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Posts Tagged ‘Le regard de Jeanne’

Jean-Guy Soumy a étudié la physique et les mathématiques à l’université de Limoges. Actuellement professeur de mathématiques à l’I.U.F.M. du Limousin à Limoges et vit près de Bourganeuf.

Fin des années 1860, Jeanne Vergne, une orpheline de 16 ans, s’enfuit de la ferme où sa belle-mère l’a placée, pour échapper au fermier qui voulait la violer. Arrivée à Port-Dieu, en Dordogne, elle est embauchée comme fille de cuisine par une aubergiste.

Le jour où Mr Florimond, un photographe ambulant débarque dans le village, la jeune fille est fascinée par ce drôle de personnage. Malgré leur différence d’âge, une relation forte naît entre eux et Jeanne quitte tout pour le suivre…

Avec Le regard de Jeanne, Jean-Guy Soumy nous propose un roman d’apprentissage dans la France rurale du milieu du XIXè siècle. La photographie est un art que j’aime beaucoup et j’ai une certaine fascination pour les débuts de cet art, du Daguerréotype au photographe le plus célèbre de cette époque, Nadar.

J’étais donc curieuse de découvrir un monde disparu, celui des foires et des artistes itinérants, au XIX e siècle. L’auteur s’est très bien documenté et nous raconte par le menu les séances de pause, le choix des décors, l’importance de la lumière, de l’appareil choisi et des produits utilisés pour faire naître la photographie.

Mais aussi l’attitude et les attentes des clients, leur profil… De ce point de vue là c’est très intéressant. Florimond va se prendre d’affection pour Jeanne et en faire son apprentie à une époque où le métier de photographe était peu répandu et exercé uniquement par des hommes.

L’histoire s’articule principalement autour de l’initiation de l’héroïne à ce métier, de transmission, sur la vie, ses secrets, et sur l’art naissant de la photographie et c’est ce qui m’intéressait, donc objectif atteint pour moi.

De foires en villages, le duo immortalise familles, commerces, demeures et paysages, et tient boutique l’hiver à Clermont-Ferrand. Jeanne tisse avec son mentor un lien quasi filial qui révélera leurs parts secrètes. L’occasion pour l’auteur d’aborder la place de la femme dans la société impériale, l’homosexualité…

Si ce roman ne manque donc pas d’intérêt, j’ai moins apprécié l’histoire de Jeanne, qui, une fois formée par Florimond, décide de prendre son envol. Il ne se passe alors plus grand chose et c’est bien dommage, heureusement que ce n’est que le dernier quart du roman.

Malgré ce bémol, une bonne lecture dans l’ensemble, si, comme moi, vous avez envie d’en savoir plus sur les débuts de la photographie !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture enrichissante.

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