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Posts Tagged ‘le dimanche des mères Graham swift’

Lu dans le cadre du Mois anglais

Né à Londres en 1949, Graham Swift s’est imposé sur la scène littéraire britannique par son art du romanesque et de l’épure. Le pays des eaux (1983) a été accueilli comme une révélation et a reçu le prestigieux Guardian Fiction Prize. A tout jamais a obtenu en 1993 le prix du Meilleur Livre étranger et La dernière tournée le Booker Prize en 1996.

Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche.

Jane Fairchild, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire ? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée ?

Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday.

Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée.

Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie.

Le dimanche des mères est un court roman qui nous raconte par le menu ce dimanche de mars 1924 à travers le personnage de Jane Fairchild.

Graham Swift y dépeint avec subtilité une aristocratie déclinante, porteuse des stigmates de la guerre, et l’émergence d’une classe nouvelle en quête de liberté.

roman très bien écrit qui nous plonge dans la campagne anglaise au lendemain du premier conflit mondial dans la gentry marquée par ces quatre années de guerre et qui a donné un lourd tribu à la nation.

Dans ce roman, toutes les familles ont perdu des fils, fiancé, mari, frère et voient peu à peu leur monde vaciller : les fils ont disparu, les voitures ont remplacé les chevaux, la domesticité s’est réduite…

Le récit est à la fois sensuel et déroutant, lumineux et sombre. L’histoire, concentrée sur une journée, est très lente, s’étire à l’envi, toute en introspection. Elle est intéressante par les sujets qu’elle aborde : le quotidien d’une domestique, ses droits, ses devoirs et ses interdits, les relations avec la famille qui l’emploie, les autres domestiques de la maison mais aussi des maisons environnantes.

Et de l’autre, les changements qui découlent de la première guerre mondiale avec ces familles touchées par le deuil, qui vont devoir vivre autrement, sur un pied moins grand, avec une domesticité plus réduite.

L’auteur fait aussi des allers/retours entre le passé, le présent et le futur puisque Jane nous raconte son enfance, son quotidien de domestique mais aussi ce qui sera la suite de sa vie, après ce dimanche des mères, soixante années plus tard, alors qu’elle est devenue une autrice reconnue.

;Par moment, le récit est intéressant et palpitant et à d’autres, proprement ennuyeux. Je suis donc un peu mitigée en refermant ce roman, assez séduite par la plume de Graham Swift et les thèmes qu’il aborde mais un peu déçue par cette histoire qui se lit très bien mais qui ne m’a pas emportée.

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