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Posts Tagged ‘littérature française’

Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l’enfance, elle a le goût de l’écriture et rédige son premier roman à l’âge de dix ans. Professeur de droit et d’économie, elle décide, après dix-sept ans d’enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l’écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s’est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c’est en Provence, sa terre d’adoption, qu’elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers.

1965, cap Ferret. Charlotte Galley, 93 ans, est bouleversée : son petit-neveu Jérôme a reçu l’offre d’un promotteur immobilier et veut vendre la Maison du Cap, conçue par le père de Charlotte, l’architecte James Desormeaux, à la fin du XIXè siècle.

La demeure sera rasée pour laisser place à un ensemble d’appartements qui bénéficieront de la vue incomparable sur le bassin d’Arcachon.

Paniquée, révoltée, Charlotte, aidée par ses petits-enfants Violette et Paul, fait appel à un cabinet d’architectes bordelais afin de demander le classement de la demeure par les monuments historiques.

Pierre-Loup propose à son associée Iris de se charger de l’affaire. La jeune femme se rend alors au cap Ferret pour rencontrer Charlotte et les siens. Tombée sous le charme de la maison et de la famille, Iris épouse leur combat…

Voilà quatre ans déjà, j’avais eu un quasi coup de coeur pour la saga familiale, La maison du Cap, qui courait sur plusieurs générations et dont La maison de Charlotte est une suite indépendante.

Dans son nouveau roman, Françoise Bourdon raconte le combat de deux femmes pour que subsiste une maison de famille, riche de mille souvenirs, de vies et d’histoires, au cap Ferret. Si les deux opus peuvent se lire indépendemment, je vous conseille tout de même de commencer par La maison du Cap pour comprendre toutes les ramifications qui se poursuivent dans La maison de Charlotte.

Porté par plusieurs femmes, ce récit fait la part belle aux secrets de famille, mon péché mignon ! D’un côté, nous suivons Charlotte dans son combat pour sauver sa maison ; Violette, atteinte d’une sclérose en plaques, qui souhaite sauver son mariage avec son photographe de mari, Diego ; et Iris, qui vient d’hériter de la maison familiale des Landes, Chantecler.

L’histoire se déroule principalement en 1965 mais aussi de 1937 à 1944 via les carnets de sa tante Anna dont Iris prend connaissance après le décès de celle-ci et qui nous ramène aux heures sombres de l’Occupation et de l’épuration.

J’ai beaucoup aimé retrouver le cap Ferret, Charlotte, Diego et Violette, les protagonistes de La maison du Cap et j’ai trouvé l’apport d’Iris et de son histoire familiale complexe, intéressant.

Les trois femmes sont fortes, combattantes et indépendantes, et on a plaisir à les voir se battre pour ce qu’il leur tient à coeur.

L’autrice aborde plusieurs thématiques (maladie, deuil, divorce, homosexualité, la guerre d’Indochine…) mais sans jamais les approfondir, ce que j’ai trouvé dommage, elle effleure les sujets, fait des sauts de puces entre ses personnages et les époques de façon bien trop brève.

La plume de Françoise Bourdon est toujours aussi fluide et agréable à lire, elle a un réel talent de conteuse et je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page même si je déplore quelques facilités dans les différents dénouements.

Un moment de lecture tout de même bien agréable et que je vous recommande si vous aimez les sagas familiales.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

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Cinéaste, scénariste, comédienne et romancière, Laetitia Colombani est l’auteur de La Tresse, vendus à près d’un million d’exemplaires en France et traduit dans 35 langues. Egalement décliné en album pour enfants, le roman est en cours d’adaptation pour le grand écran.

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours, ses envies de maternité. Un jour, alors qu’elle sort d’un procès, son client se suicide devant elle et, sous le choc, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out.

Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, à coup d’antidépresseurs, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce : « association cherche volontaire pour mission d’écrivain public ». Elle est aussitôt acceptée et envoyée en mission.

Elle déchante lorsqu’elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés. Dans le hall de l’immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l’accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables.

A la faveur d’un cours de Zumba, d’une lettre à la Reine d’Angleterre ou d’une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier. Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va se révéler étonnamment vivante, et comprendre le sens de sa vocation : l’écriture.

Près d’un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Capitaine de l’Armée de Salut, elle rêve d’offrir un toit à toutes les femmes exclues de la société. Sa bataille porte un nom : le Palais de la Femme.

Avec Les victorieuses, Laëtitia Colombani nous propose une histoire à double temporalité comme je les affectionne tant ! De nos jours, nous suivons Solène, une avocate qui s’en donné corps et âme à son cabinet au point d’avoir fait une croix sur toute vie sociale et privée.

Et quasiment un siècle plus tôt, nous mettons nos pas dans ceux de Blanche Peyron, une activiste de l’Armée du Salut ayant réellement existé, et qui a mis sa vie au service des autres.

Le Palais de la Femme existe, grâce à l’obstination de Blanche et de son mari qui ont remué ciel et terre pour qu’il puisse accueillir des femmes pauvres, précaires, venues de tous horizons.

Laetitia Colombani nous invite à y entrer pour découvrir ses habitantes, leurs drames et leur misère, mais aussi leurs passions, leur puissance de vie, leur générosité.

Ce roman m’a beaucoup touchée, émue, remuée. Malgré sa brieveté, l’autrice y aborde des thèmes actuels et très intéressants, de façon très intelligente, qui touchent les femmes : la pauvreté, la précarité, le mal-logement, la difficulté de se réinsérer, l’excision, l’abandon, la vie dans la rue, la drogue, la prostitution, le viol…

Et elle met en parallèle, les mêmes difficultés vécues par les femmes au début du siècle dernier, et le combat incessant de Blanche Peyron pour vaincre la pauvreté, la faim, la précarité… au sein de l’Armée du Salut.

Sa grand oeuvre étant d’avoir convaincue les riches et les puissants de lui donner les moyens d’accueillir des femmes dans un endroit décent, chauffé, où elles ne connaitraient plus la faim, le froid.

J’avoue, en entamant cette lecture, je ne connaissais absolument pas Blanche Peyrin ni les débuts de l’Armée du Salut, une oeuvre de bienfaisance portée par des laïcs protestants, qui a eu énormément de mal à s’implanter en France, fille aînée de l’Eglise.

J’ai été choquée de lire toutes les avanies dont Blanche et les siens ont été l’objet, eux, qui voulaient simplement soulager les heurs et malheurs de leurs contemporains. Choquée aussi de voir, qu’hélas, un siècle après, les femmes paient toujours un lourd tribu à la précarité. Emue aussi de partager les joies et les bonheurs de toutes les femmes que l’on croise au fil de notre lecture.

Un beau roman, plein de solidarité, de sororité, de générosité, d’amour, de force aussi. Je vous le recommande vivement !

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Née au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, Florence Roche a fait des études d’histoire à la faculté de Saint-Etienne. Elle a notamment publié L’Honneur des Bories, La Trahison des Combes, La Réfugiée du domaine et, aux Presses de la Cité, Les Parfums d’Iris, Les Carnets d’Esther, L’Héritière des anges et Le Pensionnat de Catherine.

Orpheline, Mathilde Gontran a grandi dans le pensionnat des Sœurs de la Charité au Puy-en-Velay depuis le jour où elle a été déposée à la pouponnière le 25 mars 1893.

En 1913, lors d’une promenade, elle croise Armand, l’unique fils de la prospère famille Josserand. C’est le coup de foudre. Mais les parents du jeune homme font tout pour éloigner la jeune fille : Armand est déjà promis, il en va de la survie des forges familiales.

En outre, Mathilde n’est qu’une simple lingère, et surtout elle serait la fille d’une criminelle, Lise Leclerc, condamnée au bagne pour le meurtre de quatre personnes. Mathilde, pour espérer goûter au bonheur, doit faire la lumière sur son passé.

Elle se lance alors dans une quête effrénée pour comprendre l’acte fou commis par sa mère vingt ans auparavant et démêler l’écheveau que fut la vie de Lise Leclerc.

Avec L’orpheline des soeurs de la Charité, Florence Roche nous propose une histoire pleine de secrets de famille comme je les aime, portée par deux héroïnes fortes, courageuses et attachantes : Mathilde et Lise.

Roman à deux voix et à double temporalité, on suit tour à tour Lise avant sa condamnation pour un quadruple meurtre, dans les années précédant 1893, date des crimes et, vingt ans plus tard, Mathilde qui tente de comprendre l’acte fou qui a conduit sa mère au meurtre.

L’histoire, émaillée de mystères et de nombreux rebondissements, est passionnante à suivre de bout en bout et même si j’avais deviné bon nombre de choses, je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page.

Le style fluide et dynamique de Florence Roche, l’aternance des points de vue et des époques, la quête d’identité de Mathilde qui prend des faux airs de polars, concourent à rendre cette lecture agréable et très addictive.

Entre mystère et vengeance, l’autrice raconte aussi la vie des femmes à une époque où elles n’ont pas leur mot à dire, où elles doivent se cantonner à la tenue du ménage et à la perpétuation de l’espèce !

Et nos héroïnes sont bien loin des codes de leur époque : Lise est infirmière à l’hôpital au temps où les soignantes étaient généralement des religieuses, elle forme une excellente équipe avec le docteur Dassin qui l’encourage même à devenir médecin.

Quant à Mathilde, elle refuse de se laisser intimider par les puissants, elle veut être une femme libre et indépendante même si elle rêve d’épouser le bel Armand.

Si vous aimez les secrets de famille, les femmes fortes et courageuses, L’orpheline des soeurs de la Charité devrait vous plaire !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir !

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A force de parler des livres des autres sur son blog C’est quoi ce Bazar ? , ça devait arriver Sophie Horvath s’est mise à son tour à raconter des histoires. Elle est également l’auteur du Quartier des petits secrets, aux éditions Flammarion.

Garance n’en peut plus. Elle est épuisée. Pourtant, elle n’en avait pas conscience avant que le pédiatre de son fils Gaëtan lui pose cette simple question : « Et vous, comment ça va ? »

Depuis quand ne la lui avait-on pas posée ? Après quelques minutes durant lesquelles elle mouilla des dizaines de Kleenex, il l’observa, l’air songeur. Il ne souriait plus mais son visage restait bienveillant, attentif et patient. Finalement, il dit : « Je connais peut-être quelqu’un qui pourrait vous aider. »

C’est alors que Garance, jeune maman au bout du rouleau, découvre une association atypique, L’école des mamans heureuses fondée par la solaire Rosa.

Ce lieu où n’importe quelle mère peut venir afin de penser à elle l’espace d’une heure va lui permettre de faire la connaissances d’autres mamans un peu au bout du rouleau : Corinne la rebelle, Catherine la mère de famille en apparence parfaite et Leila qui fuit sa maternité toute neuve.

Oui, on peut aimer ses chères têtes blondes mais on n’en est pas moins humain…

Cet hiver j’avais découvert la plume de Sophie Horvath à l’occasion de son premier roman, Le quartier des petits secrets, une lecture toute douce, comme le fut celle de L’école des mamans heureuses, son second roman.

Si vous êtes à la recherche d’une histoire pleine d’humour, de bienveillance et de tolérance, ne cherchez plus, vous l’avez trouvé ! Ce titre renferme tout ce que j’attends d’un feel-good book, une lecture réconfortante avec de l’amitié et de l’entraide féminine, portée par des personnages très attachants.

C’est un roman très actuel avec une thématique principale : la parentalité. Toutes les participantes aux ateliers de l’école des mamans heureuses ont donc un point commun, celle d’être maman.

Corinne qui ne sait plus comment faire pour remettre son fils dans le droit chemin, Catherine coincée dans son rôle de mère au foyer parfaite, Garance qui a oublié de vivre sa vie et Leila qui fuit son bébé, vont se retrouver régulièrement pour se livrer et participer à des ateliers.

Dans cette EMH, Rosa la pétillante va libérer la parole de ces femmes, bientôt rejointe par Aurélien, un papa au foyer qui vit les mêmes problématiques qu’elles.

Oui on peut adorer ses enfants mais être submergé(e) par son rôle de parent, c’est la leçon à tirer de ce roman. Un texte déculpabilisant pour les parents toujours en quête de perfection qui montre justement que nul n’est parfait et que l’important c’est surtout d’être heureux, si ses parents le sont, l’enfant le sera aussi !

Garance, Catherine, Corinne, Leila et Aurélien, en dépit de leurs différences, vont nouer des liens, devenir amis. Ils vont tout se dire, se déchirer, rire dans une ambiance souvent bienveillante et accueillante, mais pas toujours, et petit à petit, les carapaces vont se fendre et les secrets se dévoiler.

Le style de l’autrice est fluide et agréable et on arrive à regret au point final. Si j’ai vraiment passé un chouette moment avec cette lecture, je regrette tout de même que tout aille trop vite et soit survolé. En moins de 200 pages, l’autrice mène son récit tambour battant, on ne s’ennuie pas c’est certain mais ça manque un peu de profondeur !

Malgré des petits bémols, un roman et une autrice que je vous conseille si vous aimez les lectures cocooning.

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Gwenaële Robert est professeur de lettres, elle vit à Saint-Malo. Never Mind est son troisième roman pour adultes, après Tu seras ma beauté et Le Dernier Bain, lauréat de six prix littéraires dont le prix Bretagne.

Paris, 3 nivôse an IX.C’est le soir de Noël, il flotte dans Paris une atmosphère joyeuse. Personne ne se doute que dans la rue Saint-Nicaise, une charrette et un cheval tenu par une petite fille vont exploser, atteignant tous les passants alentour. Sauf Napoléon, le seul visé.

Le futur empereur veut punir ses opposants jacobins, persuadé qu’ils sont les instigateurs de l’attentat et Fouché en déporte plus de cent. Mais les véritables coupables, les chouans, demeurent introuvables. Parmi eux, Joseph de Limoëlan subit les pires remords. Fouché n’aura de cesse de le traquer.

De la chambre de Joséphine aux fossés de Vincennes, de la Bretagne aux Seychelles, des souterrains de Paris aux rivages de l’Amérique, Never Mind est un roman au souffle puissant qui fouille l’Histoire et le coeur surprenant des hommes.

Never Mind signe mes retrouvailles avec Gwenaële Robert, une romancière que j’aime beaucoup et dont on ne parle pas assez à mon goût. Après Tu seras ma beauté et Le dernier bain pour lequel j’avais eu un coup de coeur, j’étais impatiente de retrouver la si belle plume de Gwenaële et découvrir sa nouvelle histoire que j’étais sûre d’aimer.

Avec un brio remarquable, Gwenaële Robert saisit ce moment exceptionnel où un nouveau régime s’installe alors que le sang de la Révolution n’est pas encore sec. Au coeur de ces remous, elle se plaît à imaginer le quotidien d’anonymes qui ne mesurent pas toujours l’ampleur des événements politiques dont ils risquent d’être victimes.

C’est peu dire que j’ai aimé ce roman : il contient tout ce que j’attends d’un roman historique, mon genre favori comme vous le savez. Cette période de l’histoire n’est pas ma préférée mais Gwenaële Robert a un tel talent de conteuse, une plume que j’aime et admire tant, qu’elle peut m’emmener où elle veut, je la suis aveuglément !

Formidablement bien documenté, ce titre nous plonge au coeur de l’attentat de la rue St Nicaise, dont j’ignorais tout, et mêle personnages historiques tels que Napoléon, Fouché et Joseph de Limoëlan à des anonymes qui gravitent autour d’eux, comme elle l’avait si bien fait dans Le dernier bain.

Tout est finement esquissé et brossé qu’on s’attache très vite aux personnages : son héros bien sûr, Joseph de Limoëlan et l’imprimeur jacobin, persuadé qu’on finira par le relâcher puisqu’il est innocent.

Passionnant de la première à la dernière page, l’autrice nous conte une page de notre Histoire avec un rythme vif, des chapitres courts et des évènements qui suscitent l’intérêt. La grande histoire ne prend jamais le pas sur la petite, tout est savamment dosé, on est à la fois dans le romanesque et l’historique, l’imaginaire et le réel. Un pari difficile que Gwenaële Robert remporte haut la main.

En tournant la dernière page de cet excellent roman, je m’étonne vraiment que cette romancière bretonne ne soit pas plus connue et qu’on ne parle pas autant de ses romans que je le souhaiterais.

Si vous aimez les romans historiques, il vous faut lire Gwenaële Robert absolument : ses histoires sont passionnantes et brillamment ciselées, son style est merveilleux et tellement littéraire que c’est un bonheur sans cesse renouvelé de la lire.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour ce coup de coeur !

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Après des études de lettres puis aux Beaux-Arts, Fanny André a décidé de se consacrer à l’écriture. Jeune romancière, elle a remporté plusieurs prix littéraires, et est l’auteur de plusieurs romans (romance, fantastique, young adult) parus aux éditions Milady et Marabout : A jamais, Premier rôle, Camping dating…

A Trouville, lors de l’enterrement de son fils Arnaud mort d’un AVC, Camille Chardin, quatre-vingts ans, guette l’arrivée de son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine, avec laquelle elle s’entendait très bien.

Les deux femmes restent ensemble après l’enterrement et leur complicité passée resurgit. Isabelle ne va pas bien : triste et amaigrie, elle a fait un burn-out et quitté son cabinet d’avocats.

Camille est aussi à une étape clé de sa vie. Veuve depuis de nombreuses années, plus rien ne la retient en Normandie alors elle décide de mettre en vente sa maison de Trouville où elle vit depuis soixante ans, pour retourner dans sa Bretagne natale.

Au cours de leur conversation, elles font le projet de réaliser un ancien rêve : un voyage ensemble. Chacune montrerait à l’autre les beautés de son terroir : Isabelle, la Normandie et Camille, la Bretagne, afin de mettre un terme à la gentille rivalité qu’elles ont toujours entretenue autour de la plus jolie région d’origine.

C’est surtout l’occasion pour Camille de fuir le deuil qu’elle vient de vivre et pour Isabelle de reprendre pied et d’arrêter de se morfondre chez elle…

Avec Pour le sourire d’Isabelle, Fanny André met en scène Camille et Isabelle, chacune à un tournant de leur vie. Deux héroïnes attachantes liée par une touchante relation quasi filiale en dépit du divorce d’Arnaud et Isabelle.

Les deux femmes qui s’étaient perdues depuis quelques années entreprennent un voyage à travers la Bretagne et la Normandie pour prouver à l’autre, la beauté de sa région.

De Honfleur à Giverny, de Locronan à Douardenez, de maisons d’hôtes en restaurants ou salons de thé, nous suivons l’itinéraire de ces deux gourmandes qui se livrent peu à peu.

Vous connaissez mon attrait pour la gourmandise et les romans ayant pour cadre ma région, la Bretagne, ce roman ne pouvait qu’aiguiser ma curiosité et atterrir dans ma PAL, d’autant que sa jolie couverture est un vrai plus (oui parfois je peux être très superficielle !).

Au-delà du dépaysement que procure cette lecture qui m’a beaucoup plu et donné envie de revoir ces lieux emblématiques bretons et normands, car l’autrice plante très bien ses décors et franchement on s’y croirait !

J’ai aimé le cheminement de ces deux femmes, leurs caractères et leurs conversations. L’autrice aborde une foule de thématiques très intéressantes comme la famille, le désir de non maternité, le deuil, le veuvage, la solitude, le déracinement, le burn-out, et plus généralement la place des femmes.

C’est un roman à deux voix où chaque héroïne se raconte et raconte le voyage de son point de vue. Tout au long du roman, on fait le plein d’émotion, il y a des moments graves et d’autres joyeux et comme dans tous les feel-good books, il va être question de changement de vie et de nouveau départ, d’amitié et d’amour aussi.

J’ai été touchée par les deux femmes, spécialement Camille qui m’a beaucoup attendrie, et la jolie relation qu’elles entretiennent, l’amour qu’elles se portent.

De la sororité et une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil, une échappée savoureuse à deux voix entre Normandie et Bretagne, voilà ce qu’est ce roman.

Un road-trip pas comme les autres que je vous conseille en cette fin d’été / début d’automne, vous serez certainement aussi touché.e que moi par ces deux femmes fortes et indépendantes que je l’ai été.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture sensible et dépaysante !

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David Foenkinos est l’auteur de plusieurs romans dont Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, Les souvenirs et Je vais mieux. La délicatesse, paru en 2009, a obtenu dix prix littéraires. En 2011, David Foenkinos et son frère Stéphane l’ont adapté au cinéma, avec Audrey Tautou et François Damiens. Ils ont également réalisé le film Jalouse, avec Karin Viard. En 2014, Charlotte a été couronné par les prix Renaudot et Goncourt des lycéens. Les romans de David Foenkinos sont traduits en plus de quarante langues.

A Crozon, en Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs.

Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits de toute la France. Delphine, éditrice chez Grasset et originaire du village, profite de ses congés avec son amoureux, auteur dont la première publication n’a pas connu le succès, pour se rendre à la bibliothèque et découvrir ce département pas comme les autres.

Parmi les manuscrits refusés, ils découvrent ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, Les dernières heures d’une histoire d’amour, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain qui se trouve être un pizzaiolo et apprend qu’il est mort deux ans auparavant.

Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un immense succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire.

Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination ?

Le mystère Henri Pick signe mes retrouvailles avec David Foenkinos que j’avais découvert avec La délicatesse et Charlotte.

Comme toujours avec cet auteur, ce fut une lecture agréable de la première à la dernière page, une petite parenthèse de légèreté qui est arrivée au bon moment.

L’idée de depart est originale et vraiment bien trouvée et malgré quelques longueurs au début consacrées au lancement du livre, on ne s’ennuie pas car les rebondissements sont nombreux, notamment le dernier qui m’a vraiment surprise.

Beaucoup de personnages bien dessinés peuplent ce roman : certains plus importants ou intéressants que d’autres, certains franchement inutiles et les passages qui leur sont liés m’ont paru clairement de trop.

Cecis mis à part, David Foenkinos aborde avec un ton léger et souvent drôle, des sujets de fond très intéressants tels que la manipulation médiatique, l’idolâtrie dont sont l’objet certains ecrivains (Houellebecq par exemple), la solitude, les affres de la création, les coulisses de l’édition…

Le récit se dévoile façon poupées russes avec plusieurs récits entrelacés à l’histoire principale, c’est bien construit et il y a un certain suspens mené jusqu’au bout car jusqu’à la dernière page on se demande : supercherie littéraire ou pas ? Et si oui, qui est derrière ?

En bref, une comédie sur le monde de l’édition bien sympathique et distrayante, idéale pour passer un chouette moment. Et même si le dénouement est surprenant, je ne pense pas qu’il me restera longtemps en mémoire ! Maintenant je compte bien découvrir le film avec Fabrice Luchini et Camille Cottin.

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Frédéric Baptiste écrit et met en scène des spectacles pour différentes productions et pour des artistes de théâtre. Il est également scénariste. Amoureuses est son premier roman.

Le Havre, printemps 1939. Claire est l’épouse d’un riche industriel peu présent et volage. Sa seule joie réside dans les moments passés avec sa fille. Son mariage avec l’associé de son frère Tristan a été arrangé et lorsqu’elle reçoit la visite d’une femme qui lui annonce que son mari est le père de ses deux enfants, une dispute éclate avec son mari qui se finit en viol conjugal.

Apprenant quelques temps plus tard qu’elle est enceinte, Claire quitte la ville pour se faire avorter par Marthe une rebouteuse, dont l’épouse, Edouard, est ami avec Tristan. Mais Marthe refuse car sa grossesse est trop avancée et lui propose d’adopter cet enfant non désiré car elle ne peut pas avoir d’enfant.

Claire accepte et découvre un univers rural qui lui était jusque-là étranger. Au fil des semaines, elle prend goût à cette nouvelle vie, se lie de plus en plus avec Marthe au point d’en tomber amoureuse et rêver de divorce…

Avec Amoureuses, Frédéric Baptiste aborde le thème de l’émancipation des femmes par l’amour. Pudique et délicat, ce récit inspiré de l’histoire vraie des arrières-grands-mères de l’auteur, nous plonge au coeur de l’intimité de deux femmes qu’apparemment tout oppose.

J’ai trouvé ce premier roman très touchant. L’histoire de Marthe et Claire m’a plu, j’ai trouvé leur histoire d’amour très belle, pleine d’une douceur et d’une sensualité lumineuse qui m’a rappelé Amours de Leonor de Recondo.

L’écriture de Frédéric Baptiste est fluide et les pages se tournent toutes seules et on arrive au point final à regret car si ce premier roman comporte quelques maladresses, s’attardant sur des choses que j’ai parfois trouvé inutiles au détriment d’autres qui étaient plus intéressantes, je l’ai lu avec plaisir même si il n’est pas exempt de clichés sur la bourgeoisie : femmes écervelées, hommes volages et brutaux…

Au-delà de l’histoire d’amour et de la critique de la bourgeoisie des années 30, ce que j’ai apprécié ici c’est la peinture de la condition féminine de l’époque, la maternité et les efforts de Claire pour prendre sa vie en main en dépit des écueils placés sur sa route.

Les personnages de Claire, Marthe et Edouard sont attachants même si ils manquent un peu de profondeur et j’ai pris plaisir à les suivre tout au long du récit.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette découverte !

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Tout l’œuvre d’Alice Ferney est disponible chez Actes Sud, notamment L’Élégance des veuves (1995 ; adapté en 2016 pour le cinéma par Tran Anh Hung sous le titre Éternité), Grâce et dénuement (1997, Prix Culture et bibliothèques pour tous), La Conversation amoureuse (2000) et Cherchez la femme (2013).

Ils se nomment Bourgeois et leur patronyme est aussi un mode de vie. Ils sont huit frères et deux sœurs, nés à Paris entre 1920 et 1940.

Ils grandissent dans la trace de la Grande Guerre et les prémices de la Seconde. Aux places favorites de la société bourgeoise – l’armée, la marine, la médecine, le barreau, les affaires –, ils sont partie prenante des événements historiques et des évolutions sociales. De la décolonisation à l’après-Mai 68, leurs existences embrassent toute une époque.

De Jules l’aîné à Marie la dernière, l’apparition et la disparition des personnages, leurs aspirations et leurs engagements rythment la formidable horlogerie de ce roman qui reconstruit le siècle telle une vaste mosaïque.

Allant sans cesse du singulier au collectif, du destin individuel à l’épopée nationale, Alice Ferney avec Les Bourgeois donne à voir l’Histoire en train de se faire et orchestre une vertigineuse et passionnante ronde du temps.

Il y a plus de deux ans déjà, j’avais beaucoup aimé L’élégance des veuves qui mettait déjà en scène les Bourgeois, se concentrant plus particulièrement sur Valentine, Mathilde et Gabrielle, trois femmes à qui l’on ne demandait qu’une chose : procréer et perpétuer le nom de famille de leur époux.

Avec cette suite, Fiançailles, mariages, enfantements, décès, le cycle ne s’arrête jamais, car les ventres toujours féconds des femmes agrandissent d’année en année le cercle familial des Bourgeois. Ici, Alice Ferney s’intéresse aux dix enfants de Mathilde et Henri dont elle couvre l’évolution de leur naissance à nos jours.

Cette nouvelle lecture m’a confirmé le talent indéniable d’ALice Ferney à raconter des histoires de façon brillante. Elle nous donne à lire une saga familiale originale qui décrit avec intelligence et compréhension l’évolution politique et religieuse d’une famille de la bonne bourgeoisie catholique au XXe siècle.

L’autrice y analyse très finement les comportements politiques toujours resitués dans le contexte de l’époque, c’est vraiment intelligent et très bien fait.

Forcément, on se perd parfois un peu entre tous les protagonistes très nombreux, c’est une lecture plutôt exigente et je vous conseille de la lire de façon continue pour ne pas perdre le fil car vous risqueriez de ne pas l’apprécier à sa juste valeur.

Roman exigeant, il est aussi passionnant car il est très bien écrit documenté, Alice Ferney nous offre un véritable panorama de notre histoire de France récente. Je dois aussi vous prévenir que la religion est très présente au sein de cette famille, si cette thématique vous ennuie, vous aurez du mal à faire l’impasse dessus.

Si, comme moi, vous aimez les romans historiques, je ne peux que vous conseiller Les Bourgeois.

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Héloïse Guay de Bellissen a été libraire avant de se consacrer à l’écriture. Elle publie aujourd’hui son cinquième roman.

Simon Coencas, le dernier des quatre inventeurs de la grotte de Lascaux s’est éteint le 2 février 2020 à l’âge de 92 ans. Né à Montreuil en 1927, Simon Coencas trouve refuge avec sa famille à Montignac, alors situé en zone libre, en juin 1940.

C’est aux côtés de ses camardes George Agniel, Jacques Marsal et Marcel Ravidat qu’il découvre la grotte de Lascaux, le 12 septembre 1940. Emerveillé par ce qu’il voit, il sera tout au long de sa vie habité par la beauté et la puissance de ces peintures.

L’ordonnance allemande du 27 septembre 1940 obligeant tout juif à se faire recenser, contraint Simon Coencas à rentrer à Paris. Arrêté en 1942 avec sa famille, il est interné au camp de la Muette à Drancy. Son jeune âge permit à la Croix-Rouge de le faire sortir du camp avec sa sœur Éliette, contrairement aux autres membres de sa famille, déportés et exterminés à Auschwitz.

« Aujourd’hui, c’est le dernier des quatre copains de Montignac encore en vie. Le dernier inventeur, Simon.Quand je quitte son appartement, sur le palier, il me dit « la grotte elle est là’ en me désignant son crâne, « elle est dans ma tête’.

Dans l’ascenseur, je prends conscience que je viens de rencontrer une autre grotte. La grotte intérieure d’un petit garçon de quatre-vingt-onze piges qui vient de se rouvrir. Je ne sais toujours pas pourquoi Lascaux m’a emmenée vers une autre cavité, mais au fond c’est cette découverte-là que j’attendais.

La vie de Simon Coencas sur une paroi, que j’allais calquer comme l’avaient fait avant moi les préhistoriens avec les dessins de Lascaux.  »

Le Dernier Inventeur est une œuvre singulière d’Héloïse Guay de Bellissen qui a rencontré à plusieurs reprises Simon Coencas et son épouse et s’est prise d’affection pour eux. Elle nous propose dans ce récit à la fois de fiction et de non-fiction une plongée dans l’Histoire et dans l’âme d’un homme.

A travers leurs conversations, nous découvrons un homme joyeux que la vie n’a pourtant pas épargné. Au fil des dialogues, on imagine un vieux monsieur au sourire espiègle et au regard pétillant lorsqu’il évoque la grotte.

Au-delà du portrait de Simon Coencas, l’autrice nous livre aussi ses réflexions sur le mystère de l’art préhistorique, sur l’enfance, la beauté, le mal et met en parallèle la beauté de la grotte et l’horreur des camps.

Roman à deux voix, Héloïse Guay de Bellissen superpose celle de Simon à travers la retranscription de leurs rencontres et celle imaginaire de la grotte de Lascaux qui devient un personnage à part entière du roman, ce qui m’a peu intéressé.

Si j’ai beaucoup aimé la voix de Simon, celle de la grotte m’a laissé de marbre. De même, je trouve dommage que la découverte de la grotte soit vite balayée au profit de la guerre et des passages philosophiques de la grotte.

Une lecture en demi-teinte pour moi car j’aurais aimé en apprendre davantage sur la découverte de la grotte et son retentissement dans la vie de son inventeur mais cela fut tout de même une lecture agréable et riche d’enseignements.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

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