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« Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles ». Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants ? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXème siècle.

Göteborg, 1867. Hulda est une jeune fille de bonne famille qui vient d’avoir dix-sept ans. Sa mère, francophile, souhaite que sa fille unique sache bien parler cette langue, son mari, banquier, n’y voit pas d’inconvénient.

Un de leurs voisins, Léonard Sézeneau, français, l’enseigne, c’est tout naturellement que Madame Gustavsson lui demande si il veut bien donner des cours à Hulda afin qu’elle soit la plus accomplie des maîtresses de maison.

Sézeneau, marié et âgé d’une quarantaine d’années, a toute leur confiance jusqu’au jour où son épouse repart pour son Angleterre natale et que Helda se découvre enceinte.

Quel scandale pour Monsieur Gustavsson qui est furieux à l’idée de marier sa fille à un homme d’aussi basse extraction. Mais la jeune fille ne compte pas abandonner Léonard et après la naissance Isidore, et avec l’appui de sa mère Sigrid, elle épouse son amant.

Léonard abandonne le professorat pour devenir négorciant en vin frâce aux relations de son beau-père et de son beau-frère Charles. Le couple s’installe à Stockholm et coule des jours heureux, accueillant bientôt deux autres enfants.

Mais lorsque Hulda entame sa quatrième grossesse, Léonard engage Livia, une gouvernante, pour seconder son épouse dans l’éducation des enfants et spécialement dans l’apprentissage du français que Livia parle couramment.

Ce sera un tournant dans la vie du couple…

Marie Sizun nous plonge avec La gouvernante suédoise dans la suède francophile de la seconde moitié du XIXè siècle et j’ai trouvé ce roman, entièrement narratif, tout simplement passionnant.

Et pourtant ce roman ne partait pas gagnant car je peine souvent à lire des récits où il n’y aucun dialogue, ici cela n’a jamais été une gêne car les chapitres sont très courts et la plume de l’autrice, finement ciselée, portée par un vocabulaire riche, m’a littéralement transportée.

Si vous aimez les récits où il y a des milliards d’évènements je ne suis pas sûre que ce titre vous plaise mais si en revanche vous appréciez les romans d’ambiance, les sagas familiales et les secrets, je suis sûre qu’il vous comblera.

Tout d’abord pour son cadre : la Suède du XIXè siècle dont l’autrice nous conte les us et coutumes, ce que j’ai trouvé très intéressant, pour ses personnages de Hulda et de Livia très attachantes toutes deux dans des genres totalement différents car elles ont des personnalités bien distinctes.

Hulda est une femme-enfant élevée dans du coton, très choyée par sa famille, très joyeuse et pleine de vie, passionnément amoureuse de son mari, tandis que Livia n’a pas connu l’amour de ses parents, elle est plus compassée, distante avec son employeuse qui la traite pourtant en sœur.

Entre les deux, il y a les apparitions de plus en plus furtives de Léonard, homme sévère, qui va connaître une ascension fulgurante avant d’entraîner les siens vers la France et le déclin.

Une histoire simple mais portée par la sensibilité de Marie Sizun qui se penche sur l’arbre généalogique de sa propre famille, de ses albums photos, de lettres pour retracer les vies de Hulda, Léonard et Livia dont elle la descendante directe.

Vous l’aurez compris, La gouvernante suédoise est un roman très réussi que je vous conseille vivement !

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