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Posts Tagged ‘marie jaffredo’

Romance passionnée et passionnante.

1868. Au musée du Louvre, Berthe et Edma Morisot, peintres en devenir, rencontrent le sulfureux Édouard Manet. Impressionnées par son charisme et sa vision de l’art, elles tombent immédiatement sous le charme. Lui-même n’est pas insensible à l’intelligence et à la beauté à la fois ardente et mélancolique de Berthe, qu’il prend très vite pour modèle de nombreuses toiles.

En le fréquentant, celle qui va devenir la première femme impressionniste découvre la personnalité complexe et irrésistiblement attirante du peintre. Véritables alter ego, Édouard et Berthe ne cesseront de s’influencer mutuellement. Alors que Paris change de visage, leur complicité va peu à peu donner naissance à des sentiments plus forts…

Comme vous avez déjà pu le remarquer, j’aime beaucoup découvrir la vie des peintres à travers des romans graphiques. Après Monet, Tamara Lempicka et Gustave Caillebotte, place à Edouard Manet et Berthe Morisot : une passion impressionniste.

À travers un dialogue épistolaire entre Berthe Morisot et sa sœur Edma, Michaël Le Galli et Marie Jaffredo dont j’avais apprécié Les damnés de Paris nous font redécouvrir la vie et l’oeuvre de Edouard Manet, ce chef de file de l’impressionnisme, ami de Baudelaire et de Zola.

Actuellement exposé au musée d’Orsay, Le Balcon présenté au Salon de Paris de 1869 fut à l’origine de leur histoire. La toile représente Berthe et Edma Morisot, accompagnées du peintre Antoine Guillemet. Lors de la présentation de cette toile, l’incompréhension domine. « Fermez les volets ! » ironise le caricaturiste Cham, tandis qu’un critique s’attaque à Manet qui fait « de la concurrence aux peintres en bâtiment ».

Le scénario signé Michael Le Galli nous raconte l’histoire d’amour avortée entre deux peintres de grand talent : Edouard Manet et Berthe Morisot. Manet est déjà marié et multiplie les maîtresses lorsqu’ils se rencontrent et Berthe épousera son frère, Eugène Manet.

Le Galli les imaginent passionnés, voit en Berthe une femme dévorée par la jalousie lorsque Manet ne cache rien de ses aventures, notamment avec Eva Gonzales, une artiste et modèle.

Ont-ils réellement vécu une passion ? Nul ne le sait, Berthe Morisot, reste une femme énigmatique mais l’histoire proposée par le scénariste est agréable à suivre d’autant qu’elle est merveilleusement servie par les dessins de Marie Jaffredot aux couleurs tantôt pastel, tantôt vives (le champ de fleurs), aux tons sépia, lorsqu’on plonge dans le passé d’Édouard.

Manet a en tout cas beaucoup influencé sa belle-sœur, on l’imagine fort bien comme c’est décrit ici la conseiller en matière de couleurs ou de techniques et peut-être l’avait-il pris en effet comme confidente.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à croiser d’autres peintres dans le sillage de Courbet, le voir évoquer ses amitiés avec Baudelaire et Zola alors qu’il se promène avec Berthe dans ce Paris bouillonnant d’idées et de monde, comme cela devait l’être à l’époque, et de ce point de vue c’est très réussi également, on sent que les auteurs se sont vraiment penchés sur le sujet et connaissent bien le milieu artistique qu’ils mettent en scène.

Un roman graphique qui ne manque pas d’intérêt pour les passionnés de peinture impressionnisme et que je vous conseille si vous aimez Edouard Manet et Berthe Morisot !

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Paris, mai 1869. Constance Desprez arrive de province à la gare Saint-Lazare. Décontenancée par la foule et l’agitation de la capitale, elle parvient à surmonter ses craintes, portée par un seul objectif : retrouver son fils, placé dès sa naissance dans un orphelinat. Pour l’aider dans sa quête, elle s’appuie sur Darius, gavroche espiègle, et sa parfaite connaissance du « Paris populaire », et André Gill, célèbre caricaturiste au journal L’Éclipse qui lui ouvre les portes du « Paris mondain ». Les trois protagonistes sont en scène, le drame peut se jouer, nul n’en sortira indemne…heart_3auteur-editeur-pages

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Paris, sous le second Empire, vit des bouleversements urbains souhaitées par le Baron Haussman et des soubresauts politiques avec la percée des socialistes et des communistes. C’est dans ce climat d’effervescence qu’en mai 1869, Constance Desprez, une normande âgée de 20 ans, monte à la capitale.

Ses parents sont décédés et elle a vécu ces dernières années recluses dans un couvent dont elle s’est enfuie. Car la jeune femme n’est pas en quête d’ascension sociale, elle veut retrouver son fils que ses parents ont placé dès sa naissance dans un orphelinat.

Blessée dans son amour de mère, elle a vu son fils être arraché à elle, quelques heures après sa naissance et dès lors, elle n’a eu de cesse que de le retrouver. A la gare, elle tombe sur un agent de police qui lui donne l’adresse d’une bonne pension qui se révèlera être une maison close.

Elle se met alors à sillonner la ville, à la recherche d’un logement, lorsqu’elle tombe sur Darius, un jeune galopin, qui va la ramener dans son immeuble. Avec lui, elle va courir les orphelinats, rencontrer André Gill, un célèbre caricaturiste, qui va l’aider dans ses projets.

Voilà une bande dessinée que j’avais repéré à sa sortie chez le libraire en 2014, rentrée récemment dans ma PAL, et une fois n’est pas coutume, il ne m’aura pas attendu trop longtemps.

Le scénario signé Michael Le Galli est assez classique : une fille mère, désavouée par sa famille, qui se retrouve au couvent et qui après la mort de ses parents, part à la recherche de son fils. Rien de bien nouveau sous le soleil donc mais les illustrations signées Marie Jaffredo valent à elles seules le détour.

Quel régal de tourner les pages élégantes dans des teintes douces et sépia, qui rappellent les aquarelles d’antan et qui donnent à cette bande dessinée un charme fou.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à croiser André Gill et ses amis peintres Courbet, Manet, Caillebotte mais aussi Zola. Paris apparaît bouillonnant d’idées et de monde, comme cela devait l’être à l’époque, et de ce point de vue c’est très réussi également, on sent que les auteurs se sont vraiment penchés sur le sujet et connaissent bien le milieu artistique et journalistique qu’ils mettent en scène.

Les dessins sont clairement le point fort des damnés de Paris tout comme les personnages qui apparaissent bien attachants, Constance et Darius en tête. Le travail d’édition de Vents d’Ouest est comme toujours bien soigné et même si ce n’est pas la bd du siècle, j’ai passé un bon moment en sa compagnie, et c’est déjà très bien.

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