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Posts Tagged ‘l’enfant de bruges Gilbert sinoué’

Bruges, 1441. Arborant un air mystérieux, l’index posé sur les lèvres, Jan Van Eyck avait chuchoté : Petit, il faut savoir se taire, surtout si l’on sait. Qui pouvait se douter alors que, derrière la recommandation du maître flamand, se cachait le Grand Secret ? À travers les brumes de Flandre et la luminosité éclatante de la Toscane, un enfant de treize ans va se retrouver confronté à une effroyable conspiration. Un monde occulte, empli de ténèbres qu’il lui faudra affronter avec l’innocence pour toute arme. Pourquoi veut-on sa mort ? Que sait-il qu’il n’aurait jamais dû connaître ? Pour quelle raison des peintres de génie, des apprentis, des orfèvres, des penseurs, des architectes sont-ils la cible de meurtriers invisibles ? Quels sont les fils mystérieux qui les relient entre eux et les tirent insensiblement au bord de l’abîme ? Autant de questions auxquelles l’enfant de Bruges devra s’efforcer de répondre s’il ne veut pas disparaître à son tour dans la nuit.

Gilbert Sinoué prend pour décor le milieu du 15è siècle, une époque charnière qui a un pied dans le Moyen-Age finissant et un pied dans le Cinquecento balbutiant. La peinture flamande est à son apogée et le peintre Jan Van Eyck est le plus célèbre d’entre eux, surnommé le Roi des peintres. Les italiens de Venise et de Florence vont bientôt éclore et imposer à tous leurs génies tout au long du XVIè.

C’est une période en plein bouleversement religieux, artistique, technique, maritime et financier. Bouleversement religieux avec la tentation de réconciliation entre les églises de Rome et d’Orient, l’éclosion du protestantisme et de l’humanisme, bouleversement technique avec notamment l’invention de l’imprimerie, maritime avec les expéditions de Marco Polo et bientôt de Christophe Colomb, financier avec l’implantation des banques dans les places fortes européennes sous l’impulsion des Médicis et artistique grâce aux pigments (merci Marco Polo) et à Van Eyck justement, qui a perfectionné la peinture à l’huile. Tout ce foisonnement d’idées est bien présent tout au long du roman et j’ai appris beaucoup de choses, c’est ce que j’apprécie dans les romans historiques, et ici c’est très réussi, d’autant qu’il n’y a pas de temps mort et que les aventures du jeune Jan, fils adoptif du peintre, connaît moult rebondissements.

L’adolescent a été abandonné à sa naissance sur le seuil du peintre, montré ici comme humaniste et généreux. Grâce à Jan, à la fois fils et disciple du meester, on découvre le travail du peintre : choix des pigments, préparation des couleurs et leurs places dans les oeuvres, les temps de séchage, l’enduit des toiles, mais aussi l’envers du décor comme l’importance des mécènes et les commandes qui permettent au peintre de mener grand train.

Roman historique passionnant, le récit fait aussi la part belle à une intrigue policière puisque plusieurs disciples de Van Eyck ont été tués à Florence, Bruges, Tournai, et retrouvés la bouche emplie de terre de Vérone. Après la mort de Van Eyck, son fils détenteur du précieux secret qui révolutionnera le monde de la peinture va devoir fuir à travers l’Europe en compagnie d’un marin portugais. Ils vont devoir faire éclater la conspiration afin de sauver leur vie.

Si le contexte historique m’a beaucoup plu, je n’ai en revanche pas été convaincue par la conspiration policière et religieuse qui sent le réchauffé et le déjà-vu tant le sujet a été traité mais c’est là mon seul bémol, qui m’a tout de même un peu gâché la fin de ma lecture. Reste que les personnages sont bien dessinés, l’érudition de Gilbert Sinoué ne fait aucun doute et ce roman se lit avec beaucoup de plaisir.

Si vous souhaiter vous familiariser avec Van Eyck et sa peinture, rendez-vous ici.

Lu dans le cadre du challenge  STAR

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