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Posts Tagged ‘louis XIV’

Françoise Chandernagor, née le 19 juin 1945 à Palaiseau (Essonne), est un écrivain français. Membre de l’Académie Goncourt, elle est la fille d’André Chandernagor, ancien député de la Creuse et ministre du gouvernement Pierre Mauroy.

« Je ne mets point de borne à mes désirs », disait celle qui fut presque reine de France… De sa naissance dans la prison de Niort à sa mort dans la douce retraite de Saint-Cyr, de l’obscure pauvreté de son enfance antillaise à la magnificence de la Cour, de la couche d’un poète infirme à celle du Roi-Soleil, de la compagnie joyeuse de Ninon de Lenclos et de ses amants au parti pris de dévotion de l’âge mûr, quel roman que cette vie !

À partir d’une documentation considérable et en recourant aux écrits, souvent inédits, de la marquise de Maintenon, Françoise Chandernagor a su restituer, avec L’allée du roi, « des mémoires apocryphes » qui ont la séduction de la langue du XVIIᵉ siècle, le visage d’une femme méconnue, témoin sans pareil d’une époque fascinante.

Ce roman croupissait dans ma PAL depuis six longues années alors qu’il me faisait très envie depuis que j’avais vu il y a longtemps de cela, sa magnifique adaptation télévisuelle par Nina Companéez avec des acteurs véritablement habités par leurs rôles, notamment Dominique Blanc et Didier Sandre qui campent la favorite et le roi soleil.

Ayant pour sous-titre, Souvenirs de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, épouse du Roi de France, Françoise Chandernagor réussit avec brio à retracer la vie de la favorite, petit-fille du grand poète huguenot Agrippa d’Aubigné, veuve du poète baroque Paul Scarron, de sa naissance jusqu’à la mort de Louis XIV.

Avec la langue et les tournures de phrases de l’époque, l’autrice, grande habituée des romans historiques, nous propose la vraie fausse autobiographie de la vie très romanesque de Mme de Maintenon dans un roman fleuve de 800 pages, pas exempt de longueurs à certains passages, c’est là mon seul bémol, et cela explique que ce n’est pas un coup de coeur.

Car sinon, quel régal que ce roman brillamment écrit et documenté ! Je ne sais pas combien de temps il a fallu à Françoise Chandernagor pour ses recherches et l’écriture du roman, mais je ne peux que souligner le travail colossal que cela a du être !

Le texte nous transporte au cœur du règne de Louis XIV : entre la chasse aux huguenots, la fronde, la construction de Versailles et la vie à la cour, tout est fait pour nous dépeindre un portrait très juste de Louis XIV, de sa psychologie à son goût pour la musique, la danse, le théâtre, la guerre et les femmes.

Françoise Chandernagor a écrit un excellent roman, censé être une autobiographie, madame de Maintenon est donc présentée sous un jour particulièrement favorable, on n’est pas loin de l’hagiographie et je pense qu’il faut compléter cette lecture d’une biographie plus neutre pour saisir totalement le personnage.

Ceci mis à part, si les longueurs ne vous ennuient pas et que le siècle de Louis XIV vous intéresse, je ne peux que vous conseiller cette fiction vraiment éblouissante !

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Romancier et essayiste, Jean-Michel Delacomptée a publié de nombreux portraits de personnages historiques et de gens de lettres comme La Boétie, Racine, François II, Ambroise Paré, Bossuet, Saint-Simon, des romans comme Le Sacrifice des dames, des essais comme Petit éloge des amoureux du silence, Adieu Montaigne ou Notre langue française, Grand Prix Hervé Deluen de l’Académie française, et récemment La Bruyère, portrait de nous-mêmes.

Versailles, mercredi 1er janvier 1710, tôt le matin. Philippe d’Orléans, le neveu de Louis XIV, attend la visite de son ami Saint-Simon.

Connu pour ses mœurs débauchées, le duc d’Orléans vit depuis dix ans un amour passionné avec sa maîtresse Mme d’Argenton, la seule femme qu’il ait jamais aimée.

Il ignore qu’une terrible menace, qui pourrait lui valoir un exil immédiat, enfle dans son dos. Mme de Maintenon, en particulier, le hait pour une plaisanterie de mauvais goût qu’il a proférée à son encontre.

Saint-Simon se doit de l’avertir. Plus encore, de lui éviter le châtiment qui le guette. À ses yeux, une seule chose peut sauver son ami : quitter Mme d’Argenton pour retrouver les bonnes grâces du roi.

Mais Philippe d’Orléans concèdera-t-il un sacrifice si déchirant ?

Inspiré des Mémoires de Saint-Simon, Cabale à la cour est un tête-à-tête tendu et palpitant qui nous introduit dans les arcanes de la cour du Roi-Soleil où prospéraient rumeurs et calomnies…

En fin connaisseur du règne de Louis XIV et de ses témoins, Jean-Michel Delacomptée nous offre un petit bijou brillamment écrit, une joute verbale entre deux hommes que tout oppose et qui sont malgré tout amis.

Je connais plutôt bien cette période de l’histoire et notamment la figure du duc d’Orléans, fils de Monsieur, frère du roi. Un homme fascinant et intéressant à bien des égards, passé à la postérité pour son goût des femmes et de la débauche.

Un peu dommage de résumer cet homme d’état à sa seule vie privée, alors qu’il a su se montrer un régent exemplaire lors de l’enfance de Louis XV, trop jeune pour gouverner au décès de son arrière-grand-père Louis le quatorzième.

Avec ce court ouvrage, l’auteur nous fait découvrir les arcanes du pouvoir, les rumeurs, les complots, la jalousie et les manœuvres des courtisans pour briller aux yeux du roi et éliminer leurs potentiels rivaux.

Il nous démontre aussi l’importance et l’influence de Madame de Maintenon, pétrie de religion, sur Louis XIV et la fin de son règne peu reluisante.

Jean-Michel Delacomptée alterne avec beaucoup d’intelligence récit sur les mécanismes de la cour et dialogues entre Philippe d’Orléans et Saint-Simon. C’est passionnant de bout en bout, autant de pénétrer dans l’intimité du roi que d’assister à ce duel verbal.

Le mémorialiste est prêt à tout pour convaincre le futur régent que ses paroles et son mode de vie trop libres pour la cour vont le mener à la déchéance. Il doit de toute urgence rentrer dans les bonnes grâces de la marquise et de son beau-père car Orléans avait été contraint par son oncle à épouser l’une de ses filles naturelles !

Véritable hommage à la littérature classique, Cabale à la cour est un ouvrage brillant par tous les sujets qu’il aborde, son style, sa vitalité.

Je ne peux que vous le conseiller si vous vous intéressez à la cour de Versailles.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour ce coup de cœur, cette collection Passe Murailles recèle décidément bien des pépites !

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En 1679, à l’apogée du règne de Louis XIV, éclate l’une des plus vastes affaires criminelles de tous les temps : l’affaire des Poisons, aux ramifications gigantesques, dans laquelle se trouvent mêlées des centaines de personnes, dont les plus grands noms de la cour de France, notamment la favorite Mme de Montespan. De l’officine des alchimistes au repaire des sorcières, des marchands de philtres d’amour aux fabricants de poisons, en passant par le cabinet du magistrat instructeur, La Reynie, c’est l’enquête policière complète sur l’une des plus ténébreuses énigmes de l’Histoire qui est ici offerte au lecteur.

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Comme vous le savez sans doute, j’aime beaucoup les romans historiques et je ne boude pas de temps les biographies ou les essais, aussi lorsque cet été je suis tombée sur L’affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils en occasion je n’ai pas hésité, poussée par ma copinaute Claire et heureux hasard ma copinaute Céline l’achetait au même moment, nous avons donc décidé de le lire ensemble et de ne pas le faire traîner dans notre PAL.

Jean-Christian Petitfils est un spécialiste des 17è et 18è siècle, vous l’avez sûrement déjà vu dans Secrets d’histoire de Stéphane Bern dans lequel il intervient régulièrement. Il connaît ses deux siècles sur le bout des doigts, aussi j’étais sûre de lire un ouvrage sérieux et précis sur le sujet, ce qui s’est avéré juste.

L’historien revient ici sur l’affaire criminelle la plus retentissante du règne de Louis XIV : L’affaire des poisons. Elle éclate en 1679 lorsque La Voisin et ses complices sont arrêtés par le lieutenant général de police, l’incorruptible La Reynie (personnage fort intéressant soit dit en passant) mais tout commence réellement le 16 juillet 1676, le jour où la marquise de Brinvilliers est brûlée pour sorcellerie et pour avoir accélérer la succession familiale en tuant tous les mâles de sa maison !

Lorsqu’éclate L’affaire des poisons, l’heure est aux soupçons les plus fous. Madame, la belle-sœur de Louis XIV est morte brusquement et les rumeurs vont bon train. Aussi, le roi soleil prend cette affaire très au sérieux d’autant que certains accusés affirment avoir été mandatés par Mademoiselle des Œillets et Madame de Montespan pour empoisonner Mademoiselle de Fontanges, emportée elle aussi brusquement, et le roi lui-même !

Louis XIV va donc créer une chambre ardente et suivre le dossier personnellement tout en prenant garde d’éliminer les témoignages à charge contre son ex favorite, mère de ses enfants légitimés. La Reynie, en charge de L’affaire, devra rendre personnellement compte au roi et à Louvois des avancées de l’enquête et ses rapports seront expurgés pour ne pas nuire à la belle Athénaïs car si l’on prouvait l’implication de cette dernière, le scandale rejaillirait sur le roi et ses enfants !

Jean-Christian Petitfils rappelle les faits, reprend les témoignages et l’enquête du lieutenant général de police La Reynie, revient sur les différents procès et essaie de donner des interprétations historiques à ces événements. Ce qui n’est pas facile car Louis XIV a fait détruire après la mort de La Reynie toutes les pièces juridiques qui auraient pu éclairer l’implication ou non de Mme de Montespan.

Pour l’historien, malgré tout, il ne fait pas de doute que l’ancienne favorite était innocente des crimes qu’on l’accuse, il a vraiment fait des recherches approfondies et on peut légitimement croire qu’il a raison.

Vous l’aurez compris, ce livre est très intéressant à plus d’un titre, notamment sur le système judiciaire et pénitentiaire de cette époque.

Il est par contre très aride à lire, le style de l’autre, purement universitaire, m’a ennuyée par moments, car il se perd dans des digressions parfois sans fin qui n’apportent pas toujours grand chose.

J’aurai aimé en connaître plus sur La Voisin et surtout sur le contexte historique, sur les croyances populaires, sur le « hors cour de Versailles », car Jean-Christian Petitfils s’attache beaucoup à la cour, à Louis XIV et à Mme de Montespan, et pas assez au reste.

Je vous le recommande malgré tout si le sujet vous intéresse.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Céline

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