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Posts Tagged ‘Le manifeste des 343’

Ancienne élève de l’ENA, Hélène Strag est scénariste et réalisatrice. Adeline Laffitte a travaillé comme journaliste durant 20 ans dans de nombreux magazines féminins. Elle est désormais scénariste pour la télévision. Hervé Duphot, diplômé en communication visuelle, a commencé sa carrière dans la publicité comme graphiste avant de se consacrer à l’illustration jeunesse et à la bande dessinée.

Fin 1970, Nicole Muchnik, jeune documentaliste au Nouvel Observateur s’indigne du sort des femmes obligées d’avorter clandestinement. Elle décide de mettre en place une action d’envergure avec le Mouvement de Libération des Femmes et de monter un « scoop » destiné à changer la société et les mentalités…

Ce sera le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir, signé par 343 Françaises connues ou inconnues et publié par le Nouvel Observateur le 5 avril 1971, alors que l’avortement était illégal en France.

Cette audace a marqué l’histoire du féminisme français et ouvert la voie à la loi Veil dépénalisant l’avortement, adoptée en 1975.

Du manifeste des 343, l’Histoire a surtout retenu la couverture satirique de Cabu dans Charlie Hebdo. 50 ans après, les auteurs ont voulu revenir sur les événements qui ont conduit à sa parution dans Le Nouvel Observateur et redonner à chacun·e son rôle légitime.

Mars rime avec féminin, j’avais donc très envie de vous proposer ce roman graphique qui revient sur le combat des femmes pour l’avortement, porté par des féministes, anonymes et célèbres et qui aboutira à la loi Veil du 17 janvier 1975.

Je ne connaissais que vaguement l’histoire derrière l’IVG et je suis ravie de cette bande dessinée, un peu romancée, permet d’en savoir plus sur ce combat, nos droits actuels et l’importance de ne pas les perdre.

Les auteurs nous racontent comment Le Nouvel Obs a publié le manifeste des 343. Des relations avec le MLF, aux signatures des actrices et des personnalités, voilà comment la bataille pour l’avortement à gagner des points dans une société post soixante-huitarde où règne le patriarcat.

Le scénario, très pédagogique, est bien fait et rend hommage à celles qui se sont battues pour que l’on puisse disposer de nos corps bien plus librement que pour celles qui nous ont précédées.

Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas si longtemps, les faiseuses d’anges étaient condamnées à mort, les jeunes filles et les femmes qui n’avaient pas les moyens d’avorter à l’étranger, perdaient parfois la vie sur une table de cuisine ou devenaient stériles par manque d’hygiène et fautes de soins médicaux.

Un graphique utile et nécessaire pour ne pas oublier qu’il faut défendre encore et toujours ce droit fondamental pour les femmes à disposer de leur corps.

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