre chrétiens et juifs. Pitt, comme toujours, mène son enquête avec rigueur et impartialité, soutenu par Micah Drummond et bien aidé une fois de plus par Charlotte qui découvrira d’ailleurs le véritable meurtrier de Blaine.

Comme toujours, ce 13è tome est l’occasion de retrouver Thomas, Charlotte, sa mère Caroline que l’on retrouve ici totalement transformée par l’amour qu’elle porte à Fielding. Lady Vespasia Cumming-Gould fait une courte apparition et Anne Perry en profite pour mettre la lumière sur Micah Drummond et la belle Eleonor Byam, veuve de lord Sholto, que l’on a découvert dans le tome précédent, et qui a été mise au banc de la bonne société victorienne après la mort de son mari et le scandale qui en a découlé.

Ce volume nous offre une nouvelle plongée dans la société victorienne qu’Anne Perry connait décidément comme sa poche. L’enquête policière est aussi bien développée même si j’ai trouvé une fois de plus le fin mot de l’histoire bien avant que nos enquêteurs ne la découvrent.

Ce treizième opus est donc un très bon cru et je retrouverai avec grand plaisir la team au grand complet et les Pitt dans le tome 14,  Le bourreau de Hyde Park !

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Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Fanny, Claire, Sybille, Soie et Céline, et des challenges Anne Perry, Challenge Victorien 2013 et British mysteries  :

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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