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Posts Tagged ‘littérature Young adult’

Qui n’a pas entendu parler de Nils Hazard, l’étruscologue-détective? Ou d’Emilien, héros du quotidien dont on sait à peu près tout depuis «  »Baby-Sitter Blues » »? Ainsi, Marie-Aude Murail explore différentes veines, qu’elles soient politiques, réalistes ou fantastiques, avec pour devise : ne jamais se répéter, ne jamais être là où on l’attend. Elle nous a étonnés avec un roman qui a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté plusieurs prix : «  »Oh, boy! » », publié en 2000, inclassable et déjà classique.

Simple dit « oh, oh, vilain mot » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit « j aime personne, ici » quand il n’aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges.

Barnabé, surnommé Simple par son frère, a 22 ans mais trois ans d’âge mental. Son petit frère Kléber, lui, a 17 ans, il est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s’occuper de Simple car depuis la mort de leur mère et la défection de leur géniteur, Kléber a son frère à charge et c’est loin d’être simple. Il pourrait bien entendu le mettre à Malicroix, comme son père le souhaite, mais le jeune homme ne veut pas faire enfermer son aîné.

Simple a un autre ami que son frère : c’est Monsieur Pinpin, son lapin en peluche qui ne le quitte pas d’une semelle. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l’institution pour débiles où le père de Simple a voulu l’enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.

Rien n’est simple, non, rien n’est simple dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient très compliqué…

Simple signe mes retrouvailles avec Marie-Aude Murail en attendant la saison 5 de Sauveur et fils que j’attends avec grande impatience !

Et comme à chaque fois avec cette romancière de grand talent, j’ai adoré cette histoire qui m’a remué, fait rire et pleurer à chaudes larmes. En même temps comment ne pas aimer la plume de Marie-Aude Murail et l’histoire qu’elle nous propose ici, c’est tout simplement impossible !!

Comment ne pas s’attacher à Kléber et à Simple, deux frères qui veulent seulement vivre ensemble, contre l’avis de leur père qui ne fait que passer dans leur vie, trop occupé à roucouler avec sa nouvelle femme, et contre l’avis des services sociaux qui souhaitent pour Kléber une vie sans contrainte et des soins pour Simple.

La relation entre les deux frères est au cœur de ce roman pour adolescents. On les voit dans leur quotidien : Simple tout occupé à jouer aux Playmobil ou avec monsieur Pinpin et Kléber qui se démène pour que son frère ait la meilleure existence possible tout en suivant ses études.

Zahra, Enzo, Corentin et Aria, les personnages secondaires, sont tout aussi touchants, chacun avec son histoire, chacun avec ses doutes et ses espoirs. J’ai beaucoup aimé Enzo, l’apprenti romancier, qui sans l’air de rien mène son petit bout de chemin au contact de Simple, qui va beaucoup s’attacher à lui et pallier aux absences de Kléber. Tout comme leur vieux voisin, Georges Villedieu, plein de bons conseils pour Enzo et d’attention pour Simple.

Marie-Aude Murail, vous l’aurez compris, aborde avec ce roman un thème fort, celui du handicap mental avec Barnabé, déficient mental, idiot comme il se définit lui-même, et physique avec Amira, sourde et muette qui vont devenir très amis sous l’œil bienveillant des parents Larbi.

L’occasion aussi pour la romancière d’aborder la tolérance et le regard des autres, autant de thèmes difficiles et importants qui doivent être abordés avec les enfants et les adolescents.

Simple fait peu à peu la conquête de tous les colocataires qui craignaient tous de ne pouvoir vivre avec un handicapé et qui vont finalement tous s’attacher à lui et aider Kléber de leur mieux.

J’ai également beaucoup aimé la façon décalée que choisit Marie-Aude Murail pour nous faire ressentir les sentiments de Kléber pour son frère : amour, tendresse, exaspération, amusement, ras-le-bol, découragement, fierté…

Une réussite pour moi et un roman à découvrir absolument comme tous les romans de Marie-Aude Murail !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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1849. C’est une première dans l’histoire : une femme se présente aux élections législatives de Paris. Mais cette affaire politique inédite déplaît profondément à un mystérieux individu. Des femmes, toutes indépendantes, sont retrouvées sans vie. Un seul mode opératoire : la strangulation. Un seul motif : la haine.
Dans un climat de peur, Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie. Elle ne peut compter que sur elle-même : la police et les journaux se fichent des femmes. Son enquête l’amènera cependant à croiser la route d’étranges personnages.
Qui aurait pensé qu’elle en viendrait à frayer avec un journaliste sexiste, une mystérieuse spirite et un membre de cette police si indifférente ?

Paris 1849. Louis-Philippe a laissé la place à la seconde république depuis un an déjà lorsque des élections législatives sont organisées le 13 mai. Le suffrage universel masculin a été établi, laissant de côté l’électorat féminin qui n’a toujours pas le droit de voter.

Une femme va dénoncer cette inégalité : Jeanne Deroin, une militante socialiste. Avec Désirée Gay, elle a fondé l’année précédente un journal féministe, L’Opinion des Femmes. Bien sûr, cette action d’éclat va déclencher les foudres des hommes politiques, des journalistes et de l’opinion publique.

Rares sont les voix — y compris dans son camp — qui soutiennent cette candidature. Pierre Joseph Proudhon, comme la plupart des socialistes, la juge « excentrique », et même des femmes comme George Sand ou Marie d’Agoult l’estiment déplacée.

C’est alors qu’une série de meurtres vient endeuiller la capitale. Toutes les victimes ont été tuées selon le même mode opératoire, la strangulation. Ce n’est pas leur seul point commun : elles menaient une vie libre, indépendante et appartenaient au mouvement féministe de Jeanne Deroin et Désirée Gay.

L’inspecteur Dubon de la Sûreté, chargé de l’enquête, trouve qu’elles ont eu ce qu’elles méritaient mais son adjoint Alexandre Delage n’est pas de cet avis. Et lorsque Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie Sidonie, il se jure de mettre la main sur l’assassin du Marais…

J’avais repéré L’assassin du Marais dès sa sortie et lorsque j’ai eu la chance de le trouver d’occasion, j’ai sauté dessus car un roman policier qui aborde le féminisme au 19è siècle, écrit par Catherine Cuenca dont j’avais beaucoup aimé Le choix d’Adélie, il ne m’en fallait pas plus pour l’ajouter à ma PAL et aussitôt acheté, aussitôt lu !

Quelle lecture passionnante ce fut, j’ai adoré ce polar historique pour adolescent, où l’autrice nous entraîne dans le Paris du milieu du XIXè siècle en pleine lutte des sexes, où les premières féministes organisées essayent de faire entendre leurs voix et leurs revendications bien légitimes.

Dans ce contexte de lutte sociale, une première femme est retrouvée assassinée. Mais elle ne sera pas la seule. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Des femmes étranglées au milieu de la nuit, qui semblent avoir un lien avec les mouvements de droits des femmes qui s’élèvent alors à l’époque.

L’autrice en profite pour nous montrer la condition féminine au XIXè : l’ouvrière et la comédienne, qui pour arrondir leurs fins de mois, se prostituent. Les femmes, condamnées pour adultère, qui se voient privées de leurs enfants au profit de leur mari. Les employées des grands magasins qui subissent les avances des clients et le machisme de leurs collègues qui ne goutent guère de devoir partager leurs emplois avec elles, etc.

Au-delà de cet aspect social et historique, il y a bien sûr l’enquête policière menée par l’inspecteur Delage, un ancien criminel reconverti en policier, encore marqué par le meurtre de sa sœur, et qui a bien l’intention de mettre fin aux agissements du tueur, n’en déplaise à son supérieur qui lui met constamment des bâtons dans les roues.

Il sera bien aidé par Léa, qui par ses dons de voyance fera avancer l’enquête. Elle a une petite fille dont elle a perdu la garde au profit de son père et en veut beaucoup aux hommes. Et Julie, qui a fui un mariage arrangé pour trouver un emploi de vendeuse dans un grand magasin qui subit les avances de plusieurs clients et dont la meilleure amie a elle aussi disparu.

Un trio, donc, qui va tenter de démêler le vrai du faux, en restant sur ses gardes bien évidemment, puisqu’il y a un tueur dans les rues qui semble vouer une haine tenance aux femmes.

Chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa personnalité, son intelligence, sa débrouillardise. On va de rebondissements en rebondissements, sans jamais se douter de ce qui va arriver.

Bien sûr le contexte historique est bien rendu par Catherine Cuenca, l’enquête est menée tambour battant, sans aucun temps mort et la lutte féministe est un véritable atout pour ce roman.

Une atmosphère sombre et imprévisible, un suspens qui monte crescendo, des fausses pistes à foison et un final bien fichu sont les points forts de ce roman même si j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin.

Une lecture très prenante qui m’a fait tourner les pages avec une grande avidité, j’en redemande d’autant que l’épilogue laisse présager une suite, j’ai déjà hâte de la lire !

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Après des études de lettres, Christine Féret-Fleury devient éditrice chez Gallimard jeunesse puis responsable des éditions Les 400 coups en France tout en écrivant. Elle se consacre désormais à son métier d’autrice. Elle a publié une centaine d’ouvrages pour la jeunesse et les adultes, dont de nombreux succès comme Chaân la rebelle (Flammarion), la série « En Selle !  » (PKJ), La fille qui lisait dans le métro (Denoël) Christine Féret-Fleury vit à Paris.

De nos jours, Léonard, un adolescent, est face au plus grand chagrin de sa vie : son grand-père adoré dont il porte le prénom, est mort, renversé par une voiture. Le jour de son enterrement, il reçoit un mail lui enjoignant de rechercher un tableau : La dame à l’hermine de Léonard de Vinci.

Or ce message provient de son grand-père, ce qui est bien sûr impossible, à moins que quelqu’un se joue de lui ! Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau. Son père, galeriste, accepte de le confier à Marcello, le conservateur, et ami du défunt.

Milan, été 1490 : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l’hermine.

Soit, elle accepte de le détruire, soit elle le paiera de sa vie. Léonard de Vinci, fait lui-même l’objet de pressions et d’intimidations…

Christine Féret-Fleury nous propose avec La dernière énigme de Léonard de Vinci, une plongée fascinante dans les coulisses d’un tableau très célèbre du maitre italien : La dame à l’hermine.

Le récit à trois voix (Léonard, Léonardo et Cécilia) oscille entre le faste de la Renaissance et l’Europe moderne.

L’enquête se révèle plutôt prenante et périlleuse et réjouira les adolescents, habitués aux ambiances mystérieuses et fantastiques, qui apprendront beaucoup à la lecture de ce roman très bien documenté.

Passionnant bien sûr pour les amateurs de Léonard de Vinci mais aussi pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’art. Sous la plume de l’autrice, on assiste aux séances de pose de Cécilia, aux atermoiements du maître quant à la tenue de la belle milanaise, à ses bijoux et accessoires.

Les personnages sont très intéressants à suivre, Léonardo bien sûr mais aussi la belle Cecilia Gallerani dont j’ignorais tout. Maîtresse du puissant Ludovic Sforza jusqu’au milieu de l’année 1492, date à laquelle, elle donne naissance à leur fils, César. En 1490, le duc de Milan épouse Béatrice d’Este, qui le contraint à mettre fin à cette relation.

Oil on Wood 54.8 x 40.3 cm

Le tableau est présumé avoir été exécuté entre 1488 et 1490, période que reprend Christine Féret-Fleury pour la partie historique du roman. Cette huile peinte sur panneau de bois est réellement exposée au Musée national de Cracovie, lieu qui sert de toile de fond au récit contemporain.

Elle part de ce terreau historique pour nous raconter l’aventure qui arrive à Léonard, ce jeune homme de 17 ans, anéanti par ce grand-père dont il était si proche et avec lequel il partageait tant de choses et en lequel pourront se reconnaître beaucoup d’adolescents.

Le vieux Léonard était un œil, entraîné à déterminer l’auteur d’une oeuvre peinte, et grand spécialiste de Léonardo. C’est un métier proprement fascinant que l’autrice nous fait découvrir ici.

L’adolescent, chamboulé par le chagrin et par cette enquête, va tomber amoureux de Cécilia. Au gré de ses découvertes, il va mûrir et s’interroger sur le chemin qu’il a lui-même à tracer, quitte à décevoir les attentes paternelles.

Ce qui me chagrine en revanche c’est que la partie historique, bien que très intéressante, n’a aucun impact sur la vie de notre jeune Léonard et que l’autrice n’a pas été au bout des mystères qui entourent ce tableau : le dénouement est peu abrupte et un poil décevant.

Reste que c’est un roman d’apprentissage fluide, très bien documenté, bien rythmé qui plaira aux jeunes lecteurs, les pages se tournent toutes seules et avec beaucoup de plaisir. Je recommande donc ce roman aux jeunes dès 14 ans !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Auzou pour cette chouette lecture !

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Sadie, 19 ans, s’est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s’agit d’une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu’il recueille vont alimenter sa série de podcasts. Sadie, elle, n’a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d’une chronique à succès. Elle ne désire qu’une chose : trouver l’homme qui a tué sa soeur.
Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d’un homme – d’un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau…
West retrouvera-t-il Sadie à temps

Qu’est-il arrivé à Sadie Hunter ? Après le meurtre de sa petite sœur Mattie, 14 ans, Sadie, 19 ans, qui jouait pour elle le rôle de mère, la leur ayant mis les voiles, sombre inexorablement.

Un an après le décès de Mattie, elle quitte la caravane familiale de Cold Creek, une petite ville du Colorado, et met toutes ses affaires à la benne. May Beth Foster, qui faisait office de grand-mère pour les filles, demande l’aide de West McCray, un journaliste new-yorkais qui apprend le meurtre de Mattie totalement par hasard.

En enquêtant sur ce qu’il croyait être une banale histoire de disparition, il retrace le parcours de la jeune fille à la dérive et découvre des atrocités qui vont le bouleverser car Sadie semble partie sur la piste du meurtrier de sa sœur par ailleurs pédophile…

Sadie est un thriller élu quinze fois roman Young adult de l’année 2018 par la presse américaine. Je m’attendais donc à une tension et une enquête palpitante. Hélas pour moi, je n’étais clairement pas la cible de ce thriller ado qui m’a semblé bien fade par rapport à mes lectures habituelles.

Avec ce roman, Courtney Summers nous plonge au cœur d’une double enquête. Dans la première, nous suivons West McCray journaliste, à la recherche de Sadie, portée disparue. Dans la seconde, nous marchons dans les pas de Sadie, partie à la recherche du tueur de sa soeur.

L’autrice jongle entre deux enquêtes parallèles et deux narrations distinctes. Avec McCray, Courtney Summers nous propose des podcasts où le journaliste interroge les différents protagonistes de l’histoire, ceux qui ont côtoyé Sandie dans sa ville natale et tous ceux qui vont la croiser au cours de sa quête.

Le procédé de l’interview rend les propos particulièrement vivants et j’ai bien aimé cet aspect du roman pourtant redondant puisque nous savons déjà par Sadie ce que le journaliste apprend ensuite.

En alternance, l’autrice nous propose de suivre le parcours de Sandie dans sa quête du tueur de sa sœur, d’être dans sa tête car elle a du mal avec les mots à cause de son bégaiement dont elle a souffert toute sa vie.

Mal aimée par sa mère Claire, alcoolique et droguée, elle a reporté tout son amour sur Mattie, sa petite sœur, pour qui elle était en adoration. Lorsque leur mère les a abandonnées, elle a tout fait pour palier ce manque, sans y parvenir.

C’est après une de leur dispute que Mattie sera assassinée et elle n’arrive pas à vivre avec cette culpabilité. Sadie doit retrouver l’assassin à tout prix et le punir pour ces crimes car l’homme a non seulement tué Mattie mais il a aussi abusé de Sadie.

C’est, à ma grande surprise, un personnage qui ne m’a pas émue, peut-être est-ce parce que mes 19 ans datent un peu, mais ses errances ne m’ont pas touché et à la longue, j’ai fini par lire les chapitres qui lui sont consacrés en diagonale.

L’autrice aborde un sujet grave dans ce thriller : la pédophilie mais cette thématique aurait mérité d’être traitée en profondeur et non en surface comme l’a choisi de le faire Courtney Summers.

Pas de suspens pour moi ni de tension dans ce thriller qui met bien trop de temps à démarrer et dont la fin ne rachète pas l’ennui qui m’a accompagné tout au long de ma lecture.

Un titre à réserver aux adolescents et aux jeunes adultes qui l’apprécieront sans doute davantage que les adultes, à fortiori si ils sont des lecteurs aguerris de thrillers.

Merci à Babelio et ayw éditions La Martinière pour leur confiance.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le cœur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, cœur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire.

Lors d’un beau week-end ensoleillé de mai, Abi et sa mère Elsa prennent la voiture. Nina Simone chante dans l’autoradio lorsqu’elles sont violemment percutées par une conductrice toute à sa conversation téléphonique.

Elsa et l’automobiliste sont indemnes. Abi, qui battait la mesure, son bras reposant sur la fenêtre ouverte, voit son bras pendre dangereusement avant de perdre connaissance.

A son réveil, elle apprend qu’elle a été amputée en dessous de l’épaule. Le monde d’Abi s’effondre car la jeune fille de vingt ans était en classe prépa pour intégrer l’école vétérinaire.

Après plusieurs mois d’hospitalisation, Abigail rentre chez elle, munie d’une prothèse, son bras de Vador comme elle l’appelle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable.

Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ?

Il y a deux ans déjà, j’avais beaucoup aimé Je suis ton soleil, j’étais donc ravie de retrouver la plume de Marie Pavlenko à l’occasion d’Un si petit oiseau, sorti il y a plusieurs semaines déjà et dont je n’ai lu que des avis positifs.

Autant vous le dire d’emblée, le mien le sera tout autant car j’ai beaucoup aimé l’histoire proposée par l’auteur, qui lui a été inspirée par l’accident arrivé à sa propre mère en 2015.

Un si petit oiseau, c’est donc l’histoire d’Abi, qui, traumatisée par l’accident dont elle a été victime, a du mal à remonter la pente. Il faut dire que se voir amputée d’un membre doit être une épreuve particulièrement difficile à surmonter.

Heureusement pour elle, Abi est bien entourée, sa mère, professeur de français, se rend disponible pour elle tous les matins, mais Abi vit recluse dans sa chambre, abrutie par la morphine, car les douleurs de son membre fantôme sont insupportables.

Elle ne veut plus voir ses amis, s’est mis sa petite sœur à dos, ne supporte plus l’humour franc du collier de son père et de sa tante. Pruneau est manchote et elle ne l’accepte pas.

L’auteure aborde à travers Abi toutes les difficultés qu’ont les personnes amputées pour affronter la douleur, la dépression, le deuil de leur vie d’avant, pour devenir autonomes et se reconstruire. La plume de Marie Pavlenko est toujours aussi fluide et addictive et j’ai littéralement dévoré ce roman en quelques heures.

L’autrice aborde toutes les questions posées par le handicap : comment trouver l’amour lorsque l’on épreuve une telle aversion envers son nouveau corps, comment s’habiller, se coiffer, plier son linge, faire une valise, préparer son repas… lorsque l’on a qu’une seule main ?

Il y a aussi toutes les difficultés rencontrées par l’entourage : sa mère qui culpabilise parce qu’elle était au volant, son père qui pour ne pas s’effondrer enchaîne les blagues lourdingues, Millie la petite sœur jalouse qui a l’impression d’être la dernière roue du carrosse depuis l’accident… Tous ont mis leur vie entre parenthèses pour aider au mieux Abi.

Ce roman est poignant mais jamais larmoyant, certains passages sont très émouvants mais il est aussi bourré d’humour et de dérision. Les personnages sont crédibles et on ne peut qu’être en empathie avec Abi qui traverse des moments très difficiles mais qui saura rebondir avec l’aide des siens, d’Aurèle, un camarade d’enfance, et la découverte de l’ornithologie.

J’ai été très touchée par Un si petit oiseau, par Abi, sa désespérance, ses douleurs et sa reconstruction. Le handicap est abordé par Marie Pavlenko avec pudeur, réalisme et humour. Un roman très réussi à mettre entre les mains des adolescents et de leurs parents !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Juillet 2017 : un an que « Brexit means Brexit » ! Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau et au coeur !

Juillet 2017. Marguerite Fiorel, une jeune soprano de 17 ans originaire de Grenoble, est dans un train pour Londres avec son professeur Pierre Kamenev. En face d’eux, Cannelle, une lyonnaise consultante pour Google, leur raconte qu’elle se rend dans la capitale anglaise pour y épouser Matt.

Leur mariage blanc permettra à Matt de contrer le Brexit en ayant un passeport français et permettra à Cannelle d’ouvrir un restaurant à Londres. Cette idée folle vient en fait de Justine Dogson, créatrice de Brexit romance, une start-up proposant aux jeunes européens de s’unir pour obtenir le passeport européen.

Alors qu’elle s’apprête à chanter dans Les noces de Figaro, Marguerite tombe sous le charme de Cosmo Carraway, fils du dirigeant du parti d’extrême droite anglais, ami de Marine Le Pen, qui cherche lui aussi à se caser grâce à Justine…

J’avais beaucoup aimé Les petites reines, lu il y a plus de deux ans maintenant et je me réjouissais de retrouver la plume de Clémentine Beauvais à l’occasion de son tout nouveau roman Brexit Romance. Paru à la rentrée, il a fait l’objet d’avis très enthousiastes sur la blogosphère et je m’apprêtais à passer un excellent moment avec Marguerite, Pierre, Justine et les autres.

Malheureusement pour moi, il n’en fut rien, et voici ma première grosse déception de l’année 2019. Cette lecture fut un véritable pensum tant je me suis ennuyée, au point que je l’ai terminé en diagonale afin d’en connaître le dénouement plutôt convenu je dois le dire !

Si j’ai trouvé le point de départ intéressant, les dialogues parfois savoureux et la plume de Clémentine Beauvais toujours aussi alerte, rien ne m’a hélas convaincu dans ce récit bien trop long à mon goût.

Je n’ai pas aimé l’intrigue que j’ai trouvé totalement décousue, délayée et tirée à l’extrême, les chapitres sont longs et il ne se passe rien ou presque. Beaucoup de longueurs, de critiques des hommes, des français tous racistes ou sexistes, une grossophobie certaine. Les personnages, Marguerite et Pierre mis à part, se révèlent inconsistants et superficiels, obsédés par leur nombril et leur petite personne, je ne les ai pas aimés.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout accroché à Brexit romance, un roman que je vais m’empresser d’oublier aussitôt ! Et vous, vous l’avez aimé ?

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Si votre appartement sent inexplicablement le muguet, et éventuellement la violette, et que cette odeur vous submerge pour disparaître totalement l’instant d’après. Si chez vous des objets changent de place mystérieusement. Si vous ne pouvez en accuser personne. Si vous découvrez sur votre bureau ou dans votre chambre des objets qui ne vous ont jamais appartenu. Si le voisin du dessous vient vous voir et vous explique qu’il a perdu son elfe. Si vous êtes déprimé(e). Si vous pensez que la raison vous quitte. Alors, que vous croyiez ou non aux choses de l’au-delà, vous pouvez être certaine que votre vie va changer.

24 janvier. Madeleine est documentaliste au CDI du collège de sa ville dans lequel est scolarisé son fils unique Constantin dans la classe de 5è 4 de Monsieur Logé-Dangerre.

Leur vie est totalement bouleversée depuis que Madeleine a reçu une lettre anonyme l’avertissant que José, son mari, la trompe avec sa secrétaire. Devant son secret éventé, José n’a pas nié et en a profité pour quitter le domicile familial. Depuis lors, mère et fils n’ont aucune nouvelle.

Et, cerise sur le gâteau, depuis quelques jours l’appartement familial embaume le muguet, les objets changent sans cesse de place et tous ses appareils ménagers tombent en panne les uns après les autres.

Madeleine croit qu’elle devient folle jusqu’à ce que Monsieur Tibère, son voisin du dessous, vienne sonner à la porte, à la recherche de son elfe…

Avec Ma vie a changé, je poursuis ma découverte de l’œuvre de Marie-Aude Murail après Oh, Boy ! ; La fille du docteur Baudoin ; 22 ! ; Sauveur et fils saison 1 ; Sauveur et fils saison 2 ; Sauveur et fils saison 3 ; Sauveur et fils saison 4 et Maïté coiffure et je suis, une fois de plus, sous le charme de sa plume et des histoires qu’elle tricote.

Dans ce récit, Marie-Aude Murail aborde la vie d’une maman et de son fils unique après le départ du mari et père, parti sans laisser d’adresse faire sa vie avec une autre.

Avec cette base de départ somme toute banale, l’auteure met une touche de fantastique en intégrant un elfe à son récit, ce qui apporte tout le sel à cette histoire puisque l’apparition de Timothée entraine une série d’évènements bouleversant l’existence bien tranquille de Madeleine et de Constantin.

Après un début de roman assez triste, on est rapidement happé par l’aspect fantastique du récit qui donne beaucoup de rythme et qui insuffle beaucoup d’humour à l’histoire. Les passages avec l’elfe et les gobelins sont très drôles et les dialogues entre Madeleine et son elfe vont permettre à la jeune femme de voir sa vie sous un autre angle, arrêter d’espérer le retour de son mari infidèle au sein du foyer mais au contraire reprendre enfin les rênes de sa vie et pourquoi pas tomber amoureuse à nouveau.

C’est un roman jeunesse mais comme toujours avec Marie-Aude Murail, les adultes y trouvent leur compte notamment parce qu’ici l’héroïne est la maman et non l’enfant, et que son quotidien ressemble bien au nôtre, en tout cas lorsque l’on est comme moi maman solo !

J’ai beaucoup aimé ce personnage et ses réflexions pleines d’humour et d’autodérision. Quant aux enfants, ils s’identifieront facilement à Constantin, un préado bien sympathique, lecteur assidu de Vaudou, le magazine du paranormal, qui aidera beaucoup sa maman à s’y retrouver dans le monde des Elémentals.

Nul besoin d’être accro à la littérature fantastique pour apprécier Ma vie a changé, la dose de fantastique est légère et somme toute imaginable si on a l’esprit un peu ouvert, et on quitte à regret ce roman le sourire aux lèvres, désolée d’être arrivée si vite au point final.

Une fois encore, Marie-Aude Murail propose un roman de qualité dans lequel les jeunes lecteurs et leurs parents peuvent se retrouver. Un roman à la fois drôle et sensible qui donne de l’espoir, montrant que même après un divorce, la vie peut être belle à nouveau.

Un grand merci aux éditions L’école des loisirs pour cette charmante lecture, j’ai adoré !

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