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Posts Tagged ‘le palace de rose et Suzon gwenaële barussaud’

Gwenaële Barussaud vit à Saint-Malo où elle enseigne le français. Elle a quatre filles. Entre deux bains de mer, elle écrit des séries historiques et a publié une douzaine de romans.

Paris, 1926. Dans le plus bel hôtel du monde, Suzon, 11 ans, s’affaire. Cela fait déjà quelques mois qu’elle y est femme de chambre sous la houlette bienveillante de Françoise Lebrac, l’une des trois gouvernantes du palace.

Princesses, ladies et riches Américaines qui sont la clientèle habituelle du Ritz la réclament pour choisir une robe de soirée, faire couler leur bain, satisfaire un caprice car ils le savent tous très bien, leurs désirs sont des ordres.

À minuit, le mystérieux client de la suite 112 exige du champagne et… des crêpes Suzette ! Hélas, les cuisines sont fermées. Tant pis. Suzon s’y précipite. Mais quelqu’un l’a précédée à la lueur des bougies. Une fille très chic du nom de Rose…

Le plus bel hôtel du monde est le premier opus de la toute nouvelle série signée Gwenaële Barussaud à destination des 11 ans et plus : Le palace de Rose et Suzon.

Vous le savez peut-être si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Gwenaële Barussaud est mon autrice préférée en jeunesse pour les romans historiques, pour moi c’est sans conteste la meilleure tant au niveau des intrigues que du contexte historique.

Chacun de ses romans est admirablement bien construit, très bien écrit, très bien documenté, et éclaire la condition féminine de l’époque. En bref, à chaque lecture, je me régale. Et ce nouveau roman ne fait pas exception à la règle.

Avec cette série, Gwenaële Barussaud plonge ses lecteurs au cœur des Années Folles et au sein d’un palace connu dans le monde entier : le Ritz ! Aux manettes de cette histoire, nous retrouvons Suzon, âgée de onze ans et déjà au travail. Sa mère est gouvernante pour une riche famille en Suisse et la jeune fille était jusque là confiée à son oncle et à sa tante, fleuristes.

Bien que récemment embauchée, elle se plait beaucoup au Ritz et aime son métier même si elle se verrait bien en devenir la directrice plus tard, au grand dam de Madame Lebrac qui lui rappelle que c’est un métier réservé aux hommes !

Avec elle, nous découvrons le palace côté coulisses avec le travail des femmes de chambres, des gouvernantes, des cuisiniers… On pénètre dans les suites, on découvre la clientèle cosmopolite qui compose les fidèles du palace.

Lors d’une nuit dans les cuisines du palace pour satisfaire l’appétit d’un mystérieux client, elle va faire la connaissance de Rose, fille unique du sous-directeur du Ritz qui a un rêve : devenir pâtissière à une époque où seuls les hommes sont coiffés d’une toque !

Gwenaële Barussaud met ici à l’honneur les années folles qui voient l’émancipation des jeunes filles, qu’elles soient venues de la campagne sans beaucoup d’instruction ou qu’elles soient nées dans une famille bourgeoise voire noble.

Les jeunes lectrices pourront mesurer le chemin parcouru par les femmes en près d’un siècle, et même si tout n’est pas acquis, loin de là, on peut reconnaître qu’il y a tout de même eu de sacrés progrès.

Des métiers jusqu’alors réservés aux hommes se sont ouverts aux femmes, les mariages de raison ne sont plus à l’ordre du jour et des personnes d’origine modeste peuvent grimper l’échelle sociale, même si là encore, il y a des progrès à faire.

L’écriture fluide et érudite de Gwenaële Barussaud, son sens des anecdotes et de la répartie, la personnalité très attachante des deux héroïnes feront mouche auprès du jeune lectorat qui pourront facilement s’identifier à Rose et Suzon.

Le travail éditorial de Rageot est à souligner : l’objet livre est très beau, la police de caractère est bien lisible et les illustrations vintage de Lucie Doubiano sont un vrai plus et donnent un charme fou au roman.

Cerise sur le gâteau, Gwenaële Barussaud précise à la fin de l’ouvrage les apports faits par les femmes en cette année 1926 dans plusieurs domaines : la mode (Coco Chanel), la littérature (Colette), la gastronomie (la tarte Tatin), la recherche (Irène Curie), le spectacle (Joséphine Baker et Mistinguett)…

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement Le plus bel hôtel du monde, un roman historique à mettre entre les mains des enfants et des plus grands !

Un grand merci à Gwenaële Barussaud pour cette charmante lecture, sa dédicace qui m’a touchée et sa confiance.

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