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Posts Tagged ‘les adieux à la reine’

1810, Vienne est une ville ruinée et humiliée par le passage et la victoire de Napoléon. Agathe, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de la reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale s’est enfuie. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue le faste de la Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée.

les-adieux-a-la-reine-chantal-thomasauteur-editeur-pagesEn cette année 1810, Agathe Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient, depuis son exil viennois, des trois derniers jours passés en sa compagnie, les 14, 15 et 16 juillet 1789.

Sous la plume de l’héroïne, on plonge dans l’atmosphère de panique et de terreur qui étreint le Château de Versailles aux tous débuts de la Révolution française, aux heures de la débandade de la Cour.

Les frères du roi et Marie-Antoinette pressent Louis XVI d’aller chercher des troupes étrangères à Metz, ce que le dernier monarque du XVIIIè refuse. Agathe Laborde va passer ces trois jours à errer dans Versailles et dans le sillage de sa reine à qui elle voue une véritable adoration.

Vous connaissez mon goût pour le siècle des Lumières, même si je préfère au règne de Louis XVI, celui de Louis XV voire la Régence, ce titre m’intéressait beaucoup malgré tout, d’autant que j’avais beaucoup aimé un autre roman de Chantal Thomas, Le testament d’Olympe.

Spécialiste de cette époque, Chantal Thomas l’est assurément et c’est un vrai plaisir que de se retrouver à la cour de Louis XVI et de Marie-Antoinette mais j’aurai préféré que la narratrice soit plus intéressante.

Cette lectrice qui vénère sa reine m’a beaucoup agacée, j’ai trouvé cette vénération à la limite du grotesque et ses narrations parfois interminables, avec de très longues phrases, m’ont souvent profondément ennuyée.

Quant aux apparitions de la reine, très rares au fond, elles manquent de crédibilité. Agathe en tant que lectrice a peu accès au privé de la reine, elle l’a voit en représentation. Elle nous donne plutôt à voir le vacillement des aristocrates qui perdent leurs repères, qui fuient leur château pour trouver refuge à Versailles mais aussi l’inverse, les favoris qui quittent le navire, par crainte des représailles du peuple.

Là encore, c’est intéressant certes mais je ne sais pas si c’est historiquement fiable. Les courtisans ont-ils senti venir le souffle de la Révolution dès le 14 juillet ? J’en doute pour ma part, n’oublions pas qu’à cette date charnière, Louis XVI avait noté « rien » sur son journal ! Je ne perds pas de vue toutefois que tout ceci est un roman et que l’auteur a le droit de tordre la vérité historique pour servir au mieux son récit.

Vous l’aurez compris, pour ma part Les adieux à la reine est une déception même si j’ai apprécié que Chantal Thomas mette en lumière l’envers du décor de Versailles et les couloirs cachés derrière les beaux décors où s’entassent personnels et nobles.

heart_2Lu dans le cadre des challenges Au service de… et A tous prix (prix Femina 2002) :

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