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Posts Tagged ‘marc dugain’

En 1914, tout sourit à Adrien, ingénieur officier. Mais, au début de la guerre, lors d’une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d’obus le défigure. En un instant, il est devenu un monstre, une « gueule cassée ». Adrien ne connaîtra ni l’horreur des tranchées ni la boue, le froid, la peur ou les rats. Transféré au Val-de-Grâce, il rejoint une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir où l’on ne se voit que dans le regard des autres. Il y restera cinq ans. Cinq ans entre parenthèses. Cinq ans pour penser à l’avenir, à l’après-guerre, à Clémence qui l’a connu avec son visage d’ange. Cinq ans à nouer des amitiés déterminantes pour le reste de son existence…

Marc Dugain choisit pour son premier roman un sujet relativement méconnu de la guerre 14-18, celui des blessés de la face que l’on a surnommé à juste titre les gueules cassées. Un monde inconnu pour beaucoup d’entre nous mais pas pour l’auteur puisque son grand-père, dont il s’est largement inspiré pour ce roman, était justement l’une de ces gueules classées.

Adrien part à la guerre après une nuit d’amour avec Clémence, une inconnue qu’il rencontre sur un quai de la gare de l’Est alors qu’il est en partance pour les Ardennes. Ingénieur officier, il peut se permettre de retarder son arrivée de quelques heures et cette nuit d’amour va l’accompagner tout au long de son séjour au Val-de-Grâce.

Quelques heures après son arrivée sur le front, il part en reconnaissance avec deux hommes et se retrouve grièvement blessé, rapatrié à l’arrière et le premier blessé de la face de la guerre.

C’est le quotidien au sein de l’hôpital, avec ses camarades d’infortune, tous des gueules cassées, que l’on suit. Les multiples opérations, la souffrance mais aussi la solidarité et l’amitié, les parties de cartes. Les compagnons d’infortune d’Adrien, Weil et Penanster, resteront liés à jamais, jusqu’à leur mort.

Malgré le sujet grave, Marc Dugain échappe aux écueils faciles, Adrien ne s’appesantit pas sur son malheur et va de l’avant, il n’y aucun misérabilisme et il y a même de l’humour. Il ne passe pas sous silence les morts nombreuses et les mutilisations en tous genre, les débuts de la chirurgie réparatrice, les mots crus du chirurgien, l’horreur dans les yeux des gens qui croisent ces vétérans défigurés. La reconstruction est dure, nécessite de nombreuses opérations avant que ces malheureux reprennent un semblant de visage humain, quand c’est possible et ce n’est pas toujours le cas, beaucoup meurent et certains choisissent le suicide, en désespoir de cause.

Et si la grande majorité des gueules cassés sont des hommes, Marc Dugain pense aussi aux infirmières blessées sur le front. Il introduit dans son roman Marguerite, une blessée de la face comme eux, avec qui ils vont lier une amitié indéfectible. Si les hommes rencontrent l’amour et se marient, Marguerite, elle, n’aura pas cette chance et restera célibataire.

Un grand roman que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement.

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