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Posts Tagged ‘Les prisonniers de la liberté’

Né à Rome où il vit et écrit, Luca Di Fulvio est l’auteur de dix romans dont trois sagas mythiques, parues chez Slatkine et Cie : Le Gang des rêvesLes Enfants de Venise et Le Soleil des rebelles.

1913, trois jeunes gens embarquent pour l’Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcelée, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner sa ferme.

Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre à la Mafia locale.

Raechel, petite juive russe, a vu sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de son père.

Le nouveau monde les réunira pour le pire et le meilleur…

L’an dernier, j’avais découvert la plume de Luca di Fulvio avec Le gang des rêves, son premier roman. J’étais sortie de cette lecture avec quelques bémols mais plutôt emballée.

Je m’attendais à apprécier tout autant l’un de ses derniers romans : Les prisonniers de la liberté, une grosse briquasse qui me promettait un dépaysement total en Argentine.

Hélas, ce ne fut pas le cas, je suis bien déçue et je pense m’arrêter là avec cet auteur qui rencontre un beau succès mais qui ne me convient pas.

Tout d’abord, le schéma narratif de ce roman ressemble un peu trop à mon goût au gang des rêves : une histoire d’émigration au début du XXè siècle, des péripéties en pagaille, de la violence, des thématiques fortes, de la mafia, de la prostitution et des longueurs à foison.

Ensuite, il y a bien trop de manichéisme et des personnages trop caricaturaux à mon goût : d’un côté, les bons sont très bons, tellement charitables et solidaires, débordant de bons sentiments… Et de l’autre, des méchants dans ce que l’on fait de pire : d’horribles criminels, impitoyables, cruels et sadiques.

L’auteur en fait des tonnes et rabâche sans cesse ce manichéisme et cette violence, jusqu’à l’insoutenable, parfois j’ai eu l’impression d’être dans un roman bien dégueu du marquis de Sade et pour moi, c’est vraiment pas un compliment. Trop de drama tue le drama et pour moi l’intrigue en perd toute crédibilité.

Au-delà de la violence gratuite, surtout faite aux femmes, ce qui m’a bien agacée (viols, tortures, coups, assassinats…), l’intrigue manque de réalisme : je m’étonne que des migrants fraîchement débarqués à Buenos Aires maîtrisent l’espagnol en l’espace de quelques semaines, notamment Rachael qui ne parle que russe ou yiddish en mettant le pied à Buenos Aires, et est en mesure de publier des chroniques pleines d’humour et de mordants dans un grand quotidien, lit des romans en espagnol sans aucune difficulté, etc.

Alors certes, Luca di Fulvio est une formidable conteur mais ce roman m’a fortement déçue : trop de ressemblances avec le gang des rêves, trop de violences gratuites, trop de manichéisme, n’est pas Ken Follett qui veut !

Belette, qui m’a accompagnée dans cette lecture, n’est pas d’accord avec moi, allez lire son avis ici.

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