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Posts Tagged ‘miss charity’

Lu dans le cadre du Mois anglais

Loïc Clément est scénariste de bandes dessinées pour les adultes et la jeunesse et auteur de romans et albums illustrés. Il est né en 1981 et réside en Bretagne. Anne Montel est graphiste et illustratrice pour la bande dessinée et les beaux livres. Elle a étudié la communication visuelle à l’ÉSAA Duperré, suivi une FCIL illustration au Lycée Corvisart de Paris. Elle partage son temps de travail entre les livres illustrés pour la jeunesse et la bande dessinée.

Charity est une petite fille débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, elle est impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880 doit se taire et ne pas se faire remarquer ou à l’église, à la rigueur.

Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites soeurs sont mortes. Charity se réfugie alors au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne.

Pour ne pas mourir d’ennui, ou sombrer dans la folie, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par coeur et dessine inlassablement des animaux qui conduiront Miss Charity vers son destin, tout d’abord naturaliste, puis, illustratrice de livres pour enfants mondialement connue.

Après avoir lu le roman éponyme de Marie-Aude Murail pour lequel j’avais eu un coup de cœur, j’étais très impatiente de découvrir l’adaptation graphique qu’en ferait un duo que j’aime beaucoup : Loïc Montel au scénario et Anne Montel aux illustrations.

Et je dois dire que je ressors charmée de ma lecture du premier tome, L’enfance de l’art, splendide version naturaliste du chef d’œuvre de Marie-Aude Murail. Rue de Sèvres continue d’adapter de grands romans au format graphique et c’est tant mieux car la qualité est toujours au rendez-vous et je me régale de chacune de mes lectures. Celle-ci n’a pas fait exception.

Le scénario de Loïc Clément est très fidèle au texte de Marie-Aude Murail que l’on retrouve ici dans ses grandes lignes. On a plaisir à retrouver Charity, une petite fille intelligente et très attachante, délaissée par ses parents qui se voue corps et âme à la science et à sa ménagerie sise dans la nursery.

Superbement mis en dessins et couleurs par Anne Montel dont les aquarelles insufflent de la délicatesse et de la poésie au récit, on en prend plein les yeux.

Les couleurs sont chaudes et douces et on retrouve bien l’ambiance du roman. Sous son pinceau, les animaux prennent vie et sèment un joyeux brouhaha dans la vie bien austère de la petite fille.

L’objet livre en lui-même est très beau : les pages sont épaisses et glacées, la couverture et la quatrième de couverture soignées, quant au dos en toile épaisse bleu, il est sublime !

Que vous ayez lu le roman de Marie-Aude Murail ou non, je ne peux que vous conseiller cet album de qualité, que vous refermerez à regret dès la dernière page tournée.

J’attends désormais vivement le tome 2 pour me replonger dans cette univers onirique et so british.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour ce coup de cœur, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre des 12 pavés que j’aimerai sortir de ma pal et du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Qui n’a pas entendu parler de Nils Hazard, l’étruscologue-détective ? Ou d’Emilien, héros du quotidien dont on sait à peu près tout depuis «  »Baby-Sitter Blues » »? Ainsi, Marie-Aude Murail explore différentes veines, qu’elles soient politiques, réalistes ou fantastiques, avec pour devise : ne jamais se répéter, ne jamais être là où on l’attend. Elle nous a étonnés avec un roman qui a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté plusieurs prix : «  »Oh, boy! » », publié en 2000, inclassable et déjà classique. Marie-Aude Murail est née au Havre (Seine-Maritime) en 1954.

Angleterre, fin du XIXè siècle. Charity Tiddler est une petite fille. Et elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde.

Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur.

Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites sœurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de la maison familiale en compagnie de Tabitha, sa bonne.

Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par cœur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

Je continue peu à peu ma découverte de l’œuvre de Marie-Aude Murail avec Miss Charity, un roman qui croupissait dans ma PAL depuis plus de deux ans, alors même qu’il m’avait été chaudement recommandé par plusieurs copinautes.

Et je dois dire, sans surprise, que j’ai eu un gros coup de cœur pour ce chef d’œuvre de la littérature jeunesse. Coup de cœur pour la plume de l’autrice, délicieuse et tellement bien ciselée, pour l’histoire qu’elle nous propose, pour le personnage de Charity et pour les merveilleuses illustrations de Philippe Dumas qui ponctuent fréquemment le récit.

Avec Charity, Marie-Aude Murail nous plonge au cœur de la bonne société victorienne, aux côtés de la petite Charity, une enfant d’une insatiable curiosité intellectuelle, que l’on va suivre de ses six ans jusqu’à l’âge adulte, lorsqu’elle connaît le succès avec ses histoires animalières, récits qui lui permettront de s’affranchir de la tutelle de ses parents et de devenir autonomes financièrement parlant.

Pour ce roman, l’autrice s’est librement inspirée de la vie de Beatrix Potter, la maman de Pierre Lapin, elle-même petite fille brillante mais esseulée qui recueillait, soignait, dessinait et étudiait les animaux qui deviendront les héros de ses romans.

Je me suis prise d’emblée d’affection pour Charity, petite fille en avance sur son époque, très ouverte d’esprit, délaissée par ses parents, deux oisifs qui ne s’occupent que d’eux, ce qui aura le mérite de laisser les coudées franches à Charity pour apprendre ce qu’elle veut et notamment Shakespeare et les sciences.

Ce brillant roman d’apprentissage absolument passionnant de bout en bout, j’en suis venue à bout en trois soirées, est aussi un véritable petit bijou d’humour qui plaira aux jeunes lecteurs dès 12 ans mais aussi aux adultes qui ont largement dépassé cet âge, tout comme moi.

On s’émerveille devant l’amour qu’a Charity pour ses compagnons à poils et à plumes que sont Madame Petitpas, Madame Tutu, Master Peter, Julius le rat, Darling le crapaud, Jack le hérisson, Cook le canard ou Petrucio le corbeau et la façon dont elle les met en scène.

L’ambiance anglaise est formidablement bien rendue et si vous aimez cette période et sa littérature, je ne peux que vous conseiller Miss Charity, vous allez l’adorer de la première ligne jusqu’au point final.

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