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Posts Tagged ‘littérature adolescent’

À 13 ans, Sophie Chérer rêvait de devenir juge des enfants pour combattre l’injustice. À la fin de ses études de droit et criminologie, elle abandonne pourtant la carrière de magistrate mais trouve un autre moyen de suivre sa vocation. Depuis sa Lorraine natale, ses différents types d’écrits prolifèrent. Les uns lui permettent de mettre en valeur le travail de ses collègues artistes. Les autres sont aussi, la plupart du temps, des hommages romancés. Une manière de leur rendre justice.

Vincent Van Gogh peint comme un fou depuis son arrivée à Auvers-sur-Oise, quand il rencontre deux jeunes gens de bonne famille, les frères Secrétan. L’aîné, Gaston, est un artiste en herbe, timide, incertain de sa vocation.

Au premier regard, il considère Vincent comme un génie. Le cadet, René, est obsédé par Buffalo Bill. À la pêche comme à la chasse, accompagné de sa bande, il tire sur tout ce qui bouge.

La correspondance de Vincent ne les mentionne ni l’un ni l’autre. Pourquoi ? On sait qu’il leur a offert des tableaux, dont nul n’a retrouvé trace. Pourquoi ?

Gaston et René vont fréquenter Vincent quasi quotidiennement pendant près de six semaines. Et si cette rencontre ne va rien changer à la vie du peintre, elle va peut-être tout changer à sa mort.

Vincent Van Gogh fait partie de mes peintres préférés et si j’admire ses peintures, je connais assez peu sa vie, dans les grandes lignes seulement. Depuis toujours, il a été couramment admis qu’il a mis fin à ses jours le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise.

Seulement, depuis quelques années, certains romanciers et biographes remettent en cause ce scénario. Pourquoi ?

Parce que Vincent n’a pas laissé de lettre expliquant son geste. Mais tous les suicidés ne couchent pas forcément leurs intentions sur papier. Alors ?

D’autres raisons font également douter : l’arme qui a servi à sa mort n’a pas été retrouvée. Et surtout, pour quelle raison Vincent se serait-il tiré une balle dans le ventre en plein champ pour finalement retourner à l’auberge mourir dans son lit au bout de près de trente heures d’agonie ?

Et si Vincent ne s’est pas suicidé, qui l’a tué ? Les frères Secrétan ! C’est ce que sous-entendait Jean-Michel Guenassia dans La valse des arbres et du ciel et c’est la thèse que reprend Sophie Chérer pour tisser la trame de Tuer Vincent.

L’autrice nous donne à lire ici, le récit du dernier été de Van Gogh passé à peindre dans une frénésie, une certaine urgence. Elle nous montre la vie d’ascèse du peintre, totalement dévoué à son art et sa rencontre avec les frères Secrétan, issus de la bourgeoisie parisienne.

Gaston, l’aîné, qui barbouille quelques toiles, va voir en Van Gogh un maître, alors que son cadet, René, va n’avoir de cesse que de le persécuter, le rabaisser, le traiter de prussien, etc.

Vincent, qui a échangé de nombreuses lettres avec son frère Théo cet été-là, comme à son habitude, ne fait nulle part mention des frères Secrétan !

Quelle est la part de réel dans cette histoire et celle des conjonctures ? Peu importe où est la vérité puisqu’ici Sophie Chérer nous propose une fiction, un récit âpre à lire lorsque l’on aime le peintre car on le voit malheureux, tourmenté, malmené mais aussi exalté par la peinture.

Un récit destiné aux adolescents mais aussi aux adultes car si les chapitres sont courts, le vocabulaire adapté et la typographie assez grosse, l’histoire, comportant des passages crus et explicites quant à la sexualité, n’est pas à mettre entre les mains des plus jeunes mais plutôt des 16 ans et plus.

Un roman bien écrit et documenté qui permettra aux lecteurs de découvrir le peintre dans son intimité, une bonne idée pour intéresser les ados à la peinture et à un grand nom de la peinture.

Un grand merci éditions L’école des Loisirs pour cette lecture et pour leur confiance.

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« Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu’illusion… Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

Fin janvier 1892 en Nouvelle-Angleterre. Abigail Rook, 17 ans, débarque à New Fiddleham, en Amérique après avoir fui sa famille qui refusait de lui voire entreprendre des études de paléontologie.

La tête pleine de rêves, elle espère vivre l’aventure avec un grand A. Dans une auberge, elle fait la connaissance d’un étrange personnage, Jackaby, qui lui offre un emploi d’assistante.

Détective doué de facultés de médium, il est capable de voir les phénomènes surnaturels. Pour sa première mission, Abigail accompagne son nouveau patron sur les lieux d’un crime particulièrement sanglant.

Jackaby soupçonne l’assassin de ne pas être humain, ce que la police refuse de croire. Mais les meurtres s’enchaînent et confirment les soupçons du détective…

J’avais repéré Jackaby lors de sa parution il y a plus d’un an maintenant et lors d’une virée à la médiathèque, mon regard a croisé cette couverture à la fois belle et énigmatique et je suis repartie avec !

Ce premier tome d’une série qui en compte déjà trois en français et un quatrième en anglais, nous emmène donc à la fin du XIXè siècle dans une petite ville des Etats-Unis et nous permet de faire la connaissance d’un duo d’enquêteurs pas comme les autres : Jackaby et sa toute nouvelle assistante Abigail Rook.

Jackaby est un détective d’un genre particulier puisqu’il voit ce que les autres ne voient pas : les créatures et phénomènes surnaturels. Abigail Rook est devenue son assistante et comme c’est elle la narratrice de ce roman, nous suivons cette première enquête de son point de vue alors, qu’elle est totalement dépourvue de pouvoirs, contrairement à son employeur.

Notre duo de héros se révèle attachant et on a plaisir à les suivre dans cette première aventure. Jackaby est excentrique dans sa façon d’être, de se vêtir. Son intelligence est hors du commun et il a un sens de l’humour et du sarcasme savoureux.

Abigail ne manque pas de charme et elle se révèle une narratrice très intéressante même si elle est davantage dans la réserve en raison de son éducation et de la place réservée aux femmes au XIXè siècle.

Le duo fonctionne bien, il y a une certaine alchimie et une complicité qui s’instaurent au fur et à mesure du récit. Quant aux personnages secondaires, ils valent eux aussi le détour : l’ancien assistant de Jackaby devenu un canard à cause d’un sort, un fantôme, un jeune policier métamorphe…

L’enquête sur le tueur en série qui sévit à New Fiddleham est bien menée avec un suspens qui monte crescendo, ce qui en fait un bon thriller historique pour adolescents.

L’atmosphère est aussi très réussie : violente, sombre et glauque juste ce qu’il faut pour imprimer une ambiance surnaturelle et paranormale crédible. Dommage que cette série ne soit pas plus visible car elle a de nombreux atouts et j’ai passé un bon moment avec ce premier tome. J’ai d’ores et déjà réservé le second volume à la médiathèque car je suis très curieuse de découvrir la suite des aventures de Jackaby et Abigail !

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C’était celui qu’Eléonore avait repéré, recourbé comme le cou d’un cygne, habillé de boutons dorés sur le côté. Un soir, elle était restée plus longtemps que prévu devant la vitrine de M. Sax. Elle perdue dans ses souvenirs, quand un jeune garçon la surprit : « C’est rare pour une fille d’aimer la musique ! ». Elle sursauta : « Ces instruments sont les plus beaux du monde ! »

1862, Nord de la France. La jeune Éléonore âgée de 12 ans a une oreille exceptionnelle. Elle devrait faire la fierté de son père Arsène Leblanc, plombier gazier de son état mais surtout premier piston de l’orphéon dans la fanfare des Crickmouils.

Que nenni ! Son père est fou de rage lorsqu’il découvre que sa fille joue de la musique en cachette. Pour lui faire passer l’envie de devenir musicienne, un métier qu’il juge inconvenant pour une personne de sexe féminin, il l‘envoie à Paris chez son oncle et sa tante qui tiennent une blanchisserie.

Mais l’adolescente a tôt fait de mettre les blanchisseurs dans sa poche et trouve le moyen de se faire embaucher dans l’atelier de fabrication d’instruments d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone.

Commence alors pour Eléonore, une vie exaltée entre Montmartre et Pigalle om se croisent peintres, artistes et petit peuple de Paris. De la Commune à la Nouvelle Orléans, de 1862 aux années folles, Eléonore va vivre mille vies au son de la musique…

Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas nous proposent avec La saga des Marquises, une saga historique pour les adolescents de qualité. Portée par deux héroïnes fortes que sont Eléonore et sa fille Carmel, on découvre l’histoire des premiers instruments à cuivre et les débuts du jazz.

La destinée hors du commun de cette famille de musiciennes au temps de la Commune et des premières Expositions universelle s’est révélée passionnante à lire, tout du moins la première partie qui a pour cadre Paris que j’ai nettement préférée à la seconde qui se déroule à la Nouvelle-Orléans.

Des deux héroïnes, mon intérêt s’est surtout porté sur Eléonore que l’on suit de ses 12 ans jusqu’à son décès et qui va savoir prendre son destin en main. Et son destin, c’est la musique, n’en déplaise à son père qui souhaite la voir derrière les fourneaux.

A Paris, elle saura s’affranchir du joug paternel pour mener la vie dont elle rêve : une vie libre, au mépris des conventions de son époque. Féministe, antiraciste, courageuse, généreuse, elle prendra part à la Commune et saura larguer les amarres pour la Louisiane afin de retrouver son grand amour et lui présenter Carmel, leur fille.

Les thèmes abordés dans cette partie (égalité homme / femme, combat pour la liberté, féminisme) m’ont davantage intéressé que ceux de la seconde partie qui tournent plus volontiers autour des problèmes raciaux et de la ségrégation qui existent encore au début du XXè siècle aux Etats-Unis. J’ai également eu moins d’empathie pour Carmel que j’ai trouvé davantage exaspérante qu’attachante !

Si les Marquises sont des personnages fictifs, pendant ces soixante ans qui enveloppent tout le récit, on rencontre au fil des pages et des évènements des personnages célèbres tels que Auguste Renoir, Louise Michel, Adolphe Sax, Georges Gershwin, Joséphine Baker, Louis Armstrong, Sidney Bechet…

Un roman virevoltant, très bien documenté, qui nous immerge dans le Paris de l’Empire et de la Belle-Epoque, et dans la Nouvelle-Orléans des années folles. Un récit qui donne envie d’écouter du jazz, du ragtime, de danser le cake-walk ou le charleston.

Un roman à découvrir et à faire découvrir aux adultes comme aux adolescents avec un thème central très actuel : l’égalité homme femme !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Déjà 40 000 exemplaires vendus et plusieurs nominations, notamment pour les National Book Awards et pour la Médaille Carnegie, Evelyn, May et Nell est un roman young adult se déroulant à une période historique palpitante, qui fait encore écho au combat pour l’égalité homme-femme aujourd’hui.

Février 1914 : un groupe de jeunes femmes, les « suffragettes », milite à Londres pour que le droit de vote leur soit accordé. Parmi elles, Evelyn, May et Nell. Pour ces trois adolescentes, issues de classes sociales différentes, « avenir » rime avec « espoir ». Mais sur le chemin de la liberté, un obstacle de taille va se dresser : la Grande Guerre qui éclate. Le droit de vote des femmes passe plus que jamais au second plan pour la classe politique paternaliste.

Bon nombre de suffragettes elles-mêmes vont cesser le combat pour apporter aide et soutien aux soldats. Les suffragettes obtiendront-elles gain de cause ou leur combat sera-t-il reporté une fois encore ?

Evelyn, May et Nell, pour un monde plus juste aborde la cause féminine par le prisme d’une thématique que j’affectionne tout particulièrement et que j’apprécie de retrouver dans mes lectures : les suffragettes.

A travers ces trois héroïnes d’horizon et de niveaux sociaux différents, toutes trois très attachantes, Sally Nicholls prend le pouls d’une génération de femmes qui souhaitent s’émanciper et obtenir le droit de vote.

Evelyn, 17 ans, est issue d’un milieu bourgeois et conservateur, aînée de la fratrie, elle souhaite faire des études de lettres classiques mais c’est sans compter ses parents qui n’en voient pas l’intérêt puisqu’elle devra convoler d’ici peu. Evelyn ne l’entend pas ainsi et s’engage dans les suffragettes pour faire plier ses parents.

May, 16 ans, vit seule avec sa mère, qui enseigne le piano et leur gouvernante. Comme sa mère, elle est une quaker convaincue et prône le pacifisme. Depuis toujours, May fréquente les cercles féministes, assume son homosexualité naissante pour laquelle sa mère a une attitude bienveillante. Les deux femmes participent activement aux manifestations des suffragistes sans jamais succomber aux violences dont certaines se rendent coupables.

Nell, 15 ans, est issue de la classe ouvrière. Elle vit avec ses parents et ses nombreux frères et sœurs dans un deux-pièces de l’East End. Elle aussi est une suffragette mais elle s’habille en homme, gomme toute féminité en elle et n’hésite pas à lever le poing contre les forces de l’ordre si besoin est.

Ces figures féminines issues de la grande et petite bourgeoisie ou de la classe ouvrière, permettent à Sally Nicholls de nous dépeindre la condition féminine au début du XXè siècle en Angleterre.

Des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’auteure donne la vedette à des personnages féminins en abordant ici le droit de faire des études pour Evelyn qui rêve d’intégrer Cambridge, de vivre selon les principes quakers pour May et de s’élever dans la société pour Nell.

Il est aussi beaucoup question d’homosexualité féminine, l’autrice sous-entend que bon nombre de suffragettes était lesbiennes, certaines s’habillant en homme, comme Nell dans le roman.

Je ne doute pas que les lesbiennes aient largement soutenu un mouvement qui prônait l’émancipation féminine et l’égalité homme-femme, mais je ne pense pas que cela concernait la majorité des cercles féminins, cette vision me semble très caricaturale et met parfois la cause suffragiste au second plan.

Vous savez j’aime beaucoup la thématique des suffragettes et je regrette qu’ici, elle cède peu à peu la place à la guerre. Si la première moitié du roman nous immerge dans la cause suffragette, ses combats, ses actions, ses manifestations, ses coups d’éclats… les regards et les oppositions qu’elles suscitent dans une société prude et paternaliste, la seconde partie s’attarde surtout sur la guerre et les bouleversements qu’elle a entrainés, ce que je trouve un peu dommage.

Il n’empêche que Evelyn, May et Nell, pour un monde plus juste est un bon roman historique, bien documenté, qui permettra aux jeunes lectrices de se familiariser avec les combats féministes du début du XXè siècle.

Je vous le recommande si les thématiques et l’époque où se déroule ce récit vous passionne même si j’ai quelques bémols dont je vous ai fait part !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Hatier jeunesse pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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L’éblouissante lumière des deux étoiles muges a conduit Davide Morosinotto jusqu’en Russie, un pays si grand que les voyages qu’on y entreprend ne finissent jamais…

Septembre 1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe vers le Nord en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, le parti ordonne l’évacuation des milliers d’enfants via la voie ferroviaire.

Viktor et Nadia âgés de douze ans doivent quitter leur appartement communautaire et leurs parents, conservateurs au musée. Le père, qui vient de s’engager dans la Milice, enjoint à Viktor de ne jamais quitter sa sœur.

Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Nadia monte dans le train 76 et Viktor dans le convoi suivant, le 77. Le garçon se retrouve dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats.

Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

Comme vous le savez peut-être, je suis passionnée par l’histoire de la Russie, L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges L’affaire des cahiers de Viktor et Nadia ne pouvait donc qu’éveiller ma curiosité et je dois dire que je n’ai pas été déçue par cette lecture, bien au contraire.

Davide Morosinotto qui s’est fait connaître en France avec Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn (paru en 2018 à l’école des loisirs), nous propose ici un formidable périple dans l’U.R.S.S tenue d’une main de fer par le camarade Staline !

Tout d’abord, je salue le travail éditorial de l’Ecole des loisirs qui propose une très belle couverture à rabat et un magnifique objet livre que l’on a plaisir à feuilleter, une idée cadeau idéale pour intéresser les adolescents à l’histoire !

Pendant plus de 500 pages, on suit alternativement Nadia et Viktor pris dans la tourmente de la guerre, grâce à leurs cahiers dans lesquels ils livrent leur quotidien, leurs sentiments, leurs peurs… à l’encre bleue pour Nadia et rouge (la couleur du communisme) pour Viktor.

Régulièrement, sont insérés des photos, des affiches, des cartes postales, que les enfants sont censés avoir trouvés dans leur périple.

Nous avons également les annotations manuscrites dans les marges du colonel Smirnov du Commissariat du peuple aux affaires intérieures qui a ces cahiers entre ses mains au lendemain de la fin du conflit, en 1946. Il est chargé de mener une instruction contre nos deux héros qui ont commis bien des infractions pendant la guerre.

L’originalité du roman tient dans le fait qu’il s’agit du rapport de police du colonel Smirnov, composé des écrits des deux frères et sœurs que l’on nous donne à lire. Ces journaux sont commentés et annotés par Smirnov qui souligne consciencieusement chaque infraction commise au regard de la loi par les enfants.

Autant dire que leur débrouillardise et leurs initiatives sont perçues par l’officier comme de graves manquements : vol de matériel, sabotage, complicité d’évasion, espionnage anti-soviétique, j’en passe et des meilleurs, tout cela passible de nombreuses années de prison ou de goulag voire du peloton d’exécution.

Une façon pour l’auteur de montrer aux jeunes lecteurs toute la brutalité du régime stalinien, adepte de méthodes arbitraires c’est le moins que le puisse dire.

Car si Nadia et Viktor ont enfreint la loi à de multiples reprises, c’est que l’auteur ne les a pas malmenés : ils vont être confrontés à l’ennemi nazi, connaître la faim, côtoyer de près la mort mais aussi nouer de solides amitiés.

Au-delà de l’aspect historique, Davide Morosinotto revisite brillamment le journal intime et permet aux lecteurs de se rendre mieux compte du quotidien des soviétiques durant la seconde guerre mondiale qui ont, eux aussi, beaucoup souffert des privations.

Le récit est passionnant, bien documenté, j’ai adoré suivre Nadia et Viktor, des personnages attachants et courageux dans l’adversité. Ce roman destiné aux adolescents ne manquera pas de faire mouche auprès de ce lectorat mais aussi auprès des adultes car on ne peut qu’être ému par ce duo de héros pris dans la tourmente de la guerre. Un roman à découvrir et à mettre entre toutes les mains absolument !

Un grand merci aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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1849. C’est une première dans l’histoire : une femme se présente aux élections législatives de Paris. Mais cette affaire politique inédite déplaît profondément à un mystérieux individu. Des femmes, toutes indépendantes, sont retrouvées sans vie. Un seul mode opératoire : la strangulation. Un seul motif : la haine.
Dans un climat de peur, Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie. Elle ne peut compter que sur elle-même : la police et les journaux se fichent des femmes. Son enquête l’amènera cependant à croiser la route d’étranges personnages.
Qui aurait pensé qu’elle en viendrait à frayer avec un journaliste sexiste, une mystérieuse spirite et un membre de cette police si indifférente ?

Paris 1849. Louis-Philippe a laissé la place à la seconde république depuis un an déjà lorsque des élections législatives sont organisées le 13 mai. Le suffrage universel masculin a été établi, laissant de côté l’électorat féminin qui n’a toujours pas le droit de voter.

Une femme va dénoncer cette inégalité : Jeanne Deroin, une militante socialiste. Avec Désirée Gay, elle a fondé l’année précédente un journal féministe, L’Opinion des Femmes. Bien sûr, cette action d’éclat va déclencher les foudres des hommes politiques, des journalistes et de l’opinion publique.

Rares sont les voix — y compris dans son camp — qui soutiennent cette candidature. Pierre Joseph Proudhon, comme la plupart des socialistes, la juge « excentrique », et même des femmes comme George Sand ou Marie d’Agoult l’estiment déplacée.

C’est alors qu’une série de meurtres vient endeuiller la capitale. Toutes les victimes ont été tuées selon le même mode opératoire, la strangulation. Ce n’est pas leur seul point commun : elles menaient une vie libre, indépendante et appartenaient au mouvement féministe de Jeanne Deroin et Désirée Gay.

L’inspecteur Dubon de la Sûreté, chargé de l’enquête, trouve qu’elles ont eu ce qu’elles méritaient mais son adjoint Alexandre Delage n’est pas de cet avis. Et lorsque Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie Sidonie, il se jure de mettre la main sur l’assassin du Marais…

J’avais repéré L’assassin du Marais dès sa sortie et lorsque j’ai eu la chance de le trouver d’occasion, j’ai sauté dessus car un roman policier qui aborde le féminisme au 19è siècle, écrit par Catherine Cuenca dont j’avais beaucoup aimé Le choix d’Adélie, il ne m’en fallait pas plus pour l’ajouter à ma PAL et aussitôt acheté, aussitôt lu !

Quelle lecture passionnante ce fut, j’ai adoré ce polar historique pour adolescent, où l’autrice nous entraîne dans le Paris du milieu du XIXè siècle en pleine lutte des sexes, où les premières féministes organisées essayent de faire entendre leurs voix et leurs revendications bien légitimes.

Dans ce contexte de lutte sociale, une première femme est retrouvée assassinée. Mais elle ne sera pas la seule. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Des femmes étranglées au milieu de la nuit, qui semblent avoir un lien avec les mouvements de droits des femmes qui s’élèvent alors à l’époque.

L’autrice en profite pour nous montrer la condition féminine au XIXè : l’ouvrière et la comédienne, qui pour arrondir leurs fins de mois, se prostituent. Les femmes, condamnées pour adultère, qui se voient privées de leurs enfants au profit de leur mari. Les employées des grands magasins qui subissent les avances des clients et le machisme de leurs collègues qui ne goutent guère de devoir partager leurs emplois avec elles, etc.

Au-delà de cet aspect social et historique, il y a bien sûr l’enquête policière menée par l’inspecteur Delage, un ancien criminel reconverti en policier, encore marqué par le meurtre de sa sœur, et qui a bien l’intention de mettre fin aux agissements du tueur, n’en déplaise à son supérieur qui lui met constamment des bâtons dans les roues.

Il sera bien aidé par Léa, qui par ses dons de voyance fera avancer l’enquête. Elle a une petite fille dont elle a perdu la garde au profit de son père et en veut beaucoup aux hommes. Et Julie, qui a fui un mariage arrangé pour trouver un emploi de vendeuse dans un grand magasin qui subit les avances de plusieurs clients et dont la meilleure amie a elle aussi disparu.

Un trio, donc, qui va tenter de démêler le vrai du faux, en restant sur ses gardes bien évidemment, puisqu’il y a un tueur dans les rues qui semble vouer une haine tenance aux femmes.

Chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa personnalité, son intelligence, sa débrouillardise. On va de rebondissements en rebondissements, sans jamais se douter de ce qui va arriver.

Bien sûr le contexte historique est bien rendu par Catherine Cuenca, l’enquête est menée tambour battant, sans aucun temps mort et la lutte féministe est un véritable atout pour ce roman.

Une atmosphère sombre et imprévisible, un suspens qui monte crescendo, des fausses pistes à foison et un final bien fichu sont les points forts de ce roman même si j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin.

Une lecture très prenante qui m’a fait tourner les pages avec une grande avidité, j’en redemande d’autant que l’épilogue laisse présager une suite, j’ai déjà hâte de la lire !

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Le jeune Alex a une vie trépidante. Ses exploits en escrime et ses succès à la cour font de lui un des nobles les plus admirés de Paris. Mais ses origines le rattrapent lorsqu’il retrouve sa sœur, esclave comme leur mère, qui s’apprête à rejoindre une révolte en Haïti. Alex décide de prendre lui aussi son destin en main, car partout se murmure un mot… Révolution !

Fin du XVIIIè siècle à Saint Domingue. Le jeune Alex, quatorze ans, et sa soeur Rose sont les enfants de Cessette Dumas, la plus belle esclave de l’île, et d’un français, Antoine Delisle. Un jour, le jeune homme, voit son père partir et quelques heures plus tard, un homme arrive sur le domaine et leur apprend qu’ils ont été vendus comme esclaves.

Son père, notoirement désargenté, n’a trouvé que ce moyen afin de payer son retour vers la France. Alex, Rose et Cessette sont emmenés chez leur nouveau maître où les coups de fouet sont légion. Séparés, ils tentent de s’évader mais sont immédiatement repris et sévèrement battus.

Quelques mois plus tard, Alex change de propriétaire, le capitaine Ponche, ancien pirate, l’achète et l’emmène direction la Guadeloupe. Mais ce qu’Alex ignore c’est qu’ils font en fait route vers Le Havre où les attend le marquis de la Pailleterie, son père.

Entre rencontre amoureuse, vie de cour et duels d’escrime, Alex ressent le besoin de se mettre au service d’une cause, la Révolution est en marche, il va se révéler…

J’avais découvert la plume de Christel Mouchard avec L’apache aux yeux bleus, qui racontait l’histoire vraie d’Herman Lehman, un captif des apaches. Avec Alex, fils d’esclave, l’autrice nous narre une fois de plus une histoire vraie, celle d’Alex Thomas Dumas, le père d’Alexandre Dumas, le premier général ayant des origines afro-antillaises de l’armée française.

J’ignorais tout de la vie d’Alex Dumas et je me suis régalée à cette lecture très bien écrite et formidablement documentée, qui va permettre aux jeunes dès 13 ans, de découvrir cette vie hors du commun. Ce roman, qui s’inscrit dans le programme scolaire de 4è, aborde à la fois l’esclavage et la révolte de Saint Domingue, actuelle Haïti, qui va abolir l’esclavage il y a très exactement 170 ans.

L’écriture de Christel Mouchard est fluide et elle nous propose ici une histoire rythmée : impossible de s’ennuyer de la première à la dernière page tant ce roman se révèle tout bonnement trépident à suivre car la vie d’Alex Dumas ne manque pas de rebondissement et nous plonge au coeur de la société de l’Ancien Régime, elle aussi au programme de 4è.

Sa rencontre avec sa future femme Marie-Louise Élisabeth Labouret, dont le père tient une auberge au pied de la Bastille, va lui permettre de découvrir les écrits des Lumières, l’Encyclopédie et Jean-Jacques Rousseau, l’occasion pour les jeunes lecteurs de coller là aussi avec le programme d’histoire de 4è !

Un roman que j’ai beaucoup aimé, à la fois instructif et distrayant, que je recommande vivement aux collégiens. Pour ma part, je vais le mettre entre les mains de mes garçons respectivement en classe de 5è et de 4è, ils sont pile la cible et Alex fils d’esclave va forcément trouver grâce à leurs yeux. Et comme il sort dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies, vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous le procurer.

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion Jeunesse pour cette lecture, j’ai adoré !

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