Un mariage en eaux troubles – Sylvie Anne

A Brive, en 1935. Par son mariage, la douce Alice est au cœur des manigances et des ambitions de Paul Bersac et de sa mère. Lui, propriétaire de la source d’eau la Châteline, cache sa part d’ombre. Mais bientôt Alice se rebelle…

1935 en Corrèze. Paul Bersac est un homme atrocement gâté par sa mère Marthe qui ne sait rien refuser à son fils unique. Lorsque son père meurt, il n’a aucun scrupule à céder l’usine familiale et ses employés auxquels il ne s’intéresse guère pour acquérir la source d’eau La Châteline.

Mais comme Paul n’aime pas travailler, il laisse les mains libres à son bras droit qui va rapidement jeter l’éponge devant les difficultés financières que l’usine rencontre et face aux inconséquences de son patron.

Marthe décide alors de marier son fils chéri et elle jette son dévolu sur Alice, une jeune femme terne et effacée, toujours le nez dans ses livres, et fille unique de riches propriétaires terriens corréziens.

Sa dot tombe à point nommé pour payer les échéances de La Châteline. Aux premiers mois de son mariage, Alice y a cru. Naïvement, peut-être, mais quelle femme aurait pu résister au charme du nouveau propriétaire de la Châteline ? De plus, Paul Bersac avait pour elle de délicates attentions. Alice ne prenait même pas ombrage de l’omniprésence de Marthe, sa belle-mère, chez eux.

Trop sage, trop terne, trop inexpérimentée, Alice qui s’imagine laide, n’aurait jamais espéré une si belle union. Aussi arrangée soit-elle. Mais Paul n’est ni le mari dont elle rêvait, ni le brillant entrepreneur qu’il a voulu leur faire croire à ses parents et à elle. Il mène une double vie, il dilapide très vite toute sa dot, l’entreprise perd de l’argent, Marthe la harcèle et Alice découvre que son mari entretient une liaison adultère et qu’il est père d’une petite fille…

En 2015 j’avais découvert Sylvie Anne avec La vie d’Agnès, je l’avais retrouvé en 2016 à l’occasion de Le bois et la source, j’ai donc eu le plaisir de recevoir Un mariage en eaux troubles avec une sympathique dédicace de la romancière.

Ma mère me l’ayant emprunté dès sa réception, j’ai découvert ce roman avec quelques semaines de décalage mais je dois dire que comme ma chère maman je l’ai dévoré très rapidement, emportée par l’histoire de cette jeune femme.

Il faut dire que la plume fluide de Sylvie Anne est très agréable à lire et que j’ai toujours plaisir à suivre ses intrigues qui font la part belle aux femmes. Celui-ci ne fait pas exception à la règle puisqu’il met en scène deux femmes : Marthe (la mère) et Alice (la femme) d’un homme détestable : Paul Bersac.

Totalement transparente et falote lorsqu’elle fait son entrée dans la vie de Paul et Marthe, Alice s’affirme au fil du temps et se forge une forte personnalité, bien décidée à prendre sa vie en main et on ne peut qu’applaudir à la révolte de cette femme.

Avec un point de départ intéressant, la source d’eau La Châteline, Sylvie Anne fait évoluer son héroïne pour lui faire endosser le rôle d’une chef d’entreprise. J’aurai aimé que l’auteure nous dévoile davantage la vie de cette usine mais elle a préféré laisser la part belle aux sentiments (amour, haine, endettement, adultère, émancipation…) et au courage dont fait preuve Alice, c’est louable mais il m’en aurait fallu un peu plus pour être tout à fait conquise.

L’ensemble est peu lisse et attendu mais il se lit formidablement bien, idéal comme lecture de vacances, sur la plage par exemple, d’autant qu’il a de nombreux atouts, notamment son héroïne et qu’il plaira à de nombreuses lectrices comme il m’a plu même si j’ai quelques bémols !

Merci à Laëtitia et aux Editions Presse de la Cité (Terres de France) pour cette nouvelle incursion au cœur de la Corrèze !

La soeur du roi – Alexandra de Broca

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Elle est princesse de sang. Recluse à la Cour de Versailles, vouée à rester seule et à se consacrer aux oeuvres charitables. Lui est roturier. Brillant botaniste du jardin du Roy, il est adepte des Lumières. Tout oppose Madame Elisabeth, la jeune soeur de Louis XVI, et François Dassy. Pourtant, lorsqu’ils se rencontrent par hasard dans la forêt de Fontainebleau, une irrésistible attirance les pousse l’un vers l’autre. Mais la révolution gronde et menace cet amour clandestin… Elisabeth saura-t-elle suivre les idées nouvelles qui bouleversent la France ? Et mettre en danger la royauté ? Dassy est-il un honnête homme ou un imposteur ?

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, est née le 3 mai 1764 au château de Versailles. Huitième et dernier enfant du dauphin Louis Ferdinand, fils de Louis XV et de Marie-Josèphe de Saxe, elle est la sœur des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Orpheline de ses deux parents avant ses trois ans, elle sera choyée par sa sœur Clotilde qui s’occupera d’elle comme une mère jusqu’à son mariage avec le duc de Piémont, un éloignement qui fera souffrir Élisabeth tout au long de sa courte existence.

Elle mène une enfance solitaire jusqu’à l’arrivée de Madame de Mackau, sous gouvernante des enfants de France, et de sa fille Angélique qui va devenir sa confidente et à l’âge adulte la gouvernante de sa Maison.

Elle a dix ans lorsque son bien-aimé grand-père Louis XV rend son dernier soupir, victime de la variole, il lui lèguera ses serres, ses animaux sauvages et ses chers arbres car Élisabeth est une scientifique qui partageait avec son illustre aïeul l’amour des sciences naturelles et de la botanique.

Elle s’intéresse également aux sciences de manière générale et sera favorable à la Variolisation qui permet de se prémunir contre la petite vérole, maladie contagieuse mortelle et fréquente, qui touche indifféremment toutes les couches de la population, laissant au mieux d’horribles cicatrices sur le visage, donnant la mort au pire.

Très pieuse, elle soulagera beaucoup les pauvres habitants aux environs de son château de Montreuil où elle aimait se réfugier et vivre loin de l’étiquette de la Cour. Proche de son frère Louis XVI et favorable comme lui à une meilleure répartition des impôts, elle suivra la famille royale dans sa fuite à Varennes et partagera leur sort funeste pour finir guillotinée le 10 mai 1794, une semaine après ses trente ans.

Son statut de fille de France la prédestinait à épouser un monarque ou à rentrer dans les ordres, elle ne fera ni l’un ni l’autre et restera célibataire. On l’imagine dévote coincée, confite en dévotions, c’est une femme intelligente, dotée d’un fort tempérament, une mathématicienne qui avait aussi une vision politique.

Très proche de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de ses neveux, elle refusera toujours l’exil, préférant rester avec sa famille jusqu’au bout. J’avoue que je ne m’étais guère penchée sur cette femme ni intéressé à son sort, j’ai donc appris beaucoup de choses sur sa personnalité et je l’ai trouvé attachante même si je ne partage pas bon nombre de ses points de vue.

L‘histoire d’amour que Alexandra de Broca fait revivre entre Elisabeth et François Dassy, son médecin, dans La sœur du roi, est magnifique. Dassy a réellement existé, on en trouve des traces dans la correspondance de la princesse mais on ne sait rien de sa vie, Alexandra de Broca a donc fictionné sa biographie mais tout ce qui attrait à Élisabeth est lui, véridique.

Découpé en trois parties, le prologue, l’histoire en elle-même et l’épilogue, ce roman nous conte la vie de ses deux personnes qui vont vivre un amour platonique pendant une dizaine d’années. La romancière alterne d’un chapitre à l’autre les protagonistes et nous suivons tour à tour Dassy et Élisabeth jusqu’à leur rencontre.

Il est né à Strasbourg dans une famille protestante d’un père médecin et d’une mère apothicaire. Elle est née dans le plus bel écrin d’Europe et pense que Dieu a choisi sa famille pour régner sur la fille aînée de l’Eglise. Impossible pour eux d’espérer un jour unir leur destin en se mariant, Élisabeth ne peut s’abaisser à épouser un roturier, François est protestant et ne veut pas se convertir au catholicisme.

Au-delà de cette histoire d’amour impossible, donc belle et tragique, Alexandra de Broca nous montre comme elle connaît bien cette période du règne de Louis XVI et de la Révolution Française, son roman biographique est donc très bien documenté et à ce titre, il est vraiment passionnant.

Elle nous permet de croise le gratin de la médecine, de la botanique et du naturalisme de l’époque, nous conte les avancées scientifiques dans ces différents domaines et nous dresse un portrait vraiment touchant de Madame Élisabeth.

Déjà auteure de La princesse effacée qui dressait le portrait de Madame Royale et de Monsieur mon amour qui contait le destin tragique de la princesse de Lamballe, Alexandra de Broca démontre une fois de plus dans ce nouveau roman, tout son talent de conteuse de l’histoire au service de femmes aux destins incroyables.

La soeur du roi est un roman passionnant sur une femme oubliée de l’Histoire, une femme intelligente qui a du faire face à des évènements tragiques. Je ne peux que vous recommander cette biographie romancée qui rend un bel hommage à une princesse singulière.

Un grand merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette belle lecture à la fois intelligente, émouvante et romantique !

Un merci de trop – Carène Ponte

Sage et obéissante depuis le jour de sa naissance, Juliette a tour à tour été un bébé facile, une enfant modèle, une adolescente sans problèmes et une jeune fille rangée. À presque 30 ans, habituée à dire docilement oui à tout et effacée jusqu’à la transparence, elle ronronne dans la chaleur rassurante d’une vie sans remous d’assistante de gestion. Jusqu’à ce  » merci  » de trop, seule réponse qu’elle parvient à bafouiller après une énième humiliation professionnelle. Ouvrant brusquement les yeux sur le désert de son existence, Juliette décide de démissionner et d’enfin vivre ses rêves, au risque du désordre. Et du désordre, il va y en avoir beaucoup…

Juliette est une citadine trentenaire à la vie plutôt terne. Elle travaille depuis plusieurs années pour Publicize, une petite agence de communication où elle gère un portefeuille clients dans l’anonymat le plus complet.

Gentille, corvéable à merci et transparente, elle se fait souffler la promotion qu’on lui tendait sur un plateau par sa stagiaire aux dents longues, Kathy. Juliette est fille unique et depuis son plus jeune âge, fait tout pour plaire à ses parents, elle s’écrase donc en permanence devant eux et devant tout le monde.

Un jour qu’elle est poussée une fois de plus à bout par Kathy, elle donne sa démission sur un coup de tête et le regrette aussitôt amèrement. Elle aurait bien voulu faire machine arrière mais la peur l’en empêche. Quelques jours plus tard, sa mère est victime d’un accident de la route et et elle ne veut pas l’alarmer.

Alors, elle va dans un premier temps cacher à ses parents qu’elle est au chômage et décide de faire enfin quelque chose pour elle : écrire un roman, un projet fou qu’elle porte en elle depuis longtemps.

Chaque jour, elle s’installe devant un paquet de feuilles blanches mais l’inspiration lui fait défaut. Quelque chose de totalement imprévu va venir pimenter son ordinaire lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte alors qu’elle n’a aucun homme dans sa vie… la faute à une cuite le soir de sa dém’ et au charmant Marc qui passait par là…

Carène Ponte fait partie de cette nouvelle génération de romancières comme Virginie Grimaldi qui se sont d’abord fait connaître via leurs blogs. Lauréate du Prix e-crire aufeminin, Un merci de trop est son premier roman et je trouve qu’elle ne s’en sort pas si mal même si ce roman ne sort pas des sentiers battus de la romance, loin de là !

Alors oui l’histoire est pétillante, enlevée, sans temps mort, la lecture est fraîche et agréable, et elle se dévore le temps d’une soirée. Dès que j’ai commencé ce roman, les pages se sont tournées à toute vitesse et je n’ai pas vu le temps passé.

Juliette est plutôt attachante avec ses maladresses et son envie de bien faire tout le temps. Le duo qu’elle forme avec sa meilleure amie Nina est sympathique et son craquage pour Sexy Boy alias Luc, qui n’est autre que son voisin, compréhensif.

Mais voilà, Carène Ponte abuse un peu trop des facilités et des ficelles propres à la romance et à la chick’lit et nous livre un récit qui manque cruellement de crédibilité, avec pas mal de clichés à la clé et un happy-end prévisible.

Je m’explique : Luc, le beau gosse pour lequel Juliette a le béguin, organise des parties de poker dont l’un des protagonistes est le fameux Marc qui ne veut pas entendre parler de sa future paternité. Nina l’invite à un pot au boulot de son mari : et hop, le collègue mis à l’honneur est Marc. Juliette écrit un roman et le propose à la maison d’édition près de chez elle : devinez qui est l’agent littéraire qui va le lire ? Luc je vous le donne en mille !

Et tout est à l’avenant, Carène Ponte a beau nous prendre à partie pour s’amuser de ces ficelles, ça semble un peu gros tout de même.

Pour autant, Un merci de trop, n’est pas un navet. C’est un livre de plage que je peux vous conseiller si vous êtes à la recherche d’une comédie romantique très légère mais n’en attendez pas trop au risque d’être déçue !

Pour ma part, cette lecture était sympathique même si je m’attendais à mieux au vu des retours positifs que j’avais lu ça et là…

 

Les trois veuves – Michel Jeury

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Mais qui a tué le contremaître Louis Chanal ? La manufacture de soie du domaine de Maleval est en émoi. C’est Marie Jardin, la très jolie veuve du notaire de Saint-Génis, qui va mener l’enquête à sa façon. Dépêchée par Henry, aîné du clan Fayan et héritier de la soierie, pour dénouer l’affaire, Marie se retrouve plongée au coeur des secrets de cette grande famille. La jeune veuve devra surmonter ses émotions débordantes et son attirance pour le riche propriétaire. Sûr de son argent et de son charme, Henry Fayan espère la voir vite se pâmer dans ses bras. Un temps, Marie joue le jeu. Dans tout le pays, ne l’appelle-t-on pas la  » Sans-Corset  » ? Mais avant tout, Marie est un esprit libre. Et elle est bien plus forte que ne le croit Henry.

Saint-Genis, 24 avril 1906. Marie Jardin reçoit une lettre de son vieil ami le procureur Robert Chervieu lui demandant son aide.

Cette veuve de notaire d’une trentaine d’années, grande lectrice de romans policiers, est férue d’affaires criminelles et joue volontiers les détectives amateurs. Elle vient d’ailleurs de recruter la veuve Sabine Desmondi comme secrétaire, chargée de retranscrire à la machine à écrire l’intégralité de ses enquêtes.

C’est ainsi qu’elle accepte de voir Henry Fayan et se rend dans sa propriété de l’Île Barbe à Lyon, qui lui fait part de ses doutes quant à la mort de Louis Chanal.

Le contremaitre de la manufacture de soie familiale sise à Maleval en Ardèche a semble-t-il été victime d’un meurtre. Une mort violente qui intervient après celle de son frère Joseph Fayan, quelques années auparavant dont on avait accusé à mots à peine couverts Henry Fayan.

Marie, dite la Sans-Corset, part pour Malaval afin de rencontrer Jenny Jeanne Pelisson, veuve Fayan. C’est elle qui est à la tête de la moulinerie depuis le décès de son époux mais qui fait face à de grandes difficultés financières. La veuve avait des rapports conflictuels avec Chanal et avait peut-être tout à gagner à sa disparition…

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques, la période de la Belle Époque et les héroïnes modernes, Les trois veuves, le roman posthume de Michel Jeury avait donc tout pour me plaire sur le papier mais m’a-t-il vraiment séduite ? Force est de reconnaître que je ressors de ma lecture plutôt mitigée.

J’ai beaucoup aimé l’aspect historique du roman qui met en scène trois veuves et la difficulté d’être une femme libre au tout début du 20è. Ces trois veuves qui désirent s’épanouir en menant une vie professionnelle et une vie amoureuse sans contrainte sont évidemment très modernes pour l’époque.

L’héroïne principale, Marie Jardin, qui se passionne pour les romans policiers et leurs héros que sont Sherlock Holmes, Arsène Lupin ou Monsieur Lecoq est très attachante et j’ai beaucoup aimé la suivre tout au long du récit et de son enquête même si je trouve que son rapport au corps et à la sexualité est trop présent.

J’aurai préféré que Michel Jeury fasse une part un peu plus belle aux deux autres veuves du récit qui ne sont pas assez mises en avant, surtout Jenny Fayan qui nous est simplement esquissée, un peu dommage au vu du titre, je m’attendais en fait à un roman à trois voix.

Des voix multiples il y en a pourtant car le roman alterne les points de vue : tantôt Marie, tantôt le clerc de son étude, tantôt Fayan et Chervieu et cette multitude d’intervenants et de personnages secondaires m’a, je l’avoue, totalement perdue par moment, premier point négatif.

Ce qui ne m’a convaincu non plus c’est la trame policière que j’ai trouvée plutôt confuse et brouillonne, avec un dénouement qui arrive comme un cheveu sur la soupe et qui ne m’a pas vraiment convaincue alors que j’avais adoré L’atelier des poisons dans un genre similaire où l’aspect enquête est mieux géré par Sylvie Gibert.

Pas vraiment déçue donc même si j’ai plusieurs points négatifs, je retiens surtout le meilleur de ce roman : son héroïne singulière et son goût pour les polars et la plume fluide et agréable de Michel Jeury qui font de ce roman historique, une lecture plaisante !

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture et pour leur confiance.

Tu comprendras quand tu seras plus grande – Virginie Grimaldi

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont  des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…

Un samedi soir comme les autres à Paris… Julia regarde un nouvel épisode de Game of thrones avec son chéri Marc lorsque le téléphone sort. Lorsqu’elle découvre le numéro de sa mère, elle est tentée de ne pas répondre mais finit par décrocher et apprend que son père vient de faire une crise cardiaque mortelle au pays Basque.

Sa vie s’écroule et Marc ne la soutient pas du tout, obnubilé par sa petite personne et son travail. Quelques temps plus tard, sa grand-mère maternelle qu’elle appelle affectueusement Maminou fait un A.V.C, c’en est trop pour Julia qui plaque son fiancé pour squatter le canapé de sa meilleure amie.

Lorsqu’elle voit qu’une maison de retraite de Biarritz cherche une psychologue en remplacement de leur titulaire partant en congé maternité, Julia, postule et décroche le poste. Elle quitte La clinique du cheveu sur un coup de tête pour travailler parmi les personnes âgées, que pourtant elle ne porte pas dans son coeur…

Virginie Grimaldi, d’abord blogueuse, s’est fait connaître avec Le premier jour du reste de ma vie qui a fait un véritable carton et que je ne pense pas lire car ce qu’en dit la quatrième de couverture ne me tente pas, j’avais en revanche très envie de découvrir Tu comprendras quand tu seras plus grande et je ressors de ma lecture séduite par son style fluide et dynamique.

La vieillesse dans les romans a le vent en poupe depuis quelques temps, dans un registre similaire, j’ai lu il y a quelques semaines Mémé dans les sorties d’Aurélie Valognes qui m’avait laissé un sentiment un peu mitigé, ce qui n’est pas le cas ici je dois le dire, l’auteure gère nettement mieux son récit, prend le temps de l’installer avant de dérouler son intrigue mais le roman est aussi deux fois plus épais, il est donc plus abouti !

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman qui a pour cadre une maison de retraite et je trouve formidable qu’une jeune auteure s’intéresse au 3è et au 4è âges, car le doyen de la maison de retraite souffle ses 99 bougies, et démontre que la vie ne s’arrête pas à 80 ans, qu’on soit seul(s) ou en couple.

Profitons de chaque jour qui nous reste telle pourrait être la maxime de Tu comprendras quand tu seras plus grande qui met en scène une brochette de papys et de mamys pas piqués des hannetons, qui malgré les pépins de santé, veulent encore s’amuser, aimer, prendre du plaisir.

Bien sûr l’histoire est calibrée pour plaire au plus grand nombre, la maison de retraite est loin d’être sinistre et ses pensionnaires plutôt enjoués, pleine de bons sentiments mais Virginie Grimaldi s’est y faire et nous embarque dans son récit et une fois ferré(s), difficile de le lâcher, un vrai page turner !

Le roman fait sourire, rire mais il nous offre aussi des pages très émouvantes sur le deuil, la mort… qui m’ont mis la larme à l’œil plus d’une fois. L’ensemble des protagonistes, à l’exception de Léon le vieillard acariâtre, sont attachants, qu’ils soient pensionnaires ou employés, on prend plaisir à les suivre au fil du récit.

Il est aussi beaucoup question de tendresse, de résilience, de sagesse, d’amitié, d’humanisme, d’amour et on en tire une belle leçon de vie : carpe diem ! Un roman que je vous conseille d’emmener dans votre valise de vacances car je l’ai trouvé très prenant et agréable à lire ! Un feel-good book qui met du baume au coeur et ça fait tellement de bien.

Le début des haricots – Fanny Gayral

Entre son métier de médecin urgentiste, ses histoires d’amour qui tombent à l’eau, son père qui la terrorise, Anna n’a plus le temps de penser à elle. Alors quand, par hasard, elle tombe sur ce panneau : Stage de psychothérapie intégrative. Thème de la semaine : courageux. L’être, le devenir ? Elle se dit qu’il n’est peut-être pas trop tard pour reprendre sa vie en main. Mieux vaut sombrer dans l’ésotérisme que dans la dépression ! Et si, pour vous aussi, ce genre de thérapie c’était… le début des haricots ?

Anna est une jeune médecin urgentiste dans un hôpital parisien. Bien qu’elle ait suivi la voie toute tracée pour elle, elle aime son métier passionnément. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Anna n’était pas autant terrorisée par son père, grand chirurgien et chef du service cardiologique de l’hôpital où elle-même travaille, qui a une main de fer dans un gant d’acier.

Célibataire, elle ne vit que pour son métier, s’accordant seulement une parenthèse le mercredi où elle s’occupe de sa nièce qu’elle adore. Le jour où Anna doit s’envoler pour San Francisco à un congrès de cardiologie où elle doit représenter son père, qui exècre l’avion, son dernier patient fait un infarctus qu’elle n’avait pas détecté.

L’homme est sauvé in-extremis mais Anna est persuadée qu’elle va être poursuivie pour faute professionnelle et virée de son poste pour cette erreur. Arrivée en Californie, alors qu’elle devait rejoindre son hôtel en vue du congrès, elle décide sur un coup de tête de tout planter là et d’intègrer un stage de psychothérapie intégrative. Le thème de la semaine, le courage, lui permettra-t-il d’enfin prendre sa vie en main et tenir tête à son dictateur de père ?

Le début des haricots est le premier roman de Fanny Gayral, elle-même médecin, c’est sans doute pour cela que le personnage d’Anna sonne aussi vrai. L’auteure parsème en effet son récit de vocabulaire médical mais de façon très dosée et abordable pour tous, qui rend très crédible ce roman où la médecine a une place de choix.

J’ai bien aimé ce roman frais et agréable, qui se lit vite et bien, un feel-good book mâtiné d’un soupçon de romance. L’auteure ne révolutionne pas le genre avec ce thème de la remise en cause, du changement de vie, où l’héroïne s’échappe de son quotidien pour mieux se retrouver.

Pour un premier roman, je trouve le pari assez réussi. Fanny Gayral, avec sa plume fluide, nous fait réfléchir, met de l’humour mais aussi de l’émotion dans son récit. Son héroïne est très attachante et on se sent assez proche d’elle, tout comme les autres protagonistes du roman, stagiaires comme elle et qui ont tous leur importance dans le roman.

Un récit court, qui va vite, un peu trop à mon goût, je serai volontiers restée plus longtemps en compagnie de Anna, Alex, Daniel, Elisabeth et Jim. Le dénouement arrive par conséquent trop rapidement pour moi et surtout il n’est pas surprenant du tout.

C’est typiquement le genre de récit que l’on aime lire l’été, au bord de la plage, qui fait du bien, met le sourire aux lèvres, idéal pour la détente, une bouffée d’air frais même si il ne sort pas assez du sentier battu, j’ai passé un très bon moment avec Le début des haricots.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture rafraichissante !

Mémé dans les orties – Aurélie Valognes

Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s’ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie… jusqu’au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.

Ferdinand Brun est un vieil acariâtre de 83 ans, divorcé depuis près de 20 ans. A la mort de son ex-femme, leur fille, hérite de l’appartement parisien et installe son père dedans. Marion, diplomate, vit avec son fils Alexandre à Singapour et leurs relations sont du fait de l’éloignement géographique et du caractère particulièrement bougon de Ferdinand, réduites à quelques conversations téléphoniques.

Le vieil homme vit avec la prunelle de ses yeux, une dogue prénommée Daisy. Peu soucieux de son hygiène corporelle et de celle de son appartement, il n’est pas ce qu’on peut appeler le voisin de l’année, bien au contraire et n’a aucune vie sociale, aucun ami.

A l’inverse, sa voisine de palier, Béatrice Claudel, est une charmante dame de 93 printemps, qui vit avec son temps avec un emploi du temps de ministre entre visites de ses petits-enfants, bénévolat et parties de bridges.

La concierge de l’immeuble Madame Suarez a pris Ferdinand en horreur. Cette passionnée d’oiseaux, de manteaux de fourrure et de chihuahuas, s’est mise en tête de le chasser de l’immeuble car pour elle, il est une verrue sur ce bâtiment parfait sur lequel elle règne sans partage. Mais tout ne va pas se passer exactement comme elle l’avait prévu…

Véritable phénomène de librairie, Mémé dans les orties, truste la tête des meilleures ventes depuis sa parution chez Michel Lafon en 2014. Depuis, les autres romans de Aurélie Valognes se vendent eux aussi comme des petits pains, tous revêtus d’une couverture vichy.

J’étais donc curieuse de découvrir ce roman, coup de coeur de bon nombre de lectrices, et comme j’aime les lectures feel-good, je me suis lancée avec plaisir à la découverte de ce texte. Et ce fut un vrai plaisir de lecture car c’est un roman qui se lit très bien, avec de courts chapitres et des évènements qui s’enchaînent sans temps mort.

L’histoire est légère, pleine de bons sentiments et parfois un peu facile mais elle est aussi par certains aspects plutôt originale et on ne s’ennuie pas une seconde en compagnie de Ferdinand, Béatrice et de la petite Juliette, qui tape l’incruste chez Ferdinand et qui trouve le chemin de son coeur tout racorni.

Aurélie Valognes nous rappelle avec ce premier roman la solitude des personnes âgées dans les grandes villes, notamment les hommes. Le personnage de Ferdinand est énervant, antipathique, parfois choquant mais il se révèle aussi très émouvant, il évolue tout au long du roman pour passer au final de bougon à charmant.

Au final j’ai bien aimé Mémé dans les orties mais il manque pour moi de profondeur et surtout il va trop vite, tout s’enchaîne sans temps mort et ça devient de moins en moins crédible.  J’ai trouvé également que le personnage de Juliette, attendrissant d’ailleurs, est bien trop mature pour une petite fille, doté des réflexions et du comportement d’une adulte. J’ai en revanche beaucoup aimé Béatrice, la voisine du palier d’en face, pleine d’entrain et de joie de vivre.

Un roman distrayant et qui m’a fait passé un bon moment même si je regrette quelques facilités, je vous le conseille pour la détente !