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Posts Tagged ‘les liens du mariage J. Courtney Sullivan’

De 1947 à 2012, cinq destins, cinq couples s’entrecroisent sans savoir ce qui les lie. De Frances, pionnière de la publicité dans les anénes 1940 qui sacrifiera sa vie amoureuse à sa carrière, à Kate, jeune femme des années 2000 qui a arrêté de travailler pour s’occuper de sa fille tout en fuyant le mariage, J. Courtney Sullivan retrace les évolutions du couple depuis plus de soixante ans et brosse de magnifiques portraits de femmes.

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Après Les débutantes, énorme carton mondial que je n’ai pas encore lu et Maine que j’avais beaucoup aimé, J. Courtney Sullivan revient avec un troisième roman, Les liens du mariage, que j’ai pu lire grâce à la masse critique Babelio que je remercie au passage ainsi que les éditions Rue Fromentin.

Comme Maine, Les liens du mariage est un roman choral, mais si le précédent permettait de retracer l’histoire d’une famille, ici nous suivons ceinq personnages en parallèle, chacun pendant 24 heures, excepté le personnage de Frances qui ouvre le récit et qui est le seul personnage ayant réellement existé.

Il y a donc tout d’abord Frances avec qui nous faisons connaissance en 1947. Elle a choisi de faire carrière à une époque (pendant la seconde guerre mondiale) où les femmes n’en faisaient pas et n’attendaient qu’une chose de la vie : rencontrer un gentil garçon, l’épouser, faire des enfants et tenir sa maison jusqu’à la fin de leurs jours. Frances rêve d’une autre vie et elle sacrifiera sa vie amoureuse pour mener la vie libre qu’elle souhaite. Elle est publicitaire pour De Beers et invente le slogan du siècle : Un diamant est éternel.

Evelyn en 1972. Professeur à la retraite, elle mène une vie très confortable avec Gerald, son second mari, qui lui a offert une superbe bague de fiançailles. Tout irait bien dans le meilleur des mondes sauf que Teddy, son fils unique, a abandonné femme et enfants pour couler des jours heureux avec une autre femme. Du temps d’Evelyn, on ne divorce pas et elle prend fait et cause pour sa belle-fille Julie. Comment son fils peut-il briser un mariage, une famille ? Elle ne le comprend pas. Seule la mort a pu la séparer de son premier mari, son premier amour.

James, 1987, ambulancier, il est marié à Sharon et père de deux garçons. Ses journées sont interminables, lui et sa femme sont criblés de dettes. Mais il veut absolument offrir un diamant digne de ce nom à sa femme et pour cela, il a vendu la voiture de collection de son père.

Delphine, 2003. Elle est parisienne et tient avec son mari un magasin d’instruments de musique anciens au coeur de Montmartre, jusqu’au jour où la crise passant par là, son mari décide de vendre son stradivarius à P.J., un violoniste américain surdoué. Delphine tombe alors follement amoureuse de ce jeune prodige de vingt ans son cadet. Elle quitte tout pour lui et part vivre à New-York. Pour lui prouver son amour, P.J. lui offre une bague ayant appartenu à sa mère.

Kate, 2012, l’allergique au mariage. Elle a quitté New-York pour vivre à la campagne et élever sa fille Ava. Elle a abandonné son travail dans une association luttant pour les droits de l’homme et notamment contre l’industrie du diamant. Pour elle, et même si elle aime Dan le père de sa fille, le mariage n’est qu’une industrie. Quand son cousin homosexuel, l’un de ses plus sûrs alliés depuis l’enfance, l’autre rebelle de la famille, lui annonce qu’il va se marier, elle n’en revient pas. A tel point qu’elle égare l’une des bagues que les deux hommes ont choisi comme alliances…

C’est un roman riche, ample et plutôt passionnant que nous livre ici J. Courtney Sullivan. A travers cinq destinées apparemment sans lien entre elles (il faut attendre la fin pour comprendre), il nous décrit les différentes formes que le mariage a pu prendre depuis l’après-guerre aux Etats-Unis, son évolution sociale et l’industrie qu’il représente. Là-bas, on ne badine pas avec le mariage ! Non, tout commence avec une bague de fiançailles en diamant (sinon rien !) et plus le carat est gros mieux c’est. On continue avec un budget mariage conséquent avec wedding planner, fleurs fraiches et lieu de réception haut de gamme…

L’auteure explore cette institution qu’est le mariage à travers les différentes époques évoquées, qui sont autant de repères dans l’évolution sociétale du mariage et de la place de la femme. J. Courtney Sullivan choisit des personnages de niveaux sociaux, de cultures et d’origines différentes, ce qui est très pertinent. Avec un réalisme parfois déconcertant qui tend davantage du côté du documentaire que du roman, ces portraits de femmes et d’hommes englués dans leur environnement et dans leur époque m’ont paru très justes.

Contrairement à Maine, où J. Coutney sullivan disséquait aussi la famille et le couple, on a ici plusieurs histoires indépendantes qui s’alternent. Le fait que ces vies ne se croisent pas, sauf à la fin, est dommage. Bien que le sujet soit intéressant et le talent de l’auteure indéniable, j’ai trouvé qu’il manque un véritable souffle romanesque à cette histoire, j’ai davantage eu l’impression de lire un document sur l’évolution du mariage et ses ramifications qu’un roman, d’où une micro déception mais que cela ne vous empêche pas de lire Les liens du mariage, l’auteure en vaut vraiment la peine.

Merci aux éditions Rue Fromentin pour cette lecture et leur confiance.

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Lu dans le cadre d’une lecture commune avec George et des challenges 1 pavé par mois et Marry Me :

challenge-un-pave-par-mois    challenge-marry-me

 

 

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