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Posts Tagged ‘littérature Young adult’

À 13 ans, Sophie Chérer rêvait de devenir juge des enfants pour combattre l’injustice. À la fin de ses études de droit et criminologie, elle abandonne pourtant la carrière de magistrate mais trouve un autre moyen de suivre sa vocation. Depuis sa Lorraine natale, ses différents types d’écrits prolifèrent. Les uns lui permettent de mettre en valeur le travail de ses collègues artistes. Les autres sont aussi, la plupart du temps, des hommages romancés. Une manière de leur rendre justice.

Vincent Van Gogh peint comme un fou depuis son arrivée à Auvers-sur-Oise, quand il rencontre deux jeunes gens de bonne famille, les frères Secrétan. L’aîné, Gaston, est un artiste en herbe, timide, incertain de sa vocation.

Au premier regard, il considère Vincent comme un génie. Le cadet, René, est obsédé par Buffalo Bill. À la pêche comme à la chasse, accompagné de sa bande, il tire sur tout ce qui bouge.

La correspondance de Vincent ne les mentionne ni l’un ni l’autre. Pourquoi ? On sait qu’il leur a offert des tableaux, dont nul n’a retrouvé trace. Pourquoi ?

Gaston et René vont fréquenter Vincent quasi quotidiennement pendant près de six semaines. Et si cette rencontre ne va rien changer à la vie du peintre, elle va peut-être tout changer à sa mort.

Vincent Van Gogh fait partie de mes peintres préférés et si j’admire ses peintures, je connais assez peu sa vie, dans les grandes lignes seulement. Depuis toujours, il a été couramment admis qu’il a mis fin à ses jours le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise.

Seulement, depuis quelques années, certains romanciers et biographes remettent en cause ce scénario. Pourquoi ?

Parce que Vincent n’a pas laissé de lettre expliquant son geste. Mais tous les suicidés ne couchent pas forcément leurs intentions sur papier. Alors ?

D’autres raisons font également douter : l’arme qui a servi à sa mort n’a pas été retrouvée. Et surtout, pour quelle raison Vincent se serait-il tiré une balle dans le ventre en plein champ pour finalement retourner à l’auberge mourir dans son lit au bout de près de trente heures d’agonie ?

Et si Vincent ne s’est pas suicidé, qui l’a tué ? Les frères Secrétan ! C’est ce que sous-entendait Jean-Michel Guenassia dans La valse des arbres et du ciel et c’est la thèse que reprend Sophie Chérer pour tisser la trame de Tuer Vincent.

L’autrice nous donne à lire ici, le récit du dernier été de Van Gogh passé à peindre dans une frénésie, une certaine urgence. Elle nous montre la vie d’ascèse du peintre, totalement dévoué à son art et sa rencontre avec les frères Secrétan, issus de la bourgeoisie parisienne.

Gaston, l’aîné, qui barbouille quelques toiles, va voir en Van Gogh un maître, alors que son cadet, René, va n’avoir de cesse que de le persécuter, le rabaisser, le traiter de prussien, etc.

Vincent, qui a échangé de nombreuses lettres avec son frère Théo cet été-là, comme à son habitude, ne fait nulle part mention des frères Secrétan !

Quelle est la part de réel dans cette histoire et celle des conjonctures ? Peu importe où est la vérité puisqu’ici Sophie Chérer nous propose une fiction, un récit âpre à lire lorsque l’on aime le peintre car on le voit malheureux, tourmenté, malmené mais aussi exalté par la peinture.

Un récit destiné aux adolescents mais aussi aux adultes car si les chapitres sont courts, le vocabulaire adapté et la typographie assez grosse, l’histoire, comportant des passages crus et explicites quant à la sexualité, n’est pas à mettre entre les mains des plus jeunes mais plutôt des 16 ans et plus.

Un roman bien écrit et documenté qui permettra aux lecteurs de découvrir le peintre dans son intimité, une bonne idée pour intéresser les ados à la peinture et à un grand nom de la peinture.

Un grand merci éditions L’école des Loisirs pour cette lecture et pour leur confiance.

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« Chacun de nos actes a trois motivations, celle qu’on avoue aux autres, celle qu’on n’avoue qu’à soi, celle qu’on ne s’avoue même pas. » Marie-Aude Murail, dans cette saison 5, va nous le prouver !

Savez-vous que votre hamster est un animal de soutien émotionnel, que votre chien peut faire une dépression, que le ronron de votre chat vous sauvera peut-être la vie et qu’un divorce risque de rendre muet votre perroquet gris du Gabon ?

Voilà ce que Sauveur découvre dans cette nouvelle saison. Ce qui n’empêche pas ce psychologue clinicien de recevoir aussi dans son cabinet du 12 rue des Murlins Louane, qui a peur qu’une main sorte du trou des toilettes pour l’y entrainer, Frédérique, qui découvre que son père est Donald Trump, Samuel, qui suit un stage pour apprendre à draguer et Madame Tapin qui, à 81 ans, découvre le féminisme…

Deux années ont passé depuis la saison 4, et dans Sauveur et fils saison 5, on apprend ce que sont devenus Blandine et Margaux Carré, Samuel Cahen, Lionel et Maïlys, Ella-Elliot, Gabin et Frédérique Jovanovic.

Ainsi que la famille recomposée de Sauveur : Louise Rocheteau, sa compagne et la mère de Paul, le meilleur ami Lazare, fils de Sauveur, Alice, qui peu à peu trouve sa place dans cette maison de garçons, Gabin qui végète au grenier sans oublier le vieux légionnaire Jovo qui a définitivement abandonné sa vie d’errance pour lui préférer la rue des Murlins !

Du 8 mars à Pâques, d’Orléans aux Pralines, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, homophobie, intolérance, paternité, familles monoparentales ou recomposées, les ravages du divorce…

L’auteure nous dépeint comme personne la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations avec tellement d’intelligence que ce n’est jamais plombant pour le lecteur, c’est admirable de finesse et de talent, comme toujours chez Marie-Aude Murail.

J’avais eu un coup de coeur pour les saisons 1, 2, 3 et 4, Sauveur et fils saison 5 n’a fait pas exception à la règle, j’ai adoré tout autant ce dernier opus dont l’histoire est dans la continuité des volumes précédents sans lasser et sans redondance.

Si différents thèmes sont abordés, Marie-Aude Murail se concentre plus particulièrement sur les questions du genre dans son toute sa complexité : dysphorie de genre, hétéronormé, intersexualité, mégenre, transgenre. Tout est très bien expliqué et pour ma part, je cerne désormais mieux ses questions sensibles, et en tant que maman, je ne peux que remercier l’autrice de les aborder et de créer avec ses romans une passerelle entre les adolescents et leurs parents.

Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver Sauveur Saint-Yves et Louise, Lazare et Paul, Gabin et Jovo, et tous les patients de ce psy au grand cœur. Je n’ai pas pu m’empêcher de dévorer cet ultime roman et je l’ai refermé le cœur gros, orpheline de ces personnages qui sont tellement touchants sous la plume sensible de Marie-Aude Murail.

J’ai souri, ri mais aussi été émue une fois encore par les épreuves que tous traversent car l’auteure ne ménage pas les différents protagonistes de son histoire mais elle a su clôturer joliment, tout en laissant la porte entrouverte, ce cycle porté par Sauveur Saint-Yves.

La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a toujours beaucoup d’humour, un héros souvent débordé par ses patients mais irrésistible, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Chaque saison de cette saga peut être lue séparément. Mais bien évidemment je vous conseille vivement de lire les saisons dans l’ordre afin de suivre l’évolution de chaque personnage. Si toutefois, vous préférez commencer par ce dernier tome, remontez ensuite le cours du temps pour arriver à la source.

Une saga formidable à la fois drôle et touchante, à lire et à relire, ancrée dans la réalité et portée par des héros tous terriblement attachants, à mettre entre toutes les mains dès 13 ans !

Un immense aux éditions Ecole des Loisirs pour cette magnifique lecture.

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C’était celui qu’Eléonore avait repéré, recourbé comme le cou d’un cygne, habillé de boutons dorés sur le côté. Un soir, elle était restée plus longtemps que prévu devant la vitrine de M. Sax. Elle perdue dans ses souvenirs, quand un jeune garçon la surprit : « C’est rare pour une fille d’aimer la musique ! ». Elle sursauta : « Ces instruments sont les plus beaux du monde ! »

1862, Nord de la France. La jeune Éléonore âgée de 12 ans a une oreille exceptionnelle. Elle devrait faire la fierté de son père Arsène Leblanc, plombier gazier de son état mais surtout premier piston de l’orphéon dans la fanfare des Crickmouils.

Que nenni ! Son père est fou de rage lorsqu’il découvre que sa fille joue de la musique en cachette. Pour lui faire passer l’envie de devenir musicienne, un métier qu’il juge inconvenant pour une personne de sexe féminin, il l‘envoie à Paris chez son oncle et sa tante qui tiennent une blanchisserie.

Mais l’adolescente a tôt fait de mettre les blanchisseurs dans sa poche et trouve le moyen de se faire embaucher dans l’atelier de fabrication d’instruments d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone.

Commence alors pour Eléonore, une vie exaltée entre Montmartre et Pigalle om se croisent peintres, artistes et petit peuple de Paris. De la Commune à la Nouvelle Orléans, de 1862 aux années folles, Eléonore va vivre mille vies au son de la musique…

Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas nous proposent avec La saga des Marquises, une saga historique pour les adolescents de qualité. Portée par deux héroïnes fortes que sont Eléonore et sa fille Carmel, on découvre l’histoire des premiers instruments à cuivre et les débuts du jazz.

La destinée hors du commun de cette famille de musiciennes au temps de la Commune et des premières Expositions universelle s’est révélée passionnante à lire, tout du moins la première partie qui a pour cadre Paris que j’ai nettement préférée à la seconde qui se déroule à la Nouvelle-Orléans.

Des deux héroïnes, mon intérêt s’est surtout porté sur Eléonore que l’on suit de ses 12 ans jusqu’à son décès et qui va savoir prendre son destin en main. Et son destin, c’est la musique, n’en déplaise à son père qui souhaite la voir derrière les fourneaux.

A Paris, elle saura s’affranchir du joug paternel pour mener la vie dont elle rêve : une vie libre, au mépris des conventions de son époque. Féministe, antiraciste, courageuse, généreuse, elle prendra part à la Commune et saura larguer les amarres pour la Louisiane afin de retrouver son grand amour et lui présenter Carmel, leur fille.

Les thèmes abordés dans cette partie (égalité homme / femme, combat pour la liberté, féminisme) m’ont davantage intéressé que ceux de la seconde partie qui tournent plus volontiers autour des problèmes raciaux et de la ségrégation qui existent encore au début du XXè siècle aux Etats-Unis. J’ai également eu moins d’empathie pour Carmel que j’ai trouvé davantage exaspérante qu’attachante !

Si les Marquises sont des personnages fictifs, pendant ces soixante ans qui enveloppent tout le récit, on rencontre au fil des pages et des évènements des personnages célèbres tels que Auguste Renoir, Louise Michel, Adolphe Sax, Georges Gershwin, Joséphine Baker, Louis Armstrong, Sidney Bechet…

Un roman virevoltant, très bien documenté, qui nous immerge dans le Paris de l’Empire et de la Belle-Epoque, et dans la Nouvelle-Orléans des années folles. Un récit qui donne envie d’écouter du jazz, du ragtime, de danser le cake-walk ou le charleston.

Un roman à découvrir et à faire découvrir aux adultes comme aux adolescents avec un thème central très actuel : l’égalité homme femme !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Déjà 40 000 exemplaires vendus et plusieurs nominations, notamment pour les National Book Awards et pour la Médaille Carnegie, Evelyn, May et Nell est un roman young adult se déroulant à une période historique palpitante, qui fait encore écho au combat pour l’égalité homme-femme aujourd’hui.

Février 1914 : un groupe de jeunes femmes, les « suffragettes », milite à Londres pour que le droit de vote leur soit accordé. Parmi elles, Evelyn, May et Nell. Pour ces trois adolescentes, issues de classes sociales différentes, « avenir » rime avec « espoir ». Mais sur le chemin de la liberté, un obstacle de taille va se dresser : la Grande Guerre qui éclate. Le droit de vote des femmes passe plus que jamais au second plan pour la classe politique paternaliste.

Bon nombre de suffragettes elles-mêmes vont cesser le combat pour apporter aide et soutien aux soldats. Les suffragettes obtiendront-elles gain de cause ou leur combat sera-t-il reporté une fois encore ?

Evelyn, May et Nell, pour un monde plus juste aborde la cause féminine par le prisme d’une thématique que j’affectionne tout particulièrement et que j’apprécie de retrouver dans mes lectures : les suffragettes.

A travers ces trois héroïnes d’horizon et de niveaux sociaux différents, toutes trois très attachantes, Sally Nicholls prend le pouls d’une génération de femmes qui souhaitent s’émanciper et obtenir le droit de vote.

Evelyn, 17 ans, est issue d’un milieu bourgeois et conservateur, aînée de la fratrie, elle souhaite faire des études de lettres classiques mais c’est sans compter ses parents qui n’en voient pas l’intérêt puisqu’elle devra convoler d’ici peu. Evelyn ne l’entend pas ainsi et s’engage dans les suffragettes pour faire plier ses parents.

May, 16 ans, vit seule avec sa mère, qui enseigne le piano et leur gouvernante. Comme sa mère, elle est une quaker convaincue et prône le pacifisme. Depuis toujours, May fréquente les cercles féministes, assume son homosexualité naissante pour laquelle sa mère a une attitude bienveillante. Les deux femmes participent activement aux manifestations des suffragistes sans jamais succomber aux violences dont certaines se rendent coupables.

Nell, 15 ans, est issue de la classe ouvrière. Elle vit avec ses parents et ses nombreux frères et sœurs dans un deux-pièces de l’East End. Elle aussi est une suffragette mais elle s’habille en homme, gomme toute féminité en elle et n’hésite pas à lever le poing contre les forces de l’ordre si besoin est.

Ces figures féminines issues de la grande et petite bourgeoisie ou de la classe ouvrière, permettent à Sally Nicholls de nous dépeindre la condition féminine au début du XXè siècle en Angleterre.

Des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’auteure donne la vedette à des personnages féminins en abordant ici le droit de faire des études pour Evelyn qui rêve d’intégrer Cambridge, de vivre selon les principes quakers pour May et de s’élever dans la société pour Nell.

Il est aussi beaucoup question d’homosexualité féminine, l’autrice sous-entend que bon nombre de suffragettes était lesbiennes, certaines s’habillant en homme, comme Nell dans le roman.

Je ne doute pas que les lesbiennes aient largement soutenu un mouvement qui prônait l’émancipation féminine et l’égalité homme-femme, mais je ne pense pas que cela concernait la majorité des cercles féminins, cette vision me semble très caricaturale et met parfois la cause suffragiste au second plan.

Vous savez j’aime beaucoup la thématique des suffragettes et je regrette qu’ici, elle cède peu à peu la place à la guerre. Si la première moitié du roman nous immerge dans la cause suffragette, ses combats, ses actions, ses manifestations, ses coups d’éclats… les regards et les oppositions qu’elles suscitent dans une société prude et paternaliste, la seconde partie s’attarde surtout sur la guerre et les bouleversements qu’elle a entrainés, ce que je trouve un peu dommage.

Il n’empêche que Evelyn, May et Nell, pour un monde plus juste est un bon roman historique, bien documenté, qui permettra aux jeunes lectrices de se familiariser avec les combats féministes du début du XXè siècle.

Je vous le recommande si les thématiques et l’époque où se déroule ce récit vous passionne même si j’ai quelques bémols dont je vous ai fait part !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Hatier jeunesse pour cette lecture passionnante !

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Qui n’a pas entendu parler de Nils Hazard, l’étruscologue-détective? Ou d’Emilien, héros du quotidien dont on sait à peu près tout depuis «  »Baby-Sitter Blues » »? Ainsi, Marie-Aude Murail explore différentes veines, qu’elles soient politiques, réalistes ou fantastiques, avec pour devise : ne jamais se répéter, ne jamais être là où on l’attend. Elle nous a étonnés avec un roman qui a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté plusieurs prix : «  »Oh, boy! » », publié en 2000, inclassable et déjà classique.

Simple dit « oh, oh, vilain mot » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit « j aime personne, ici » quand il n’aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges.

Barnabé, surnommé Simple par son frère, a 22 ans mais trois ans d’âge mental. Son petit frère Kléber, lui, a 17 ans, il est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s’occuper de Simple car depuis la mort de leur mère et la défection de leur géniteur, Kléber a son frère à charge et c’est loin d’être simple. Il pourrait bien entendu le mettre à Malicroix, comme son père le souhaite, mais le jeune homme ne veut pas faire enfermer son aîné.

Simple a un autre ami que son frère : c’est Monsieur Pinpin, son lapin en peluche qui ne le quitte pas d’une semelle. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l’institution pour débiles où le père de Simple a voulu l’enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.

Rien n’est simple, non, rien n’est simple dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient très compliqué…

Simple signe mes retrouvailles avec Marie-Aude Murail en attendant la saison 5 de Sauveur et fils que j’attends avec grande impatience !

Et comme à chaque fois avec cette romancière de grand talent, j’ai adoré cette histoire qui m’a remué, fait rire et pleurer à chaudes larmes. En même temps comment ne pas aimer la plume de Marie-Aude Murail et l’histoire qu’elle nous propose ici, c’est tout simplement impossible !!

Comment ne pas s’attacher à Kléber et à Simple, deux frères qui veulent seulement vivre ensemble, contre l’avis de leur père qui ne fait que passer dans leur vie, trop occupé à roucouler avec sa nouvelle femme, et contre l’avis des services sociaux qui souhaitent pour Kléber une vie sans contrainte et des soins pour Simple.

La relation entre les deux frères est au cœur de ce roman pour adolescents. On les voit dans leur quotidien : Simple tout occupé à jouer aux Playmobil ou avec monsieur Pinpin et Kléber qui se démène pour que son frère ait la meilleure existence possible tout en suivant ses études.

Zahra, Enzo, Corentin et Aria, les personnages secondaires, sont tout aussi touchants, chacun avec son histoire, chacun avec ses doutes et ses espoirs. J’ai beaucoup aimé Enzo, l’apprenti romancier, qui sans l’air de rien mène son petit bout de chemin au contact de Simple, qui va beaucoup s’attacher à lui et pallier aux absences de Kléber. Tout comme leur vieux voisin, Georges Villedieu, plein de bons conseils pour Enzo et d’attention pour Simple.

Marie-Aude Murail, vous l’aurez compris, aborde avec ce roman un thème fort, celui du handicap mental avec Barnabé, déficient mental, idiot comme il se définit lui-même, et physique avec Amira, sourde et muette qui vont devenir très amis sous l’œil bienveillant des parents Larbi.

L’occasion aussi pour la romancière d’aborder la tolérance et le regard des autres, autant de thèmes difficiles et importants qui doivent être abordés avec les enfants et les adolescents.

Simple fait peu à peu la conquête de tous les colocataires qui craignaient tous de ne pouvoir vivre avec un handicapé et qui vont finalement tous s’attacher à lui et aider Kléber de leur mieux.

J’ai également beaucoup aimé la façon décalée que choisit Marie-Aude Murail pour nous faire ressentir les sentiments de Kléber pour son frère : amour, tendresse, exaspération, amusement, ras-le-bol, découragement, fierté…

Une réussite pour moi et un roman à découvrir absolument comme tous les romans de Marie-Aude Murail !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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1849. C’est une première dans l’histoire : une femme se présente aux élections législatives de Paris. Mais cette affaire politique inédite déplaît profondément à un mystérieux individu. Des femmes, toutes indépendantes, sont retrouvées sans vie. Un seul mode opératoire : la strangulation. Un seul motif : la haine.
Dans un climat de peur, Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie. Elle ne peut compter que sur elle-même : la police et les journaux se fichent des femmes. Son enquête l’amènera cependant à croiser la route d’étranges personnages.
Qui aurait pensé qu’elle en viendrait à frayer avec un journaliste sexiste, une mystérieuse spirite et un membre de cette police si indifférente ?

Paris 1849. Louis-Philippe a laissé la place à la seconde république depuis un an déjà lorsque des élections législatives sont organisées le 13 mai. Le suffrage universel masculin a été établi, laissant de côté l’électorat féminin qui n’a toujours pas le droit de voter.

Une femme va dénoncer cette inégalité : Jeanne Deroin, une militante socialiste. Avec Désirée Gay, elle a fondé l’année précédente un journal féministe, L’Opinion des Femmes. Bien sûr, cette action d’éclat va déclencher les foudres des hommes politiques, des journalistes et de l’opinion publique.

Rares sont les voix — y compris dans son camp — qui soutiennent cette candidature. Pierre Joseph Proudhon, comme la plupart des socialistes, la juge « excentrique », et même des femmes comme George Sand ou Marie d’Agoult l’estiment déplacée.

C’est alors qu’une série de meurtres vient endeuiller la capitale. Toutes les victimes ont été tuées selon le même mode opératoire, la strangulation. Ce n’est pas leur seul point commun : elles menaient une vie libre, indépendante et appartenaient au mouvement féministe de Jeanne Deroin et Désirée Gay.

L’inspecteur Dubon de la Sûreté, chargé de l’enquête, trouve qu’elles ont eu ce qu’elles méritaient mais son adjoint Alexandre Delage n’est pas de cet avis. Et lorsque Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie Sidonie, il se jure de mettre la main sur l’assassin du Marais…

J’avais repéré L’assassin du Marais dès sa sortie et lorsque j’ai eu la chance de le trouver d’occasion, j’ai sauté dessus car un roman policier qui aborde le féminisme au 19è siècle, écrit par Catherine Cuenca dont j’avais beaucoup aimé Le choix d’Adélie, il ne m’en fallait pas plus pour l’ajouter à ma PAL et aussitôt acheté, aussitôt lu !

Quelle lecture passionnante ce fut, j’ai adoré ce polar historique pour adolescent, où l’autrice nous entraîne dans le Paris du milieu du XIXè siècle en pleine lutte des sexes, où les premières féministes organisées essayent de faire entendre leurs voix et leurs revendications bien légitimes.

Dans ce contexte de lutte sociale, une première femme est retrouvée assassinée. Mais elle ne sera pas la seule. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Des femmes étranglées au milieu de la nuit, qui semblent avoir un lien avec les mouvements de droits des femmes qui s’élèvent alors à l’époque.

L’autrice en profite pour nous montrer la condition féminine au XIXè : l’ouvrière et la comédienne, qui pour arrondir leurs fins de mois, se prostituent. Les femmes, condamnées pour adultère, qui se voient privées de leurs enfants au profit de leur mari. Les employées des grands magasins qui subissent les avances des clients et le machisme de leurs collègues qui ne goutent guère de devoir partager leurs emplois avec elles, etc.

Au-delà de cet aspect social et historique, il y a bien sûr l’enquête policière menée par l’inspecteur Delage, un ancien criminel reconverti en policier, encore marqué par le meurtre de sa sœur, et qui a bien l’intention de mettre fin aux agissements du tueur, n’en déplaise à son supérieur qui lui met constamment des bâtons dans les roues.

Il sera bien aidé par Léa, qui par ses dons de voyance fera avancer l’enquête. Elle a une petite fille dont elle a perdu la garde au profit de son père et en veut beaucoup aux hommes. Et Julie, qui a fui un mariage arrangé pour trouver un emploi de vendeuse dans un grand magasin qui subit les avances de plusieurs clients et dont la meilleure amie a elle aussi disparu.

Un trio, donc, qui va tenter de démêler le vrai du faux, en restant sur ses gardes bien évidemment, puisqu’il y a un tueur dans les rues qui semble vouer une haine tenance aux femmes.

Chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa personnalité, son intelligence, sa débrouillardise. On va de rebondissements en rebondissements, sans jamais se douter de ce qui va arriver.

Bien sûr le contexte historique est bien rendu par Catherine Cuenca, l’enquête est menée tambour battant, sans aucun temps mort et la lutte féministe est un véritable atout pour ce roman.

Une atmosphère sombre et imprévisible, un suspens qui monte crescendo, des fausses pistes à foison et un final bien fichu sont les points forts de ce roman même si j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin.

Une lecture très prenante qui m’a fait tourner les pages avec une grande avidité, j’en redemande d’autant que l’épilogue laisse présager une suite, j’ai déjà hâte de la lire !

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Après des études de lettres, Christine Féret-Fleury devient éditrice chez Gallimard jeunesse puis responsable des éditions Les 400 coups en France tout en écrivant. Elle se consacre désormais à son métier d’autrice. Elle a publié une centaine d’ouvrages pour la jeunesse et les adultes, dont de nombreux succès comme Chaân la rebelle (Flammarion), la série « En Selle !  » (PKJ), La fille qui lisait dans le métro (Denoël) Christine Féret-Fleury vit à Paris.

De nos jours, Léonard, un adolescent, est face au plus grand chagrin de sa vie : son grand-père adoré dont il porte le prénom, est mort, renversé par une voiture. Le jour de son enterrement, il reçoit un mail lui enjoignant de rechercher un tableau : La dame à l’hermine de Léonard de Vinci.

Or ce message provient de son grand-père, ce qui est bien sûr impossible, à moins que quelqu’un se joue de lui ! Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau. Son père, galeriste, accepte de le confier à Marcello, le conservateur, et ami du défunt.

Milan, été 1490 : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l’hermine.

Soit, elle accepte de le détruire, soit elle le paiera de sa vie. Léonard de Vinci, fait lui-même l’objet de pressions et d’intimidations…

Christine Féret-Fleury nous propose avec La dernière énigme de Léonard de Vinci, une plongée fascinante dans les coulisses d’un tableau très célèbre du maitre italien : La dame à l’hermine.

Le récit à trois voix (Léonard, Léonardo et Cécilia) oscille entre le faste de la Renaissance et l’Europe moderne.

L’enquête se révèle plutôt prenante et périlleuse et réjouira les adolescents, habitués aux ambiances mystérieuses et fantastiques, qui apprendront beaucoup à la lecture de ce roman très bien documenté.

Passionnant bien sûr pour les amateurs de Léonard de Vinci mais aussi pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’art. Sous la plume de l’autrice, on assiste aux séances de pose de Cécilia, aux atermoiements du maître quant à la tenue de la belle milanaise, à ses bijoux et accessoires.

Les personnages sont très intéressants à suivre, Léonardo bien sûr mais aussi la belle Cecilia Gallerani dont j’ignorais tout. Maîtresse du puissant Ludovic Sforza jusqu’au milieu de l’année 1492, date à laquelle, elle donne naissance à leur fils, César. En 1490, le duc de Milan épouse Béatrice d’Este, qui le contraint à mettre fin à cette relation.

Oil on Wood 54.8 x 40.3 cm

Le tableau est présumé avoir été exécuté entre 1488 et 1490, période que reprend Christine Féret-Fleury pour la partie historique du roman. Cette huile peinte sur panneau de bois est réellement exposée au Musée national de Cracovie, lieu qui sert de toile de fond au récit contemporain.

Elle part de ce terreau historique pour nous raconter l’aventure qui arrive à Léonard, ce jeune homme de 17 ans, anéanti par ce grand-père dont il était si proche et avec lequel il partageait tant de choses et en lequel pourront se reconnaître beaucoup d’adolescents.

Le vieux Léonard était un œil, entraîné à déterminer l’auteur d’une oeuvre peinte, et grand spécialiste de Léonardo. C’est un métier proprement fascinant que l’autrice nous fait découvrir ici.

L’adolescent, chamboulé par le chagrin et par cette enquête, va tomber amoureux de Cécilia. Au gré de ses découvertes, il va mûrir et s’interroger sur le chemin qu’il a lui-même à tracer, quitte à décevoir les attentes paternelles.

Ce qui me chagrine en revanche c’est que la partie historique, bien que très intéressante, n’a aucun impact sur la vie de notre jeune Léonard et que l’autrice n’a pas été au bout des mystères qui entourent ce tableau : le dénouement est peu abrupte et un poil décevant.

Reste que c’est un roman d’apprentissage fluide, très bien documenté, bien rythmé qui plaira aux jeunes lecteurs, les pages se tournent toutes seules et avec beaucoup de plaisir. Je recommande donc ce roman aux jeunes dès 14 ans !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Auzou pour cette chouette lecture !

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