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Posts Tagged ‘marie et bronia le pacte des sœurs’

Marie Curie et Bronia Dluska seraient-elles entrées dans l’histoire si elles n’avaient pas été soeurs ? Varsovie, fin du XIXe siècle. Marie et Bronia, deux soeurs vivant dans une Pologne asservie par la Russie, n’ont qu’une obsession : aller à l’université. Marie rêve de devenir chimiste, et Bronia, médecin. Malheureusement, l’occupant russe interdit aux femmes de faire des études. C’est compter sans l’esprit de rébellion des deux jeunes filles… Un soir d’automne, à la lueur d’une lampe à pétrole, les deux soeurs décident de sceller un pacte incroyable, qui les mènera jusqu’aux portes de la Sorbonne, à Paris…

Marie et Bronia Skłodowska naissent dans la deuxième moitié du 19è siècle à Varsovie. Filles d’un professeur de science physique et d’une institutrice, elles vivent les toutes premières années de leur vie dans un foyer aimant.

Hélas, le bonheur sera de courte durée. Leur mère tombe malade et le victime tombe : c’est la tuberculose. Le seul salaire paternel se révèle vite insuffisant pour régler les soins dont a besoin son épouse et le quotidien.

Ils doivent par conséquent prendre des colocataires pour arriver à joindre les deux bouts, tous d’une propreté plus ou moins douteuse qui sera fatale à leur sœur aînée. Bronislava, leur mère, trouve également la mort. Marie a cinq ans et Bronia, sept.

La Pologne est un pays qui vit sous l’occupation russe et qui interdit aux ressortissantes féminines de poursuivre des études. Wladislaw, leur père, croit en légalité homme / femme et refuse que ses filles chéries, douées pour les études, soient cantonnées à un simple rôle de ménagère.

Marie veut devenir chimiste et Bronia, médecin. Mais pour réaliser leurs rêves, elles vont devoir s’exiler à Paris afin d’étudier à la Sorbonne. Les études coûtant trop chères pour le modeste salaire de professeur de Wladislaw, Marie propose à sa sœur de prendre un poste de gouvernante et de lui envoyer chaque mois, l’argent nécessaire à ses études.

Une fois diplômée, Bronia devra payer à son tour les études de sa petite sœur…

Vous savez combien j’aime les romans historiques retraçant des parcours de femme exceptionnelle, je ne pouvais donc pas passer à côté de Marie et Bronia le pacte des sœurs mettant en scène Marie Skłodowska, future épouse de Pierre Curie et deux fois prix Nobel et sa sœur aînée, Bronia, l’une des premières femmes gynécologues.

Marie Curie était une femme exceptionnelle, tout le monde est d’accord là-dessus, ne recherchant ni les honneurs ni la fortune, oeuvrant pour le bien de tous jusqu’à la fin de sa vie. Scientifique hors pair, elle est la première femme à avoir reçu le prix Nobel, et à ce jour la seule femme à en avoir reçu deux, l’un de physique en 1903 avec son mari Pierre pour leurs recherches sur les radiations. Et le second de chimie en 1911 pour ses travaux sur le polonium et le radium.

Elle est également la première femme à occuper une chaire à la Sorbonne, en remplacement de Pierre après son décès et lorsque la guerre éclate en 1914, elle mobilise aussitôt l’Institut du Radium qu’elle préside afin de mettre en place les Petites Curies, des automobiles équipées d’équipements radiographiques, lui permettant de réaliser des radios directement sur le front, évitant ainsi bien des amputations inutiles.

Natacha Henry, historienne, revient dans ce roman sur l’enfance, la jeunesse et le parcours qui mènera ses deux soeurs à leur rêve le plus cher : devenir chimiste pour Marie et médecin pour Bronia. Si je connaissais un peu le destin exceptionnel de Marie, je ne connaissais absolument rien de sa soeur Bronia, une des premières femmes gynécologues, qui a consacré sa thèse à l’allaitement maternel.

Même si le destin de ces deux femmes d’exception est largement romancé et sans doute simplifié puisque Le pacte des soeurs est à destination des adolescents, allant de 1860 à 1905, il ne retrace donc pas toute la vie des deux soeurs mais seulement une partie, il n’empêche que je l’ai trouvé bien documenté, passionnant à lire et très enrichissant même pour les adultes car j’y ai pour ma part appris beaucoup de choses sur Marie et Bronia bien sûr mais aussi sur la Pologne.

Les jeunes lecteurs et lectrices verront aussi combien il était difficile pour des femmes d’étudier en cette fin du 19è et découvriront que rares étaient les pères qui prônaient l’égalité homme / femme pour leurs filles. De ce point de vue là, Wladislaw Skłodowski était un précurseur, qui souhaitait que ses quatre enfants puissent réaliser de grandes choses pour l’humanité.

Vous l’aurez compris Marie et Bronia est un roman historique bien documenté et passionnant que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement. Un grand merci à Audrey et aux éditions Albin Michel jeunesse pour cette belle lecture.

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