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Posts Tagged ‘littérature enfant’

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Nous sommes dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes de ses découvertes, elle affirme sa personnalité entre six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine et les bonnes manières ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ?

Eté 1899, comté de Caldwell, au Texas. Calpurnia Virginia Tate (Callie V.) a 12 ans et a trois frères ainés et trois frères cadets : Harry 17 ans, Sam Houston 14 ans, Lamar 13 ans, Travis 10 ans, Sul Ross 8 ans et Jim Boure 3 ans.

Seule fille de la fratrie, elle subit la sévérité de sa mère qui entend bien en faire une future femme d’intérieur accomplie alors que Callie ne rêve que d’être dehors. Son père est rarement là et dirige la fabrique de coton de Fentress.

Elle vit donc dans une famille on ne peut plus traditionnelle et en côtoyant Bon-Papa, son grand-père, féru de science, de naturalisme et qui passe son temps dans son propre laboratoire, elle va ouvrir son esprit à d’autres horizons que celui de son foyer et surtout fonder l’espoir de pouvoir s’accomplir professionnellement, ce qui est très difficile en cette fin du 19è siècle.

Calpurnia est un joli roman apprentissage que j’ai lu au printemps, j’ai donc eu envie de découvrir si l’adaptation en bande dessinée était fidèle au roman éponyme, d’autant qu’elle est signée Daphné Collignon, une illustratrice talentueuse que j’aime beaucoup.

J’avais trouvé le roman charmant même si il y avait trop de longueurs à mon goût et cette adaptation fidèle au roman de Jacqueline Kelly n’a pas ce travers, j’ai donc passé un excellent moment avec cette bande dessinée qui reprend la trame du roman et qui fait la part belle à l’héroïne, sa découverte de la nature et à la belle relation qui l’unit à son grand-père.

Les planches de Daphne Collignon sont comme toujours superbes, ses dessins tout en rondeur sont un régal pour les yeux, sa maîtrise des couleurs (noir et blanc, sépia ou ocre) fait merveille et c’est un vrai plaisir que de parcourir les pages, de la première jusqu’à la dernière.

Les personnages sont très expressifs et les planches, variées : tantôt sous forme de cases, tantôt sous forme de planches naturalistes, quant à la police de caractère façon écriture manuscrite, elle est très lisible et agréable à lire.

Comme le roman, l’adaptation aborde très intelligemment l’adolescence, la condition féminine et l’envie d’émancipation de son héroïne qui déteste jouer au piano, faire du crochet ou converser en français, entre autres choses, tout ce que sa mère considère comme essentielles à une jeune fille.

Il faut dire qu’à l’époque la science était un domaine réservé aux hommes et peu de femmes ont alors accès aux études supérieures mais Bon-Papa croit en elle et refuse pour sa petite-fille vive d’esprit, qu’elle soit cantonnée aux tâches ménagères.

Une première partie qui donne envie de découvrir la seconde et dernière de ce diptyque consacrée à Calpurnia, une jeune fille très attachante que j’aurai le plaisir de retrouver dès la parution du deuxième volume.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture pleine de charme !

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Comme chaque matin de la semaine, Dracula va à l’école. Mais c’est avec une boule au ventre car certains de ses camarades de classe, de gros balourds, n’arrêtent pas de l’embêter. Certes, quelques-unes de ses particularités font de lui un garçon différent mais est-ce une raison suffisante pour qu’il subisse ce harcèlement constant ? Comment y remédier ? Un soir, il franchit le pas et en parle à son papa…

Dracula a la peau blanche, des dents pointues, un vocabulaire châtié, il est le meilleur élève de sa classe et le chouchou de sa maîtresse. Comme il est de constitution fragile, il est en plus exempté de cours de sport.

Le jeune garçon est solitaire et n’a pas d’ami. Mais surtout, il est la cible de Christophe et de ses copains qui font de sa vie, un enfer. Dracula est leur tête de turc et se fait molester voire rouer de coup à la moindre occasion. Et comme, il est persuadé que tout est de sa faute, il ne dit rien à personne et surtout pas à son père…

Chaque jour Dracula signe mes retrouvailles avec Loïc Clément dont j’avais beaucoup apprécié les scénarii de Chaussette et des Jours sucrés. Son nouvel album à destination des 6 / 8 ans aborde le délicat sujet du harcèlement scolaire.

Une thématique qui m’est chère en tant que maman de deux garçons qui sont loin d’être les plus populaires de leur classe et souvent mis de côté par les autres, notamment à cause de leur désintérêt pour le ballon rond.

Accompagné ici de Clément Lefèvre qui signe les illustrations de cet album, très jolies au demeurant avec une belle maîtrise des couleurs et une façon de croquer les personnages en les rendant plus vrais que nature.

Ce thème du harcèlement scolaire est de plus en plus traité dans la littérature jeunesse et c’est tant mieux. La bonne idée de celui-ci c’est de prendre un personnage emblématique de la littérature adulte et du cinéma, que l’on décrit en général comme sanguinaire et terrifiant.

Ici le jeune Dracula a un père végétarien et il est un enfant comme les autres à quelques exceptions près. Je ne suis pas une inconditionnelle de Dracula, je n’ai pas lu le roman de Bram Stocker mais j’aime beaucoup en revanche Hôtel Transylvanie et Hôtel Transylvanie 2 dont il est le héros, j’étais donc curieuse de voir ce qu’un Dracula enfant pouvait donner et j’ai été très touchée par le jeune héros imaginé par Loïc Clément.

Le scénariste joue sur la représentation que l’on a de Dracula et inverser les rôles en faisant du vampire cruel un enfant innocent, victime de la méchanceté des enfants, vu comme un monstre par ses harceleurs, monstre que l’on se doit de pourchasser sans relâche.

Vlad, le père de Dracula, lorsqu’il comprend de quoi est victime son fils, est très triste mais aussi en colère et il va aussitôt avertir la maitresse des mauvais traitements dont son fils est l’objet.

Mais le salut du petit Dracula doit venir de lui-même afin que le harcèlement prenne fin.

Un album qui fait mouche et qui prône la tolérance et l’acceptation des autres, même ceux très loin de la « normalité » ont le droit au respect et surtout celui d’avoir des amis !

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À 11 ans, le jeune Alexandre Dumas rêve déjà de devenir un grand écrivain.
Sauf qu’il n’a plus vraiment le temps d’y penser : la boutique dans laquelle travaille Aglaé, la jeune fille qu’il aime en secret, a été saccagée, et un de leurs amis a disparu ! Voilà le moment parfait pour montrer sa bravoure ! Car Alexandre est bien décidé à mener l’enquête et à ne plus vivre ses aventures que sur le papier, quitte à mettre sa vie en danger…

Mars 1814, Villers-Cotterêts. Le jeune Alexandre Dumas vient d’écrire quelques lignes mettant en scène la jolie Aglaé qu’il aime en secret lorsque sa mère lui rappelle qu’il est temps pour lui de rejoindre le collège.

Alexandre rêve d’aventures et trouve la vie bien monotone dans sa bourgade de l’Aine lorsque soudain un événement imprévu surgit : les cosaques envahissent la ville !

C’est la panique car les russes ont une réputation de tueurs sanguinaires et tous les habitants se réfugient dans les carrières en attendant que les explosions cessent.

Lorsqu’en fin tous peuvent regagner leur logis, Alexandre raccompagne Aglaé jusqu’à la boutique des sœurs Rigolot où la jeune fille travaille. Ils découvrent que les lieux ont été saccagés et que les deux sœurs sont victimes de mutisme.

Plus tard ils se rendent compte que leur ami Boudoux, un ermite qui vit en marge de la ville, a disparu. Pour Alexandre, il se passe décidément des choses bien étranges et il a bien l’intention d’en avoir le cœur net…

Alexandre l’intrépide Dumas est le premier opus d’une série que Bertrand Puard entend consacrer aux écrivains classiques qu’il compte faire découvrir aux jeunes lecteurs dès 10 ans.

L’idée est originale et j’approuve totalement la démarche : faire découvrir des auteurs depuis longtemps disparus et catalogués souvent comme ennuyeux est une belle idée, d’autant plus que la série démarre avec Alexandre Dumas, un écrivain qui a commis des romans de cape et d’épées, une genre que j’adore.

Bien que le personnage principal ait existé, Bertrand Puard nous livre ici une fiction, il ne s’agit en aucun cas d’un épisode de la jeunesse de l’écrivain qui nous ait relaté ici mais il y a de nombreux clins d’œil aux romans de Dumas, en premier lieu Les trois mousquetaires et surtout Le comte de Monte Cristo, dont il reprend la trame et auquel il emprunte les différents protagonistes pour bâtir son intrigue.

Ce roman d’aventures est vraiment parfait pour les jeunes lecteurs : combats, mystères en tous genres, déguisements, fausses identités, courses poursuite, un trésor et même une petite histoire d‘amour.

Dans les pas d’Alexandre, les lecteurs voyagent de Villers-Cotterêts à Paris, de Marseille à l’île de Montecristo ! Impossible de s’ennuyer une seconde car les péripéties sont nombreuses, les chapitres courts et les nombreuses illustrations signées Raphaël Gauthey donnent du rythme au récit. Il est évident que les enfants passeront un très bon moment avec ce roman et les adultes aussi, en tout cas ce fut le cas pour moi !

Je ne peux que vous recommander Alexandre l’intrépide Dumas, quant à moi il me tarde de découvrir le second volume de cette série : Emile l’intraitable Zola, encore un auteur que j’affectionne et que je serai ravie de retrouver à cette occasion.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Hachette jeunesse pour cette chouette lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Et à quoi sert une bibliothèque si on n’y prête pas de livres ? On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté.

Eté 1899, comté de Caldwell, au Texas. Calpurnia Virginia Tate (Callie V.) a 12 ans et elle a trois frères ainés et trois frères cadets. Son père a repris la fabrique de coton de Bon-papa et sa mère fait tourner la maison à l’aide de deux domestiques, Viola et SanJuanna.

Mrs Tate tient à ce que ses enfants aient une bonne éducation, veille à ce qu’ils se tiennent bien à table et parle couramment le français. Sa fille se doit de savoir jouer du piano au grand dam de Callie qui n’y prend aucun plaisir.

Et maintenant que la jeune fille aborde l’adolescence, il est grand temps pour elle de parfaire son futur rôle de maitresse de maison en lui inculquant les bonnes manières, l’art de la conversation, la broderie, le tricot et le b.a.-ba de l’économie domestique, tout ce que Callie déteste.

Heureusement pour elle, cet été-là, bon-papa, qui voue les dernières années de sa vie à la science, la prend sous son aile et va l’initier aux travaux de Darwin et au naturalisme…

Calpurnia est un joli roman apprentissage et j’ai aimé suivre cette jeune héroïne ô combien attachante. Jacqueline nous plonge au cœur de l’Amérique de cette dernière année du 19è siècle qui voit un certain nombre de bouleversements : l’arrivée du téléphone, les transports…

Malgré des longueurs, j’ai trouvé ce roman charmant notamment grâce aux personnages. Celui de Callie bien évidemment mais aussi Bon-papa et l’ensemble des frères Tate. Mais c’est surtout la relation qui unit petite-fille et grand-père qui m’a le plus séduite et que j’ai trouvé très touchante.

Toutes les réflexions menées par Callie sont également importantes. La jeune fille ne rêve aucunement de devenir femme au foyer et passer sa journer à cuisiner, repriser des vêtements ou tricoter des chaussettes.

Elle se découvre au contraire un intérêt certain et une grande aptitude pour la science et l’observation naturaliste, et rêve d’entrer à l’université afin de devenir professeure.

J’ai trouvé très intelligent que Jacqueline Kelly choisisse cette période charnière de la fin du 19è et du début du 20è, période riche en bouleversements technologiques et en découvertes scientifiques, qui lui permet d’aborder un certain nombre de progrès comme le téléphone, la photographie, la vitesse de déplacement…

Avec cette héroïne née dans un état conservateur qui souhaite s’affranchir de la place et des codes réservés à la gent féminine, on sent poindre la volonté de liberté des femmes qui vont animer tout le 20è siècle et cet aspect-là est véritablement intéressant.

Je regrette en revanche les longueurs et le fait qu’il se passe relativement peu de choses, heureusement que le roman dégage beaucoup de charme et que les personnages se révèlent attachants, sinon je ne sais pas si j’aurai été jusqu’au bout, à cause de mon peu d’attrait pour la chose scientifique.

Je compte tout de même lire Calpurnia et Travis qui est dans ma PAL d’ici quelques temps.

Un grand merci aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture pleine de charme et à Céline de m’avoir accompagné dans ma lecture, vous pouvez retrouver son avis similaire au mien ici.

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Le loup en slip est de retour et pourrait bien redevenir le méchant de l’histoire L’hiver arrive, il neige, il fait froid… Grognon, le loup répète sans cesse qu’on se les gèle’ ! Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ? Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !

Dans la forêt, on le sait, quand l’hiver arrive, ça caille méchamment. Mais quand on y est préparé, l’hiver c’est plutôt chouette : on mange de délicieuses fondues au fromage, on met des super doudounes pour jouer dans la neige, on fait du ski…

Et quand on sait s’y prendre, on fait des affaires ! Les commerces de meules de fromage et de miches de pain tournent à plein régime. Tout irait donc bien dans le meilleur des mondes si monsieur loup n’était pas aussi grincheux, bougonnant à qui l’interroge : « Non ça va pas, on se les gèle ! »

Ah… mais on se gèle quoi ? Avec son super beau slip, il ne devrait pas avoir froid monsieur le loup. Mais au fil des jours, ça ne s’arrange pas, et pire, les petits animaux porteurs de cadeaux au loup, disparaissent.

La peur du loup revient dare-dare…

Etant une grand fan de Wilfrid Lupano et de sa série Les vieux fourneaux, je ne pouvais qu’avoir envie de lire Le loup en slip se les gèle méchamment, d’autant que le premier opus, Le loup en slip, fut l’un de mes coups de cœur de 2017.

Un album pour les petits qui tient son nom du théâtre de marionnettes ambulant de Sophie, l’une des protagonistes de la série consacrée aux papys anars, c’est forcément très décalé, avec un vocabulaire qui détonne dans l’univers jeunesse.

Et comme d’habitude, j’ai adoré ! Cet album est drôle avec des quiproquos à répétition autour du fait que le loup se les gèle. Il se gèle quoi au fait ? Les meules ? Les miches ? Les noisettes ?

Un double sens perçu par l’adulte qui y trouve sans compte sans bousculer les oreilles chastes de nos chères têtes blondes d’autant qu’il y a une morale dans cette histoire, comme dans tout bon album pour les enfants qui se respectent, autour de la solidarité hivernale envers ceux qui n’ont rien.

Les enfants autour de moi adorent aussi, ils y voient une histoire de loup cocasse, qui cause fesses et slip, forcément ça leur parle.

Quant à notre trio impayable des vieux fourneaux, on les retrouve tout à la fin, criants de mauvaise foi !

Un album très réussi qui convient aux petits comme aux grands, avec des valeurs et de l’humour, que je vous recommande chaudement.

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Tom O’Clock, 12 ans, fait partie de la célèbre agence Wells. Avec Josh et Annika, il forme un trio inséparable de détectives du temps : envoyés en mission, les enfants doivent remonter le temps et changer le cours de l’Histoire. Cette fois, ils débarquent cinq ans avant le Révolution Française, à Paris, où le Peuple gronde déjà des injustices permanentes de la Noblesse. Objectif de leur mission : démasquer le coupable d’un grave vol au musée de Cire et ainsi innocenter un garçon emprisonné à tort, à la Bastille. En effet, que se passerait-il si la révolte enflait et que la Révolution éclatait trop tôt ? Armés de leur insatiable curiosité et de leur Spiromontre, les trois détectives du temps vont mener l’enquête en 1784…

Tom O’Clock, est un jeune garçon de 12 ans, qui vit à New York et fait accessoirement le coursier pour la librairie de livres anciens de ses parents.

Mais entre le collège et les livraisons, Tom travaille aussi pour une agence de détectives pas comme les autres : l’agence Wells, dont son grand-père Gordon fait partie aussi.

Avec Josh et Annika, il forme un trio inséparable, appartenant à la classe Fer Battu, le grade le plus bas de l’agence.

Grâce à leurs spiramontres, ils remontent le temps afin de changer le cours de l’Histoire. Et pour cette première mission, nos détectives du temps sont envoyés en 1784. Leur mission : empêcher la Révolution française de commencer avec cinq ans d’avance avec toutefois la consigne de ne pas bouleverser le passé !

Vous savez que je suis friande de romans historiques adultes mais je ne boude pas mon plaisir devant ceux dévolus à la jeunesse. C’est ainsi que j’avais repéré cette série consacrée à Tom O’Clock début septembre qui compte pour l’instant deux opus : Le prisonnier de la Bastille et Le fantôme de Pompéi, d’autant qu’elle a ceci d’original : celle de combiner faits historiques et voyages dans le temps, une très bonne idée selon moi pour intéresser les jeunes lecteurs à l’Histoire avec un grand H.

J’ai donc été ravie de recevoir Le prisonnier de la Bastille à l’occasion de la Masse Critique Babelio consacrée à la jeunesse, j’en profite pour remercier Babelio et les éditions Auzou pour cette lecture très divertissante pour l’adulte que je suis mais qui sera riche d’enseignements pour le public visé, à savoir les 9 / 12 ans.

Les enfants apprécieront beaucoup ce roman très bien documenté qui les emmènera en plein Paris au 18è siècle, à la rencontre de la future Madame Tussauds, fameuse pour ses réalisations en cire de personnalités, des frères Montgolfier et de leur célèbre invention, la Montgolfière, et de la reine Marie-Antoinette elle-même.

Avec ce trio de détectives sympathiques en diable, ils pourront se promener dans les jardins des Tuileries, réaliser un vol en Montgolfière et même visiter la Bastille, au cours de cette enquête rondement menée par Tom, Josh et Annika.

Un court roman à la fois historique et policier, sans aucun temps mort, abondamment illustré et très bien mis en page par les éditions Auzou qui ont fait un très bon travail autour de ce livre, que je vous recommande chaudement si vous avez des jeunes lecteurs autour de vous, qu’ils aiment l’Histoire ou pas, ils tomberont forcément sous le charme de Tom O’Clock, de sa sagacité, de son érudition et de son humour.

Cerise sur le gâteau, les enfants retrouveront en début et fin d’ouvrage une frise chronologique et les différents événements de l’époque.

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1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine.

Seconde guerre mondiale. En cette année 1941, les lois françaises contre les juives promulguées par le régime de Vichy se durcissent encore (ouverture du camp de Drancy et port de l’étoile jaune). Rachel n’a plus de nouvelles de ses parents depuis qu’ils l’ont confié aux bons soins de la maison de Sèvres pour qu’elle y soit en sécurité.

La scolarité est assez libre dans l’établissement qui accueille des pensionnaires, pour la plupart des juifs cachés aux autorités. Responsable de l’atelier photo, Rachel se voit confier un Rolleiflex par Pingouin, le mari de Goëland, la directrice. Elle et lui seront désormais inséparables et Rachel va passer son temps à immortaliser son quotidien et celui de ses camarades.

Mais ce bonheur simple va bientôt prendre fin pour Rachel, obligée d’abandonner son identité juive pour endosser celle d’une française bon teint en devenant Catherine Colin et de quitter la maison des enfants et ses amis Sarah et Jeannot pour rejoindre la France libre…

Avant d’être un roman graphique, La guerre de Catherine est un roman jeunesse de Julia Billet édité à L’école des Loisirs dont j’ignorais l’existence, je ne sais donc pas si cette adapation est en tous points fidèles à l’œuvre originelle mais ce que je peux vous dire en revanche c’est de la lire ou la faire lire à vos enfants absolument !

L’histoire de Catherine est inspirée de celle de la mère de Julia, Tamo Cohen dite France, recueillie elle aussi à la maison de Sèvres. Les personnages de Pingouin et Goëland ont réellement existé et l’auteure leur rend ici un bel hommage, ils ont d’ailleurs été déclarés justes après la guerre.

Le dessin enfantin de Claire Fauvel associé au scénario de Julia Billet font mouche et retracent à merveille le parcours de ses enfants juifs cachés par la résistance dans des écoles ou des couvents.

J’ai adoré cette bande dessinée pleine d’émotions, on s’attache fatalement à Rachel, aux enfants et aux adultes qui croisent sa route. Ses hommes et ses femmes qui risquaient leurs vies pour sauver des enfants d’une mort certaine en déportation sont formidablement mis en lumière ici.

L’histoire est bouleversante et passionnante à suivre, d’autant qu’elle est en partie véridique et qu’elle nous montre le sort des enfants et les réseaux qui les aidaient à fuir.

Les rebondissements sont nombreux et on suit tout le parcours de Rachel à travers la zone libre d’un point de chute à l’autre, certains passages sont bouleversants et franchement on a la boule au ventre en pensant à tous ces enfants et à ceux qui malheureusement n’ont pas été sauvés.

Un récit très touchant, la guerre à travers l’œil et l’appareil photo d’une adolescente, à mettre entre toutes les mains, dès 12 ans.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette belle lecture !

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