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Posts Tagged ‘littérature française’

Fanny Vandermeersch est née dans le Nord de la France où elle enseigne.
Elle a été deux fois finalistes du prestigieux concours d’écriture « E-crire au féminin ». « Lucy et Chloé », le prequel du roman « Aux livres exquis » s’est déjà vendu à plus de 17 000 exemplaires !

Chloé est mère d’un petit garçon de six ans, Rudy, mariée à Clément qu’elle ne voit jamais, et depuis quelques mois, faute d’emploi, elle est une femme au foyer qui attend son mari. Et ça, Chloé en a assez.

Aussi, quand elle lit dans le journal qu’un café littéraire, Aux Livres Exquis, cherche une serveuse en CDD, elle se dit que c’est le job idéal pour elle.

Mais en rencontrant son patron, David, un homme dur et fermé, elle ment pour avoir la place, lui assurant qu’elle est célibataire et sans enfants et elle est embauchée. Si elle s’entend à merveille avec Tristan, le comptable et frère de David, les débuts sont difficiles avec son patron, qui ne lui passe rien.

Dans le même temps, son couple prend l’eau : son mari lui avoue qu’il est amoureux d’une autre et qu’il veut le divorce, elle comprend alors qu’elle arrive à un tournant de sa vie. Entre muffins brûlés, énigmes, crises de larmes, de rire, voyage au Maroc, révélations sur sa mère et découverte de ses origines, la vie de Chloé ne sera plus la même…

Vous le savez si vous me lisez régulièrement, j’aime bien de temps en temps lire un feel-good book et avec Aux livres exquis, j’étais sûre de passer un bon moment. Hélas pour moi, si ce roman se lit vite et bien, il y a clairement tromperie sur la marchandise.

C’est davantage une romance assez plate qu’un feel-good book pour les amoureux des livres, d’où ma déception ! Car le fameux café littéraire, Aux livres exquis, est surtout présent dans le titre, dans l’histoire nettement moins : Chloé aurait pu travailler chez un fleuriste ou dans une boutique de vêtements, qu’on n’aurait pas vu la différence !

Le style de Fanny Vandermeersch est fluide, de ce côté-là rien à redire, mais l’histoire qu’elle nous propose sent clairement le réchauffé : une femme sans emploi qui en trouve un en claquant des doigts, qui se fait plaquer par son mari et tombe amoureuse de son patron, qui ne cherche pas ses origines marocaines mais qui les trouve comme par magie, ça fait beaucoup.

D’autant qu’avec moins de 200 pages, difficile de prendre le temps d’installer une histoire ou de développer la psychologie de ses personnages : tout reste survolé. Les personnages sont clichés au possible : le veuf inconsolable beau comme adieu qui tombe amoureux de son employée au premier regard, le frère homo favorisant l’idylle, la meilleure amie qui endosse le job de nounou de l’année en plus de son travail pour que l’héroïne ait le job…

Et puis surtout : l’idée du café-littéraire, bonne au demeurant et originale, n’a pas été développée, au détriment de sujets communs à toutes les romances.

En bref, une romance banale dont on devine vite le dénouement, sympathique à lire mais décevante dans son développement. Vite lu et aussi vite oublié !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Roger Martin du Gard (1881-1958) appartient à une famille de magistrats et d’avocats. Après des études secondaires à l’école Fénelon et au lycée Janson-de-Sailly, il est admis en 1903 à l’École des chartes d’où il sort en 1905 archiviste-paléographe. La lecture de La guerre et la paix de Tolstoï éveille en lui une vocation de romancier. À la veille de la Première Guerre mondiale paraît son premier roman important, Jean Barois (1913). Il se lie d’amitié avec André Gide et Jacques Copeau. En 1920, il conçoit un vaste roman cyclique, Les Thibault. Il y consacre alors l’essentiel de son temps. La publication des Thibault en est à son avant-dernier volume, L’été 1914, quand Martin du Gard reçoit le prix Nobel de littérature en 1937.

Paris, fin du XIXè siècle. Oscar Thibault, veuf de longue date, catholique particulièrement pieux, règne de main de maître sur ses oeuvres de bienfaisance et sur ces deux fils.

L’aîné, Antoine, sérieux et conservateur, fait la fierté de son père depuis toujours. Habitué aux prix d’excellence, le jeune médecin est promis à un brillant avenir.

Jacques, le cadet, de neuf ans plus jeune, est idéaliste et révolté, et noue une amitié passionnée avec Daniel de Fontanin, protestant, au grand dam du patriarche des Thibault qui exècre les huguenots.

La découverte d’un cahier gris, la correspondance entre les deux jeunes gens, conduira à une fugue jusqu’à Marseille. Repris par la police, Jacques est envoyé par son père dans une colonie pénitentiaire afin de briser toute vélléité de rebellion tandis que Daniel est accueilli avec tendresse dans son foyer.

Antoine, partagé entre la tendresse qu’il porte à son frère et le respect qu’il voue à son père, tente d’arrondir les angles et de trouver sa voie en se consacrant corps et âme à la médecine…

Les Thibault est une grande saga famiale composée de huit tomes, découpés en trois volumes pour la parution en poche chez Folio que j’avais terriblement envie de découvrir depuis plusieurs années, et l’été étant propice aux lectures de romans fleuves, je les ai acquis et me suis immédiatement mise à la lecture du premier volume.

Et comme j’ai bien fait car j’ai adoré ce premier tome qui m’a enthousiasmée et dont je suis venue à bout en quatre petits jours alors qu’il fait près de 900 pages et m’a conforté dans mon idée de lire les tomes 2 et 3 en août et en septembre !

À travers les destinées de deux familles bourgeoises, les Thibault et les Fontanin, Roger Martin du Gard évoque la France de la Belle Époque qui va sombrer dans le premier conflit mondial.

L’ensemble du cycle est surtout centré sur les deux fils du riche notable catholique Oscar Thibault, deux frères que tout oppose : Antoine, l’aîné, médecin sûr de lui, esprit rationnel et plutôt conformiste, et son cadet de neuf ans, Jacques, idéaliste et tourmenté, en révolte contre les valeurs de la société bourgeoise puis militant socialiste.

Mais l’amitié de Jacques pour Daniel Fontanin introduit en contrepoint la famille de celui-ci, de confession protestante. Les deux premiers volumes Le cahier gris et Le pénitentier voient Jacques et Daniel passer de l’adolescence à l’âge d’homme, tandis que les suivants s’élargissent aux vicissitudes et hypocrisies de la vie bourgeoise, à l’ébranlement religieux et moral de ce début de XXe siècle, faisant de ce roman, une fresque sociale.

Héritier de la tradition naturaliste Roger Martin du Gard brosse un tableau sans complaisance de la société tout en mettant au premier plan le vécu et les pensées des protagonistes, saisis avec une grande finesse psychologique dans le tissu des détails qui font le quotidien.

Si l’organisation de cette grande fresque suit chronologiquement la vie et l’évolution intellectuelle et affective des héros, entourés d’une galerie de personnages secondaires variés et bien brossés, ses différentes parties permettent à l’auteur, athée et matérialiste, d’aborder des questions éthiques, sociales, politiques ou idéologiques.

Autant de points très finement traités qui m’ont vivement intéressée et fait que je n’ai pas pu lâcher ma lecture, toujours pressée d’y retourner. J’ai adoré les personnages d’Antoine bien moins lisse et conservateur qu’il n’y paraît au premier abord et madame Fontanin, mère aimante, empêtrée dans un mariage malheureux et je suis vraiment curieuse de voir le sort qu’a prévu pour eux l’auteur.

En revanche, et à ma plus grande surprise, je n’aime pas du tout, pour le moment, le personnage de Jacques, certes exalté et moderne, mais dont les atermoiements et les apitoiements sur son sort m’ont vraiment agacée, les passages le concernant m’ont plutôt laissé de marbre, j’espère que ce ne sera pas le cas dans les autres volumes.

Ceci mis à part, ce premier opus a tout du grand roman et je ne peux que vous inviter à le découvrir à votre tour, adepte des classiques ou non, ce roman a tout pour séduire les amateurs de fresque familiale et sociale.

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Née en 1978, Anne Michel enseigne les lettres à Toulon. Elle est l’auteur de Matin d’écume, son premier roman (prix Terres de France-Ouest-France 2018), paru aux Presses de la Cité.

Sabrina et Capucine étaient inséparables au lycée. La première a pu compter sur la seconde lorsque ses parents sont morts dans un accident de voiture. Mais le bac en poche, leurs vies ont pris un chemin différent : une école hôtelière pour Sabrina et celle de design pour Capucine et elles se sont perdues de vues.

Vingt ans plus tard, Sabrina vit plutôt heureuse sous le soleil de Toulon, dans le restaurant où elle travaille avec Samuel et Eric, un couple d’amis, qui connaît un joli succès. Elle s’accomode comme elle peut de son célibat même si, lors des soirées d’hiver, son chien Biplan et son chat Tranxène ne suffisent pas à combler sa solitude.

A Stockholm, Capucine s’épanouit entre son métier d’illustratrice et la famille qu’elle a fondée avec Jon, heureux parents de Louise, Mélanie et Soren. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle compte sur son amitié retrouvée avec Sabrina, et les réseaux sociaux, pour faire face à l’épreuve. Et ce, malgré la distance.

Sabrina comprend alors, en soutenant son amie dans son combat, que c’est le rapport à son propre corps qu’elle va affronter, elle qui souffre, depuis l’enfance, de ne pas se sentir belle.

Le temps est au bilan pour ces deux amies à l’aube de la quarantaine, dans leurs vies, dans leurs relations avec les autres, leur féminité.

Elles vont apprendre à faire confiance à leur force intérieure… et à la vie !

Avec Pour quelques bulles de bonheur, Anne Michel signe un roman sur le pouvoir de l’amitié et des liens du coeur. Cette jolie couverture pourrait faire croire à une comédie pour l’été mais il n’en est rien, c’est davantage un feel-good book plein d’espoir, de sensibilité et de douceur.

Même si je ressors de ma lecture plutôt charmée par l’histoire et les personnages, je dois vous avouer que c’est surtout Capucine, son quotidien à Stockholm, le couple et la famille qu’elle forme avec Jon et ses enfants, et bien évidemment son combat contre le cancer qui m’ont surtout touchée et intéressée.

La façon dont, malgré sa peur, elle fait face au crabe, ses réactions m’ont plu et m’ont paru crédibles, j’espère que si un jour j’étais confrontée à la même situation, je saurai faire preuve d’autant de courage et de pugnacité que cette héroïne et que je pourrai compte sur un homme aussi génial que son mari Jon !

Tous ses chapitres liés à Capucine m’ont beaucoup plu. Sabrina n’est pourtant pas un personnage inintéressant : elle a du faire face très jeune à la mort de ses parents, a souffert de grossophobie et même si, grâce au sport, elle a su se sculpter une belle silhouette, elle se sent toujours aussi moche et sa vie sentimentale est désertique.

Pour autant, les chapitres où elle apparait m’ont paru plus plats, plus monotones, en un mot : moins captivants et je n’ai pas réussi à m’attacher à elle, alors que je me suis attachée à Capucine dès les premières pages !

Il n’empêche que ce roman traite avec beaucoup de réalisme des thématiques dures sans jamais tomber dans le pathos ou le larmoyant et que de point de vue-là, il m’a bien plu même si c’est un peu trop survolé à mon goût.

L’amitié est également bien mise à l’honneur, ce que j’ai apprécié aussi. Tout va néanmoins un peu trop vite dans ce récit et je crains qu’il ne me reste pas longtemps en mémoire mais si ces thématiques vous intéresse, je ne peux que vous encourager à le découvrir à votre tour.

Un grand merci aux Editions Presses de la Cité pour cette lecture pleine de douceur.

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Anne-Gaëlle Huon a travaillé pour une grande chaîne de télévision avant de se tourner vers l’écriture. Elle aime rendre les gens heureux et rit parfois un peu trop fort. Elle vit désormais à New-York où elle écrit des romans et sculpte des citrouilles. Elle a déjà publié un premier roman, Buzz (City, 2016).

Le plan de Paulette, quatre-vngt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils unique, Philippe, la maison de retraite cinq étoiles de ses rêves dans le sud de la France.

Manque de chance, sa belle-fille Corinne a d’autres projets pour elle et Paulette échoue dans une auberge de campagne tenue par monsieur Yvon, un géant au grand cœur, au milieu de nulle part.

La nouvelle pensionnaire n’a plus qu’un objectif : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidents, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle.

Que contiennent en effet les mystérieuses lettres cachées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans sa bibliothèque ?

Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

J’avais découvert l’été dernier Anne-Gaëlle Huon avec son troisième roman Même les méchants rêvent d’amour, que j’avais bien apprécié même si j’avais quelques réserves, il était donc temps pour moi de découvrir Le bonheur n’a pas de rides, présent dans ma PAL depuis plusieurs mois.

Ces dernières années, il y a plusieurs parutions autour des personnages âgées qui me sont passées entre les mains avec plus ou moins de bonheur, souvent sur le thème « il n’est jamais trop tard pour profiter de la vie » celui-ci ne fait pas partie des meilleurs pour moi, il m’a même, je dois le dire bien déçue.

L’histoire est gentillette, elle dégouline de bons sentiments et elle est un peu trop éculée et bourrée de clichés pour moi, elle manque vraiment d’originalité que ce soit dans son développement, dans les thématiques abordées ou dans les personnages, rien de nouveau sous le soleil ! Pour résumer : je n’ai pas aimé !

Madame Paulette, l’héroïne, est une mamie acariâtre en apparence mais qui possède un cœur d’or (bonjour le cliché), elle va tomber sous le charme de monsieur Georges, encore meurtri par une histoire d’amour avorté avec une célèbre danseuse du début des années 50 (encore un cliché et difficilement crédible).

Tous les personnages ont connu des drames et ont des difficultés à les surmonter : Noor, la cuisinière d’origine marocaine a quitté son mari violent, monsieur Yvon peine à se remettre de la mort de son jumeau il y a plusieurs décennies, Hippolyte est autiste (ce n’est pas dit mais on le comprend vite), Marceline, Juliette (est en deuil de sa grand-mère) et les autres ne servent que de faire-valoir à l’intrigue principale, c’est-à-dire, l’histoire d’amour qui va naître entre Paulette et Georges.

Je vous avoue que j’ai été déçue par cette histoire qui ne m’a pas intéressé, ne m’a fait ni rire ni sourire, je l’ai même trouvé finalement assez sombre. Je ne me suis attachée à aucun des personnages, j’ai même trouvé Paulette assez antipathique, ce qui ne m’a pas aidé à apprécier ce roman.

L’écriture d’Anne-Gaëlle Huon est fluide et plaisante, on sent qu’elle a mis tout son cœur dans ses personnages, qu’elle a beaucoup de tendresse pour le 3è âge mais comme je l’ai dit plus haut, ce récit sent vraiment le réchauffé et le déjà-vu.

Un roman qui ne correspond pas à mes attentes et que je vais vite oublier en tout cas ! Je pense lire Les demoiselles, le prochain roman d’Anne-Gaëlle Huon car il a pour décor le pays Basque dans les années 20 mais si il ne me plait pas, j’arrêterai avec cette autrice. Et vous, vous l’avez aimé ?

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Patrick Pesnot est journaliste et scénariste, il a produit et animé pendant dix-huit ans l’émission « Rendez-vous avec X » sur France Inter. Il a publié notamment La Malédiction des Médicis (Nouveau Monde 2003), Le Régent (NM, 2011), Les Dessous de la Françafrique (NM, 2010), Les Grands Mensonges de l’Histoire (Hugo document, 2013), Le Grand Livre des espions (Fayard, 2015)…

Milieu du XVIIIè siècle, Cancale. Orpheline de mère et fille de capitaine, Julienne ne supporte plus sa marâtre. Résolue à changer de vie, elle décide un jour de couper ses cheveux, emprunte les vêtements de son frère et se fait appeler… Henri.

En route vers Paris, la garçonne vit d’expédients, dort à la belle étoile et se fait connaître de la maréchaussée en laissant pour mort un aubergiste émoustillé par son androgynie.

Elle est recueillie par un jeune abbé aussi bon qu’avenant qu’elle quitte au bout de quelques semaines, craignant de tomber amoureuse.

Arrivée à Paris, à court de ressources, elle cède aux avances d’un sergent recruteur qui l’engage dans l’armée du roi sous le sobriquet de  » Sans-Souci « . La voilà engagée dans la campagne de Bohème, à travers Vosges et Forêt-Noire.

Bientôt, quarante mille soldats franchissent le Danube et marchent sur Prague. Si Julienne se conduit avec bravoure, pourquoi chacun des hommes dont elle s’éprend – son capitaine, son compagnon de chambrée… – connaît-il un sort funeste ?

De retour en France après avoir déserté, elle n’aura d’autre choix que d’assister dans sa tâche  » Monsieur de Marseille « , le bourreau. Jusqu’à quand parviendra-t-elle à dissimuler son identité ?

La rose et le bourreau est un bel hommage au roman du siècle des Lumières et en particulièrement aux récits picaresques à la Gil Blas de Santillane.

Patrick Pesnot met en scène une héroïne moderne et courageuse qui n’hésite pas à braver l’un des interdits de son époque : se travestir en homme. Si elle le fait en premier lieu pour préserver son corps des prédateurs qu’elle pourrait croiser sur sa route, elle se rend vite compte que, malgré son bon niveau d’instruction, elle n’a à sa disposition que peu d’opportunités pour gagner sa vie : domestique ou putain.

De Paris à Prague, en passant par Lyon et Marseille, Julienne aura fort à faire pour conserver son secret et prouver à tous qu’elle peut se conduire comme un homme.

Si vous aimez les romans historiques, d’aventures et le XVIIIè siècle, ce roman est pour vous ! D’une plume alerte et truculente, Patrick Pesnot nous plonge dans cette France des Lumières qu’il a très bien reconstituée, on s’y croirait !

Au-delà du contenu purement historique, l’histoire de Julienne est assez passionnante, il lui arrive une foule de choses comme dans tous les romans picaresques qui se respectent : les péripéties s’enchaînent sans temps mort et on tourne les pages avec une certaine avidité.

L’héroïne n’a pas froid aux yeux, elle a beaucoup de courage, c’est une aventureuse en diable qui ne va pas hésiter à endosser les habits de soldat ou de bourreau pour mener une existence libre et indépendante.

Son chemin sera pourtant sans cesse semé d’embûches mais elle saura toujours rebondir, se fondre dans le décor pour préserver son secret, quitte à parcourir la France pour ne pas être découverte.

J’ai beaucoup aimé ce roman, le XVIIIè siècle est une de mes périodes préférées et j’ai apprécié le retrouver dans cette lecture d’autant qu’on nous donne à voir le peuple et des personnages que l’on retrouve rarement dans les romans à savoir les militaires et les bourreaux qu’on suit dans leur quotidien.

L’auteur nous donne à lire, en quelque sorte, l’envers du décor du siècle des Lumières, à mille lieux des cercles philosophiques et de la cour de Versailles. Aux côtés de l’héroïne, on côtoie les couches les plus basses de la population, on découvre leur quotidien et c’est ce qui m’a beaucoup plu ici.

Un très bon roman d’aventures que je vous conseille si cette période de l’histoire vous intéresse, il ne pourra que vous plaire !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Harold Cobert est l’auteur de plusieurs romans, dont Un hiver avec Baudelaire (Héloïse d’Ormesson, 2009 ; Le Livre de Poche, 2011), L’Entrevue de Saint-Cloud (Héloïse d’Ormesson, 2010, Prix du Style), Jim (Plon, 2014 ; Le Livre de Poche, 2016) et La Mésange et l’Ogresse (Plon, 2016 ; Points Seuil, 2017).

Dix ans ont passé depuis son fastueux mariage en l’église de la Madeleine à Paris avec l’héritière Suzanne Walter, Georges Du Roy de Cantel, le  » Bel-Ami  » de Maupassant, est désormais à la tête du quotidien fondé par son beau-père, La vie française, et se met à rêver d’une carrière politique.

Quadragénaire fringant, doté d’un bel hôtel particulier avenue de Boulogne, père de deux jeunes enfants, sa réussite peut sembler complète mais George veut entrer à l’Assemblée Nationale et surtout devenir ministre.

Qu’à cela ne tienne, il jette son dévolu sur sa circonscription natale, et avec son épouse, bat inlassablement la campagne normande afin d’en déloger l’élu sortant. Et si ce monde devenait son nouveau terrain de jeu, l’arène de son ambition dévorante ?

Louvoyant entre le milieu journalistique et celui des affaires, Du Roy intrigue comme jamais pour accéder aux plus hautes sphères du pouvoir. Alors qu’elle milite pour les droits des femmes, Suzanne, son épouse, se révèle une alliée précieuse dans cette lutte féroce…

Avec Belle-Amie, Harold Cobert nous propose de retrouver Bel-Ami, le héros emblématique de Guy de Maupassant. En glissant ses pas dans ceux du maître et en nous entraînant dans le Paris de la fin du XIXe siècle, Harold Cobert nous donne à lire une suite haletante au chef-d’œuvre de Maupassant.

Et je dois bien dire que l’auteur s’en tire formidablement bien en imaginant la suite des aventures de l’ambitieux et détestable Du Roy, l’homme qui se sert des femmes pour favoriser son ambition sociale avant de les jeter, une fois qu’il n’en n’a plus besoin.

Harold Cobert s’est imprégné de l’atmosphère du roman de Maupassant, en rappelle les grandes lignes afin que celles et ceux qui ont oublié l’intrigue originelle ne soient pas perdus, et propose même une très belle mise en abime de ce grand classique dans l’intrigue de Belle-Amie.

L’auteur a gardé les codes du XIXè siècle, s’est surtout formidablement bien documenté et emprunte les différents scandales politico-financiers de l’époque pour nourrir son intrigue.

Comme Maupassant, Harold Cobert décrit très bien les mécanismes de la Troisième République, les luttes de pouvoir entre politiciens, journalistes et banquiers, les accointances entre ces différents milieux, leur porosité, les gouvernements qui tombent, les séances houleuses à la Chambre, la corruption, les chantages, les riches qui s’enrichissent davantage quand les plus pauvres finissent ruinés…

Georges Du Roy de Cantel est fidèle à lui-même et on retrouve tous les personnages féminins présents chez Maupassant : Madeleine, sa première épouse et journaliste pugnace, Virginie la bigote qui est devenue sa belle-mère, Suzanne son épouse et plus fidèle alliée et une nouvelle venue, Salomé, femme ô combien mystérieuse.

Bel-Ami s’est élevé par les femmes, est-ce par elles qu’il chutera ? Pour le savoir, il faudra lire Belle-Amie, ce que je vous conseille absolument tant j’ai aimé la plume de l’auteur, les mots et la langue qu’il emploie et que n’aurait pas renié Maupassant lui-même, c’est un bel exercice de style et un formidable hommage à l’un des plus grands écrivains du XIXè siècle.

L’intrigue est passionnante à suivre que ce soit d’un point de vue historique ou romanesque et même si j’en ai deviné le dénouement, je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page. Si vous n’avez pas lu le roman de Maupassant, je vous encourage à y remédier même si les deux oeuvres peuvent se lire séparément, il serait dommage de vous priver d’un double plaisir.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture, j’ai adoré et je vous conseille vivement de découvrir à votre tour ce roman !

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Yves Viollier est né en Vendée. Il commence très jeune à écrire des poèmes, devient professeur de lettres, et commence à publier des romans en 1973. Ses premiers ouvrages le font remarquer par Robert Laffont, qui édite en 1988 la trilogie Jeanne la Polonaise. C’est avec ses romans vendéens, Les Pêches de vigne et Les Saisons de Vendée, qu’il fait son entrée au sein de l’Ecole de Brive. Il a obtenu, entre autres, le prix Charles Exbrayat pour Les Lilas de mer, le prix du Roman populaire pour Les Sœurs Robin, et le Grand Prix catholique de littérature pour L’Orgueil de la tribu. Il a récemment écrit L’Oratorio du Pardon avec le compositeur Bruno Coulais et reçu le prix Charette pour son roman Même les pierres ont résisté. Il vient de publier aux Presses de la Cité Y avez-vous dansé, Toinou ?, et, en avril 2017, Le Marié de la Saint-Jean. Yves Viollier est critique littéraire à La Vie.

Septembre 1938, au Gué-des-Marais, en Vendée. Louise Renard et son père Athanase doivent se rendre chez le notaire. Ils laissent à Yvonne Chassagne, Marcelin, deux semaines, le fils de Louise avec la promesse de le récupérer à leur retour le soir même.

Le lendemain, toujours point de Renard. Yvonne est inquiète d’autant que le chef de gare est certain : ils n’ont jamais pris le train ! Accompagnée de son mari, du maire et du maréchal-ferrant, Yvonne se rend aux Ombrages, la maison des Renard.

La lumière du cabinet de toilette est allumée mais les habitants ne répondent pas. Ils forcent la porte d’entrée et découvrent le père et la fille se tenant par la main, les yeux fermés. On aurait dit qu’ils dormaient mais ils sont bel et bien morts. Suicidés par asphyxie.

Pour le frère d’Athanase et pour les habitants du village, c’est l’incompréhension ! Certes, les Bernard avaient accumulé les dettes depuis la fin de la guerre mais Louise était si belle et talentueuse.

Artiste-peintre au talent précoce, Louise exposait depuis quelques années déjà dans les salons en compagnie des plus grands. Elle avait un bel avenir…

Avec Louise des Ombrages, Yves Viollier nous propose la vie romancée de Marie Renard, fille unique de François et Marie Renard et artiste peintre du sud vendée née le 10 mai 1908 et morte le 13 février 1936.

Ce double suicide a bel et bien surpris leur entourage à l’époque mais si il ne faisait aucun doute puisque les défunts avaient laissé un courrier expliquant leur geste, ils n’ont pourtant pas expliqué la raison qui les ont poussé à commettre l’irréparable.

Propriétaires d’une superbe propriété valant 200 000 francs de l’époque, ils avaient pourtant du vendre des terres et projetaient d’en faire de même avec La taillée, étant passés d’une grande aisance financière à la gêne.

L’auteur part donc de ce double décès pour remonter le fil de la vie de l’artiste, celle de ses parents, et à travers eux, revient sur les soubresauts qu’a connu la France avec les quatre années de guerre, les deuils dans les familles, le difficile retour à la vie des soldats de 14-18, blessés ou traumatisés par le conflit, la place de la femme pendant et après le conflit, le krach de 29…

Ce qui a intéressé Yves Viollier de prime abord, c’est bien évidemment ce double suicide : « On les a trouvés ainsi que je le raconte dans leur maison des Ombrages. C’était après la Grande Guerre, au Gué-des-Marais. En ce temps-là, on ne pardonnait pas le suicide. Alors, le père et la fille ! Je suis allé tourner dans ce pays d’eau et de ciel aux couleurs changeantes qu’on appelle Venise verte. J’ai lu les journaux de l’époque et recherché des tableaux de celle qui m’a inspiré cette histoire, et que j’ai prénommée Louise. J’ai visité sa maison que j’ai baptisée Les Ombrages. Et j’ai essayé de remonter par le roman les chemins d’un destin qui les a décidés à se prendre par la main. Pour qu’ils revivent. Et que nous apprenions à les connaître. Afin, peut-être, que nous les aimions. »

Et c’est mission réussie pour moi ! J’ai beaucoup aimé cette histoire et surtout les personnages de Louise et d’Athanase, leur complicité et leur proximité, les autres habitants de la maison ne sont pas en reste même si l’auteur s’attarde moins sur eux.

Le mélange de réalité et de fiction est bien dosé et on se laisse porter par les mots d’Yves Viollier, par Louise et Athanase qui m’ont tellement touchée que je suis venue à bout de ce roman en une journée car, une fois en main, impossible de le lâcher jusqu’au point final.

Un roman sombre mais aussi lumineux, très bien documenté et écrit où les secrets de famille, l’amour filial, les bouleversements historiques, la nature et la peinture sont autant de thèmes abordés avec justesse par Yves Viollier.

Un très bon moment de lecture que je vous recommande et un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette belle lecture.

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Raymond Radiguet, né le 18 juin 1903 à Saint Maur et mort le 12 décembre 1923 à Paris d’une fièvre typhoïde, est un écrivain français. Talent très précoce, il a écrit deux romans ayant connu un grand succès critique et populaire, Le Diable au corps et Le Bal du comte d’Orgel, publiés alors qu’il abordait la vingtaine.

En 1917, un lycéen de quinze ans de bonne famille, s’éprend d’une jeune femme, Marthe, de quatre ans son aîné dont le fiancé, Jacques, est au front. L’union est arrangée et la jeune femme n’est pas amoureuse de celui qui est devenu son mari.

Elle succombe vite au charme du narrateur et c’est bientôt l’amour fou, absolu, comme il peut l’être à leur âge, malgré tout et contre tous, voisins ricaneurs ou parents désemparés.

Mais aussi, très vite, l’anxiété, la cruauté inconsciente, la possession, le comportement lunatique de l’adolescent, l’impossibilité pour lui de vivre une aventure d’homme.

Cette idylle contre-nature va choquer tout l’entourage bourgeois du couple et les voisins patriotes de la jeune femme. Personne ne comprend ni ne conçoit comment cette femme peut tromper son héros de mari au service de la patrie, qui plus est avec un adolescent innocent…

Le diable au corps est le premier roman de Raymond Radiguet qui paraît en 1923, quelques mois avant que son auteur ne meurt à l’âge de vingt ans. Ce météore de la littérature française, ami intime de Jean Cocteau et de Coco Chanel, s’est d’abord fait connaître avec sa poésie avant d’écrire deux romans, dont un qui sera publié de façon posthume.

Le scandale lors de la parution du livre en 1923 et le décès de son auteur à l’âge de vingt ans la même année feront de ce roman un mythe que j’avais très envie de découvrir depuis un bon nombre d’années.

La parution de ce premier roman fait en effet scandale par son sujet et l’âge de son héros : une histoire d’amour entre un narrateur encore considéré comme un enfant et une femme qui trompe son mari alors au Front, l’histoire se déroule pendant la guerre de 14.

Radiguet a toujours affirmé que son récit était fictif, pourtant il a lui-même entretenu, à l’âge de quatorze ans, une liaison avec Alice Serrier, une voisine de ses parents dont le mari était parti au front et dont il s’est sans aucun doute inspiré pour son roman.

Au-delà de l’histoire d’amour entre le narrateur et Marthe, Radiguet raconte une enfance meurtrie par l’ennui provoqué par quatre années de guerre qu’il voit comme quatre années de vacances.

On assiste à la désorganisation de la cellule familiale de l’adolescent avec un père qui laisse faire la liaison sans intervenir et la mère qui l’enjoint de mettre un terme à cette folie.

La plume de Radiguet, ses tournures de phrases, ses expressions, sont très modernes, son ton désabusé et volontiers cynique, la lucidité et l’analyse de cet amour m’ont réellement surprise.

Je m’attendais à un roman sulfureux voire démonstratif mais Radiguet reste finalement très pudique et chaste lorsqu’il décrit les nuits d’amour de leurs héros.

Je craignais de ne pas aimer ce grand classique mais ce fut tout autre, cette lecture a confirmé tout le bien que je pensais de cet auteur dont j’avais beaucoup aimé Le bal du comte d’Orgel il y a fort longtemps.

Si vous ne connaissez pas encore la plume de Raymond Radiguet, je vous invite à réparer cet oubli.

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Franco-anglaise, Tatiana de Rosnay est l’auteur de 12 romans, dont Elle s’appelait Sarah (Éditions Héloïse d’Ormesson, 2007), vendu à 11 millions d’exemplaires à travers le monde. Ses livres sont traduits dans une quarantaine de pays et plusieurs ont été adaptés au cinéma. Bilingue, elle a écrit Les Fleurs de l’ombre simultanément en français et en anglais.

Paris, dans un futur proche. La capitale a connu des attentats, tout comme l’ensemble des capitales européennes, qui ont réduit à néant la tour Eiffel et les rues adjacentes.

Les dérèglements climatiques s’enchaînent et la ville s’apprête à connaître un nouveau pic de chaleur inédit, avoisinant les 50 degrés.

Clarissa Katsek vient de quitter son mari François après une infidélité de trop. Elle ne part qu’avec quelques vêtements et depuis écume les agences immobilières afin de trouver le lieu de ses rêves, sans succès, hélas.

Lorsqu’elle entend parler de CASA, Clarissa tente sa chance. Une résidence pour artistes flambant neuve à deux pas de l’endroit où la tour Eiffel a trôné des décennies durant, voilà qui paraît l’endroit idéal pour écrire son prochain roman. Un appartement ultramoderne, au 8e étage, avec vue sur tout Paris, lui est attribué pour son plus grand bonheur.

Un rêve pour une romancière en quête de tranquillité. Le rêve tourne bientôt au cauchemar car depuis qu’elle a emménagé, Clarissa Katsef éprouve un malaise diffus, le sentiment d’être observée.

Et le doute s’immisce. Qui se cache derrière CASA ? Clarissa a-t-elle raison de se méfier ou cède-t-elle à la paranoïa, victime d’une imagination trop fertile ? Qui se cache derrière son assistant virtuel, Mrs Dalloway ?

Tatiana de Rosnay, le retour ! En 2012 j’avais lu et pas aimé du tout Rose, en 2013 j’avais tenté Le voisin, dont j’étais ressortie mitigée, notamment à cause d’une fin totalement tirée par les cheveux mais Son carnet rouge m’avait plutôt séduite en 2015.

Fidèle à ses thèmes de prédilection : l’empreinte des lieux, le poids des secrets, Tatiana de Rosnay nous propose avec Les fleurs de l’ombre une intrigue prenante pour explorer les menaces qui pèsent sur notre intimité et nous interroge sur l’intelligence artificielle.

Si les thèmes explorés sont intéressants : le deuil, la sécurité liée aux attentats, les changements climatiques, l’intelligence artificielle et l’intrusion dans notre vie personnelle, je ressors assez mitigée de ma lecture.

L’histoire démarre alors que des quartiers entiers de Paris ont été dévastés par des attentats plusieurs années auparavant. La tour Eiffel a été remplacée par un hologramme qui s’illumine le soir, les robots se substituent aux humains, notamment pour le ravitaillement alimentaire et les catastrophes climatiques s’enchaînent.

L’autrice nous dépeint bien son héroïne, sa psychologie, les liens qu’elle entretient avec sa famille et on la voit se débattre entre solitude et dépression, en proie à un malaise crescendo.

Si, au départ, le fait d’emménager dans un endroit tout neuf, réjouit Clarissa, elle qui est sensible à la mémoire des lieux, passionnée par Romain Gary et Virginia Woolf, tout comme l’autrice, elle va peu à peu sombrer dans la paranoïa, persuadée d’être victime d’un complot de la part de CASA.

Le lieu, véritable big Brother, où chaque habitant est filmé en permanence et en tout lieu de l’appartement, toilettes hormis, où mails, appels passent par les assistants virtuels et où tous doivent se conformer à une batterie d’examens de santé quotidien, devient vite oppressant pour Clarissa qui vit mal la fin de son mariage et son célibat tout neuf.

Tout ces aspects sont intéressants même si je n’ai pas trouvé crédible le complot CASA. La thématique de la famille et du deuil sont également bien traités, de façon fine et sensible par l’autrice. Et l’ambiance oppressante est plutôt bien amenée.

Ce que je déplore en revanche c’est le dernier quart du roman que je trouve bâclé, sans parler de cette fin totalement nulle à mes yeux, comme si Tatiana de Rosnay avait choisi de ne pas réellement terminer son histoire.

J’ai vraiment eu l’impression que l’autrice nous laissait face à nos interrogations sans avoir envie de nous donner des réponses, dommage !

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture intéressante même si le dénouement n’est pour moi, pas à la hauteur du reste du roman.

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Né en 1987, élève à l’École normale supérieure, Olivier Liron étudie la littérature et l’histoire. Il a publié en 2016 chez Alma son premier roman Danse d’atomes d’or.

Top ! Je suis un garçon fougueux, normalien et autiste Asperger. Mon enfance n’a pas toujours été rose à cause de ma différence.

Je suis fasciné par les dates et calcule le produit de 247856 par 91 pour m’endormir.

En 2012, j’ai participé à l’émission Questions pour un champion, une expérience libératrice. Entre deux épreuves, je trempe toujours une madeleine dans du coca… Je suis… Je suis… Olivier Liron ! Oui !

Auréolé du grand prix des blogueurs littéraires 2018, Einstein, le sexe et moi est le second roman d’Olivier Liron après Danse d’atomes d’or.

Dans ce court roman, découpé en quatre parties qui correspondent aux quatre épreuves du célèbre jeu animé pendant trois décennies par Julien Lepers, Olivier Liron, nous raconte l’enregistrement de cette émission un dimanche d’été de l’année 2012.

Et entre les différents passages du jeu, les questions posées par l’animateur, les réponses d’Olivier et des autres candidats, l’auteur se raconte. Il le dit d’emblée, il est autiste Asperger, c’est-à-dire autiste à haut potentiel.

Il est très intelligent, a fait de brillantes études, mais comme les autres autistes, il a des troubles envahissants du développement, de grandes difficultés à s’intégrer et à nouer des relations sociales à une époque, même si il est encore jeune, où les autistes souffraient de harcèlement moral et physique dans l’indifférence générale.

Malheureusement, de nos jours encore, des enfants et adolescents sont confrontés à de la violence verbale et physique mais j’ose espérer qu’ils sont plus protégés que ne l’a été Olivier Liron même si ils sont en but à l’incompréhension quasi générale.

Si les passages liés à l’émission sont drôles et féroces, véritablement amusants et jubilatoires à lire, ceux liés sa différence sont émouvants et nous mène au bord des larmes, sans toutefois jamais tomber dans le pathos.

Lorsqu’Olivier Liron se livre sur sa scolarisation où il est incompris de ses camarades et du corps professoral, sur les rejets qu’il a subis, sur sa difficulté à nouer des relations amoureuses, à se faire des amis, sur la tristesse qui l’habite à certains moments, c’est vraiment poignant.

Un récit très bien écrit qui se lit d’une traite tant on est pris par les anecdotes et les digressions de l’auteur. Il nous interroge sur la différence et la normalité, sur notre regard sur l’autisme et il nous rappelle que si nous ne les comprenons pas toujours, car il y a autant d’autismes que d’autistes, si nous ne nous mesurons pas toujours les difficultés qui sont les leurs, sachez qu’eux aussi ne comprennent pas forcément comment fonctionnent les neurotypiques et qu’il doivent sans cesse faire des efforts qui sont loin d’aller de soi pour eux.

Que vous soyez touché.e de près par l’autisme ou pas, je ne peux que vous recommander ce roman. Olivier Liron nous fait passer sans cesse du rire à l’émotion, joue sa partition habilement et on passe un formidable moment en sa compagnie.

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