Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘madeleine Mansiet-Berthaud’

La jeune Gabrielle vit avec son père Denis, qui tient le café le Mascaret, à Meschers, village de pêcheurs de l’estuaire de la Gironde. Elle devient auxiliaire au phare de Cordouan, le  » Versailles des mers « , situé à sept kilomètres en mer sur le plateau de Cordouan. Même si le lieu ravive le souvenir de Léa, sa mère morte lors d’un naufrage dix ans plus tôt, elle s’y sent bien. Parfois, au-dessus de sa chambre, vient se percher une mouette à la gorge noire. Pour la jeune fille, c’est comme si cet oiseau des mers lui transmettait des messages de la disparue. Parmi les gardiens, il y a Alexis, de dix ans son aîné, dont elle tombe amoureuse. Quand la guerre est déclarée, Meschers se vide de sa jeunesse et Alexis disparaît sans plus donner de nouvelles… Sur la côte, les Allemands ordonnent la construction du mur de l’Atlantique, et l’extinction des feux de Cordouan.

On l’appelle le paradis des enfers. Pour Gabrielle, marquée à jamais par la mort de sa mère Léa lors d’un naufrage une dizaine d’années plus tôt, le phare de Cordouan est un refuge, l’endroit où elle se sent le plus proche de la disparue.

Nommée auxiliaire, elle tombe amoureuse d’Alexis son tuteur, déjà fiancé à une autre. Elle tait son amour pour lui bien qu’elle ait l’impression que ses sentiments sont partagés. C’est alors que la déclaration de guerre arrive. Les hommes sont mobilisés et bientôt Alexis disparaît, suite au suicide de sa promise.

Gabrielle se met à dépérir et ni son père ni sa grand-mère n’arrivent à lui changer les idées. La région est bientôt occupée, le phare pris par les allemands. Les lois antijuives commencent à faire peur à Denis, son père, qui craint plus que jamais pour sa fille unique et l’incite vivement à ne plus quitter Cordouan…

Il y a deux ans déjà, j’avais découvert la plume de Madeleine Mansiet-Bertahaud avec Les nuits blanches de Lena qui dépeignait la chute du régime tsariste et que j’avais beaucoup aimé.

Changement de lieu et d’époque avec La valse des mouettes qui nous emmène du côté de Royan, une région que j’affectionne particulièrement, pendant la seconde guerre mondiale.

Avec ce roman, Madeleine Mansiet-Berthaud signe le portrait d’une femme déterminée qui, au-delà des conventions, a choisi un métier d’homme au quotidien rude mais exaltant. Un roman d’apprentissage et d’émancipation qui se révèle agréable à lire et plein de rebondissements.

L’auteure nous raconte donc le destin de Gabrielle qui a une belle complicité avec son père et sa grand-mère, qui n’a de cesse de découvrir les secrets de sa famille, les raisons pour lesquelles sa mère l’a abandonnée et les circonstances dans lesquelles Léa a perdu la vie. Une absence qui la marque encore, une dizaine d’années après sa disparition.

Gabrielle est une héroïne atypique à l’allure plutôt masculine qui se passionne par un métier jusqu’alors occupé uniquement par les hommes, qui vit entre le phare et le café Le Mascaret de son père.

Si l’intrigue est très longue à démarrer, l’auteure prend en effet son temps pour planter son décor et nous dévoiler les protagonistes de son histoire, jusqu’à ce que la guerre éclate mettant en place les événements qui rendront intéressante l’histoire de Gabrielle et d’Alexis.

Car si l’histoire de Gabrielle peut paraître banale, dès que l’Occupations s’installe, sa vie prend un tournant. Les drames, les secrets de famille, les révélations sur le passé de sa mère et ses propres amours contrariées vont précipiter le destin de Gabrielle dans la tourmente de la guerre et très loin des siens, jusqu’au camp d’Auschwitz Birkenau et nous tenir en haleine pendant plus de trois cents pages.

Le contexte historique est bien rendu et j’ai aimé retrouver une région chère à mon cœur et suivre Gabrielle au sein de son phare.

La jeune femme se révèle courageuse et l’ensemble des personnages sont assez attachants, Gabrielle bien sûr mais aussi Denis son père, sa grand-mère, Charles et Alexis.

Bien documenté, porté par une héroïne non conventionnelle, La valse des mouettes est un bon roman du terroir, à réserver aux adeptes du genre.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

Read Full Post »

Lu dans le cadre des challenges Première guerre mondiale, Au service de… et 1 pavé par mois :

challenge-premiere-guerre-mondiale   challenge-un-pave-par-mois   challenge-au-service-de

A la suite d’une déception amoureuse, Lena décide de tout quitter : Paris, son métier d’infirmière à l’Hôtel-Dieu. Encouragée en cela par sa mère, d’origine russe, la jeune femme part pour Saint-Pétersbourg au printemps 1914.

Dans la famille du prince Noboranski, où elle est préceptrice, Lena découvre le faste et la misère de la Russie des tsars. En même temps qu’elle éprouve une attraction croissante pour ce pays qui fut celui de son arrière grand-père cosaque, elle voit venir les troubles annonciateurs d’une révolution. La jeune femme est en proie à de nombreux doutes.

Saura-t-elle résister au charme du prince, dont les sentiments se révèlent au grand jour ? Qui est ce mystérieux docteur Anton rencontré à l’hôpital, que l’on dit proche des bolcheviks ? Devrait-elle fuir ce vieux monde qui bascule sous ses yeux ? Le courage et l’amour vont lui apporter les réponses qu’elle attend…

heart_4auteur-editeur-pagesles-nuits-blanches-de-lena-madeleine-mansiet-berthaud

Mars 1914, Lena est infirmière à l’Hôtel-Dieu de Paris et vit sur l’ile de la Cité avec sa mère, veuve d’un médecin misanthrope et généreux.

Jeune fille sage, Lena veut marcher dans ses pas et se donne corps et âme à son métier et à ses patients, en particulier à Jeanne dont elle supportera mal le décès.

Un soir, elle se décide pourtant à aller au caf’conf avec sa collègue Adrienne, et le petit vin blanc aidant, Lena se met à chanter Kalinka à pleins poumons et vole le cœur de Florent qui dès lors lui fait la cour.

Lena est aussi sous le charme et malgré l’empressement du jeune homme, elle se refuse à lui et découvre bientôt qu’il est prêtre et pas typographe comme il le lui avait dit.

Effondrée, elle accepte alors la proposition de sa mère Vera, d‘origine russe et qui l’élève depuis toujours dans le culte de la mère Russie, de rejoindre sa meilleure amie Elvire, au service du prince Noboranski.

Après près de deux jours de voyage en train, Lena arrive à St Petersbourg pour prendre son poste de préceptrice auprès de Tatiana, Katya et Gricha Noboranski. Le jeune fils du ministre de la justice âgé de 7 ans, souffre d’hémophilie, comme le tsarévitch et semble condamné à plus ou moins brève échéance.

Lena découvre peu à peu la vie fastueuse de cette famille et tombe amoureuse de ce pays…

Vous avez déjà pu constater, si vous me lisez régulièrement, que j’ai une fascination pour la Russie et pour son histoire, en particulier pour le règne de Nicolas II. J’ai donc déjà eu l’occasion de vous présenter, entre autres, L’oeil du tsar rouge, un excellent policier qui revenait sur la fin tragique des Romanov, Sashenka dont l’héroïne est une jeune fille de la grande bourgeoisie russe qui rejoint les rangs des Rouges, et Les perles de la Moïka qui revenait sur la chute du régime tsariste et sur les purges de Staline, c’est vous dire que lorsque j’ai vu Les nuits blanches de Lena sur le programme de printemps de Presses de la Cité, je n’ai pas hésité une seconde et, cerise sur le gâteau, il n’a pas eu le temps de moisir dans ma PAL.

Que vous dire à part que ce roman signé Madeleine Mansiet-Berthaud m’a passionné pendant près de 500 pages et que je l’ai lu en seulement trois jours ? Bon je me doute que ce seul argument ne va pas vous convaincre de le lire alors je vais développer un peu pour celles qui seraient tentées par le pitch d’aller plus loin.

Avec ce roman, on pénètre dans l’intimité de ces grandes familles russes, proches du régime de Nicolas II et on assiste avec Lena et les Noboranski à la chute du régime tsariste, à la ruine et à l’exil de ces russes blancs qui ne sont pourtant pas venus en aide à la famille impériale, jugeant Nicolas II responsable de cette faillite collective et de l’arrivée au pouvoir des bolchéviks.

Madeleine Mansiet-Berthaud nous immerge avec justesse dans cette époque trouble qui couvre les trois dernières années du règne du dernier tsar de toutes les Russies alors que l’Europe s’enflamme après l’assassinat du grand-duc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, le dimanche 28 juin 1914 à Sarajevo.

On y voit également le quotidien de la noblesse et l’éducation apportée aux héritiers de ces familles appelés aux plus hautes fonctions de l’état et bien entendu l’importance de la culture française chez les barines qui recherchaient tout particulièrement les préceptrices françaises pour éduquer leurs enfants.

Lena, l’héroïne de ce roman, est une personnalité attachante qui montre beaucoup d’empathie et fait preuve de générosité envers les plus faibles et en cela, elle est la digne fille de son docteur de père, un homme qu’elle révère.

C’est une jeune femme éprise de liberté, qui souhaite son indépendance financière et qui laisse la mort dans l’âme son métier d’infirmière au profit de celui de préceptrice mais elle va aussi s’épanouir dans cette nouvelle voie, grâce aux enfants et à la bienveillance de ses employeurs.

On pourrait bien sûr reprocher reprocher à l’auteur de dépeindre un cadre idyllique : Lena n’a que des qualités, le ministre et sa famille se montrent prodigues envers leurs anciens serfs et particulièrement bons avec leurs employés, tous dévoués en retour.

Ceci mis à part, je ne peux que vous recommander Les nuits blanches de Lena si vous aimez les romans historiques, les histoires romanesques en diable et la Russie, vous devriez l’apprécier autant que moi.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture passionnante !

Read Full Post »