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Posts Tagged ‘littérature française’

Après la publication du très remarqué L’Embaumeur, lauréat de deux prix, Isabelle Duquesnoy revient avec un nouveau roman érudit et jubilatoire. Fascinée par la figure de Constanze Mozart, elle y a travaillé vingt ans.

5 décembre 1791, Wolfgang Mozart meurt. Accablée de tristesse mais surtout de dettes, Constanze Mozart reste avec ses deux fils mais ne se laisse pas abattre pour autant et décide de travailler à la postérité de l’œuvre de l’artiste.

Elle se révèle alors une femme de poigne et, dans cette quête de reconnaissance et d’argent, rien ne semble l’arrêter. Pour rembourser les créanciers, Constanze va vendre, à la hâte, les compositions de Mozart et réquisitionne un des anciens élèves de feu son époux pour terminer le Requiem inachevé, empochant au passage l’argent de la commande.

Elle rebaptise son plus jeune fils Wolfgang Amadeus II et le force à monter sur scène. L’enfant n’est pas aussi doué que son père, mais qu’importe ! Il se ridiculise, vit mal l’entêtement de sa mère.

Enfin, pour s’assurer une situation, elle se remarie avec un diplomate danois qui ne partage jamais son lit et risque la peine de mort pour ses mœurs sexuelles. Elle vécut ainsi toutes ces années après la mort du compositeur, pendant lesquels elle inventa le système de propriété intellectuelle, créa un festival dédié à Mozart, érigea des monuments et remit la musique de son défunt mari au goût du jour.

Isabelle Duquesnoy nous propose avec La redoutable veuve Mozart un formidable roman historique qui nous dresse le portrait de Constanze Mozart du jour où le compositeur autrichien succombe à la fièvre jusqu’au seuil de sa propre mort.

Je ne connaissais Constanze Mozart qu’à travers le film de Milos Forman, Amadeus. Autant dire que je ne savais rien et j’ai découvert sous la plume de la romancière, une femme d’une très grande modernité, bien éloignée du personnage frivole du film.

Frivole, elle l’était un peu, elle le confesse volontiers car elle adorait la mode et les colifichets français, elle était dépensière également mais elle s’est surtout révélée une remarquable femme d’affaires, d’une grande intelligence, qui s’est démenée tout au long des cinquante et un ans pendant lesquels elle a survécu à son époux, pour faire vivre son œuvre, pour qu’il continue à être joué, loué à Vienne et à Salzbourg.

L’ouvrage est un long monologue de Constanze, veuve de Mozart adressé à son fils ainé Carl, en aucun cas une biographie du génie qu’était son mari. Le rythme est donc assez lent, il y a beaucoup d’introspection et peu de dialogues mais cela ne m’a gênée.

Très bien documenté et immersif, ce roman s’attache à nous dévoiler la femme qu’était Constanze, une femme pas réellement attachante, dure et distante avec ses fils, l’époque est très différente d’aujourd’hui, et il était difficile pour une femme d’élever seule ses enfants, tant la peur d’en faire des invertis était grande.

Si Constanze a beaucoup d’amour pour son mari tout au long de son existence, elle ne porte pas dans son cœur les compositeurs, notamment Salieri et Beethoven et affichera une grande animosité envers sa belle-sœur Nannerl jusqu’au décès de celle-ci.

Très bien écrit, cette histoire romancée mais où tout est vrai, se révèle passionnante de bout en bout. J’y ai découvert une femme forte et intransigeante, moderne mais surtout une femme terriblement amoureuse, inconsolable par la perte de son mari et qui va remuer ciel et terre pour que son homme ne sombre pas dans l’oubli. Un destin extraordinaire et romanesque d’une femme d’une grande modernité pour son époque qu’Isabelle Duquesnoy a mis vingt ans à écrire.

Pour conclure, un roman érudit que je vous conseille vivement, que vous aimiez Mozart ou non, la plume d’Isabelle Duquesnoy vaut à elle seule le détour !

Un grand merci aux éditions La Martinière pour cette très belle lecture, j’ai adoré.

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Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent. Une merveille d’humour, d’amour et d’humanité.

A trente-sept ans, Anna croule sous le travail, les dettes et les relances des huissiers. Ses filles Chloé et Lily, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner, dans le meilleur des cas. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée depuis le départ de son mari.

A dix-sept ans, Chloé, pourtant excellente élève est sur une pente dangereuse, faisant sans cesse les mauvais choix. L’adolescente a renoncé à ses rêves pour aider sa mère et décide d’arrêter sa scolarité, faisant une croix sur le bac. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais.

Lily, du haut de ses douze ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.

Lorsqu’Anna est licenciée de son job de serveuse, elle se rend compte que ses filles vont mal : Lily se fait harceler au collège, quant à Chloé, elle sèche les cours pour prendre du bon temps avec des garçons.

Anna prend alors une décision folle : au lieu de rembourser ses dettes avec ses indemnités de licenciement, elle emprunte le camping-car de son père et embarque ses filles pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si elle ne peut revenir en arrière, elle peut choisir un autre chemin et espérer retrouver une complicité avec Chloé et Lily…

A chaque été, son Virginie Grimaldi. Il y a deux ans j’avais lu Tu comprendras quand tu seras plus grande, l’an dernier Le premier jour du reste de ma vie, cet hiver Chère mamie et cette année j’ai jeté mon dévolu sur Il est grand temps de rallumer les étoiles.

Et une fois de plus, quel plaisir de lire la plume de Virginie Grimaldi que j’ai d’abord connu via son blog il y a bien longtemps de cela ! Véritable carton en librairie, ce titre me tentait beaucoup depuis sa parution en grand format l’an dernier, je n’avais donc qu’une hâte qu’il sorte en poche et aussitôt acheté, aussi lu !

Ce road-trip familial en Scandinavie fut une vraie bouffée d’air frais. L’histoire oscille entre rires et émotions et les personnages sont une fois de plus le point fort du roman. L’autrice a vraiment le chic de bien brosser ses héroïnes, les rendant attachantes et surtout terriblement vraies.

Chaque maman solo peut se retrouver dans le personnage d’Anna, maman déterminée à retrouver une complicité avec ses filles, en tout cas, je me suis reconnue en elle, notamment à cause du père est aux abonnés absents. Comme elle, j’ai du faire avec les fins de mois difficiles même si je n’ai jamais été autant dans les dettes qu’elle et je suis maman de deux enfants, deux garçons pour ma part.

Chloé est une adolescente d’aujourd’hui, qui est accro à son téléphone portable, aux réseaux sociaux et qui tient un blog où elle se raconte. En manque de son père, elle cherche l’affection dans chaque garçon qu’elle croise, pensant à chaque fois qu’il est le bon et se retrouvant bien démunie lorsque le garçon ne donne plus signe de vie une fois qu’il a eu ce qu’il voulait.

Mais le personnage que j’ai préféré c’est Lily qui écrit son quotidien dans son journal intime qu’elle a surnommé Marcel. Harcelée au collège, elle prend malgré tout la vie du bon côté et remanie les expressions à sa sauce, ce qui donne des passages très drôles.

Avec son quatrième roman, Virginie Grimaldi nous fait voyager à travers la Scandinavie et j’ai beaucoup aimé cet aspect du récit, elle nous rêver et nous donne envie d’embarquer pour un voyage en camping-car, ce que je n’aurai jamais imaginé avant, je dois bien le confesser !

Au-delà du voyage, Virginie Grimaldi met l’accent sur l’essentiel, c’est-à-dire le lien qui unit cette mère et ses filles, un lien qui s’est un peu distendu au fil des années. Elle aborde aussi un certain nombre de thématiques : l’amitié, l’autisme, la précarité, le manque d’estime de soi, l’adolescence, les violences domestiques…

S’il y a des chapitres un peu tristes, l’histoire met surtout du baume au cœur. Le ton est volontiers enjoué, les réparties pleines d’humour, les personnages attachants (notre trio d’héroïnes mais aussi les camping caristes qu’ils vont croiser).

Virginie Grimaldi sait y faire et sa plume fluide m’a littéralement ferré et ensuite, difficile de lâcher ce roman, un vrai page turner ! Je vous le conseille vivement.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Au cœur d’une Bretagne magnifique, que la petite Nina retrouve avec bonheur, quittant la capitale pour deux longs mois de villégiature, c’est la vie d’une grande famille en apparence heureuse, en apparence seulement, que l’on suit au fil d’une décennie.

Petite parisienne tout droit sortie de la banlieue nord, Nina Bremeur-Duval ne vit que pour l’été, moment tant attendu tout au long de l’année puisqu’il lui permet de retrouver la famille de sa mère Valentine dans le lieu enchanteur qu’est Grande-Maison, la demeure familiale, en Bretagne.

A ses côtés, une complice, Claude, même âge (8 ans), qui a la chance de vivre à l’année à Grande-Maison, le paradis sur terre pour Nina, sa tante bien-aimée Sacha, beauté de la famille promise à un brillant avenir, l’oncle Hugo tout juste plaqué par sa femme, bonne-maman pour qui les apparences priment, bon-papa ancien banquier reconverti dans la poésie, tante Hélie papesse de l’ironie…

Cependant, ne venir qu’une fois par an, même deux mois, ne constitue pas un passeport suffisant pour être intégrée à cette puissante famille qui vit essentiellement dans le monde des apparences.

Pourtant, pour Nina, cette famille représente tout. Tout au long de l’année, elle vit en compagnie de Mamita, employée par sa mère Valentine, qui préfère résider à Londres, seule. Analyste financier chez la banque Rothschild à Londres, elle ne voit sa fille qu’en coup de vent, lui prodiguant une petite tape sur la tête pour tout signe d’affection.

Peu à peu, au fil des étés, les années passant, quelques fissures viennent lézarder le tableau idyllique de la Grande-Maison et notamment la place effective qu’occupe Nina.

Elle se refuse pourtant à voir les Bremeur-Duval tels qu’ils sont. Et lorsque la réalité se fait jour, les membres de la famille tant aimée se révèlent avec leurs faiblesses et elle découvre bien des secrets…

L’été, des secrets de famille, la Bretagne, une maison, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir Les étés de Grande-Maison de la bretonne Nathalie de Broc, et si, sur le papier il avait tout pour me plaire, je ressors un peu déçue de cette lecture, non pas que ce roman soit mauvais mais parce que je n’y ai pas trouvé ce que j’étais venue chercher.

Tout d’abord, l’autrice met énormément de temps à planter son décor et pour tout vous dire je me suis un peu ennuyée pendant une bonne centaine de pages, attendant que l’intrigue démarre enfin.

Je m’attendais à ce que cette Grande-Maison soit un personnage à part entière du roman, il n’en est rien. Nathalie de Broc ne s’attarde pas sur la maison en elle-même, pourtant décor principal du roman, ce que je trouve un peu dommage.

Toute cette introduction, trop longue et bavarde à mon goût, a failli avoir raison de moi, je me suis accrochée et j’ai bien fait car arrivée à la moitié du roman, l’histoire décolle enfin et se révèle plutôt prenante !

En brossant le destin de cette famille bourgeoise sur une dizaine d’années, Nathalie de Broc a la bonne idée de montrer tous les bouleversements sociologiques qui frappent cette famille bon chic bon genre surant lew années 1970 : le divorce, l’homosexualité, le SIDA, les violences conjugales… des évènements que l’on préférait taire pour sauvegarder les apparences auxquelles ces familles tiennent tant mais qui vont leur éclater au visage.

Les personnages sont très nombreux et assez peu esquissés, leur psychologie, peu exploitée, certes Nina, héroïne du roman fait exception, mais cela reste un peu mince, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, et seuls Nina, Max et Sacha m’ont vraiment intéressée.

Les secrets de famille, il y en a quelques-uns, ils sont bel et bien là mais ils arrivent très tard dans le récit, dans les cent dernières pages, ce que j’ai trouvé dommage car l’autrice les aborde de façon très brève, là où j’aurai aimé qu’elle s’y attarde.

En bref, de bonnes choses, une première moitié assez laborieuse pour moi mais la seconde, heureusement très addictive, font de cette lecture une agréable lecture, certes pas marquante mais qui plaira aux amateurs de sagas familiales !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Un pa

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Jeanne s’apprête à fêter ses 49 ans, seule dans son appartement parisien, avec un macaron beurre salé en guise de gâteau d’anniversaire. Mais sa vie monotone et bien rangée est bousculée par le décès de sa tante.
Elle quitte Paris pour assister aux obsèques dans son village natal, en Bretagne. Un lieu où elle n’était pas retournée depuis 26 ans, après avoir coupé les liens avec sa famille. Jeanne voulait que rien ne lui rappelle Pierre, son fiancé décédé brutalement la veille de leur mariage. Là, elle croise des amis d’enfance et respire des parfums qui lui rappellent tant de souvenirs… Sans oublier Gabin, le frère de son ancien fiancé, aujourd’hui propriétaire d’une chocolaterie qui sait si bien éveiller les sens. Jeanne, qui ne croit plus guère au bonheur, va découvrir qu’on a tous droit à une deuxième vie…

Paris, Jeanne va fêter ses 49 ans et compte bien souffler son unique bougie plantée sur son macaron Ladurée préféré (caramel au beurre salé) lorsqu’elle apprend le décès de sa tante Euphrasie qu’elle surnommait affectueusement tante Ronchon. Sur un coup de tête, elle décide de laisser ses classes de prépa littéraire pour assister aux obsèques de la vieille dame en Bretagne.

Elle retrouve à Plémey-Les-Grèves sa famille très étonnée qu’elle ait fait le déplacement alors que depuis 26 ans, elle se contente de venir trois jours à Noël. Depuis le décès de son fiancé dans un tragique accident la veille de leur mariage, elle a quitté sa famille, ses amis et son village pour refaire sa vie à Paris.

Elle a repris ses études, passé son agrégation, poussée par sa chère tante Ronchon. Depuis, elle a intégré un prestigieux établissement parisien, adopté une chatte persane mais sa vie amoureuse est un véritable désert car Jeanne ne veut pas oublier Yannick.

Dans la foule rassemblée sur le parvis de l’église, elle aperçoit la famille de son défunt fiancé et Gabin, son petit frère, qui est fou d’elle depuis toujours. Et si la vie lui offrait enfin une seconde chance…

Vous le savez, j’aime beaucoup lire les romans qui ont pour cadre ma région la Bretagne, c’est la raison principale pour laquelle j’ai accepté de recevoir Chocolat et fleurs de sel et aussitôt reçu, aussitôt lu !

Pour son second roman, Joëlle Loeuille nous propose un feel-good book comme je les aime avec de l’humour, de l’émotion et un sourire aux lèvres lorsqu’on le referme. Alors certes, l’histoire n’est pas follement originale mais quelques petites choses sont tout de même à souligner.

L’âge des protagonistes : Jeanne, l’héroïne, flirte avec la cinquantaine, un âge sous représenté dans les romans d’une manière générale et Gabin a quarante-quatre ans.

Il est beaucoup question de deuil dans ce roman, celui de son premier amour pour Jeanne, un deuil impossible qui l’empêche de vivre réellement. Depuis vingt-six ans, elle vit dans le souvenir de son amour perdu : elle met les sweats de Yannick pour se réconforter et elle passe chaque nouvel an à Venise avec son fantôme. Là-bas, elle se fait belle et sensuelle, parcourt la ville, dîne dans de grands restaurants et imagine la vie qu’ils auraient pu avoir si ils avaient vécu.

Ces passages sont extrêmement émouvants et m’ont beaucoup touchée, j’ai eu la larme à l’œil plusieurs fois pas parce que Joëlle Loeuille tombe dans le pathos, mais parce que ça sonne vrai.

Ce qui m’a beaucoup plu aussi, c’est la double vie de Jeanne : madame travail et sévérité pour ses élèves qui en ont une trouille bleue la semaine et le week-end, elle écrit des polars à la sauce M.C Beaton avec lesquels elle rencontre un certain succès mais dans l’anonymat le plus complet car elle ne veut pas que ses prépas le sachent.

Il y a aussi la relation très touchante qui unit Jeanne à l’une de ses élèves qui l’a prend pour modèle et qu’elle va épauler du mieux qu’elle peut pour la sortir de son anorexie mentale.

Autres points forts : les personnages, celui de Jeanne bien sûr mais aussi Gabin, l’ancien baroudeur reconverti en chocolatier, les parents de Jeanne, sa chatte persane obèse, la tante Ronchon qui intervient depuis le paradis…

Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment avec Chocolat et fleurs de sel, j’ai ri, j’ai pleuré et j’ai aimé. Si vous aimez ce genre, les thématiques abordées, le chocolat et la Bretagne, car il en est aussi beaucoup question, je ne peux que vous le recommander et remercier les éditions City pour cette lecture iodée !

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Il y a cent façons de tricher, mais il n’y a guère que trois sortes de tricheurs. Tout d’abord, il y a le joueur qui triche – qui ne triche que parce qu’il joue. Qui le fait sans méthode, sans préméditation, d’une manière presque inconsciente, involontaire, et dont on sent très bien qu’il est parfaitement honnête en dehors du jeu. Il y a l’homme qui joue incorrectement parce qu’il est incorrect d’un bout à l’autre de sa vie – et qui doit penser que ce n’est pas vraiment le moment de changer. Enfin, il y a le tricheur de profession, conscient et organisé.

À dix ans, Alex perd sa famille, intoxiquée par un plat de champignons. Ses frères et sœurs, ses parents, son oncle sourd muet, sa grand-mère, en tout douze personnes décèdent dans les heures qui suivent le festin.

Lui seul survit, car il avait été privé de repas pour avoir volé deux francs dans la caisse du magasin paternel. Son larcin l’a sauvé de la mort tandis que l’honnêteté a tué les siens !

Il est recueilli par son plus proche parent, un notaire, qui dilapidera son héritage. Dès qu’il le peut, il quitte ses « bienfaiteurs » et trouve un travail de chasseur dans un restaurant à quelques kilomètres de son bourg normand.

Si seul le crime paie, pas étonnant qu’il ait une étrange conception du monde, se convertisse à la tricherie, en amour comme au Casino… Il nous raconte sa vie rocambolesque.

Mémoires d’un tricheur est l’unique roman de Sacha Guitry qui fut tour à tour dramaturge, acteur, metteur en scène, réalisateur et scénariste. Auteur dramatique prolifique, il a écrit 124 pièces de théâtre, dont beaucoup furent de grands succès. Il a également réalisé trente-six films (dont dix-sept adaptations de ses pièces), jouant dans la quasi-totalité d’entre eux.

J’ai lu une vingtaine de ses pièces, vu la plupart de ses films, et je le confesse bien volontiers j’ai une tendresse certaine pour Sacha Guitry. J’aime beaucoup son style élégant, piquant et ses œuvres sont toujours empreintes d’humour mais aussi d’émotion.

Ce roman paru en 1935 m’a permis de retrouver tout ce que j’aime chez lui. Publié il y a deux ans aux Presses de la cité dans une très jolie édition en hard back illustrée par l’auteur lui-même, ce récit de la vie d’un tricheur se lit d’une traite.

Peu d’intrigue, le récit commence quelque part en Normandie, se poursuit à Paris puis à Monaco. Tour à tour chasseur, groom, croupier puis tricheur professionnel, le narrateur nous conte sa vie dans les grandes lignes, toujours avec gouaille et humour.

Il croisera sur sa route : un Empereur russe et deux anarchistes, une baronne volage, quelques comtes, une femme qu’il épouse pour mieux voler avec elle, le hasard et un manchot qui lui a sauvé la vie lors de la première guerre mondiale.

Le ton est volontiers canaille, les phrases sont courtes et sèches, le héros est truculent et on ne s’ennuie pas en sa compagnie.

Peu d’intrigue mais le ton inimitable de Sacha Guitry pour nous accompagner pendant une heure d’une lecture succulente, je le recommande aux amateurs, pour ma part je me suis régalée !

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Un roman breton où la tendresse ne reste pas poste restante, où les liens du sang n’accusent pas réception, où le bateau du courrier est porteur de bien des surprises, où les boites aux lettres recèlent de lourds secrets.

Élevée dans le culte d’un père mort par accident, Chiara, 25 ans, apprend fortuitement que son père biologique vit n’est peut être pas celui qu’elle croit. Quelques jours après le décès de son mari, sa mère Livia, a passé une nuit avec un marin venu de Groix en Bretagne.

Chamboulée par cette révélation, Chiara part à sa recherche sur l’île aux grenats. Sur place, elle se lie d’amitié avec Urielle, une jeune groisillonne, qui ne supporte plus le stress de Paris, et Perig, un vieux correspondant de presse dont le fils a disparu en mer.

Hébergée par Didier et Rozenn, les parents d’Urielle, elle en vient à remplacer la factrice, en congé maladie, pour s’intégrer à la communauté groisillonne et mener son enquête. Car sur place, Chiara se rend compte que les Tonnerre, nom de famille de son possible géniteur, sont légion à Groix et en distribuant le courrier, elle l’espère les approcher.

Mais tout se complique lorsque la jeune femme apprend que deux frères Tonnerre étaient sur l’île en même temps que sa mère vingt-cinq ans plus tôt. Alors que l’île l’envoûte et l’invite à rester, elle rencontre Gabin, un écrivain Corse qui prête sa plume à des romanciers célèbres…

Aussitôt acheté, aussitôt lu, c’est assez rare pour être souligné ! Il faut dire que cette couverture estivale est un véritable appel à la lecture et que je ne me voyais pas lire Poste restante à Locmaria en plein hiver.

Cette lecture m’a permis de retrouver Lorraine Fouchet que j’avais découverte dans L’agence et Les couleurs de la vie. Médecin généraliste de profession, auteure d’une dizaine de romans, elle prend volontiers pour cadre la Bretagne et notamment l’île de Groix, qu’elle aime tant.

L’auteure nous propose ici un joli roman sur la place du père. Les deux héros, Chiara et Gabin, ont grandi sans la présence d’un père. Si Alice, la mère de Gabin, a été une maman pleine d’amour trop tôt disparue, celle de Chiara, Livia, a été distante, reprochant sans cesse à sa fille d’être née « J’aurais préféré l’avoir, lui, plutôt que t’avoir, toi. », incapable de toucher sa fille, de l’aimer.

Sur ce bout de terre où tout le monde se connaît, Chiara va mener son enquête, croiser la route de personnes authentiques, avec leurs failles et leurs forces. J’ai eu plaisir à retrouver l’île de Groix, à quelques kilomètres de chez moi, et à suivre les différents personnages de ce roman.

C’est d’ailleurs la force de cette autrice : nous proposer des personnages attachants et complexes, une histoire touchante même si elle est loin d’être originale, et un cadre qui devient un personnage à part entière.

Lorraine Fouchet s’attarde bien évidemment davantage sur Chiara et Gabin dont elle nous raconte la vie passée et présente, mais les personnages secondaires sont bien esquissés.

L’intrigue nous interroge sur la force et la place des liens du sang avec des chapitres assez tristes et poignants où l’on mesure la souffrance qu’ont enduré nos deux héros, sevrés d’amour et de tendresse.

L’auteure manie à la fois l’humour et l’émotion tout au long de son roman, nous donne aussi matière à réflexion et je serai volontiers restée sur l’île de Groix encore un peu même si j’ai parfois levé les yeux au ciel.

Car s’il y a de jolies trouvailles, il y a également des facilités en pagaille, c’est ce qui m’a un peu déçue, tout est tellement facile pour Chiara qui, en ne connaissant personne sur lîle, trouve un hébergement le jour même de son arrivée, un travail et un amoureux, en l’espace de quelques jours seulement !

Un roman avec des secrets de famille, qui, bien que traversé par des thématiques sombres, est résolument optimiste et chaleureux. Il ne me restera pas longtemps en mémoire car il manque de force et d’évènements marquants mais il se révèle idéal pour une lecture de vacances !

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La trentaine séduisante, Frédéric Solis est un brillant avocat qui collectionne les succès et les tableaux impressionnistes. Son assistante, Pétronille, n’a d’yeux que pour lui mais il ne la voit pas, tout à son ambition et à son appétit de collectionneur… jusqu’au jour où un notaire lui annonce qu’il a fait un mystérieux héritage. Persuadé d’avoir touché le jackpot, Frédéric tombe de haut lorsqu’il découvre que son legs consiste en quelques tickets de métro et en une étrange carte aux trésors. Et puis la chance tourne. Quelques mauvaises affaires, et le voilà acculé : ses clients disparaissent et ses biens sont saisis. Il ne lui reste plus qu’à suivre la trace de l’étrange héritage, tandis que dans l’ombre Pétronille fait tout pour l’aider. De rencontre en rencontre et de surprise en surprise, le jeu de piste légué par un défunt bienveillant lui permettra de regarder, enfin, la vie au fond des yeux. Quand un flirt avec la dérive se transforme en aventure trépidante et savoureuse, généreuse et… amoureuse.

Tout semble réussir à Frédéric Solis, brillant avocat parisien et collectionneur amateur de toiles impressionnistes, une coûteuse passion qui lui vaut quelques ennuis avec les huissiers. Jusqu’il y a quelques mois de cela, il filait le parfait amour avec Marcia, une top model qui l’a quitté lorsqu’il a refusé de lui faire un enfant.

Le fringuant quadragénaire porte en lui une blessure et une absence, celle de son père, qui s’est volatilisé quelques jours avant Noël lorsqu’il avait six ans. Il s’est alors juré de n’être jamais père et reste célibataire depuis leur rupture, le cœur en miettes.

Mais, maintenant qu’il réalisé l’un de ses rêves, posséder un Sisley, laissant ses comptes en banque exsangues, il doit trouver de l’argent frais à tout prix. C’est alors qu’il est contacté par un huissier pour l’ouverture d’une succession.

L’homme de loi lui apprend qu’il est le seul héritier de Fabrice Nile, un parfait inconnu. Peu importe, il se dit que la chance a enfin tourné mais, à sa grande surprise, ce n’est pas de l’argent qui l’attend, mais un étrange jeu de piste qui le conduit sur les pas des peintres impressionnistes et d’un célèbre tableau de Monet, La pie.

Aidé par sa fidèle assistante Pétronille, qui en passe un peu pour lui, Frédéric se pique d’une aventure qui va bouleverser sa vie à jamais…

L’été dernier j’avais lu et beaucoup apprécié L’île des beaux lendemains pour son histoire et pour la jolie plume de Caroline Vermalle et plusieurs d’entre vous m’avaient alors conseillé Une collection de trésors minuscules, je l’avais noté et lorsque je suis tombée dessus d’occasion, je l’ai empoché et sitôt lu.

Et je remercie celles et ceux qui m’avaient soufflé ce titre car ce fut une belle découverte. L’histoire se révèle très addictive et tient en haleine jusqu’au point final. L’autrice tricote un récit avec du suspens, des rebondissements, des secrets en veux-tu en voilà, des personnages étonnants et attachants qui nous interrogent sur l’essentiel.

Il y a Frédéric bien sûr, la douce Pétronille et ses choux à la crème, Jamel, Maurice et les autres, on a plaisir à faire la connaissance de chacun d’entre eux, découvrir les liens qui les unissent et l’amitié inattendue qui va surgir entre Jamel et Frédéric.

Le héros, obsédé par sa réussite professionnelle, va côtoyer au fil de sa quête, des personnages qui vont lui démontrer que l’argent n’est pas tout et que l’essentiel est même ailleurs.

Nous suivons Frédéric dans cette chasse au trésor assez intrigante au départ qui l’amène à explorer la passion qu’il voue aux impressionnistes. Il y a la beauté des tableaux bien sûr mais surtout le lien qu’il avait avec son père, lui-même passionné par Monet et notamment son tableau La pie.

Cette chasse aux trésors n’est qu’un prétexte pour se trouver lui-même, surmonter ses faiblesses et ouvrir les yeux sur la réalité. Je me suis laissé charmée par cette histoire chaleureuse, tendre, qui se déroule à quelques jours de Noël, lors d’un hiver neigeux et glacial.

C’est un roman charmant, touchant, tendre et plein d’espoir qui nous rappelle que chacun est maître de sa vie et de son destin. Une histoire en apparence bien ordinaire mais qui m’a beaucoup touchée et émue. Je vous le recommande !

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