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Posts Tagged ‘littérature française’

Sophie Horvath fait partie des « vieilles » blogueuses ; à force de parler des livres des autres sur son site « C’est quoi ce Bazar ? », ça devait arriver : est venu le temps de coucher à son tour des histoires sur le papier.
D’abord disponible en numérique, « La Fleur de Clémentine » devient « Le Quartier des Petits Secrets », paru le 10 avril 2019 chez Flammarion. Dans « A l’Ombre du Grand Marronnier » (toujours disponible en numérique) il sera question du quotidien d’un petit village atteint par les remous de l’Histoire.

Clémentine est fleuriste à Bordeaux, dans un quartier en retrait de l’effervescence urbaine. Sa plus proche amie, Nicole, tient le café sur la place et, ensemble, elles s’amusent à observer les habitudes de chacun.

De cet homme qui commande exactement les mêmes bouquets chaque semaine. De ce bouquiniste qui ne sort jamais. De « L’Inspectrice » qui passe en faisant claquer son parapluie…

Et puis il y a Viviane, bien sûr, qui s’échappe régulièrement de sa maison de repos pour venir passer un moment dans son jardin imaginaire, la boutique de Clémentine, où elle coupe, tranche, éventre…

Viviane est adorable mais ses pertes de repères ne favorisent pas le commerce. Pourtant, lorsque cette dernière ne se présente plus, Clémentine s’inquiète et se rend à sa maison de retraite. Une mauvaise chute empêche la charmante massacreuse de venir ratiboiser ses bouquets. Malgré sa faiblesse, elle trouve la force de dessiner une fleur étrange que Clémentine ne parvient pas à identifier.

Quelle est donc cette variété qui semble tellement importante pour la dame âgée ? Il n’en faut pas plus pour que Clémentine commence son enquête.

Le quartier des petits secrets est le premier roman de Sophie Horvath qui nous propose ici un récit bien agréable dans la droite lignée de Virginie Grimaldi, Lorraine Fouchet et Aurélie Valognes.

L’histoire est toute douce, tendre, pleine de poésie et de fleurs, portée par des personnages attachants avec en fil rouge une enquête botanique bien agréable. Le style de Sophie Horvath est simple mais efficace, elle décrit formidablement bien le quotidien des commerçants bordelais qu’elle a pris pour héros, et je me suis bien sentie en leur compagnie tout au long des deux cents pages que dure ce roman, enveloppée par une douceur et une tendresse bien sympathiques.

Dans ce roman, on suit plus particulièrement Clémence et Viviane, deux femmes liées par l’amour des fleurs, et issues de la bonne bourgeoisie. La jeune femme a des relations tendues avec ses parents, spécialement avec sa mère, qui attendent d’elle une bonne situation familiale et professionnelle.

Hélas pour eux, leur fille demeure célibataire et a opté pour les fleurs plutôt que la médecine ou le barreau, ce qui est une faute de goût évidente pour eux. Madame mère n’a de cesse de lui répéter qu’elle est une fille décevante et en dépit de ses reproches continuels, Clémence continue à honorer de sa présence les déjeuners dominicaux, en jeune fille bien élevée qu’elle est.

Viviane est en maison de retraite, choyée par un infirmier bâti comme une armoire à glaces, en rupture avec sa famille bourgeoise qui l’a rejetée pour avoir choisi d’être une femme libre plutôt qu’une femme au foyer docile.

Entre elles d’eux, de nombreux points communs et quelques secrets de famille que Clémence va mettre au jour.

L’intrigue n’est pas nouvelle et ne sort guère des sentiers battus, l’histoire est un peu trop légère pour moi, je ne la garderai pas longtemps en mémoire c’est certain. Mais Le quartier des petits secrets est un roman doudou réconfortant qu’on lit avec plaisir et ce n’est déjà pas si mal.

Un sympathique feel-good book que je vous recommande si vous appréciez ce genre, vous passerez un bon moment en compagnie de Clémence et de tous les autres.

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Amélie Antoine vit à Lille avec sa famille. Fidèle au poste, son premier roman, a connu un incroyable succès sur Internet avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon.

31 mars 2017, au Stade de France. C’est le dernier spectacle de la tournée triomphale d’Édouard Bresson, l’humoriste préféré des Français. Pour cette ultime soirée, le show est retransmis en direct sur TF1, une première !

Il faut dire que le moindre de ses spectacles se joue à guichets fermés. Mais, à chaque tournée, au premier rang, une place reste désespérément vide, celle de son fils unique Arthur. Et, à chaque fois, son cœur se déchire un peu plus.

La France entière l’adule et l’envie. La France entière, sauf son fils Arthur, qui ne vient absolument jamais l’applaudir, parce qu’il le déteste de l’avoir négligé toute son enfance. Après le spectacle, il l’appelle en vain à plusieurs reprises.

Edouard Bresson a tout, absolument tout pour être heureux. Sauf l’essentiel : c’est un homme seul et profondément malheureux, qui s’est construit par le rire pour échapper à une enfance douloureuse et tragique.

Que faire quand on réalise qu’il est peut-être désormais trop tard pour rattraper ses erreurs ?

Dans Les silences, Amélie Antoine retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

Divisé en deux parties, le roman nous permet de suivre tout d’abord Edouard le soir de son spectacle, avec de nombreux allers et retours dans les moments clés de sa vie. Et dans la deuxième partie, c’est au tour d’Arthur d’être au centre du récit.

C’est un roman qui m’a bouleversé, l’histoire est très touchante et la plume d’Amélie Antoine que je découvre ici est toute en finesse et pudeur. L’autrice dépeint fort bien la psychologie de ses personnages, ils sont intéressants et attachants, ils ont des failles, ils ne sont ni tout blancs ni tout noirs mais tout en nuances.

Le récit est bien construit avec d’habiles retours dans le passé qui expliquent comment Edouard et Arthur se sont construits et la relation difficile qu’ils entretenaient, faite d’incompréhensions mutuelles.

La construction est habile et j’ai beaucoup aimé aussi le fait que la dernière phrase d’un chapitre soit la première du chapitre suivant. Beaucoup aimé aussi le jeu de piste que nous propose l’autrice.

Amélie Antoine joue très bien sa partition en nous proposant un roman plein d’émotion sans jamais tirer sur la corde du pathos, elle nous raconte une histoire toute simple et cela suffit. L’émotion que l’on ressent est puissante, certaines scènes sont très marquantes et on s’attache aussi bien à Edouard qu’à Arthur.

C’est un roman qui happe, à la fois dur et tendre, qu’il est difficile de le reposer tant on a envie de suivre Edouard puis Arthur, de mettre à jour tous les secrets qui émaillent la vie de l’humoriste.

Amélie Antoine nous amène aussi à réfléchir sur les relations parents/enfants, les problèmes de communication parents/enfants. J’ai refermé ce livre à la fois triste et heureuse, triste de constater combien on peut se gâcher la vie et heureuse de voir qu’à la fin : alors tout ira bien.

Tellement touchée et émue par ce texte, cette évocation de la relation compliquée entre un père et son fils, que je ne peux que vous conseiller de découvrir à votre tour Les silences. Belette est de mon avis !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

Ève Borelli vit dans le sud de la France, où elle est professeure de lettres. Elle est notamment l’auteure de La Lanceuse de couteaux (Charleston, 2017). Sa Majesté des fèves, présenté lors du premier Mazarine Book Day en 2016, a remporté la faveur du jury grâce à son univers fantasque et ses personnages émouvants.

Lucien Bigorneau est au bout du rouleau. Dernier fabricant de fèves de France, il se désespère : l’âge d’or des féviers est révolu, il vient de mettre la clef sous la porte et pour couronner le tout, sa petite amie choisit ce moment-là pour plier bagage.

Heureusement, sa sœur Cristalline ne l’entend pas de cette oreille. Pour une lanceuse de disque de son niveau, la défaite n’est pas une option. Elle met donc au point un plan follement insensé pour sauver son frère et pour cela, destination Londres pour rencontrer la reine Élisabeth, grande adepte de galettes des rois et la convaincre d’engager Lucien comme févier officiel !

Commence alors un périple rocambolesque en compagnie de Roméo, le fils de Cristalline, qui traîne un vague à l’âme inexplicable, mais aussi de son terrible caniche Micheline Ostermeyer. Sans oublier Twix, un ex-détenu au cœur d’artichaut et Maguelonne, une danseuse boiteuse à la beauté renversante.

Drôle d’équipe aussi tendre que dépareillée ! Mais ces êtres cabossés par la vie ont une revanche à prendre et comptent bien parvenir à leurs fins…

Sa majesté des fèves est un feel-good book réussi, road-movie à la fois tendre et désopilant qui nous mène d’un petit village près de Montpellier jusqu’au cœur de la monarchie anglaise.

Menée par une truculente équipe de bras cassés, cette histoire fait la part belle à la famille, aux relations humaines (amitié, amour, amour fraternel) et à l’entraide. Au fil des chapitres, Eve Borelli dévoile les passés, fêlures, espoirs, doutes, colères et rêves de ses personnages et au fur et à mesure, on s’attache à l’ensemble de ses protagonistes.

Et même si je me doutais du dénouement, j’ai été jusqu’au bout de ce roman avec beaucoup de plaisir, entrainée par la plume fluide et légère d’Eve Borelli qui construit habilement son histoire de la première à la dernière page.

Si le projet de Lucien semble fou et rocambolesque et qu’il amène à beaucoup d’humour, il y a aussi de jolies touches d’émotions liées à la reconstruction de chaque personnage cabossé par la vie : Maguelonne, qui ne peut plus danser, Twix, qui après la perte d’une partie de ses doigts et son séjour en prison, ne trouve plus de travail, Lucien, qui ne s’imagine pas faire autre chose que des fèves.

Des tranches de vie touchantes, des confidences émouvantes, des personnages hauts en couleur, une histoire farfelue et légèrement barrée font de cette comédie un chouette moment de lecture.

L’autrice aborde des thèmes de façon habile et plus profonde que l’on s’en attendrait dans ce genre de roman. Dommage que le dénouement soit si prévisible et qu’elle ait affublé ses personnages de prénoms aussi invraisemblables, je ne m’y suis jamais faite tout au long de ma lecture.

Reste que si vous êtes à la recherche d’un feel-good book réconfortant, Sa majesté des fèves est fait pour vous !

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Lu dans le cadre du Cold Winter challenge

« Il me reste quelques rêves à réaliser et le moment est venu de m’y atteler. Je vous aime très fort. À très bientôt ! Maman. »

19 décembre 2017. Léna, son frère aîné Tom et sa nièce Violette débarquent chez leur grand-mère Jacotte pour Noël. Et à leur arrivée, Léna n’en revient pas : sa mère leur a posé un lapin !

Comment sa mère, qui l’a convoquée pour passer Noël dans la maison de son enfance, a-t-elle pu disparaître en ne lui laissant que ce message sibyllin : « Il me reste quelques rêves à réaliser et le moment est venu de m’y atteler. Je vous aime très fort. À très bientôt ! Maman. » ?

La voilà donc coincée dans le petit village de Vallenot au coeur des Alpes de Haute-Provence et condamnée à passer la fête qu’elle hait plus que tout, entourée de sa famille pour le moins… haute en couleur !

Mais les fêtes de famille ont le don de faire rejaillir les secrets enfouis. Les douloureux, ceux qu’on voudrait oublier, mais aussi ceux qui permettent d’avancer…

Avec La vie est belle et drôle à la fois, Clarisse Sabard nous propose une histoire de Noël faisant la part belle à la famille. Il y a certes une petite romance, mais c’est la cerise sur le gâteau et en aucun cas la trame principale.

Autant vous le dire d’emblée, on pourrait reprocher à l’autrice d’avoir eu recours à quelques facilités : l’héroïne déteste Noël, comme dans bon nombre de romances de Noël même si ici la raison pour laquelle Léna déteste Noël est compréhensive, le dénouement est un peu trop prévisible et les personnages hauts en couleur parfois à la limite du cliché mais je n’ai pas boudé mon plaisir pendant trois cent pages et j’ai quitté cette histoire le sourire aux lèvres.

Dans ce roman Clarisse Sabard privilégie les secrets de famille, les liens intergénérationnels et les relations familiales, parfois conflictuelles, ce qui est sa marque de fabrique, on peut le dire.

Les personnages qu’elle nous propose sont bien travaillés et l’ambiance noëlique et cocooning que l’on attend dans tout roman ayant pour décor Noël et les fêtes de fin d’années sont bel et bien là : la décoration du sapin, un beau village enneigé, des chants de Noël, des feux de cheminée, des petits gâteaux, du lait de poule, rien ne manque.

L’écriture de l’auteure est fluide et ne manque pas d’humour, les chapitres sont courts et l’histoire suffisamment intéressante et bien menée pour que l’on passe un bon moment de lecture et c’est tout ce que j’attends d’un roman de Noël : des personnages attachants, des secrets, un peu de suspens, une ambiance noëlique et une pointe de romance.

Une comédie de Noël réussie, pleine d’amour, d’espoir et de douceur avec des secrets de famille qui connaissent leur dénouement lors du réveillon entre la dinde et la bûche.

Une lecture que je vous conseille si vous aimez les histoires feel-good et les secrets de famille, La vie est belle et drôle à la fois devrait vous plaire.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale. Aujourd’hui écrivain et scénariste, il a publié des polars avant de s’attaquer à la littérature blanche.

Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille unique, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement.

Le jour de ses obsèques qui réunit le Tout-Paris dont le président de la République, Gaston Doumergue, elle assiste, impuissante, à la chute de son fils Paul qui se défenestre et atterrit sur le cercueil de son grand-père. Cet accident laisse l’enfant âgé de sept ans, paralysé.

Unique héritière d’un immense empire, elle doit prendre la tête de la banque familiale alors qu’elle ne possède aucune compétence dans ce domaine. Divorcée du lieutenant Pradelle emprisonné pour escroquerie, elle se retrouve entourée de conseillers peu scrupuleux dont Gustave Joubert, le bras droit de son père, et Charles Péricourt, son oncle.

Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Deux ans après ma lecture d’Au revoir là-haut, je poursuis la trilogie Les enfants du désastre avec Couleurs de l’incendie alors que le dernier volume, Miroir de nos peines, est sur le point de paraître.

Et si j’avais adoré le premier opus, j’ai encore davantage aimé cette suite admirablement écrite, bien documentée et diablement addictive. C’est bien simple, dès que j’interrompais ma lecture, je n’avais qu’une hâte : y retourner !

Après l’escroquerie aux monuments funéraires et au rapatriement des corps encore enfouis dans les tranchées, Pierre Lemaitre nous propose de retrouver Madeleine Péricourt, aux prises avec la crise de 1929 qui va faire vaciller bien des fortunes et des familles.

De 1927 au milieu des années 30, de la montée des fascismes aux premiers scandales financiers, l’auteur brosse le portrait de plusieurs personnages féminins dont en premier lieu Madeleine et de sa dame de compagnie, Léonce, qui doivent lutter pour leur émancipation dans une société patriarcale principalement dominée par la gent masculine.

Pierre Lemaitre dépeint également une Europe plongée dans la montée des totalitarismes (nazisme, fascisme, franquisme, communisme) qui voit chaque jour la paix se fissurer davantage.

Au-delà de cet aspect historique très intéressant, Couleurs de l’incendie, c’est avant tout l’histoire d’une vengeance à la Edmond Dantès. Madeleine, ruinée par des hommes en qui elle avait confiance, va mettre en place la chute que sa ruine a projeté au firmament des affaires, du journalisme ou de la politique.

Les personnages sont très travaillés et crédibles, on ressent l’esprit de corruption qui gagnait ses années et la montée du fascisme qui a lieu également en France avec ce mouvement de “Renaissance Française”

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Couleurs de l’incendie est un grand roman historique, flamboyant et jubilatoire.

Une fois n’est pas coutume, Belette et moi sommes sur la même longueur d’ondes, elle a adoré aussi. Vous pouvez retrouver son avis ici.

Vous l’aurez compris, j’ai eu un coup de cœur pour ce roman et je vous le conseille vivement, l’une de mes meilleures lectures de l’année !

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Née en 1989 à Bordeaux, Béatrice Courtot est diplômée en droit et sciences politiques. Après avoir séjourné à Madrid et à Paris, elle vit désormais à Lausanne; les voyages nourrissant toujours son imagination. Son premier roman, La Vallée des oranges, publié aux éditions Charleston en 2018, a été récompensé par le Prix du Livre Romantique 2018, présidé par Marie Vareille.

Marseille, 2016. C’est en démontant les faux plafonds d’un hôtel en rénovation qu’un ouvrier découvre, entre deux morceaux de plâtre, une vieille boîte rouillée. Dedans, une photo jaunie, un vieux cahier de recettes, une médaille et une balle de fusil appartenant à Magdalena.

Le contenu est remis à Anaïs, son arrière-petite-fille, propriétaire du Café de l’Ensaïmada, une institution culinaire à Paris. Elle a connu Magdalena, fondatrice du café, repris successivement par sa fille, sa petite-fille et maintenant elle.

Majorque, 1935. Magdalena vit paisiblement sur cette île ensoleillée. La jeune pâtissière régale chaque jour ses clients de brioches saupoudrées de sucre glace et parfumées à la fleur d’oranger. Mais bientôt, la guerre civile espagnole frappe aux portes de son village et Magdalena doit fuir…

De Marseille, à Majorque, d’aujourd’hui à hier, Anaïs va se lancer sur les traces des secrets de son aïeule et découvrir une histoire familiale enfouie il y a bien longtemps sur une autre rive de la Méditerranée…

La vallée des oranges de Béatrice Courtot fait partie de ces romans qui me tentaient depuis leur parution. Il faut dire qu’il avait tout pour me plaire sur le papier : des destins de femmes, une double temporalité, des secrets de famille et la pâtisserie !

J’ai donc entamé ma lecture pleine d’enthousiasme mais malheureusement j’ai vite déchantée. Tout au long de ma lecture, je n’ai pas cru à ce que je lisais, trop d’invraisemblances, d’énormes coïncidences et ficelles, et de déjà-vu pour moi. Il faut bien l’avouer, je suis totalement passée à côté de cette histoire.

Plusieurs raisons expliquent mon manque d’enthousiasme qui a bien failli me faire abandonner ce roman auréolé du prix du livre romantique 2018. Tout d’abord, j’ai trouvé l’histoire de Magdalena et d’Anaïs bien banale et cousue de fil blanc, je ne peux guère vous en dire plus sous peine de vous spoiler mais on l’a déjà vu mille fois.

Ensuite, le roman se passe en partie à Majorque mais je ne l’ai pas vraiment ressenti lors de ma lecture. Je m’attendais à être dépaysée et je ne l’ai pas été, c’est un peu dommage.

J’ai trouvé le style de l’autrice lourd et enfantin (les scènes d’amour sont vraiment mauvaises), les personnages manquent d’épaisseur et de relief et franchement je me suis ennuyée ferme.

Il s’agit ici d’un premier roman, ce qui explique pour moi tous ces « ratés » mais je m’interroge tout de même sur la qualité de ce prix car pour moi, ce roman n’en méritait aucun.

Pour toutes ces raisons, je ne recommande pas ce roman, dans le même genre, il y a vraiment mieux !

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Charlye Ménétrier McGrath a longtemps travaillé dans l’industrie musicale. Son temps est désormais partagé entre son activité à l’Université de Lyon et l’écriture.

Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c’est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l’initiative de cette mascarade.

Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n’a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.

Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne voyait qu’hostilité va lui révéler bien des surprises. En prenant part, d’abord sur la pointe des pieds, puis avec une ardeur qu’on ne lui connaissait pas, aux rendez-vous mensuels d’une clique de pensionnaires plus agités qu’une colonie de vacances.

Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu’elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l’espoir… et surtout : l’audace. Elle va enfin kiffer comme dirait l’un de ses petits-fils car qu’on se le dise : au  » jeu des regrets  » de l’avant-dernier vendredi du mois, rien n’est jamais perdu.

Les sales gosses de Charlye Ménétrier McGrath est un feel-good book comme je les aime, à la fois drôle et émouvant. J’aurai pu totalement passer à côté de ce petit bonbon si mon regard n’avait pas croisé cette couverture gourmande (les religieuses au café sont mon petit péché gourmand) lors d’une de mes virées à la médiathèque.

J’aime beaucoup lorsque les auteurs s’emparent du troisième voire du quatrième âge, je vous conseille d’ailleurs au passage Un clafoutis aux tomates cerises de Véronique de Bure (une merveille !) et Même les méchants rêvent d’amour de Anne-Gaëlle Huon.

Ici notre héroïne s’appelle Jeanne et elle vient de fêter ses 81 ans. Veuve depuis quelques années déjà, elle vit dans un très confortable appartement de Lyon lorsque ses cinq enfants décident qu’elle ne peut plus rester seule et lui proposent de prendre un studio dans une maison de retraite.

Au lieu de se battre, elle en reste coite et ne réagit pas jusqu’au jour où elle va emménager dans son nouveau chez elle. Dans son milieu bourgeois, on n’élève pas le ton et on ne se dispute pas avec ses enfants.

Au début, elle va refuser de parler puis, elle va simuler la démence. Jusqu’à ce que Léon, l’un des pensionnaires, lui tende la main. Avec lui, Jo, Loulou, Lucienne et Paddy, elle va reprendre sa vie en main et vivre enfin pour elle-même.

Cette histoire est essentiellement drôle et pétillante, Jeanne va se révéler assez cash, les dialogues sont d’ailleurs très savoureux. On suit avec elle, les péripéties de la bande d’octogénaires qui sont tous devenus ses amis, entre repas copieux, soirées « jeu des regrets »…

L’autrice aborde le quotidien de son héroïne dans sa maison de retraite, les relations parents/enfants, grands-parents/petits-enfants, l’amour, l’amitié et surtout l’envie pour ses personnes d’un âge avancé, d’une solide envie de croquer la vie à pleines dents, aimer tant qu’ils le peuvent encore.

Charlye Ménétrier McGrath montre beaucoup de bienveillance envers le troisième âge et les maisons de retraite. Il y a certes quelques clichés liés à la vieillesse (technologies, réseaux sociaux…) mais on passe tout de même un très bon moment avec ce roman narré à la façon d’un journal intime.

Un feel-good book touchant que j’ai dévoré d’une traite et que je vous conseille si vous aimez ce genre.

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